vendredi 30 mars 2007
RSF rencontre la famille de Sami Al Haj à Khartoum
L'affaire Kurnaz continue d'embarasser le chef de la diplomatie allemande
Bisher Al Rawi en passe d'être libéré à Guantanamo

Bisher Al Rawi est détenu sur la base de Guantanamo depuis son ouverture en 2002.Dans un communiqué, la ministre des Affaires étrangères Margaret Beckett déclare qu'il a été convenu avec les autorités américaines que M. Al Rawi" rentrera "prochainement au Royaume-Uni" dès que les détails pratiques auront été arrêtés.Elle a ajouté que cette décision fait suite à des discussions sur les implications du retour de Bisher Al Rawi en matière de sécurité.
Bisher Al Rawi a été arrêté en Gambie avec Jamil Al Banna en 2002 et remis sans autre forme de procès aux autorités US.
Source : AP, 29 mars 2007
Les États-Unis ont renvoyé des détenus de Guantanamo en Russie où ils ont été torturés
(New York, 29 mars 2007) – D’anciens détenus de Guantanamo qui ont été renvoyés chez eux en Russie en 2004 ont été soumis à la torture et à d’autres abus malgré l’engagement de Moscou pris envers le gouvernement américain de les traiter humainement, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch publié aujourd’hui.
L’expérience des prisonniers russes prouve que les Etats-Unis doivent cesser de compter sur les « assurances diplomatiques » promettant un juste traitement pour justifier le transfert de prisonniers de Guantanamo Bay vers des pays où ils risquent d’être torturés. Les sept Russes se sont tous retrouvés en détention après l’invasion américaine de l’Afghanistan et ont fini par passer près de deux années à Guantanamo. Bien qu’ils se soient plaints de mauvais traitements de la part des autorités américaines, tous les détenus ont à maintes reprises demandé aux autorités à Guantanamo de ne pas être renvoyés en Russie parce qu’ils s’attendaient à y subir un traitement encore pire. Et de fait, trois d’entre eux ont subi de graves tortures et mauvais traitements après avoir arrêtés en Russie dans le passé. Deux d’entre eux avaient été reconnus coupables à l’issue de procès non équitables, et tous ont été harcelés et traqués par les forces russes du maintien de l’ordre. Le rapport de 43 pages, intitulé « La ‘marque de Guantanamo’: L’histoire de sept hommes trahis par les assurances diplomatiques de la Russie aux les États-Unis » (« The ‘Stamp of Guantanamo:’ The Story of Seven Men Betrayed by Russia’s Diplomatic Assurances to the United States »), retrace les expériences des détenus après leur renvoi en Russie en mars 2004, sur la base d’interviews avec trois d’entre eux, des membres de leurs familles, des avocats ainsi que d’autres personnes. L’accès aux ex-détenus est limité parce que trois d’entre eux sont en prison et les autres sont soit parvenus à quitter le pays, soit entrés en clandestinité. « L’expérience russe démontre pourquoi les ‘assurances diplomatiques’ ne fonctionnent simplement pas », a déclaré Carroll Bogert, Directrice associée de Human Rights Watch et auteur du rapport. « Les gouvernements avec des antécédents de recours à la torture ne changent pas soudainement leur comportement parce que le gouvernement américain prétend leur avoir arraché une forme d’assurance. » La Convention contre la torture stipule que nul ne peut être renvoyé dans un pays où il encourt un risque réel d’être torturé, et ne permet aucune exception basée sur la sécurité nationale ou d’autres motifs. Les États-Unis sont partie à cette convention et enfreignent donc le droit international en transférant des prisonniers vers des pays où ils risquent d’être torturés. Une déclaration du gouvernement américain à Human Rights Watch a clairement démontré que Washington était au courant de la menace de la torture en Russie. De nombreux autres pays, dont le Royaume-Uni, le Canada, l’Autriche, les Pays-Bas et la Suisse, tentent également de déporter ou d’extrader des personnes suspectées de terrorisme par le biais d’« assurances diplomatiques ». Human Rights Watch a pressé le gouvernement américain d’établir des procédures de contrôle afin que toute personne transférée de Guantanamo Bay ait une opportunité effective de contester son transfert devant un organisme impartial. De telles procédures devraient aussi permettre à un détenu de contester la fiabilité de toute assurance diplomatique que le gouvernement américain aurait pu se procurer. Le gouvernement américain a ouvert la voie à la libération ou au transfert de 80 détenus de Guantanamo, mais continue néanmoins à les maintenir en détention. Human Rights Watch a insisté que toute procédure visant à évaluer la crainte des détenus d’être torturés n’entrave ni la vitesse des départs, ni l’objectif final de fermer entièrement le centre de détention de Guantanamo. Le gouvernement américain affirme que les autorités russes ont promis de poursuivre les détenus sur la base d’inculpations de terrorisme et de les traiter humainement. Elles n’ont tenu aucune de ces promesses. Après trois mois de détention en Russie, durant lesquels ils n’ont pas été maltraités, tous les sept ex-détenus ont été relâchés et ont tenté de reprendre des vies normales en Russie, ce qui s’est avéré impossible. Rasul Kudaev, un résident de Kabardino-Balkarie dans le sud de la Russie, a été mis en détention après une insurrection armée dans la capitale provinciale en octobre 2005. Selon des photographies, des attestations médicales, des documents du tribunal ainsi que des témoignages d’avocats et de membres de sa famille, Kudaev a été battu à de nombreuses reprises lors de sa détention afin de le contraindre à avouer une participation à l’insurrection. Il n’a toujours pas été poursuivi pour son prétendu rôle dans l’insurrection, mais demeure en détention près d’un an et demi plus tard. Ravil Gumarov et Timur Ishmuratov, tous deux résidents de la république russe du Tatarstan, ont été détenus en avril 2005 à la suite d’une explosion ayant touché un gazoduc local et dans laquelle il n’y a eu ni mort ni blessé. Ils ont été battus lors de leur détention jusqu'à ce qu’ils avouent; Gumarov a été privé de sommeil pendant près d’une semaine et a été enchaîné à une petite cage avec ses mains au-dessus de sa tête, parmi d’autres exactions. Gumarov et Ishmuratov ont rétracté leurs aveux lors de