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jeudi 18 octobre 2012

KSM : "Votre sang n’est pas fait d’or et le nôtre n’est pas fait d’eau"

Le cerveau du 11 Septembre s'en prend aux USA
Khalid Sheikh Mohammed le 17 octobre 2012 à l'audience devant la justice militaire américaine.
Khalid Sheikh Mohammed le 17 octobre 2012 à l'audience devant la justice militaire US. (REUTERS)

Devant la justice militaire, ce proche de Ben Laden a livré une violente diatribe.

Une fois n’est pas coutume, le juge militaire de Guantanamo a laissé la parole mercredi au cerveau des attentats du 11 Septembre, qui a livré une violente diatribe contre les Etats-Unis, les accusant de tuer et de torturer «au nom de la sécurité nationale».
«Le président (américain) peut assassiner légalement au nom de la Sécurité nationale, pour les citoyens américains», a fustigé Khaled Cheikh Mohammed, assis à la table des accusés d’un tribunal militaire à Guantanamo.
Souvent considéré comme provocateur, M. Mohammed, appelé KSM pour ses initiales en anglais, a été autorisé à prendre la parole, après discussion entre les parties, sous la protection d’un différé de 40 secondes qui aurait permis à la censure de brouiller ses propos, s’il avait abordé des questions sensibles.
Depuis sa détention dans une prison secrète de la CIA, de 2002 à 2006, où il a subi des mauvais traitements assimilés à de la torture, le gouvernement américain craint que KSM ne délivre des informations classifiées. Il a subi 183 simulations de noyade à cette époque, a reconnu le gouvernement.
«Chaque dictateur peut choisir sa définition» de la sécurité nationale, a-t-il prévenu. «Avec cette définition, beaucoup peuvent tuer des gens au nom de la sécurité nationale, beaucoup peuvent torturer au nom de la sécurité nationale et détenir des enfants au nom de la sécurité nationale», a-t-il déclaré calmement en arabe.
Il attendait que chacune de ses phrases soit traduite en anglais, et, fort de son bon niveau d’anglais après des études aux Etats-Unis, corrigeait de temps à autre l’interprète.
Coutumier des diatribes virulentes, KSM, qui avait revendiqué «de A à Z» les attentats du 11-Septembre, s’est exprimé au troisième jour d’une audience préliminaire visant à préparer le procès où il encourt la peine de mort.
«Au nom de Dieu», a-t-il dit, «quand le gouvernement est triste parce que 3 000 personnes ont été tuées le 11-Septembre, on devrait se sentir désolé que le gouvernement américain (...) ait tué des millions de personnes au nom de la sécurité nationale».

«Première et dernière fois»

«Le président peut prendre quelqu’un et le jeter à la mer au nom de la sécurité nationale», a-t-il également déclaré, en référence au numéro 1  de l’organisation terroriste Al-Qaeda, Oussama ben Laden tué il y a un an par les USA au Pakistan.
Barbe épaisse teinte au henné et turban blanc, KSM, considéré comme un proche de Ben Laden, avec lequel il avait préparé les attentats du 11-Septembre, a conclu: «Votre sang n’est pas fait d’or et le nôtre n’est pas fait d’eau».
Cette diatribe terminée, sans interruption ni censure, le juge James Pohl a prévenu que le principal des cinq accusés comparaissant cette semaine ne serait plus autorisé à prendre ainsi la parole. «C’est la première et la dernière fois», a-t-il averti.
KSM s'était déjà vu accorder la veille le droit de porter à l’audience la veste de camouflage qu’il revêtait lorsqu’il combattait comme moujahidine contre l’occupation soviétique en Afghanistan.
Cette audience, prévue pour durer jusqu'à vendredi, est destinée à préparer le procès des cinq hommes qui encourent la peine dee mort pour le meurtre de 2 976 personnes.
Après avoir été reportés plusieurs fois, les débats étaient centrés mercredi sur la censure que réclame le gouvernement, au nom de la sécurité nationale, sur toutes les déclarations des accusés en raison de leur passage par des sites secrets de la CIA.
Une portion des échanges a alors été brouillée quand un avocat a «fait une référence spécifique à une technique d’interrogation hypothétique classifiée», a expliqué le juge, quand la retransmission a repris.
Pendant cet échange, KSM s’est penché vers son co-accusé et neveu Ammar al-Baluchi, lui a parlé à distance, avant de lever la main et de demander à prendre la parole.
(AFP)

lundi 15 octobre 2012

Les accusés du 11-Septembre prennent la parole

Les accusés du 11-Septembre sortent de leur mutisme

par Chantal Valéry, Agence France-Presse, Base US de Guantanamo, 15/10/2012
Ces détenus «de grande valeur», incarcérés à Guantanamo... (Photo: AP)
Ces détenus «de grande valeur», incarcérés à Guantanamo dans des conditions d'extrême sécurité, ont marqué leur première apparition devant la justice en cinq mois. Photo: AP

Les accusés des attentats du 11-Septembre sont sortis de leur mutisme lundi devant la justice militaire à Guantanamo, le cerveau des attaques dénonçant d'emblée un tribunal sans «justice».
Ce tribunal d'exception, devant lequel les accusés comparaissaient pour la première fois depuis leur mise en accusation en mai, doit décider si le secret qui entoure les tortures endurées pendant leur détention doit être levé.
«Je ne pense pas qu'il y ait une quelconque justice dans ce tribunal», a dénoncé Khaled Cheikh Mohammed, qui a revendiqué les attaques «de A à Z».
«En mai, ils étaient en résistance pacifique, aujourd'hui ils ont participé, mais cela ne signifie pas qu'ils reconnaissent la légitimité de ce tribunal», a déclaré à la presse James Connell, avocat d'un des accusés.
M. Mohammed, alias KSM pour ses initiales en anglais, est apparu un turban blanc sur la tête, lisant de temps à autre un journal en caressant son épaisse barbe teinte au henné.
Assis sans entrave sur des bancs séparés, mais chuchotants de temps en temps entre eux, ses co-accusés, les Yéménites Walid Ben Attach et Ramzi ben al-Chaïba, le Saoudien Moustapha al-Houssaoui et le Pakistanais Ammar al-Baluchi, neveu de KSM, étaient vêtus de tuniques traditionnelles et de turbans ou coiffes blancs sur la tête.
L'un d'eux a déroulé son tapis de prière pendant une suspension d'audience.
Ces détenus «de grande valeur», incarcérés à Guantanamo dans des conditions d'extrême sécurité, ont marqué leur apparition par une participation plus active que lors de la lecture de l'acte d'accusation le 5 mai.
Cette audience de cinq jours vise à préparer le procès qui ne devrait pas s'ouvrir avant un an à Guantanamo, après onze années de rebondissements et une vaine tentative de l'administration de Barack Obama de l'organiser devant un tribunal de Manhattan.
«Torture»
Après une tentative avortée de les juger en 2008, KSM et ses acolytes avaient alors défié le juge James Pohl en refusant de répondre aux questions.
Barbe noire et lunettes, le Saoudien Houssaoui, accusé d'être le financier du complot du 11-Septembre, a invoqué «le nom d'Allah» avant de donner celui de l'avocat civil spécialiste de la peine de mort dont il veut désormais s'entourer.
Il a répondu sans résistance aux questions du juge sur un potentiel conflit d'intérêts impliquant son avocate, qui avait auparavant défendu un de ses co-accusés.
Khaled Cheikh Mohammed en 2003.... - image 2.0
Khaled Cheikh Mohammed en 2003

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KSM, 47 ans, qui a fait des études aux États-Unis et parle couramment l'anglais, a choisi de répondre en arabe, à la différence de son neveu M. al-Baluchi.
Ce dernier a répondu avec humour qu'il «ferait en sorte de laisser des notes» dans sa cellule, lorsque le juge lui demandait s'il comprenait que la procédure le concernant se poursuivrait en cas d'évasion de la prison.
«S'échapper de prison?», a demandé, perplexe, M. al-Chaïba, également en anglais.
Barbe noire et lunettes, le Saoudien Houssaoui, accusé d'être le financier du 11-Septembre, a précisé avoir été prévenu de l'audience «une heure avant de partir».
Accédant à une demande de la défense, le juge a autorisé les accusés à ne pas assister aux débats, et ce dès mardi. M. Houssaoui devrait être absent du tribunal mardi, a indiqué son avocat.
Le procureur Mark Martins, farouchement contre, a soutenu qu'«aucun tribunal n'a reconnu le droit d'être absent».
Le colonel Pohl a pris cette décision après un bref bras de fer avec un avocat qui désirait «parler de la torture» endurée par les accusés pendant quatre ans et demi.
Le capitaine Michael Schwartz, défenseur militaire de M. Ben Attach, un proche d'Oussama ben Laden qui dirigeait un camp en Afghanistan où deux des pirates de l'air ont été formés, a estimé qu'il fallait parler des «intimidations physiques et émotionnelles» pour décider de leur présence ou absence au tribunal. Mais le juge a rejeté «un argument sans fondement».
Avec 11 des 25 recours consacrés à la censure, l'audience se poursuivra mardi sur le secret que le gouvernement veut maintenir sur les déclarations des accusés, en raison de mauvais traitements assimilés à de la torture qu'ils ont subis dans des prisons de la CIA.
Le gouvernement invoque la sécurité nationale tandis que la défense, soutenue par 14 médias et l'association de défense des libertés civiles Aclu, demande la publicité et la transparence des débats.
Cette audience a déjà été retardée plusieurs fois.