leur procès et ont été acquittés par le jury en septembre 2005. Néanmoins des procureurs locaux ont obtenu une « annulation » du verdict et une condamnation en mai 2006. « Ce qui est arrivé aux anciens détenus est assez habituel pour de nombreux suspects en détention policière en Russie », a déclaré Bogert. “Mais c’est justement le point clé. Le gouvernement américain savait que ces hommes seraient probablement torturés, et les a néanmoins renvoyés en Russie.” Deux des détenus ont indiqué à Human Rights Watch que des interrogateurs américains à Guantanamo les avaient menacés de les renvoyer en Russie s’ils ne divulguaient pas d’information sur leurs prétendues activités terroristes. Les détenus et leurs familles ont décrit un harcèlement fréquent par la police russe et les services de sécurité, en particulier le Service fédéral de sécurité qui a succédé au KGB, ainsi que par le Département du crime organisé du Ministère de l’Intérieur. « [Les autorités russes] m’ont dit à plusieurs reprises qu’après ma détention à Guantanamo, il n’était pas nécessaire de prouver que j’étais un terroriste,” a déclaré l’ancien détenu Airat Vakhitov à Human Rights Watch. « Que chacun d’entre nous pouvait être jeté en prison parce que nous étions des terroristes. »
Arabiya : http://hrw.org/arabic/docs/2007/03/29/russia15583.htm
English : http://hrw.org/english/docs/2007/03/29/russia15576.htm
Russky : http://hrw.org/russian/docs/2007/03/29/russia15585.htm
Español : http://hrw.org/spanish/docs/2007/03/29/russia15591.htm
Deutsch : http://hrw.org/german/docs/2007/03/29/russia15592.htm
Guantanamo plus que jamais au coeur de la controverse
Guantanamo mon amour


mercredi 28 mars 2007
Suite à un deal avec l’accusation, David Hicks plaide coupable
Éventuel rapatriement du dernier détenu russe de Guantanamo: Moscou « vérifie les informations »
mardi 27 mars 2007
Guantanamo fait débat à la Maison Blanche
La légitimité du camp de détention de Guantanamo Bay prend un nouveau coup. Le secrétaire à la Défense Robert Gates et la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice ont plaidé pendant des semaines, fin décembre, pour sa fermeture, a révélé vendredi le New York Times en citant des sources anonymes. Ils ont demandé que les 385 «combattants ennemis illégaux» soient transférés dans des prisons militaires sur le territoire américain pour y être jugés. Le président Bush a refusé. Lors de ce débat interne, Gates et Rice ont noté que les jugements de détenus en préparation sur la base américaine de Cuba «seront perçus comme illégitimes». Ces propositions ont été écartées par la Maison Blanche, car elles reviendraient à un mea culpa et pourraient déboucher sur des demandes de jugement devant des tribunaux civils, où les accusations de torture des détenus referaient surface.
L'auteur présumé de l'attentat contre l'hôtel israélien "Paradise Mombasa"au Kenya déporté à Guantanamo
Cet homme s'appelle Abdul Malik et a admis avoir participé en 2002 à l'attaque contre le Paradise Hotel à Mombasa (Kenya), entraînant la mort de 13 personnes, et à la tentative d'abattre un avion de ligne israélien également à Mombasa, a dit ce porte-parole, Bryan Whitman. "Il a été capturé dans le cadre de la bataille contre Al-Qaïda. Il était impliqué dans les attaques terroristes en Afrique de l'Est", a dit M. Whitman.
"Étant donné la menace importante que représente ce suspect de terrorisme, il a été transféré à Guantanamo", a-t-il ajouté. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été informé de sa capture et aura accès au détenu, a-t-il ajouté. Le porte-parole du Pentagone a indiqué qu'Abdul Malik avait été capturé en Afrique de l'Est mais n'a pas été plus précis sur la date, le lieu et les circonstances de la capture.
"Le succès dans la guerre contre le terrorisme exige de travailler étroitement mais aussi en secret avec nombre de nos alliés dans la région", a-t-il dit. Abdul Malik a rejoint 14 prisonniers qui ont été transférés à Guantanamo en septembre après avoir été détenus au secret absolu par la CIA pendant des années.
dimanche 25 mars 2007
Les aveux d’ Ahmed Khalfan Ghailani

Ahmed Khalfan Ghailani s'est excusé d'avoir aidé ceux qui ont commis l'attentat, qui a tué 12 personnes et blessé 85 autres, lors d'une audience devant une commission militaire à Guantanamo destinée à établir s'il est bien un "combattant ennemi".
"Je n'avais pas connaissance de ce qu'ils faisaient mais je les ai aidés", a-t-il dit. "Aussi, je me suis excusé auprès des Etats-Unis pour ce que j'ai fait", a-t-il ajouté.
"Je suis désolé pour ce qui s'est passé pour ces familles qui ont perdu leurs amis et leurs êtres chers", a déclaré M. Ghailani aux trois officiers de la commission militaire.
Il a expliqué qu'après l'attentat il s'était rendu en Afghanistan où il avait reçu une formation en explosifs dans un camp d'Al-Qaïda.
Il a été capturé le 25 juillet 2004 au Pakistan, où il vivait au domicile d'un parent de Khaled Cheikh Mohammed, le "cerveau" du 11-Septembre.
M. Ghailani est l'un des quatorze suspects transférés à Guantanamo en septembre après avoir été détenus au secret par la CIA pendant des années. Neuf d'entre eux sont passés devant une commission militaire qui examine leur statut de "combattant ennemi".
Les audiences se déroulent à huis clos et le Pentagone a pour l'instant publié des compte-rendus censurés de cinq de ces audiences.
Un résumé des éléments à charge présentés lors de l'audience de M. Ghailani l'accuse d'avoir acheté les explosifs et le camion utilisé dans l'attentat du 7 août 1998 contre l'ambassade américaine à Dar es-Salaam.
Il est accusé également de s'être trouvé dans la voiture utilisée en éclaireur dans l'attentat et qu'un appel vers le Kenya a été fait de son téléphone portable une heure avant un attentat quasi-simultané contre l'ambassade américaine à Nairobi.
M. Ghailani s'est décrit lui-même comme quelqu'un qui faisait les courses pour d'autres au sein d'un groupe avec qui il vivait mais qu'il était maintenu dans l'ignorance sur ce que les autres complotaient.
Il a dit qu'il était présent quand un homme identifié comme étant Cheikh Ahmed Salim Swedan avait acheté le véhicule ayant servi à l'attentat mais qu'il ne l'avait pas acheté et qu'on lui avait dit qu'il devait servir en Somalie.
Il a affirmé qu'un homme appelé Fahad Mohammed l'avait envoyé acheter du TNT en lui disant que c'était du savon pour laver des chevaux.
"Toutefois, l'homme qui me l'a donné m'a dit qu'il s'agissait de TNT", a-t-il déclaré. "Quand je suis revenu vers Fahad, j'ai demandé à quoi était destiné le TNT et pourquoi il ne m'avait rien dit".
"Fahad a répondu que c'était pour des mines de diamants en Somalie et aussi pour un camp d'entraînement", a-t-il ajouté, selon le compte-rendu.
Il a admis avoir acheté un téléphone portable mais a affirmé qu'il était destiné à un Egyptien appelé Mustaffa qui l'a partagé avec lui.
M. Ghailani a demandé que Khalfan Khamis Mohammed*, qui est emprisonné aux Etats-Unis, soit appelé à témoigner. Mais le chef du tribunal a déclaré qu'il avait rejeté cette demande.
Source : AFP, 23 mars 2007

Ils voudraient tous bien fermer Guantanamo, oui bien sûr, mais…Quelle bande d’hypocrites !
La prison de Guantanamo continuera probablement à fonctionner jusqu'à la fin de la présidence Bush, en raison principalement des longues procédures judiciaires engagées contre certains détenus, a déclaré vendredi la Maison blanche.
George Bush, qui terminera son second mandat en janvier 2009, s'est prononcé en faveur de la fermeture du camp mais, comme l'a souligné le porte-parole de la Maison blanche Tony Snow, "il est très improbable qu'on puisse épuiser tous ces dossiers (judiciaires)" avant le départ du président américain.
La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a par la suite assuré que "tout le monde" souhaitait la fermeture de Guantanamo, tout en doutant elle aussi que ce souhait puisse être exaucé avant la fin du mandat de George Bush.
"Le problème c'est qu'il y a un certain nombre d'individus dangereux qui, pour certains ne peuvent être détenus, ne peuvent être jugés ailleurs et qui sont trop dangereux pour être libérés. Il faut donc s'en charger d'une façon ou d'une autre", a-t-elle déclaré à la presse.
"Le président a été très clair, il aimerait fermer (Guantanamo), comme nous tous. Nous nous efforçons tous de faire en sorte que cela devienne une réalité", a-t-elle souligné.
Les Etats-Unis ont l'intention de traduire devant les tribunaux entre 60 et 80 détenus, sur les 385 que compte actuellement la prison.
"COMBATTANTS ENNEMIS"
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a proposé peu après son arrivée au Pentagone en décembre, de fermer le camp en raison des doutes probables de la communauté internationale sur l'impartialité d'éventuels procès organisés sur cette base américaine à Cuba, a rapporté jeudi le New York Times.
Gates défendait le principe de procès aux Etats-Unis afin d'asseoir la crédibilité des jugements éventuellement prononcés contre des "combattants ennemis" arrêtés dans le cadre de la guerre américaine contre le terrorisme.
Le vice-président Dick Cheney, l'Attorney General (ministre de la Justice) Alberto Gonzalez et d'autres responsables de l'administration américaine s'y sont opposés et le débat a pris fin lorsque le président George Bush a tranché en défaveur de Gates, poursuit le New York Times, citant des responsables américains anonymes.
Rice s'était pour sa part alignée sur la position de Gates.
Un responsable cité par le Times a déclaré que la discussion pourrait être relancée en cas de départ d'Alberto Gonzalez, en difficulté dans une affaire de limogeage de procureurs fédéraux.
Un seul des 385 détenus de Guantanamo a jusqu'à présent été inculpé dans le cadre d'une nouvelle procédure judiciaire autorisée en 2006 par le Congrès.
Les détentions prolongées et les accusations de mauvais traitements à Guantanamo ont terni l'image des Etats-Unis à l'étranger. De nombreux pays, y compris des alliés des Etats-Unis, ont réclamé la fermeture de ce centre de détention.
samedi 24 mars 2007
Musique, torture et droits d’auteur : et si les majors du disque étaient rachetées par l'armée ?
La musique est une arme de guerre. Nous ne parlons pas ici des poursuites lancées par la RIAA contre ceux qui l'écoutent, mais bien de la vraie guerre. Aussi étrange que cela puisse paraître, les voix s'élèvent pour demander à l'armée américaine d'arrêter de passer du Metallica pour torturer ses prisonniers... ou comment le droit d'auteur se trouve remis en cause par la guerre en Irak.Si le marché de la musique en ligne continue à s'effondrer, il n'y aura bientôt plus d'autre choix pour les maisons de disques que de se faire racheter pour s'abriter sous des ailes plus confortables. On parle de plus en plus d'acquisitions d'industries culturelles par les industries de l'informatique, Microsoft et Google en tête. Ca serait la manière la plus simple et expéditive pour ne plus s'embêter avec les problèmes de gestion de droits d'auteurs sur les services web 2.0. Mais si ces ailes étaient des ailes de Rafales ?
Original : http://www.ratiatum.com/news4665_Et_si_les_majors_du_disque_etaient_rachetees_par_l_armee.html
Robert Gates voulait fermer Guantanamo en arrivant au Pentagone, mais il a vite changé d’avis…
Gates défendait le principe de procès aux Etats-Unis afin d'asseoir la crédibilité des jugements éventuellement prononcés contre des "combattants ennemis" arrêtés dans le cadre de la guerre américaine contre le terrorisme.
Le vice-président Dick Cheney, l'attorney general Alberto Gonzalez et d'autres responsables de l'administration américaine s'y sont opposés et le débat a pris fin lorsque le président George Bush a tranché en défaveur de Gates, poursuit le New York Times, citant des responsables américains anonymes.
La secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, s'était pour sa part alignée sur la position de Gates.
Un responsable cité par le Times a déclaré que la discussion pourrait être relancée en cas de départ d'Alberto Gonzalez, en difficulté dans une affaire de limogeage de procureurs fédéraux.
Un seul des 385 détenus de Guantanamo a jusqu'à présent été inculpé dans le cadre d'une nouvelle procédure judiciaire autorisée en 2006 par le Congrès.
Les détentions prolongées et les accusations de mauvais traitements à Guantanamo ont terni l'image des Etats-Unis à l'étranger. De nombreux pays, y compris des alliés des Etats-Unis, ont réclamé la fermeture de ce centre de détention.
Source : Reuters, 23 mars 2007
Gitmo : à quand le retrait des gringos ?