dimanche 14 octobre 2012

15 octobre : Procès Khalid Cheikh Mohammed et consorts, Acte 2-Le spectre de la torture hante l'audience

"L'une des questions majeures qui sera décidée est si la Constitution américaine qui gouverne toutes les affaires (judiciaires) aux Etats-Unis s'applique aussi à Guantanamo".
La torture et le voile du secret qui l'entoure planeront sur la nouvelle série d'audiences des accusés des attentats du 11-Septembre, qui s'ouvrent à partir de lundi à Guantanamo. Le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed, cerveau autoproclamé des attaques les plus meurtrières de l'histoire américaine, et ses quatre co-accusés comparaîtront pour la 2e fois devant ce tribunal militaire d'exception sur la base navale américaine.
Sauf imprévu, les audiences préliminaires destinées à préparer le procès se dérouleront toute la semaine dans cette enclave à l'est de Cuba, après avoir été retardées de plus de deux mois pour cause de ramadan puis de panne internet conjuguée aux intempéries.
"L'une des questions majeures qui sera décidée est si la Constitution américaine qui gouverne toutes les affaires (judiciaires) aux Etats-Unis s'applique aussi à Guantanamo ou si Guantanamo est une sorte de trou noir juridique", déclare à l'AFP James Connell, avocat du Pakistanais Ammar al-Baluchi.
En jeu, les tortures et mauvais traitements que les cinq hommes disent avoir subis, et le caractère secret que l'accusation veut donner à cet aspect du dossier.
Parmi les recours examinés au cours des cinq jours d'audience, le gouvernement américain réclame que "les informations relatives à la sécurité nationale soient protégées" ainsi que tous "les éléments dont la publication serait préjudiciable à l'intérêt du public".
Face à cette volonté de masquer les renseignements classés secret-défense et de maintenir à huis clos certaines parties des débats, la défense, soutenue par une quinzaine de médias et l'Union américaine de défense des libertés (ACLU), réclame la transparence.
"Le public a le droit de savoir", a plaidé Me Connell. "Cela doit être une procédure ouverte, juste, transparente", a renchéri Cheryl Bormann, avocate du Yéménite Wallid ben Attach. "Le gouvernement ne doit pas pouvoir empêcher nos clients de dire ce qu'ils ont vécu, ne doit pas être en droit de cacher ce qui leur a été fait", dit-elle à l'AFP.
"S'il y a un procès sur ce qui s'est passé le 11-Septembre (...), toute la vérité doit sortir et pas seulement la version du gouvernement".
L'ombre de "Big Brother"
Ayant étés incarcérés dans les prisons secrètes de la CIA avant leur transfert en 2006 à Guantanamo, "tout ce qui touche nos clients est présumé classé secret-défense, mêmes les choses les plus anodines", se plaint James Harrington, avocat du Yéménite Ramzi ben al-Chaïba.
Les documents et communications avocat-client doivent être soumis à la censure, "une violation claire des droits de la défense, alors que nous voulons pouvoir parler sans avoir +Big Brother+ qui contrôle tout par dessus notre épaule", ajoute-t-il pour l'AFP.
A Guantanamo, les journalistes et le public suivent les audiences derrière une paroi vitrée, où les mots leur parviennent avec 40 secondes de différé. Dès qu'une déclaration touche à un point sensible, un censeur actionne un interrupteur pour brouiller la retransmission.
"La question est de savoir si ce délai de 40 secondes est conforme au 1er amendement de la Constitution" sur la liberté d'expression et de la presse, déclare Hina Shamsi, avocate de l'ACLU. "Le gouvernement n'a aucune légitimité à restreindre l'accès du public", dit-elle à l'AFP.
Lors de leur mise en accusation début mai, les cinq hommes, qui encourent la peine capitale, avaient défié la justice militaire en refusant de répondre aux questions et en déroulant régulièrement leurs tapis de prière pendant les treize heures d'audience.
Ils réclament au tribunal de pouvoir comparaître dans les attraits de leur choix. L'un veut porter un treillis paramilitaire, l'autre une coiffe traditionnelle, un troisième la célèbre combinaison orange, "rappel silencieux de l'héritage de torture de Guantanamo". Le juge dira s'il considère ces vêtements comme un outil de propagande. 
Source : AFP, 13/10/2012 

Ci-dessous, les dessins d'audience réalisés par Janet Hamlin lors de la première audience de juin 2008

In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, the Sept. 11 attacks co-conspirator suspects, at left, attend their arraignment inside the war crimes courthouse at Camp Justice, the legal complex of the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008.They are, top to bottom, Khalid Sheikh Mohammed, Waleed bin Attash, Ramzi Binalshibh, Ali Abd al-Aziz Ali, known as Ammar al-Baluchi, and Mustafa Ahmad al-Hawsawi.  EPA/BRENNAN LINSLEY / POOL POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.

In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, the Sept. 11 attacks co-conspirator suspects, at left, attend their arraignment inside the war crimes courthouse at Camp Justice, the legal complex of the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008.They are, top to bottom, Khalid Sheikh Mohammed, Waleed bin Attash, Ramzi Binalshibh, Ali Abd al-Aziz Ali, known as Ammar al-Baluchi, and Mustafa Ahmad al-Hawsawi. EPA/BRENNAN LINSLEY / POOL POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.
In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Khalid Sheikh Mohammed, center, and Waleed bin Attash, two of the Sept. 11 attacks co-conspirator suspects, attend their arraignment inside the war crimes courthouse at Camp Justice, the legal complex of the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, Cuba, 05 June 2008.  EPA/BRENNAN LINSLEY / POOL POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.

In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Khalid Sheikh Mohammed, center, and Waleed bin Attash, two of the Sept. 11 attacks co-conspirator suspects, attend their arraignment inside the war crimes courthouse at Camp Justice, the legal complex of the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, Cuba, 05 June 2008. EPA/BRENNAN LINSLEY / POOL POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.
In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Ramzi Binalshibh, center-right, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, attends his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008.  EPA/Brennan Linsley / POOL POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.

In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Ramzi Binalshibh, center-right, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, attends his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008. EPA/Brennan Linsley / POOL POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.
In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Ali Abd al-Aziz Ali, known as Ammar al-Baluchi, center-right, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, attends his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June  2008.  EPA/Brennan Linsley / POOL POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.

In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Ali Abd al-Aziz Ali, known as Ammar al-Baluchi, center-right, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, attends his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008. EPA/Brennan Linsley / POOL POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.
In this image reviewed by the U.S. Military, inside a hangar used for media operations, a U.S. Navy officer walks away after pinning up two sketches, by courtroom artist Janet Hamlin, bearing the images of Ramzi Binalshibh, right, and Ali Abd al-Aziz Ali, known as Ammar al-Baluchi, left, both suspects in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, on the day of their arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008.  EPA/BRENNAN LINSLEY POOL PHOTO  IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION

In this image reviewed by the U.S. Military, inside a hangar used for media operations, a U.S. Navy officer walks away after pinning up two sketches, by courtroom artist Janet Hamlin, bearing the images of Ramzi Binalshibh, right, and Ali Abd al-Aziz Ali, known as Ammar al-Baluchi, left, both suspects in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, on the day of their arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008. EPA/BRENNAN LINSLEY POOL PHOTO IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION
In this image reviewed by the U.S. Military inside a hangar used for media operations, Navy Commander Jeffrey D. Gordon, Pentagon spokesman for the Western Hemisphere, right, arrives with new sketches, as Dennis Powell of ABC News unpins two earlier ones, by courtroom artist Janet Hamlin, one bearing the image of Khalid Sheikh Mohammed, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, on the day of his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008.  EPA/BRENNAN LINSLEY POOL PHOTO  IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION

In this image reviewed by the U.S. Military inside a hangar used for media operations, Navy Commander Jeffrey D. Gordon, Pentagon spokesman for the Western Hemisphere, right, arrives with new sketches, as Dennis Powell of ABC News unpins two earlier ones, by courtroom artist Janet Hamlin, one bearing the image of Khalid Sheikh Mohammed, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, on the day of his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008. EPA/BRENNAN LINSLEY POOL PHOTO IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION
In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Khalid Sheikh Mohammed, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, attends his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008.  EPA/JANET HAMLIN POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.

In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Khalid Sheikh Mohammed, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, attends his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008. EPA/JANET HAMLIN POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.
In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Mustafa Ahmad al-Hawsawi, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, attends his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008.  EPA/JANET HAMLIN POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.