A cette excellente question, le Conseil pour les affaires hémisphériques (COHA) basé à Washington apporte plusieurs réponses, toutes aussi excellentes, dans une longue analyse publiée il y a quelques jours.
Loyer annuel : 4.085 dollars
Pour en savoir plus : http://www.coha.org/2007/03/15/a-constructive-plot-to-return-guantanamo-bay-to-cuba-in-the-near-future/
Source : http://www.ecaraibes.com/article/article.asp?id_article=11472670975275
Le Conseil national suisse approuve l’accord de coopération antiterroriste avec les USA
L'absence de définition internationalement reconnue du terme «terrorisme» pose problème à la gauche. Mais les garde-fous contenus dans l'accord garantissent une certaine sécurité juridique selon la droite.
La convention, signée le 12 juillet 2006 à Washington par le ministre américain de la Justice, Alberto Gonzales, et son homologue suisse, Christoph Blocher, a pour but de permettre la poursuite de la collaboration entre les deux pays en matière de lutte antiterroriste.Sous la réprobation de la gauche, le Conseil national a donc donné jeudi son feu vert par 110 voix contre 55 à la ratification de cet accord. Mais le dossier doit encore passer au Conseil des Etats (Sénat).Les garde-fous contenus dans l'accord garantissent une certaine sécurité juridique, a exposé le radical Didier Burkhalter (droite) au nom de la commission. Avec sa portée limitée et son cadre strict, il «ne correspond en rien à une génuflexion devant les Etats-Unis», a-t-il ajouté.La gauche a pourtant tenté de torpiller le texte. Dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse ne peut fouler au pied sa tradition humanitaire, a argumenté Anne-Catherine Menétrey au nom des Verts. «Il existe des situations dans lesquelles collaborer c'est déjà se rendre complice», a-t-elle averti en évoquant Guantanamo et les prisons secrètes de la CIA.
Un accord secret qui dérange
Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, Berne et Washington avaient signé un «Operative Working Arrangement» (OWA), entré en vigueur en septembre 2002. Mais cet accord ne concernait que les faits relatifs au 11 septembre. La nouvelle convention, elle, peut être appliquée à toute enquête sur des affaires de terrorisme.
Priorité au droit national
Avec ce nouvel accord, le gouvernement a opté pour la prudence en soumettant le texte à l'approbation du Parlement et, donc, en affrontant le risque d'un référendum.L'accord se base sur le principe de la double incrimination. La formation d'équipes d'enquêteurs mixtes ne peut intervenir que dans le cadre d'investigations pénales ouvertes dans les deux pays. Sur le plan opérationnel, l'accord donne la priorité au droit national du pays dans lequel se déroulent les enquêtes.
Guantanamo et les vols de la CIA
L'opposition à cet accord repose surtout sur les révélations à propos des tentatives du MPC d'obtenir des informations sur de présumés terroristes islamistes en Suisse auprès de détenus de Guantanamo Bay. Après avoir déjà fait l'objet d'une interpellation parlementaire en 2006, la question a été remise sur le tapis en janvier dernier par le quotidien alémanique «Blick».
LOI SUR LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE
La législation suisse est relativement libérale. Téléphone, courrier et courriels ne peuvent être surveillés que dans une procédure pénale et sur ordre de la justice.
CONTEXTE
La Convention entre la Suisse et les Etats-Unis, signée le 12 juillet 2006, réglemente la création d'équipes mixtes d'enquêteurs.L'échange de fonctionnaires entre les deux pays est possible dans le cadre d'enquêtes et de procédures pénales sur des actes terroristes et leur financement. Les policiers qui opèrent à l'étranger doivent appliquer les lois du pays hôte et ne peuvent être armés.
Dick Marty : « Faut-il combattre la tyrannie avec les instruments des tyrans ? »
Amnesty International demande l'abandon des commissions militaires
Willie Brigitte fait appel de sa condamnation
Audience préliminaire pour David Hicks lundi
Mamdouh Habib, ancien de Guantanamo, candidat aux élections en Nouvelle-Galles du Sud

Mamdouh Habib, 51 ans, tentera de conquérir un siège au Parlement de l'Etat dans la circonscription d'Auburn, banlieue à majorité musulmane de Sydney. Il dit ne pas prêter attention aux sondages, qui lui accordent peu de chance de l'emporter, et déclare qu'en cas d'échec, il briguera un mandat au Parlement fédéral plus tard cette année.
Les autorités américaines ont accusé Mamdouh Habib, d'origine égyptienne, de s'être rendu dans les camps d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan et d'avoir été au courant de la préparation des attentats du 11 septembre 2001. Il a été arrêté au Pakistan fin 2001 et détenu pendant trois ans.
Il a d’abord été détenu au Pakistan pendant 28 jours, au cours desquels trois Américains sont venus l'interroger, avant d'être envoyé en Égypte où il a été torturé. Il raconte avoir été frappé, avoir subi des chocs électriques et été presque noyé lors de ses interrogatoires.
Au bout de six mois, il a été transféré sur la base américaine de Bagram en Afghanistan, puis à Guantanamo. Il a été extradé en Australie en janvier 2005. Il n'a jamais été inculpé, et Canberra a précisé qu'il n'avait commis aucun crime au regard du droit australien.
C'est cette épreuve, dit-il, qui l'a incité à s'engager en politique pour la défense des droits de l'Homme. "Ils disent que je suis contre la démocratie. Qui est contre la démocratie? Qu'y a-t-il de démocratique à traîner les gens hors de chez eux, les enlever et les torturer?" a-t-il demandé jeudi, prenant le temps de souffler lors des derniers jours de campagne.
Désormais l'un des pourfendeurs les plus en vue de la politique de soutien à Washington du Premier ministre australien John Howard, fidèle allié de l'administration Bush, Habib prend régulièrement la parole lors des manifestations contre la guerre en Irak et des forums sur les droits de l'Homme organisés par l'Alliance socialiste, organisation d'extrême gauche australienne.
Avec ses lunettes noires de pilote, son catogan, et son bandeau au poignet portant l'inscription "Changer le monde", il tente aujourd'hui de se faire élire en promettant une égalité des chances accrue pour les jeunes musulmans et une amélioration de l'éducation et de la sécurité sociale à Auburn.
Médias et sondeurs lui accordent cependant peu de chances, la députée sortante du Parti travailliste devançant son plus proche rival de 26,5 points de pourcentage.
Source : AP, 23 mars 2007
vendredi 23 mars 2007
Ma Maman aurait donné une bonne fessée à Bush
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Mohamed, qui arrive en troisième position dans la hiérarchie d’Al Qaïda, juste après Ben Laden et Al Zawahiri, comme le gouvernement US veut nous le faire croire, ne s’est pas contenté d’assumer tout seul la responsabilité de la planification, de la conspiration, et/ou de l’exécution d’une longue liste de crimes terroristes préparée par l’administration Bush , mais il a de son propre gré rappelé à la cour d’autres incidents meurtriers qui ne figuraient pas dans l’accusation contre lui. Tous les actes terroristes « musulmans » des vingt dernières années, réels et imaginaires, sont de son fait. Le peuple américain peut désormais dormir en paix. Le monde est maintenant plus sûr. Vive le Président George W. Bush II !Ce conte de fées me rappelle un aspect de ma propre enfance que je m’en vais révéler pour la première fois. Je dois avouer que quand j’étais petit, je mentais à ma Maman. Apparemment je n’étais pas un « bon » menteur. Je me faisais prendre souvent. Ma Maman était “méchante”. Elle n’acceptait de bêtises ni de moi ni qui que ce soit. Elle faisait preuve de zéro tolérance pour mon « mauvais » comportement. Immédiatement après chaque mensonge, elle m’ordonnait de baisser mon pantalon et me donnait la fessée. Son arme de destruction massive était notre bon vieux balai. Elle était une excellente planificatrice. Elle avait coutume d’emprunter le balai de nos voisins d’à côté, au cas où notre balai se serait cassé pendant son acte de « discipline impitoyable ». Le coin de notre chambre (nous n’avions pas de maison, juste une petite pièce) était mon lieu de confinement pendant le reste de la journée. Jamais nos voisins ne purent me sauver du châtiment ou l’adoucir. Ils avaient tous peur du balai de ma Maman. Elle gardait aussi la pièce fermée à clé contre toute intrusion. Comme je l’ai déjà dit, elle était une « méchante » mère, vraiment « méchante ».
Quand j’étais enfant, j’étais persuade qu’un djinn, une sorte d’esprit invisible qui m’accompagnait partout où j’allais, avait du m’espionner. Mais en grandissant, je commençai à remettre en cause l’existence de ces esprits. Même s’ils existaient vraiment, comme nous l’avaient enseigné à la madrasa nos “maîtres de religion” qui récitaient le Coran par coeur et “savaient tout”, je doutais que ma Maman eût vraiment un canal de communication avec eux.
Après le lycée, une fois entré dans la vie adulte, et comme ma maman était dans de bonnes dispositions à l’égard de son fils unique grâce à ses “grandes” réussites, j’osai, après moult hésitations, enfin lui poser la question qu me taraudait depuis le jour de ma naissance. Oh bien sûr, je lui souhaitai d’abord une place de choix et confortable au Paradis, aux côtés de mon Papa qui nous avait quitté des années auparavant. Puis je baisai ses deux mains pour lui faire prévue de respect et montrer mes remords pour tous les “crimes” et mauvaises actions que j’avais commis ou pourrais commettre involontairement à l’avenir.
« Comment est-ce que tu faisais pour découvrir la plupart de mes mensonges, chère Maman ? Il n’y avait pas de témoins oculaires et j’avais pris soin de ne laisser aucune preuve qui pourrait être retenue contre moi. »
Elle me regarda avec un sourire et des larmes dans les yeux et dit : « C’est simple, mon fils chéri : Les mensonges étaient trop gros. Ils étaient flagrants. Pas besoin d’être un scientifique pour les découvrir.”
George W. Bush n’a pas eu de chance! Apparemment, Barbara Pierce Bush, une descendante du Président Franklin Pierce, n’était pas une « méchante » maman. Cela peut expliquer pourquoi son fils, le « pauvre » George, a tourné comme il a tourné, à savoir, ente autres choses, un menteur pathétique, un meurtrier de mass et un criminel de guerre. William John Cox, écrit dans son livre intitulé A Brief on The Bush Presidency: « Comment se fait-il qu’un alcoolique menteur et négationniste, ayant à son actif des arrestations pour vol et trouble à l’ordre public, et une condamnation pour conduite en état d’ivresse; quelqu’un qui est né avec une cuillère d’argent dans la bouche, sans aucune empathie pour les souffrances des gens ordinaires; un marmot gâté, pourri et invertébré qui n’a pas su tirer parti d’une bonne éducation, un hommes d’affaires chroniquement en faillite qui n’a jamais gagné un salaire pour un travail ; et un chef de claque scolaire qui a évité les service militaire au Vietnam… Son frère plus jeune Neil se souvient que quand il avait sept ans et son petit frère Marvin six, George Jr., qui en avait seize, leur donnait dix secondes pour descendre dans le hall avant qu’il commence à leur tirer dessus avec son fusil à air comprimé…Terry Throckmorton, un ami d’enfance de Bush, se souvient comment Bush et lui capturait des grenouilles dans un paln d’eau derrière les maison des Bush :”Nous mettions des pétards dans les grenouilles et nous les lancions en les faisant exploser… »
J’ai une dette vis-à-vis de mon “illettrée” de mère. Je l’aimerai et honorerai tant que je vivrai. Elle restera dans ma mémoire la plus grande et la meilleure mère qui ait jamais existé. Une chose est sûre : personne ne m’a jamais traité de « marmot gâté ». Ma mère est disparue il y a 25 ans. Si elle avait été en vie aujourd’hui, le Président des USA et son administration auraient eu grand avantage à l’embaucher comme conseillère. Elle les aurait tous tenus à l’oeil et leur aurait évité des ennuis. Chaque fois qu’ils auraient été assis dans le Bureau ovale pour prépare un mensonge, comme ils le font souvent, ils l’auraient invitée à les écouter. Je dois vous dire la vérité : si le mensonge est trop gros, ma Maman aurait crié à la gueule du Président : « Tu es un idiot. Il n’y aura que les idiots qui te croieront. Essaye autre chose », aurait-elle insisté. Elle aurait traité George comme son propre fils. Elle aurait même demandé au Président des USA, l’homme le plus puissant sur terre, de baisser son pantalon et lui aurait fessé l’arrière-train. Après avoir rejeté tous ses mensonges, ma mère se serait tournée vers le Président et lui aurait dit : « C’est pour le pétrole, imbécile. Vire tous tes f.d.p. de conseillers, à commencer par le vice-Présiden Cheney. Dis la vérité au peuple américain. Dis ce qu’il en est vraiment, mon garcon. » Et s’il l’avait écoutée, la paix aurait régné sur le monde. Les gens de par le monde auraient adoré George W. Bush. Et Barbara Pierce Bush aurait partagé les éloges avec son vilain rejeton .