In this photograph of a sketch by courtroom artist Janet Hamlin, reviewed by the U.S. Military, Mustafa Ahmad al-Hawsawi, a suspect in the Sept. 11 attacks co-conspirator case, attends his arraignment at the U.S. Military Commissions, at Guantanamo Bay U.S. Naval Base, in Cuba, 05 June 2008. EPA/JANET HAMLIN POOL PHOTO OF SKETCH BY JANET HAMLIN. IMAGE REVIEWED BY U.S. MILITARY PRIOR TO TRANSMISSION.

lundi 19 mai 2008

Sourde bataille politique et judiciaire autour des premiers procès de Guantanamo

par Corine Lesnes, Le Monde, 17 mai 2008


Le nom officiel de l'endroit est Complexe judiciaire expéditionnaire, mais les militaires l'appellent "Camp Justice". C'est là que l'administration américaine espère commencer – avant l'élection présidentielle de novembre – les procès des suspects qu'elle détient à Guantanamo depuis six ans, afin de "montrer qu'elle ne s'est pas trompée", comme le dit un responsable européen qui s'est rendu récemment sur la base américaine de l'île de Cuba.
Sous Donald Rumsfeld, le Pentagone avait prévu la construction d'une cité judiciaire digne des ambitions du ministre. L'actuel secrétaire à la défense, Robert Gates, a considérablement réduit le projet. Il a fait remplacer les bâtiments en dur par des préfabriqués et des tentes, signe qu'il n'est pas tout à fait convaincu lui-même de l'entreprise, mais, a-t-il expliqué devant le Congrès, "je n'ai pas réussi à parvenir à un accord au sein de l'exécutif sur la manière de procéder" pour fermer la prison.
En quelques mois, des unités de la Garde nationale ont construit le siège de la justice militaire. Situé sur l'ancien aéroport de la base navale, entouré de barbelés, le camp est prévu pour héberger 500 personnes en quasi-autarcie pendant la durée des procès : magistrats, avocats, greffiers, journalistes et gardes de sécurité. La salle d'audience est un bâtiment sans fenêtres, de haute sécurité. Une vitre de Plexiglass sépare l'audience des spectateurs. Le juge pourra couper le son dans la galerie lorsque seront examinés des documents classés.
Si tout est prêt, du côté des installations, pour le premier procès, le 2 juin, qui devrait être celui de Salim Ahmed Hamdan, l'ancien chauffeur d'Oussama Ben Laden, il n'en va pas de même des procédures légales. Un an et demi après la loi d'octobre 2006 créant les "commissions militaires", la défense et l'accusation continuent d'argumenter sur la marche à suivre, alors que les ONG et les avocats civils contestent le principe même de cette juridiction d'exception qui admet les éléments à charge obtenus sous la contrainte pour autant que les interrogatoires aient eu lieu avant décembre 2006.
Une épreuve de force s'est engagée autour du calendrier. Le général Thomas Hartmann, du bureau des commissions militaires, a préparé une liste de 14 noms : 8 détenus, dont Salim Hamdan et le Canadien Omar Khadr, sont accusés de soutien matériel à des faits de terrorisme ; 6 autres le sont spécifiquement pour les attentats du 11 septembre 2001, dont Khaled Cheikh Mohammed. Le Pentagone a confirmé ses accusations contre ce dernier, mardi 13 mai, mais il a en revanche retiré sans explication ses accusations contre un autre membre présumé du complot, Mohammed Al-Qahtani, qui aurait dû être le 20e kamikaze.
Si aucune date n'a été fixée pour le "procès du 11-Septembre", les militaires ont déjà prévu que quelques proches de victimes pourraient assister aux audiences à Guantanamo même, et que les autres familles auraient accès à des retransmissions privées dans des bases militaires aux Etats-Unis.
Les défenseurs des droits de l'homme accusent le bureau des commissions militaires de chercher à presser le mouvement pour des raisons politiques : soit pour créer un contexte favorable au candidat républicain John McCain, en ramenant le terrorisme au coeur de la campagne électorale à l'automne, soit pour obtenir la condamnation des détenus avant qu'une nouvelle administration se mette en place, sachant que tous les candidats sont favorables à la fermeture de la prison. Décidés à ralentir le mouvement, les avocats multiplient les objections. Plus de 30 motions ont été déposées concernant le seul Salim Hamdan. La justice militaire est au centre de ce bras de fer. Les avocats de la défense, dirigés par le colonel Steven David, se plaignent qu'ils n'ont pas assez de moyens pour préparer sérieusement les procès.
Au sein même du bureau des commissions militaires, chargé de préparer les dossiers, la bagarre a pris la forme d'une mutinerie depuis que le procureur en chef, le colonel d'aviation Morris Davis, a démissionné en octobre 2007 en se plaignant de pressions pour accélérer les poursuites contre les suspects des attentats de 2001. Le 28 avril, le colonel est venu à Guantanamo même, à la demande des avocats de Salim Hamdan, pour témoigner contre certains de ses anciens supérieurs. Il s'est assis à 10 m du siège qu'il occupait quand il était procureur – il n'est pas opposé au principe des commissions militaires – et il a expliqué qu'il n'avait pas voulu considérer les preuves recueillies après des interrogatoires comportant des séances de "waterboarding" (simulation de noyade), quand bien même le général Hartmann avait souligné "la valeur politique stratégique" d'un procès avant novembre 2008.
Dans une décision sans précédent, divulguée le 9 mai, le juge militaire, le capitaine Keith Allred, a prescrit que le général Hartmann soit déchargé de toute responsabilité concernant les commissions militaires, à cause de l'influence qu'il a tenté d'exercer sur les procureurs. Cette décision risque de retarder encore les procédures. Pour l'avocate Jennifer Daskal, qui a suivi les audiences, fin avril, à Guantanamo, il est "très improbable" que les procès puissent se tenir selon le calendrier souhaité par l'administration : "Chaque petit détail finit par être l'objet de contestations parce qu'il n'y a pas de précédent", conclut-elle.

mardi 4 mars 2008

Démissionnaire, l'ex-procureur de Guantanamo va témoigner pour la défense des détenus

Par Sylvain Cypel, Le Monde, 3 mars 2008

Depuis 2005, le colonel Morris D. Davis, 49 ans, procureur en chef au bureau des instructions militaires du département de la défense, aux États-Unis, préparait les actes d'accusation contre les "combattants ennemis illégaux" détenus sur la base américaine de Guantanamo (Cuba).L'ouverture du premier procès devant un tribunal militaire spécial, déjà plusieurs fois reportée, pourrait avoir lieu en avril.
Ce procès concerne six d'entre eux, dont Khaled Cheikh Mohammed, considéré comme le principal planificateur des attentats du 11 septembre2001 à New York et Washington. L'accusation requerra la peine de mort contre tous, a annoncé le Pentagone le 10 février. Mais le colonel Davis, lui, a accepté de servir de témoin à la défense.
Le 26 juin 2007, le colonel Davis prenait encore publiquement la défense du système d'incarcération à Guantanamo, dont il jugeait qu'il répondait aux normes exigées par les Conventions de Genève. Les procès militaires qu'il préparait, écrivait-il, offraient "des garanties solides" aux accusés. Mais il a démissionné en octobre, après avoir émis "des doutes importants sur le fait que les audiences (de ces procès) soient complètes, équitables et ouvertes".
Brian Mizer, l'avocat d'un des six accusés, Salim Hamdan, ex-chauffeurd'Oussama Ben Laden, capturé en Afghanistan, a l'intention d'utiliser le témoignage du colonel. Il veut ainsi démontrer que les charges retenues contre son client doivent être déclarées nulles, en raison de l'intervention directe de hauts responsables politiques du Pentagone dans leur élaboration.
Convaincu de ce que les accusés sont des "ennemis acharnés de l'Amérique", le colonel Davis prône le respect du droit. Mais il dit refuser de voir la justice militaire soumise aux intérêts politiques. Ses difficultés ont commencé lorsque un haut gradé, le général Thomas Hartmann, aurait exigé qu'il rédige des actes d'accusation qui captivent l'attention du public américain lors des audiences.
Thomas Hartmann aurait également annulé la décision du colonel, qui ne souhaitait pas tenir compte des aveux obtenus sous la torture. Un autre responsable du Pentagone aurait fait part au colonel Davis de l'"importance politique stratégique" de faire aboutir des procès avan tl'élection présidentielle américaine de novembre. Il aurait aussi subi des pressions pour accepter la tenue d'audiences à huis clos et l'audition de témoins masqués et à l'identité tenue secrète.
Devant ses refus de se soumettre, en octobre 2007, le Pentagone a nommé un autre juriste, William Haynes, comme son supérieur hiérarchique."Nous ne pouvons nous permettre d'avoir des acquittements à Guantanamo",aurait-il expliqué au colonel Davis. Celui-ci a alors démissionné. Le 10février, le Pentagone a annoncé que ses services allaient requérir la peine de mort contre les six accusés. Le 25, il a indiqué que M. Haynes,mis en cause par de nombreux défenseurs pour les méthodes d'accusation qu'il prône, quitterait bientôt son poste. Entre-temps, le colonel Davis a été affecté à d'autres tâches. "J'espère bientôt prendre ma retraite, a-t-il déclaré récemment au New York Times. Et alors, je pourrai vraiment dire ce que je pense."

jeudi 7 février 2008

La Maison Blanche défend la pratique du "waterboarding"

La Maison blanche a défendu mercredi la pratique du "waterboarding", qui consiste à simuler la noyade, assurant que c'était légal, et non une torture comme certains l'affirment, et que cela avait permis de sauver des Américains.
Le président George W. Bush pourrait autoriser le "waterboarding" dans l'avenir à l'encontre de suspects de terrorisme, en fonction de certaines "circonstances", notamment si les autorités ont la conviction qu'une attaque "imminente" se prépare, selon le porte-parole adjoint de la Maison Blanche Tony Fratto.
Mardi, l'administration Bush a reconnu pour la première fois avoir pratiqué sur trois suspects de terrorisme cette technique d'interrogatoire considérée comme de la torture.
Les enquêteurs de la CIA pourraient avoir de nouveau recours au "waterboarding", mais ils auraient besoin du feu vert du président pour le faire, a précisé mercredi Tony Fratto.
A Genève, Manfred Nowak, rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, a critiqué la position de la Maison Blanche sur cette question, exhortant l'administration Bush à renoncer à défendre ces méthodes d'interrogatoires "injustifiables".
"C'est absolument inacceptable dans le cadre de la législation internationale en matière des droits de l'homme", a-t-il affirmé.
Devant la commission du renseignement du Sénat mardi, le directeur de la CIA Michael Hayden est devenu le premier officiel du gouvernement à reconnaître publiquement que l'agence a pratiqué le "waterboarding", ou noyade simulée, sur trois membres présumés d'Al-Qaïda -Khalid Sheik Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, ainsi qu'Abou Zoubaïda et Abd al-Rahim al-Nashiri.
Pour tout savoir sur le "waterboarding", cliquer sur ce mot ci-dessous.