Rappelez-vous ce que je vous ai dit plus haut : bien qu’elle ne soit jamais allée à l’école, ma mère, que la grâce de Dieu soit sur elle, n’était pas une femme idiote. Personne, pas même le Commandant en chef des USA, n’était grand à ses yeux. Elle priait cinq fois par jour à la Mosquée Al Aqsa de Jérusalem. Elle jeûnait pour le mois de Ramadan et aussi pour Shaa'ban et Zul-Hijjah, donnait le peu qu’elle avait pour les pauvres et fit le pèlerinage à La Mecque, non pas une ni deux, mais trois fois. Durant son voyage de retour à Jérusalem, elle mourut à Médine, non loin de l’homme qu’elle aimait le plus, le Prophète Mohamed. Quelle femme chanceuse ! Elle a été enterrée à Al Baqi, le cimetière le plus sacré et le plus honoré de tout le monde musulman, rejoignant les compagnons du Prophète, qui ont porté l’étendard de l’Islam dans presque chaque coin du globe. Sa tombe, qu’elle avait supervisée et faite creuser à l’avance, près de l’ancienne muraille de la ville de Jérusalem, fut donnée, en accord avec ses volontés, à Said et à son frère Ishaq Al Nemr, nos deux voisins pauvres. Bref, comme vous l’aurez compris , ma Maman ne craignait qu’ « Allah » , le Dieu de l’Univers, de tous les hommes et de toutes les femmes, de tous les animaux, de toutes les plantes, de toutes les planètes et de toutes les galaxies.Ma maman est maintenant au paradis. Elle ne peut donc être d’aucun secours pour le Président George W. Bush. Malheureusement, Petit George a été pris avec les deux mains –pas une, mais les deux ! - dans le pot de confiture, et pas qu’une fois. Ses conseillers idiots lui ont causé des ennuis, pas une, pas deux mais tant de fois. Il continue à mentir. Une fois de plus, seuls des idiots pourraient croire à la liste des crimes terroristes attribués à Khalid Cheikh Mohamd. Le mensonge est trop gros.
Original : http://www.axisoflogic.com/artman/publish/article_24136.shtml
Ali Baghdadi vit à Chicago
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
jeudi 22 mars 2007
« La CIA aurait maltraité des détenus » (pourquoi ce conditionnel ?)
Après ceux de Khalid Cheikh Mohamed, les aveux de Walid Ben Attash

«J'ai planifié l'opération un an et demi à l'avance», a dit Wallid Ben Attash, via l'officier militaire désigné pour le représenter, lors d'une audience le 12 mars à Guantánamo devant une commission militaire chargée de déterminer son statut de «combattant ennemi», d'après un compte-rendu publié lundi par le ministère américain de la Défense.
Wallid Ben Attash, dit également avoir servi d'intermédiaire au Pakistan entre le chef d'Al Qaïda, Oussama ben Laden, et le groupe à Nairobi qui a organisé les attentats en 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, faisant au total plus de 200 morts.
Source : http://www.20minutes.fr/article/146633/20070319-Monde-Confessions-en-serie-pour-les-membres-d-Al-Qaida.php
lundi 19 mars 2007
Le jour de la publication des aveux de Khaled Cheikh Mohamed, Shaker Aamer en était à sa 100ème et Sami Al Haj à sa 67ème journée de grève de la faim

- qu’il a été torturé ;
- que sous la torture il a accusé faussement d’autres détenus de crimes
- qu’il y a beaucoup d’hommes à Guantanamo qui n’ont rien à voir avec un quelconque complot terroriste.
Pour illustrer la détresse des détenus de Guantanamo, Reprieve, -une association qui oeuvre en faveur de la justice pour les personnes détenues sans inculpation ni procès – et en tain de reconstituer la torture à Guantanamo avec un acteur sur une réplique de la chaise d’alimentation forcée. Notre association est aussi en train de préparer un nouveau rapport sur ce centre de détention off shore, comprenant une information actualisée sur les résidents étrangers de Grande-Bretagne détenus et le journal de Sami Al Haj, le journaliste d’Al Jazeera qui en est à son 67ème jour de grève de la faim.

Shaker Aamer
Sami Al Haj
Original : Reprieve
Balayer le Sahara - Une visite à Nouakchott

Il y a quelques semaines, en visite à Guantánamo, je me préparais pour une rencontre avec Jamil El Banna, qui y est détenu. J’étais en train d’essayer de trouver comment lui annoncer la mort de sa mère. L’enterrement avait déjà eu lieu et il pourrait se passer des années avant qu’il puisse se rendre sur sa tombe. Naturellement, quand nous avons parlé, il s’est mis à pleurer, et à 80000 km de sa famille, il s’est senti encore plus seul.
La semaine dernière, j’étais à Nouakchott, en Mauritanie, pour essayer d’obtenir le rapatriement de deux autres prisonniers de Guantánamo. Je regardais mes emails durant un court break avant une rencontre avec le ministre de la Justice, quand j’ai appris que mon père était mort le matin même, dans sa maison de soins près de Cambridge. Je n’aurais pas un avion pour rentrer à Londres de sitôt, ce qui n’a fait qu’aggraver mon sentiment que le monde qui m’entourait m’était étranger. La chambre d’hôtel me rendait claustrophobe. Assis sur le balcon, j’entendais l’appel à la prière résonner à travers la ville.
Je regardai le désert du Sahara, qui s’étend des lisières de la ville à travers tout le continent africain. Pendant un moment, j’ai senti une analogie poignante entre la situation du client et celle de son avocat. Mais, en dernière analyse, la souffrance du client était plus grande.
Étant dans l’impossibilité de quitter la Mauritanie dans les 36 prochaines heures, je suis allé, avec deux collègues américains, rendre visite à la famille d’un autre prisonnier de Guantánamo, Mohammed Amin. Nous sommes allés dans une Toyota Landcruiser noire à leur maison – un trois-pièces avec toilettes à l’extérieur de la ville. Sur la route, nous avons doublé des caravanes d’ânes trottinant devant des charrettes charges de bidons d’eau, la seule “eau courante” que l’on connaisse dans leur quartier.
Mohammed a cinq soeurs et une maman mal en point. Son père est mort, et il n’y a pas d’autres frères. La famille est pauvre, dans un pays où le revenu moyen par tête est de moins de 250 £ [=365 €] par.
Mohammed n’est pas censé avoir fait quelque chose contre l’Amérique – et d’ialleurs personne ne le prétend. Il n’avait jamais été en Afghanistan jusqu’à ce que les US l’achètent à des Pakistanais pour une prime, et l’emmènent enchaîné à la base aérienne de Bagram. Il est néanmoins considéré comme un trublion par les US, car il a été parmi les grévistes de la faim les plus déterminés, se laissant dépérir en refusant de manger, pour demander un procès équitable pour tous.
Assis jambes croisées par terre dans la pièce principale, nous avons raconté son action courageuse à sa famille. Leur réponse nous a stupéfaits.
“Dites-lui d’arrêter sa grève de la faim ! Dites-lui d’obéir à ses geôliers ! Nous avons besoin de lui ici !”, s’est exclamée la sœur aînée de Mohammed. Elle a montré la terrasse de leur petite maison où elles prévoient de lui construire une chambre et le bâtiment de l’autre côté de la route, où elles espèrent qu’il pourra démarrer une boutique. “ Il n’aura jamais besoin de repartir d’ici. Même pas d’aller au centre-ville.”
Ce sont six femmes seules au monde. Elles parlent bien l’anglais, ce qui normalement devrait leur donner accès à de bons jobs. Mais leur peau est d’un noir foncé dans un pays où l’on favorise les Arabes dominants à la peau plus claire, et la discrimination à laquelle elles font face n’a fait que s’aggraver depuis que l’on sait qu’elles ont un frère à Guantánamo. Ces femmes doivent se battre pour trouver le moindre boulot subalterne.
J’ai alors pensé à mon frère et à ma sœur en Australie. Si j’étais moi-même enfermé à Guantánamo, ils n’auraient de cesse de me voir libéré. Mais ces femmes n’ont pas l’influence nécessaire pour pouvoir traverser Nouakchott et rencontrer les ministres mauritaniens, et encore moins de traverser l’Atlantique pour demander aux tribunaux de libérer leur frère. Et voilà que nous autres avocats avions traversé l’Océan pour les voir : elles se démenaient pour nous offrir un repas – du couscous, du mouton et des fruits étalés sur le tapis devant nous.
Dehors, lorsque nous repartions, nous avons vu un petit garçon de quatre ou cinq ans, tout de bleu vêtu. Il frottait frénétiquement avec une brosse de brindilles, faisant voler la poussière. Il avait l’air de vouloir balayer tout le Sahara. Dans quinze ans, où sera ce garçon ? Sera-t-il encore en train de balayer le sable dans quelque McJob, pour essayer de maintenir sa famille ? Ou arrivera-t-il, par miracle, à arracher une éducation et devenir une voix pour la démocratie dans cette partie du monde ? Ou plutôt, frustré par la futilité de son existence et l’inéquité du monde qui éclate sur les écrans de télévision même dans la rue la plus pauvre, rejoindra-t-il le Jihad contre ceux qu’il percevra comme ses oppresseurs ?

Clive Stafford Smith est l’avocat de plusieurs détenus de Guantánamo et directeur juridique de l’ONG américano-britannique Reprieve.
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
vendredi 16 mars 2007
« Nous combattons comme des chacals dans la nuit » : Les aveux de Khalid Cheikh Mohamed

Le Pentagone vient de rendre publique l’audition de Khalid Cheikh Mohamed par le Tribunal d’examen du Statut de Combattant siégeant au camp de détention de Guantanamo le 10 mars 2007. L’identité de tous les membres de ce « tribunal », ainsi que celle du « représentant personnel » (est-ce un avocat militaire ? On l’ignore du détenu) est tenue secrète. Nous avons choisi le passage le plus significatif et le plus incroyable de ce document. Il s’agit des aveux complets de Khalid Cheikh Mohamed sur ses activités de « Commandant militaire opérationnel » pour toutes les opérations militaires menées ou préparées par « Al Qaïda » depuis 1993. Il reconnaît la paternité de 31 opérations, dont la plupart n’ont jamais eu lieu. Cette liste est réellement impressionnante et amène tout lecteur sensé à se poser quelques questions :
1 – Pourquoi a-t-il fallu attendre quatre ans– KSM a été arrêté en mars 2003 au Pakistan – pour avoir ces aveux ? Question d’opportunité politique, pour convaincre la majorité Démocrate au Congrès et au Sénat que la « guerre contre le terrorisme » doit se poursuivre de plus belle et plus que jamais ?
2 – Khalid Cheikh Mohamed est-il vraiment ce qu’il prétend être ?
3 – Khalid Cheikh Mohamed a-t-il été programmé pour faire ses aveux, avec les méthodes physiques, psychologiques et chimiques dont disposent les services qui l’ont interrogé ?
4 – Khalid Cheikh Mohamed n’est-il devenu collaborateur de la CIA et du Pentagone qu’après son arrestation ou l’était-il déjà auparavant ?
Première remarque : à en croire le procès-verbal, KSM parle un très mauvais anglais, même s’il a parfois de jolies expressions, du genre « nous combattons comme des chacals dans la nuit », « Oussama Ben Laden, c’est notre George Washington », « si la Guerre d’indépendance américaine avait lieu aujourd’hui, les Britanniques diraient que vous, Américains, êtes des combattants ennemis. »
Deuxième remarque : si les aveux de KSM racontent la vérité, alors KSM et ses chefs Oussama Ben Laden et Ayman Al Zawahiri ne sont pas des hommes, mais des extra-terrestres dotés de pouvoirs spéciaux qui leur ont permis de créer non pas un groupuscule terroriste mais une véritable armée au champ d’action planétaire. Mais ne dit-on pas que les voies du Seigneur sont impénétrables ?
Bref, on l’aura compris, le traducteur est très sceptique sur cette confession, qui est un morceau d’anthologie. Une anthologie de la manipulation de esprits au début du XXIème siècle.