mardi 7 août 2007

Plongée au cœur des prisons secrètes de la CIA

par Benoît Vitkine, Le Monde, 7 août 2007

Que s'est-il passé dans les prisons secrètes de la CIA où ont été enfermés nombre de suspects de terrorisme après les attentats du 11 septembre ? Dans son édition datée du 13 août, le magazine américain New Yorker propose une plongée dans ces sites secrets où, malgré les dénégations officielles, la torture semble avoir été pratiquée à grande échelle et de façon systématique. La journaliste, Jane Mayer, appuie son enquête sur un rapport confidentiel du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a eu accès aux témoignages de quinze suspects désormais détenus à Guantánamo. Le rapport du CICR est confidentiel, l'organisation estimant la discrétion nécessaire à la poursuite de son travail.
Ses conclusions sont sans appel. Les responsables américains impliqués dans le programme de la CIA ont commis des "crimes sérieux", en violation de la convention de Genève et de la législation américaine, selon l'auteure de l'article. Au point que de nombreux agents de la CIA commenceraient à s'inquiéter et chercheraient à couvrir leurs arrières sur le plan judiciaire.

INTERROGATEURS FORMÉS SUR LE TAS AUX TECHNIQUES DU KGB
La genèse du programme des prisons secrètes remonte, selon la journaliste, au 17 septembre 2001, date à laquelle le président Bush a autorisé la formation d'unités paramilitaires chargées de capturer ou de tuer des cibles désignées comme terroristes dans le monde entier. A cette époque, la CIA manquait d'agents aguerris dans le domaine des interrogatoires. Des officiers ont alors épluché les archives de l'agence jusqu'à retrouver trace du plan Phoenix, utilisé par l'armée américaine au Vietnam entre 1970 et 1971, et devenu une source d'inspiration pour l'agence. Les responsables du renseignement se sont aussi tournés vers leurs alliés plus expérimentés dans la lutte antiterroriste, demandant particulièrement des conseils à l'Egypte, à la Jordanie et à l'Arabie saoudite, des pays régulièrement pointés du doigt par le département d'Etat pour leurs manquements en matière de droits de l'homme.
Quand les premiers suspects ont été capturés, la CIA n'était pas prête, et ses chefs ont alors fait appel à des "sous-traitants" extérieurs, aux méthodes décrites par le monde du renseignement comme "proches du film Orange mécanique [de Stanley Kubrick]", rapporte Jane Mayer. Ces hommes, des anciens psychologues militaires, n'avaient jamais pratiqué la torture mais avaient enseigné aux soldats comment y résister. Sous le commandement américain, ils ont pratiqué simulation de noyade, privation de sommeil, isolement, exposition à des températures extrêmes, exposition à des bruits assourdissants, humiliations sexuelles et religieuses.
Le Pakistanais Abou Zoubaydah, arrêté en mars 2002, fut soumis, rapporte Jane Mayer, à des simulations de noyade et confiné dans une cage – "la niche" – si petite qu'il ne pouvait pas se lever. Ces experts diplômés employaient un schéma de torture calqué sur les méthodes du KGB. L'objectif final du processus était de donner aux détenus la certitude que rien ni personne ne pourrait plus les sauver. Un objectif atteint, notamment, en retirant au suspect sa capacité à envisager le futur – quand sera son prochain repas, quand il pourra aller aux toilettes – et en le privant au maximum de toute perception sensorielle – en le confinant, par exemple, dans une pièce sans odeur, sans lumière, sans son. "Le KGB utilisait ces méthodes contre des individus qui s'étaient retournés contre l'Etat et obtenir d'eux des aveux inventés. Le KGB ne cherchait pas du renseignement", s'insurge dans le New Yorker Steve Kleinman, un colonel de réserve opposé au programme secret de la CIA.

"RETIRER TOUTE DIGNITÉ AU DÉTENU"
Au fil des mois, les méthodes se sont affinées, explique Jane Mayer. Chaque étape pour casser un homme était prévue, codifiée. A tel point qu'avant chaque nouvelle torture, "vous savez ce que va dire chaque détenu, parce que vous l'avez déjà entendu", confie un expert extérieur à la CIA, qui avait connaissance du protocole employé. Ce qui fait dire à la journaliste qu'aucune comparaison n'est possible entre le programme de la CIA et les abus – sanctionnés – de Guantánamo ou Abou Ghraïb, commis par des agents mal entraînés ou déséquilibrés. Chaque transfert, chaque interrogatoire a fait l'objet de plusieurs autorisations et rapports détaillés remontant au plus haut niveau de responsabilité.
Les tortures pratiquées par les agents de la CIA auraient poussé un détenu yéménite à tenter de se suicider trois fois. Pendant des semaines, voire des mois, dans sa cellule étaient diffusés des bruits assourdissants, de la musique ou des ricanements tirés de films d'horreur. Ces pressions psychologiques, de l'avis de tous les détenus interrogés, étaient plus difficiles à supporter que les abus physiques.
Autre cas cité par la journaliste, celui de Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme l'architecte des attentats du 11 septembre. Après son arrestation, en mars 2003, Mohammed est transféré dans une prison secrète sur le sol polonais. Il subit alors maintes humilitations. Gardé nu pendant sept jours, il aurait ensuite été interrogé par un nombre inhabituel d'agents femmes, avant d'être suspendu par les bras au plafond de sa cellule, ses orteils touchant à peine le sol.

KHALID CHEIKH MOHAMMED TRANSFÉRÉ EN POLOGNE
Le témoignage de Khalid Cheikh Mohammed permet aussi d'apporter un éclairage sur un autre point. Lors de sa détention, il affirme avoir vu une bouteille d'eau minérale portant des inscriptions en polonais, ce qui viendrait corroborer les accusations du Conseil de l'Europe, qui estime que Varsovie a accueilli sur son territoire des lieux de détention gérés par la CIA.
Pour quels résultats a été mis en place ce dispositif complexe, secret, qui a suscité nombre de débats au sein de l'administration américaine ? Le général Michael Hayden, directeur de la CIA, a affirmé à plusieurs reprises que le programme des prisons secrètes était "irremplaçable". Quant au président Bush, il estime que le travail réalisé par la CIA a permis de "sauver des vies", en "empêchant de nouvelles attaques".
Mais l'exemple de Khalid Cheikh Mohammed, qui a subi plusieurs des tortures prévues par la CIA et connu les prisons de l'agence sur les sols afghan, polonais et cubain (à Guantánamo), est troublant. En tout, Mohammed a endossé la responsabilité de trente et un complots terroristes, un chiffre que les experts jugent "improbable", même pour un terroriste de haut rang. Parmi les crimes dont il s'est attribué la paternité, outre les attentats du 11 septembre, des projets d'attentats contre Bill Clinton, Jimmy Carter ou le pape Jean Paul II. Mais aussi l'assassinat du journaliste américain Daniel Pearl en 2002 au Pakistan. La version des faits donnée par Khalid Cheikh Mohammed est réfutée par les proches de Pearl. Son père, Judea, résume l'opinion de la famille : "Mohammed peut bien affirmer qu'il a tué Jésus, il n'a rien à perdre." La torture, au final, ne semble pas conduire à la vérité.
Selon Jane Mayer, le programme des "black sites" de la CIA a bien été abandonné à l'automne 2006, après les annonces en ce sens de George Bush et le transfert des derniers détenus des prisons secrètes vers Guantánamo. Mais la Maison Blanche se refuse toujours à désavouer les "interrogatoires améliorés", pourtant illégaux sur le sol des Etats-Unis. Ce qui signifie, selon la journaliste, que les agences de renseignement américaines peuvent continuer à détenir indéfiniment des suspects sur des sites secrets, sans aucune base juridique.

samedi 9 juin 2007

Un « malentendu sémantique »

Le gouvernement américain va demander aux deux juges des tribunaux militaires d’exception de revoir leur décision de rejeter les poursuites contre deux détenus de Guantanamo, une démarche plus rapide mais aussi plus aléatoire qu’un appel. "Une demande de réexamen (des décisions) va revenir devant les deux juges qui se sont prononcés dans chacune des deux affaires", a déclaré vendredi un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman.
Lundi, les deux juges militaires avaient annulé les poursuites contre Omar Khadr, un Canadien de 20 ans, et Salim Hamdan, ancien chauffeur d’Oussama Ben Laden, au motif qu’il n’était pas établi que les deux hommes étaient des "combattants ennemis illégaux" (CEI). Hamdan et Khadr, comme la plupart des quelque 380 détenus de la base navale américaine à Cuba, ont reçu le statut de "combattants ennemis" (CE), ce qui justifie leur détention jusqu’à la fin théorique du conflit, mais pas leur comparution devant un tribunal militaire d’exception.
Pour le gouvernement, il ne s’agit que d’un malentendu sémantique qui devrait être rapidement dissipé.
La procédure administrative mise en place en 2004 pour établir le statut des détenus ne prévoit que deux dénominations : "CE" ou "ancien CE". Mais aux yeux du gouvernement, si un "CE" a des liens avec Al-Qaïda ou une autre organisation déjà déclarée illégale, il est automatiquement un "CEI", même si la procédure ne le signale pas formellement.
"Nous pensons qu’il n’y a aucune différence matérielle" entre les deux termes tels que définis dans la procédure administrative de révision du statut et dans la procédure judiciaire devant les tribunaux militaires d’exception, a expliqué M. Whitman.
Si les deux juges maintiennent leur position, le gouvernement aura encore la possibilité de faire appel devant une juridiction supérieure, prévue par la loi promulguée à l’automne dernier pour établir les tribunaux militaires d’exception mais pas encore mise en place concrètement.
Le Pentagone pourrait aussi modifier le règlement de la procédure administrative pour permettre d’établir formellement que les détenus qu’il souhaite traduire en justice sont bien des CEI.
Les décisions des deux juges lundi, totalement inattendue, a porté un nouveau coup à l’administration Bush, révélant notamment que des juges des tribunaux militaires d’exception, choisis par le Pentagone, n’étaient pas enclins à suivre aveuglément la position du gouvernement.
Elles ont également relancé les critiques contre l’ensemble de l’édifice juridique établi autour des détenus de la base navale américaine à Cuba. Jeudi, une commission du Sénat a adopté une proposition de loi visant à rendre aux prisonniers le droit de saisir un juge fédéral pour contester leur détention.
Cette disposition concerne surtout les 200 à 250 détenus que le gouvernement ne prévoit pour l’instant ni de libérer ni de traduire devant un tribunal d’exception. Mais elle permettrait aussi à Omar Khadr et Salim Hamdan de porter devant la justice civile le débat sur les règles contestées de ces tribunaux.
Si le gouvernement obtient gain de cause devant les deux juges, les poursuites seront rétablies et les procès des deux hommes, chargés de défricher le terrain avant ceux de détenus plus importants comme Khaled Cheik Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, pourraient avoir lieu dans quelques mois.
Source : AFP, 8 juin 2007

mercredi 16 mai 2007

A l'avant-garde des morts-vivants

Normaliser la torture, briser l'éthique
par Slavoj Zizek, The New York Times, 24 mars 2007

Depuis que les aveux saisissants de Khaled Sheikh Mohammed ont été rendus publics, la consternation face à l’étendue de ses crimes demeure mêlée de doutes. Peut-on accorder foi à ses revendications ? Et s’il avait avoué plus que ce dont il s’est réellement rendu coupable, soit pour assouvir un vain désir de laisser le souvenir du grand cerveau du terrorisme, soit parce qu’il était prêt à avouer n’importe quoi pourvu que l’on cesse de le soumettre au « water boarding » ou à d’autres « techniques d’interrogation renforcée » ?
S’il y a dans cet épisode de quoi être interloqué, c’est moins du fait des aveux eux-mêmes que du fait que, pour la première fois depuis de forts longues années, la torture a été normalisée – présentée comme une chose acceptable. Ce qui a des conséquences éthiques qui devraient tous nous inquiéter.
Alors que l’éventail des crimes de M. Mohammed est à la fois horrifiant et manifeste, il nous faut remarquer que les Etats-Unis semblent incapables d’en user avec lui comme ils le feraient même avec le plus endurci des criminels. Dans le monde occidental civilisé, même le meurtrier d’enfants le plus pervers est jugé et puni. Mais aucun jugement légal ni aucune condamnation de M. Mohammed n’est plus possible à présent – aucun tribunal agissant dans le cadre des systèmes légaux occidentaux ne peut s’appuyer sur des détentions arbitraires, des aveux extorqués par la torture, ou quelqu’autre chose de ce genre. (Qui plus est – perverse ironie – ces procédés sont conformes au souhait de M. Mohammed de se voir traité en ennemi plutôt qu’en criminel.)
C’est comme si la lutte contre les terroristes, et non plus seulement les terroristes eux-mêmes, devait à présent opérer dans une zone de légalité incertaine – une « zone grise ». Nous sommes donc de fait face à des criminels « légaux » et « illégaux » : ceux qui doivent être traités selon les procédures légales (recours à des avocats, ainsi de suite), et ceux qui sont rejetés hors de la légalité, destinés aux tribunaux militaires ou à une incarcération sans terme apparent.
M. Mohammed est devenu ce que le philosophe politique italien Giorgio Agamben nomme « homo sacer » : une créature légalement morte bien que biologiquement toujours vivante. Et M. Mohammed n’est pas seul dans ce monde de limbes. Les autorités usaméricaines qui traitent les cas de ce type de détenus sont devenues un genre de complément, de reflet de cet « homo sacer » : agissant en tant que pouvoir judiciare, elles opérent dans un espace vide soutenu par la loi et pourtant soustrait à la régulation par le droit.
Certains ne voient là rien de gênant. Leur contre-argument se veut réaliste : la guerre contre le terrorisme est une guerre sale, on se trouve dans des situations où la vie de milliers de personnes peut dépendre des informations que l’on peut obtenir de nos prisonniers, alors on doit prendre des mesures radicales. Alan Dershowitz, de la Harvard Law School, ne dit rien d’autre lorsqu’il affirme : « Je ne suis pas en faveur de la torture, mais si l’on doit en arriver à l’utiliser, il serait sacrément préférable qu’elle soit approuvée par les tribunaux ». Eh bien, si c’est là être « honnête », je préfère m’en tenir à la plus stricte hypocrisie.
Bien-sûr, la plupart d’entre nous peut imaginer une situation particulière dans laquelle il se pourrait que l’on ait recours à la torture – peut-être pour sauver un être cher d’une souffrance imminente et indicible. Je peux me l’imaginer. Dans un tel cas, néanmoins, il est crucial que je n’érige pas ce choix désespéré en un principe universel. Dans l’urgence brutale et inévitable du moment, je devrais simplement le faire. Mais cela ne peut devenir une norme acceptable. Je dois conserver intacte la conscience de l’horreur de mon acte. Et lorsque la torture en vient à n’être plus considérée que comme une technique supplémentaire de la lutte contre le terrorisme, toute conscience de l’horreur est perdue.
Lorsqu’au cours de la cinquième saison de la série télévisée « 24 heures », il est devenu clair que le cerveau à l’origine du complot terroriste n’était nul autre que le président lui-même, nombre d’entre nous attendait avidement de savoir si Jack Bauer appliquerait au « dirigeant du monde libre » sa technique habituelle face aux terroristes qui refusent de révéler un secret qui pourrait sauver des milliers de vies. Va-t-il torturer le président ?
La réalité a maintenant dépassé la fiction télévisuelle. Ce que la série « 24 heures » avait encore la décence de représenter comme un choix désespéré et douloureux de son héros Jack Bauer est à présent considéré comme une affaire courante – « business as usual ».
En un sens, ceux qui refusent d’encourager explicitement la torture, mais l’acceptent néanmoins comme sujet légitime de débat, sont encore plus dangereux que ceux qui s’en font clairement les avocats. La moralité n’est jamais simplement une question de conscience individuelle. Elle ne s’épanouit que lorsqu’elle est soutenue par ce que Hegel nommait « l’esprit objectif », c’est-à-dire l’ensemble de règles non écrites qui constituent l’arrière-paln de l’activité de tout individu, nous désigant ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.
Par exemple, un signe évident du progrès des sociétés occidentales est que nul n’a plus besoin d’y argumenter contre le viol : il est « dogmatiquement » évident pour tous qu’il est mal de violer. Si quelqu’un s’avisait de défendre la légitimité du viol, il nous semblerait si ridicule qu’il condamnerait ses propos à n’être pas écoutés plus avant. Et ce devrait être exactement la même chose en ce qui concerne la torture.
Sommes-nous conscients de ce à quoi aboutit la voie ouverte par la normalisation de la torture ? Un détail significatif des aveux de M. Mohammed nous en donne un indice. Il a été rapporté que les interrogateurs se sont soumis au « water boarding » et qu’ils n’ont été capables de supporter ce supplice que pendant 15 secondes en moyenne avant d’être prêts à avouer tout et n’importe quoi. Cependant, M. Mohammed aurait forcé leur admiration en l’endurant pendant deux minutes et demie.
Sommes-nous conscients que la dernière fois où de telles choses avaient cours dans le discours public remonte à la fin du Moyen-Age, lorsque la torture était encore un spectacle public, une façon honorable de mettre à l’épreuve un ennemi capturé, qui pouvait éventuellement s’attirer l’admiration de la foule en endurant la souffrance avec dignité ? Souhaitons-nous vraiment en revenir à ce genre d’éthique guerrière primitive ?
Voilà pourquoi, en définitive, nous sommes les principales victimes de cette « torture au quotidien » (torture-as-usual), nous, le public bien informé. Une part précieuse de notre identité collective a été perdue irrémédiablement. Nous sommes entraînés dans un processus de corruption morale : ceux qui sont au pouvoir sont littéralement en train d’essayer de briser une part de notre colonne vertébrale éthique, pour réprimer et défaire ce que l’on peut valablement tenir pour la principale réussite de notre civilisation – l’augmentation de notre sensibilité morale spontanée.