« 1. J’ai juré allégeance au Cheikh Oussama Ben Laden pour mener le Jihad de moi-même et de l’argent (sic) et aussi la Hijra (c’est-à-dire l’expatriation en tout lieu de la terre où le Jihad est requis)
2. J’étais membre du Conseil d’Al Qaïda
3. j’étais le Directeur des Opérations Médias de Al Sahab, ou « Les nuages » sous le Dr. Ayman Al Zawahiri. Al-Sahab est la section médias d’Al Qaïda qui fournissait à Al Jazeera des informations émanant d’AL Qaïda.4. J’étais le Directeur opérationnel pour le Cheikh Oussama Ben Laden de l’organisation, de la planification, du suivi et de l’exécution du 11/9. sous le commandant militaire Cheikh Abou Hafs Al-Masri Subhi Abou Sittah.5. J’étais le Commandant militaire opérationnel pour toutes les opérations à l’étranger dans le monde sous la direction de Cheikh Oussama Ben Laden et du Dr. Ayman A1 Zawahiri.
6. J’étais directement chargé, après la mort de Cheikh Abou Hafs Al-Masri Subhi Abou Sittah de la gestion et du suivi de la cellule pour la production d’armes biologiques, comme l'anthrax et autres, et du suivi des Opérations bombes sales sur le sol américain.
7. J’étais l’Émir (=commandant)I de Beït Al Chouhada (la Maison des Martyrs) dans l’État de Kandahar, en Afghanistan, où étaient hébergés les pirates du 11/9. Là, j’étais responsable de leur formation et de leur préparation pour l’exécution de l’opération du 11/9. J’affirme aussi et j’admets par la présente (déclaration) sans y avoir été contraint que j’étais un participant responsable, le principal planificateur, trameur, financeur (via le trésor du Conseil militaire), exécutant et/ou participant personnel dans ce qui suit :
1. J’étais responsable de l’Opération du World Trade Center de 1993.
2. J’étais responsable de A à Z de l’Opération du 11/93. J’ai décapité de main droite bénie la tête du Juif américain Daniel Pearl, dans la ville de Karachi, Pakistan. Pour ceux qui en voudraient confirmation, il y a des photos de moi tenant sa tête sur Internet.
4. J’étais responsable de l’Opération Chaussures piégées (Richard Reid, NdT) pour abattre deux avions américains.
5. J’étais responsable de l’Opération sur l’île de Filka au Koweït qui a tué deux soldats américains.6. J’étais responsable de l’attentat à la bombe contre un night-club à Bali, en Indonésie, qui était fréquenté par des ressortissants britanniques et australiens.
7. J’étais responsable de l’Opération de la planification, de l’entraînement, de la supervision et du financement de la deuxième vague d’attaques après le 11/9 contre les gratte-ciels suivants :
a. Library Tower, Californie,
b. Sears Tower, Chicago,
c. Plaza Bank, État de Washington.
d. Empire State Building, New York..
8. J’étais responsable de la planification, du financement et du suivi d’opérations visant à détruire des bateaux militaires et des cargos pétroliers américains dans le détroit d’Hormuz, le Détroit de Gibraltar et le port de Singapour.
9. J’étais responsable de la planification, de l’entraînement, de la supervision et du financement de l’opération visant à détruire par des bombes le Canal de Panama.
10. J’étais responsable de supervision et du financement de l’assassinat de plusieurs anciens présidents américains, dont le Président Carter.
11. J’étais responsable de la supervision, de la planification et du financement d’attentats contre les ponts suspendus de New
12. J’étais responsable du plan de destruction de la Sears Tower en faisant brûler des camions de carburant sous ou autour de la tour.
13. J’étais responsable de la planification, de la supervision, et du financement de l’opération de destruction de l’aéroport d’Heathrow, du building du Canary Wharf et de Big Ben sur le sol britannique.
14. responsable de la planification, de la supervision, et du financement de la destruction de nombreux night-clubs fréqsuentés par des citoyens américains e britanniques sur le sol thailandais
15. J’étais responsable de la planification, de la supervision, et du financement de la destruction de la Bourse de New York et autres cibles financières après le 11/9.
16. J’étais responsable de la planification, du financement de la supervision de buildings dans la ville israélienne d’Eilat en utilisant des avions décollant d’Arabie saoudite.
I7. J’étais responsable de la planification, de la supervision, et du financement de la destruction d’ambassades américaines en Indonésie, en Autralie et au Japon.
18. J’étais responsable de la supervision, et du financement de la destruction des ambassades israélienne en Inde, en Azerbaïdjan, aux Philippines et en Australie.
19. J’étais responsable de la supervision, et du financement de la destruction d’un avion de la compagnie El El Airlines sur le sol thaïlandais, au départ de l’aéroport de Bangkok.
20. J’étais responsable de l’envoi de plusieurs Moudjahidine en Israël pour exercer une surveillance afn de frapper plusieurs cibles stratégiques au Coeur d’Israël.
21. J’étais responsable de l’attentat contre l’hôtel de Mombasa (Kenya, NdT) fréquenté par des voyageurs juifs via El Al Airlines.
22. J’étais responsable du tir d’un missile russe sol-air SA-7 sur un avion d’El Al ou une autre compagnie juive au départ de Mombasa.
23. J’étais responsable de la panification et de la supervision pour frapper des cibles américaines en Corée du Sud, comme des bases militaires américaines et quelques night-clubs fréquentés par des soldats américains.
24. J’étais responsable de la fourniture d’aide financière pour frapper des cibles américaines, juives et britanniques en Turquie.
25. J’étais responsable de la surveillance nécessaire pour pouvoir frapper des centrales nucléaires produisant de l’électricité dans plusieurs États US.
26. J’étais responsable de la planification, de la supervision, et du financement pour frapper le QG de l’OTAN en Europe (à Bruxelles, NdT)
27. J’étais responsable de la planification et de la supervision de l’Opération Bojinka, consistant à abattre douze avions américains remplis de passagers. Moi-mêm j’ai observé un vol de la PANAM de Manille à Séoul.
28. J’étais responsable de la tentative d’assassinat contre le Président Clinton durant sa visite aux Philippines in 1994 ou 1995.
29. je partage la responsabilité pour la tentative d’assassinat contre le Pape Jean-Paul II durant sa seconde visite aux Philippines.30. J’étais responsable de l’entraînement et du financement pour l’assassinat du Président pakistanais Musharaf.31. J’étais responsable de la tentative de destruction d’une entreprise pétrolière américaine possédée par l’ancien Secrétaire d’État juif Henri Kissinger, sur l’île de Sumatra, en Indonésie. »
Source : Verbatim Transcript of Combatant Status Review Tribunal Hearing for ISN 10024, pages 17-19
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.