Slavoj Zizek – de nationalité slovène - est philosophe, sociologue et psychanalyste. Il a publié de nombreux ouvrages, dont, récemment :
« Le sujet qui fâche », 2007
« Bienvenue dans le désert du réel », 2005
« Que veut l’Europe » ? », 2005
« Plaidoyer en faveur de l’intolérance », 2004
Original :
http://www.truthout.org/docs_2006/032607P.shtml
Traduit de l’anglais en français par Xavier Rabilloud, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner auteur, traducteur et sources.
URL de cet article :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=2659&lg=fr

samedi 14 avril 2007

Guantánamo: le neveu de Khaled Cheikh Mohammed et l’Indonésien Hambali démentent avoir appartenu à Al Qaïda

Un détenu de Guantánamo, Ali Abdelaziz Ali, neveu du "cerveau" du 11-Septembre Khaled Cheikh Mohammed, a démenti appartenir à Al Qaïda et avoir voulu commettre un attentat au Pakistan, selon un compte-rendu publié jeudi par le Pentagone. Les Etats-Unis affirment qu'il préparait un attentat contre le consulat des Etats-Unis à Karachi (Pakistan) au moment où il a été capturé en avril 2003."Je n'appartiens pas à Al Qaïda, aux talibans ou à des organisations qui leur sont liées", a affirmé le détenu, selon le compte-rendu d'une audience le 30 mars devant une commission militaire chargée de déterminer son statut de "combattant ennemi".
"Je n'ai pas planifié, je n'ai pas eu connaissance ou exécuté un complot contre le consulat des Etats-Unis à Karachi (...) Je ne connais rien aux explosifs", a-t-il également assuré.
Dans le résumé des faits qui lui sont reprochés, les Etats-Unis affirment qu'il a été arrêté alors qu'il attendait la livraison d'explosifs pour un attentat présumé contre le consulat américain.
Au moment de son arrestation, il aurait été en possession d'une disquette contenant une lettre adressée au chef d'Al Qaïda, Oussama ben Laden, et des photos du World Trade Center quand un des avions s'est écrasé contre l'une des tours le 11 septembre 2001. Il aurait eu aussi avec lui une bouteille de parfum qui contenait une faible concentration de cyanure.
Quant à ses liens familiaux avec Khaled Cheikh Mohammed, qui est le frère de sa mère, l'accusé, appelé aussi dans le compte-rendu Ammar Al Baluchi, affirme que cela ne voulait pas dire qu'il était membre d'Al Qaïda."Pourquoi un contact avec mon oncle qui est un membre de la famille serait considéré comme un crime ou une preuve que je suis un combattant ennemi?", a-t-il demandé.
Le détenu a obtenu de verser à son dossier le témoignage écrit de son oncle le concernant. "A ma connaissance, Ammar n'a jamais été associé à Al Qaïda, aux talibans ou à des organisations associées (...) Je n'ai jamais recruté Ammar pour Al Qaïda", déclare Khaled Cheikh Mohammed dans ce témoignage.Ali Abdelaziz Ali est l'un des quatorze suspects transférés à Guantánamo en septembre après avoir été détenus au secret par la CIA pendant des années. La plupart d'entre eux sont passés devant une commission militaire qui examine leur statut de "combattant ennemi". Les audiences se déroulent à huis clos et les compte rendus de ces audiences sont publiés par le Pentagone après avoir été censurés.
Détenu également à Guantánamo , Khaled Cheikh Mohammed a reconnu, selon le Pentagone, être le "cerveau" des attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait près de 3.000 morts à New York et Washington.

L'Indonésien Hambali, détenu à Guantánamo , a également démenti avoir eu des liens avec Al Qaïda quand il était membre du réseau islamiste régional Jemaah Islamiyah (JI), selon un autre compte-rendu publié jeudi 12 avril par le Pentagone. Riduan Isamuddin, dit Hambali, avait été arrêté le 14 août 2003 en Thaïlande. Il est soupçonné d'avoir été à la tête des opérations du Jemaah Islamiyah (JI), réputé lié à Al Qaïdaen Asie du Sud-Est, jusqu'à fin 2002.

Jakarta considère Hambali comme le commanditaire des attentats d'octobre 2002 à Bali (202 morts dont une majorité d'étrangers) et contre l'hôtel Marriott à Jakarta (douze morts en août 2003)."M. Hambali, étiez-vous associé à Al Qaïda alors que vous étiez membre de JI?", a demandé un juge de la commission militaire chargée de déterminer son statut de "combattant ennemi" lors d'une audience le 4 avril."Non", a répondu Hambali, selon le compte-rendu de cette audience.
D'après les résumés des faits reprochés au détenu, les Etats-Unis affirment que Hambali "était le chef des opérations de la Jemaah Ismaliyah et le principal point de contact pour Al Qaïda dans l'Asie du Sud-Est".Ils l'accusent aussi d'être responsable des attentats contre des églises le 24 décembre 2000 en Indonésie (18 morts) et du projet d'attentats en 2001 contre les ambassades des Etats-Unis, d'Australie et de Grande-Bretagne à Singapour.
Ils affirment également que, selon une source du FBI (police fédérale américaine), Hambali a discuté début 2002, plusieurs mois avant l'attentat de Bali, de commettre des attentats dans des bars et des boîtes de nuit fréquentés par des Occidentaux en Thaïlande, en Malaisie, à Singapour, aux Philippines et en Indonésie.
Lors de l'audience, Hambali a affirmé qu'il n'était "pas impliqué" dans les attentats contre des églises en Indonésie et assuré qu'il n'avait "rien à voir" avec les projets d'attentats à Singapour contre les ambassades.Il a affirmé avoir démissionné du JI en 2000 et n'a pas répondu au juge qui lui demandait quelles avaient été ses activités entre le moment de sa démission et la date de sa capture.

Ali Abdelaziz Ali et Hambali sont deux des 14 suspects transférés à Guantánamo en septembre 2006 après avoir été détenus au secret par la CIA pendant des années. La plupart d'entre eux sont passés devant une commission militaire qui examine leur statut de "combattant ennemi". Les audiences se déroulent à huis clos et les compte rendus de ces audiences sont publiés par le Pentagone après avoir été censurés.
Source : AFP, 12 avril 2007

dimanche 25 mars 2007

Les aveux d’ Ahmed Khalfan Ghailani

Un Tanzanien détenu à Guantanamo a admis avoir acheté les explosifs utilisés en 1998 dans l'attentat contre l'ambassade américaine de Dar es-Salaam mais a assuré qu'il ne savait pas à quoi ils étaient destinés, selon un compte-rendu écrit publié par le Pentagone vendredi.
Ahmed Khalfan Ghailani s'est excusé d'avoir aidé ceux qui ont commis l'attentat, qui a tué 12 personnes et blessé 85 autres, lors d'une audience devant une commission militaire à Guantanamo destinée à établir s'il est bien un "combattant ennemi".
"Je n'avais pas connaissance de ce qu'ils faisaient mais je les ai aidés", a-t-il dit. "Aussi, je me suis excusé auprès des Etats-Unis pour ce que j'ai fait", a-t-il ajouté.
"Je suis désolé pour ce qui s'est passé pour ces familles qui ont perdu leurs amis et leurs êtres chers", a déclaré M. Ghailani aux trois officiers de la commission militaire.
Il a expliqué qu'après l'attentat il s'était rendu en Afghanistan où il avait reçu une formation en explosifs dans un camp d'Al-Qaïda.
Il a été capturé le 25 juillet 2004 au Pakistan, où il vivait au domicile d'un parent de Khaled Cheikh Mohammed, le "cerveau" du 11-Septembre.
M. Ghailani est l'un des quatorze suspects transférés à Guantanamo en septembre après avoir été détenus au secret par la CIA pendant des années. Neuf d'entre eux sont passés devant une commission militaire qui examine leur statut de "combattant ennemi".
Les audiences se déroulent à huis clos et le Pentagone a pour l'instant publié des compte-rendus censurés de cinq de ces audiences.
Un résumé des éléments à charge présentés lors de l'audience de M. Ghailani l'accuse d'avoir acheté les explosifs et le camion utilisé dans l'attentat du 7 août 1998 contre l'ambassade américaine à Dar es-Salaam.
Il est accusé également de s'être trouvé dans la voiture utilisée en éclaireur dans l'attentat et qu'un appel vers le Kenya a été fait de son téléphone portable une heure avant un attentat quasi-simultané contre l'ambassade américaine à Nairobi.
M. Ghailani s'est décrit lui-même comme quelqu'un qui faisait les courses pour d'autres au sein d'un groupe avec qui il vivait mais qu'il était maintenu dans l'ignorance sur ce que les autres complotaient.
Il a dit qu'il était présent quand un homme identifié comme étant Cheikh Ahmed Salim Swedan avait acheté le véhicule ayant servi à l'attentat mais qu'il ne l'avait pas acheté et qu'on lui avait dit qu'il devait servir en Somalie.
Il a affirmé qu'un homme appelé Fahad Mohammed l'avait envoyé acheter du TNT en lui disant que c'était du savon pour laver des chevaux.
"Toutefois, l'homme qui me l'a donné m'a dit qu'il s'agissait de TNT", a-t-il déclaré. "Quand je suis revenu vers Fahad, j'ai demandé à quoi était destiné le TNT et pourquoi il ne m'avait rien dit".
"Fahad a répondu que c'était pour des mines de diamants en Somalie et aussi pour un camp d'entraînement", a-t-il ajouté, selon le compte-rendu.
Il a admis avoir acheté un téléphone portable mais a affirmé qu'il était destiné à un Egyptien appelé Mustaffa qui l'a partagé avec lui.
M. Ghailani a demandé que Khalfan Khamis Mohammed*, qui est emprisonné aux Etats-Unis, soit appelé à témoigner. Mais le chef du tribunal a déclaré qu'il avait rejeté cette demande.
Source : AFP, 23 mars 2007

* Khalfan Khamis Mohamed est un Tanzanien né en 1974 condamné pour sa participation aux attentats de Dar Es Salaam et Nairobi. Arrêté en Afrique du Sud en 1999 et extradé aux USA. En 2000, il a blessé un gardien lors d’une tentative d’évasion de la prison fédérale où il attendait son procès. Il a commencé à purger en 2001 une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Le procureur avait requis la peine de mort...

vendredi 23 mars 2007

Ma Maman aurait donné une bonne fessée à Bush

Par Ali Baghdadi, 20 mars 2007
Seuls des idiots pouvaient inventer l’étonnante confession de Khalid Cheikh Mohamed. Seuls des idiots peuvent croire cette histoire hilarante.
Mohamed, qui arrive en troisième position dans la hiérarchie d’Al Qaïda, juste après Ben Laden et Al Zawahiri, comme le gouvernement US veut nous le faire croire, ne s’est pas contenté d’assumer tout seul la responsabilité de la planification, de la conspiration, et/ou de l’exécution d’une longue liste de crimes terroristes préparée par l’administration Bush , mais il a de son propre gré rappelé à la cour d’autres incidents meurtriers qui ne figuraient pas dans l’accusation contre lui. Tous les actes terroristes « musulmans » des vingt dernières années, réels et imaginaires, sont de son fait. Le peuple américain peut désormais dormir en paix. Le monde est maintenant plus sûr. Vive le Président George W. Bush II !Ce conte de fées me rappelle un aspect de ma propre enfance que je m’en vais révéler pour la première fois. Je dois avouer que quand j’étais petit, je mentais à ma Maman. Apparemment je n’étais pas un « bon » menteur. Je me faisais prendre souvent. Ma Maman était “méchante”. Elle n’acceptait de bêtises ni de moi ni qui que ce soit. Elle faisait preuve de zéro tolérance pour mon « mauvais » comportement. Immédiatement après chaque mensonge, elle m’ordonnait de baisser mon pantalon et me donnait la fessée. Son arme de destruction massive était notre bon vieux balai. Elle était une excellente planificatrice. Elle avait coutume d’emprunter le balai de nos voisins d’à côté, au cas où notre balai se serait cassé pendant son acte de « discipline impitoyable ». Le coin de notre chambre (nous n’avions pas de maison, juste une petite pièce) était mon lieu de confinement pendant le reste de la journée. Jamais nos voisins ne purent me sauver du châtiment ou l’adoucir. Ils avaient tous peur du balai de ma Maman. Elle gardait aussi la pièce fermée à clé contre toute intrusion. Comme je l’ai déjà dit, elle était une « méchante » mère, vraiment « méchante ».
Quand j’étais enfant, j’étais persuade qu’un djinn, une sorte d’esprit invisible qui m’accompagnait partout où j’allais, avait du m’espionner. Mais en grandissant, je commençai à remettre en cause l’existence de ces esprits. Même s’ils existaient vraiment, comme nous l’avaient enseigné à la madrasa nos “maîtres de religion” qui récitaient le Coran par coeur et “savaient tout”, je doutais que ma Maman eût vraiment un canal de communication avec eux.
Après le lycée, une fois entré dans la vie adulte, et comme ma maman était dans de bonnes dispositions à l’égard de son fils unique grâce à ses “grandes” réussites, j’osai, après moult hésitations, enfin lui poser la question qu me taraudait depuis le jour de ma naissance. Oh bien sûr, je lui souhaitai d’abord une place de choix et confortable au Paradis, aux côtés de mon Papa qui nous avait quitté des années auparavant. Puis je baisai ses deux mains pour lui faire prévue de respect et montrer mes remords pour tous les “crimes” et mauvaises actions que j’avais commis ou pourrais commettre involontairement à l’avenir.
« Comment est-ce que tu faisais pour découvrir la plupart de mes mensonges, chère Maman ? Il n’y avait pas de témoins oculaires et j’avais pris soin de ne laisser aucune preuve qui pourrait être retenue contre moi. »
Elle me regarda avec un sourire et des larmes dans les yeux et dit : « C’est simple, mon fils chéri : Les mensonges étaient trop gros. Ils étaient flagrants. Pas besoin d’être un scientifique pour les découvrir.”
George W. Bush n’a pas eu de chance! Apparemment, Barbara Pierce Bush, une descendante du Président Franklin Pierce, n’était pas une « méchante » maman. Cela peut expliquer pourquoi son fils, le « pauvre » George, a tourné comme il a tourné, à savoir, ente autres choses, un menteur pathétique, un meurtrier de mass et un criminel de guerre. William John Cox, écrit dans son livre intitulé A Brief on The Bush Presidency: « Comment se fait-il qu’un alcoolique menteur et négationniste, ayant à son actif des arrestations pour vol et trouble à l’ordre public, et une condamnation pour conduite en état d’ivresse; quelqu’un qui est né avec une cuillère d’argent dans la bouche, sans aucune empathie pour les souffrances des gens ordinaires; un marmot gâté, pourri et invertébré qui n’a pas su tirer parti d’une bonne éducation, un hommes d’affaires chroniquement en faillite qui n’a jamais gagné un salaire pour un travail ; et un chef de claque scolaire qui a évité les service militaire au Vietnam… Son frère plus jeune Neil se souvient que quand il avait sept ans et son petit frère Marvin six, George Jr., qui en avait seize, leur donnait dix secondes pour descendre dans le hall avant qu’il commence à leur tirer dessus avec son fusil à air comprimé…Terry Throckmorton, un ami d’enfance de Bush, se souvient comment Bush et lui capturait des grenouilles dans un paln d’eau derrière les maison des Bush :”Nous mettions des pétards dans les grenouilles et nous les lancions en les faisant exploser… »
J’ai une dette vis-à-vis de mon “illettrée” de mère. Je l’aimerai et honorerai tant que je vivrai. Elle restera dans ma mémoire la plus grande et la meilleure mère qui ait jamais existé. Une chose est sûre : personne ne m’a jamais traité de « marmot gâté ». Ma mère est disparue il y a 25 ans. Si elle avait été en vie aujourd’hui, le Président des USA et son administration auraient eu grand avantage à l’embaucher comme conseillère. Elle les aurait tous tenus à l’oeil et leur aurait évité des ennuis. Chaque fois qu’ils auraient été assis dans le Bureau ovale pour prépare un mensonge, comme ils le font souvent, ils l’auraient invitée à les écouter. Je dois vous dire la vérité : si le mensonge est trop gros, ma Maman aurait crié à la gueule du Président : « Tu es un idiot. Il n’y aura que les idiots qui te croieront. Essaye autre chose », aurait-elle insisté. Elle aurait traité George comme son propre fils. Elle aurait même demandé au Président des USA, l’homme le plus puissant sur terre, de baisser son pantalon et lui aurait fessé l’arrière-train. Après avoir rejeté tous ses mensonges, ma mère se serait tournée vers le Président et lui aurait dit : « C’est pour le pétrole, imbécile. Vire tous tes f.d.p. de conseillers, à commencer par le vice-Présiden Cheney. Dis la vérité au peuple américain. Dis ce qu’il en est vraiment, mon garcon. » Et s’il l’avait écoutée, la paix aurait régné sur le monde. Les gens de par le monde auraient adoré George W. Bush. Et Barbara Pierce Bush aurait partagé les éloges avec son vilain rejeton .
Rappelez-vous ce que je vous ai dit plus haut : bien qu’elle ne soit jamais allée à l’école, ma mère, que la grâce de Dieu soit sur elle, n’était pas une femme idiote. Personne, pas même le Commandant en chef des USA, n’était grand à ses yeux. Elle priait cinq fois par jour à la Mosquée Al Aqsa de Jérusalem. Elle jeûnait pour le mois de Ramadan et aussi pour Shaa'ban et Zul-Hijjah, donnait le peu qu’elle avait pour les pauvres et fit le pèlerinage à La Mecque, non pas une ni deux, mais trois fois. Durant son voyage de retour à Jérusalem, elle mourut à Médine, non loin de l’homme qu’elle aimait le plus, le Prophète Mohamed. Quelle femme chanceuse ! Elle a été enterrée à Al Baqi, le cimetière le plus sacré et le plus honoré de tout le monde musulman, rejoignant les compagnons du Prophète, qui ont porté l’étendard de l’Islam dans presque chaque coin du globe. Sa tombe, qu’elle avait supervisée et faite creuser à l’avance, près de l’ancienne muraille de la ville de Jérusalem, fut donnée, en accord avec ses volontés, à Said et à son frère Ishaq Al Nemr, nos deux voisins pauvres. Bref, comme vous l’aurez compris , ma Maman ne craignait qu’ « Allah » , le Dieu de l’Univers, de tous les hommes et de toutes les femmes, de tous les animaux, de toutes les plantes, de toutes les planètes et de toutes les galaxies.Ma maman est maintenant au paradis. Elle ne peut donc être d’aucun secours pour le Président George W. Bush. Malheureusement, Petit George a été pris avec les deux mains –pas une, mais les deux ! - dans le pot de confiture, et pas qu’une fois. Ses conseillers idiots lui ont causé des ennuis, pas une, pas deux mais tant de fois. Il continue à mentir. Une fois de plus, seuls des idiots pourraient croire à la liste des crimes terroristes attribués à Khalid Cheikh Mohamd. Le mensonge est trop gros.
Original : http://www.axisoflogic.com/artman/publish/article_24136.shtml
Ali Baghdadi vit à Chicago
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.


vendredi 16 mars 2007

« Nous combattons comme des chacals dans la nuit » : Les aveux de Khalid Cheikh Mohamed

par le Pentagone, 15 mars 2007
Traduit et présenté par Fausto Giudice

Le Pentagone vient de rendre publique l’audition de Khalid Cheikh Mohamed par le Tribunal d’examen du Statut de Combattant siégeant au camp de détention de Guantanamo le 10 mars 2007. L’identité de tous les membres de ce « tribunal », ainsi que celle du « représentant personnel » (est-ce un avocat militaire ? On l’ignore du détenu) est tenue secrète. Nous avons choisi le passage le plus significatif et le plus incroyable de ce document. Il s’agit des aveux complets de Khalid Cheikh Mohamed sur ses activités de « Commandant militaire opérationnel » pour toutes les opérations militaires menées ou préparées par « Al Qaïda » depuis 1993. Il reconnaît la paternité de 31 opérations, dont la plupart n’ont jamais eu lieu. Cette liste est réellement impressionnante et amène tout lecteur sensé à se poser quelques questions :
1 – Pourquoi a-t-il fallu attendre quatre ans– KSM a été arrêté en mars 2003 au Pakistan – pour avoir ces aveux ? Question d’opportunité politique, pour convaincre la majorité Démocrate au Congrès et au Sénat que la « guerre contre le terrorisme » doit se poursuivre de plus belle et plus que jamais ?
2 – Khalid Cheikh Mohamed est-il vraiment ce qu’il prétend être ?
3 – Khalid Cheikh Mohamed a-t-il été programmé pour faire ses aveux, avec les méthodes physiques, psychologiques et chimiques dont disposent les services qui l’ont interrogé ?
4 – Khalid Cheikh Mohamed n’est-il devenu collaborateur de la CIA et du Pentagone qu’après son arrestation ou l’était-il déjà auparavant ?
Première remarque : à en croire le procès-verbal, KSM parle un très mauvais anglais, même s’il a parfois de jolies expressions, du genre « nous combattons comme des chacals dans la nuit », « Oussama Ben Laden, c’est notre George Washington », « si la Guerre d’indépendance américaine avait lieu aujourd’hui, les Britanniques diraient que vous, Américains, êtes des combattants ennemis. »
Deuxième remarque : si les aveux de KSM racontent la vérité, alors KSM et ses chefs Oussama Ben Laden et Ayman Al Zawahiri ne sont pas des hommes, mais des extra-terrestres dotés de pouvoirs spéciaux qui leur ont permis de créer non pas un groupuscule terroriste mais une véritable armée au champ d’action planétaire. Mais ne dit-on pas que les voies du Seigneur sont impénétrables ?
Bref, on l’aura compris, le traducteur est très sceptique sur cette confession, qui est un morceau d’anthologie. Une anthologie de la manipulation de esprits au début du XXIème siècle.


***


« 1. J’ai juré allégeance au Cheikh Oussama Ben Laden pour mener le Jihad de moi-même et de l’argent (sic) et aussi la Hijra (c’est-à-dire l’expatriation en tout lieu de la terre où le Jihad est requis)
2. J’étais membre du Conseil d’Al Qaïda
3. j’étais le Directeur des Opérations Médias de Al Sahab, ou « Les nuages » sous le Dr. Ayman Al Zawahiri. Al-Sahab est la section médias d’Al Qaïda qui fournissait à Al Jazeera des informations émanant d’AL Qaïda.4. J’étais le Directeur opérationnel pour le Cheikh Oussama Ben Laden de l’organisation, de la planification, du suivi et de l’exécution du 11/9. sous le commandant militaire Cheikh Abou Hafs Al-Masri Subhi Abou Sittah.5. J’étais le Commandant militaire opérationnel pour toutes les opérations à l’étranger dans le monde sous la direction de Cheikh Oussama Ben Laden et du Dr. Ayman A1 Zawahiri.
6. J’étais directement chargé, après la mort de Cheikh Abou Hafs Al-Masri Subhi Abou Sittah de la gestion et du suivi de la cellule pour la production d’armes biologiques, comme l'anthrax et autres, et du suivi des Opérations bombes sales sur le sol américain.
7. J’étais l’Émir (=commandant)I de Beït Al Chouhada (la Maison des Martyrs) dans l’État de Kandahar, en Afghanistan, où étaient hébergés les pirates du 11/9. Là, j’étais responsable de leur formation et de leur préparation pour l’exécution de l’opération du 11/9. J’affirme aussi et j’admets par la présente (déclaration) sans y avoir été contraint que j’étais un participant responsable, le principal planificateur, trameur, financeur (via le trésor du Conseil militaire), exécutant et/ou participant personnel dans ce qui suit :
1. J’étais responsable de l’Opération du World Trade Center de 1993.
2. J’étais responsable de A à Z de l’Opération du 11/93. J’ai décapité de main droite bénie la tête du Juif américain Daniel Pearl, dans la ville de Karachi, Pakistan. Pour ceux qui en voudraient confirmation, il y a des photos de moi tenant sa tête sur Internet.
4. J’étais responsable de l’Opération Chaussures piégées (Richard Reid, NdT) pour abattre deux avions américains.
5. J’étais responsable de l’Opération sur l’île de Filka au Koweït qui a tué deux soldats américains.6. J’étais responsable de l’attentat à la bombe contre un night-club à Bali, en Indonésie, qui était fréquenté par des ressortissants britanniques et australiens.
7. J’étais responsable de l’Opération de la planification, de l’entraînement, de la supervision et du financement de la deuxième vague d’attaques après le 11/9 contre les gratte-ciels suivants :
a. Library Tower, Californie,
b. Sears Tower, Chicago,
c. Plaza Bank, État de Washington.
d. Empire State Building, New York..
8. J’étais responsable de la planification, du financement et du suivi d’opérations visant à détruire des bateaux militaires et des cargos pétroliers américains dans le détroit d’Hormuz, le Détroit de Gibraltar et le port de Singapour.
9. J’étais responsable de la planification, de l’entraînement, de la supervision et du financement de l’opération visant à détruire par des bombes le Canal de Panama.
10. J’étais responsable de supervision et du financement de l’assassinat de plusieurs anciens présidents américains, dont le Président Carter.
11. J’étais responsable de la supervision, de la planification et du financement d’attentats contre les ponts suspendus de New
12. J’étais responsable du plan de destruction de la Sears Tower en faisant brûler des camions de carburant sous ou autour de la tour.
13. J’étais responsable de la planification, de la supervision, et du financement de l’opération de destruction de l’aéroport d’Heathrow, du building du Canary Wharf et de Big Ben sur le sol britannique.
14. responsable de la planification, de la supervision, et du financement de la destruction de nombreux night-clubs fréqsuentés par des citoyens américains e britanniques sur le sol thailandais
15. J’étais responsable de la planification, de la supervision, et du financement de la destruction de la Bourse de New York et autres cibles financières après le 11/9.
16. J’étais responsable de la planification, du financement de la supervision de buildings dans la ville israélienne d’Eilat en utilisant des avions décollant d’Arabie saoudite.
I7. J’étais responsable de la planification, de la supervision, et du financement de la destruction d’ambassades américaines en Indonésie, en Autralie et au Japon.
18. J’étais responsable de la supervision, et du financement de la destruction des ambassades israélienne en Inde, en Azerbaïdjan, aux Philippines et en Australie.
19. J’étais responsable de la supervision, et du financement de la destruction d’un avion de la compagnie El El Airlines sur le sol thaïlandais, au départ de l’aéroport de Bangkok.
20. J’étais responsable de l’envoi de plusieurs Moudjahidine en Israël pour exercer une surveillance afn de frapper plusieurs cibles stratégiques au Coeur d’Israël.
21. J’étais responsable de l’attentat contre l’hôtel de Mombasa (Kenya, NdT) fréquenté par des voyageurs juifs via El Al Airlines.
22. J’étais responsable du tir d’un missile russe sol-air SA-7 sur un avion d’El Al ou une autre compagnie juive au départ de Mombasa.
23. J’étais responsable de la panification et de la supervision pour frapper des cibles américaines en Corée du Sud, comme des bases militaires américaines et quelques night-clubs fréquentés par des soldats américains.
24. J’étais responsable de la fourniture d’aide financière pour frapper des cibles américaines, juives et britanniques en Turquie.
25. J’étais responsable de la surveillance nécessaire pour pouvoir frapper des centrales nucléaires produisant de l’électricité dans plusieurs États US.
26. J’étais responsable de la planification, de la supervision, et du financement pour frapper le QG de l’OTAN en Europe (à Bruxelles, NdT)
27. J’étais responsable de la planification et de la supervision de l’Opération Bojinka, consistant à abattre douze avions américains remplis de passagers. Moi-mêm j’ai observé un vol de la PANAM de Manille à Séoul.
28. J’étais responsable de la tentative d’assassinat contre le Président Clinton durant sa visite aux Philippines in 1994 ou 1995.
29. je partage la responsabilité pour la tentative d’assassinat contre le Pape Jean-Paul II durant sa seconde visite aux Philippines.30. J’étais responsable de l’entraînement et du financement pour l’assassinat du Président pakistanais Musharaf.31. J’étais responsable de la tentative de destruction d’une entreprise pétrolière américaine possédée par l’ancien Secrétaire d’État juif Henri Kissinger, sur l’île de Sumatra, en Indonésie. »
Source : Verbatim Transcript of Combatant Status Review Tribunal Hearing for ISN 10024, pages 17-19
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
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