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mardi 27 mai 2008

Des journalistes vont couvrir le procès de cinq terroristes présumés à Guantanamo

WASHINGTON, 27 mai (Xinhua) -- Le département de la défense américain a déclaré mardi qu'il inviterait des journalistes à couvrir le procès de cinq terroristes présumés à la base navale américaine à Guantanamo.
Entre 40 et 50 journalistes des Etats-Unis et d'organisations internationales de la presse seront autorisés à suivre le projet prévu le 5 juin, a affirmé le porte-parole du Pentagone Bryan Whitman.
"La responsabilité du département de la défense est d'assurer que nous ayons suffisamment de médias américains et internationaux couvrant le procès et le rendant le plus transparent possible", a- t-il dit.
Le Pentagone a toutefois souligné que seulement une petite partie des journalistes seraient autorisés à entrer dans la salle d'audience tandis que les autres suivraient le procès par video.
Par ailleurs, l'enregistrement et la prise de photos seront interdits aux journalistes, a indiqué le Pentagone.
Parmi les cinq personnes, qui sont accuéses d'être impliquées dans les attentats du 11 septembre 2001, figurent Khalid Sheikh Mohammed, arrêté en mars 2003 au Pakistan et considéré comme l'un des cerveaux de ces attentats

mercredi 21 mai 2008

FBI contre Pentagone et CIA

Les agents de la police fédérale américaine (FBI) chargés de participer aux interrogatoires des détenus à Guantanamo, en Irak et en Afghanistan, se sont opposés aux techniques les plus dures mises en place par l'armée et la CIA, selon un rapport gouvernemental publié mardi.

Après plus de 3 ans d'enquête, l'inspecteur général (IG) du ministère de la Justice conclut que les agents du FBI ont «en général évité de participer aux mauvais traitements», et pour beaucoup dénoncé les actes dont ils ont été témoins.
Entre 2001 et 2004, le FBI a envoyé un total de plus de 200 agents en Afghanistan, 500 à Guantanamo et 260 en Irak.
Le rapport de 370 pages détaille surtout les frictions qui ont opposé le FBI et le Pentagone autour des cas d'Abou Zubeida, un proche d'Oussama ben Laden arrêté en mars 2002, et de Mohammed Al-Qahtani, un détenu de Guantanamo souvent considéré comme «le 20e pirate de l'air».
Il «confirme que les hauts responsables du FBI savaient dès 2002 que d'autres agences utilisaient des méthodes d'interrogatoire abusives et potentiellement illégales», mais qu'ils n'ont rien fait pour l'empêcher, a commenté Jameel Jafer, de l'organisation de défense des libertés ACLU, qui s'est dit «perturbé» de voir que «la direction du FBI semble s'être plus préoccupée d'éviter toute responsabilité que de faire appliquer la loi».
Abou Zubeida, transféré des prisons secrètes de la CIA à Guantanamo en 2006, a été le premier haut responsable d'Al-Qaïda arrêté après le 11-Septembre, et la CIA a reconnu en février qu'il avait été soumis à la simulation de noyade, une technique considérée par beaucoup comme de la torture.
Fondé sur des centaines de témoignages et l'examen de 500.000 pages de documents, le rapport explique que dans les jours qui ont suivi l'arrestation d'Abou Zubeida, les agents du FBI ont pris en charge ses interrogatoires, et obtenu des bribes d'information par «construction de relation».
Mais six mois après le 11 septembre, l'administration redoutait un nouvel attentat et exigeait des informations plus précises et plus rapides. La CIA a pris le relais, et des agents du FBI ont rapidement dénoncé ses méthodes.Le débat est remonté jusqu'aux responsables du FBI, qui a décidé en août 2002 de ne plus participer aux interrogatoires utilisant des techniques non-autorisées dans leurs services, même lorsqu'il s'agissait de suspects sur lesquels ils enquêtaient depuis des années.
Quelques mois plus tard, les mêmes questions se sont présentées à Guantanamo, quand l'armée a commencé à appliquer des techniques dures, tout particulièrement contre M. Qahtani.
Selon un compte-rendu d'interrogatoire détaillé rendu public en 2005, M. Qahtani a subi plusieurs semaines de calvaire: isolement absolu, humiliations, musique assourdissante, températures extrêmes, 20 heures d'interrogatoire par jour...
Certains agents ont émis des doutes sur la légalité de ce traitement, mais à Washington, le débat a surtout porté sur la fiabilité et la recevabilité de déclarations recueillies de cette manière.Mais le point de vue du Pentagone l'a emporté. Les agents du FBI ont renoncé à participer aux interrogatoires les plus musclés, note le rapport.«Ce n'est pas quelque chose de nouveau», a déclaré un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, soulignant qu'une enquête interne avait conclu à seulement trois violations du manuel militaire.
«Certains ont laissé entendre que les mauvais traitements étaient (..) le fait de quelques 'pommes pourries' agissant de leur propre initiative, le rapport (de mardi) est la preuve que ce n'est tout simplement pas vrai», a en revanche estimé le président démocrate de la commission des Forces armées du Sénat, Carl Levin.Le jour même de la publication de ce rapport, l'avocate de M. Qahtani a annoncé qu'il avait tenté de se suicider en avril à Guantanamo.
Source : AFP, 20 mai 2008

dimanche 16 mars 2008

Le Pentagone annonce la capture d'un proche de Ben Laden

[Un nouvel épisode des Contes et légendes du CIAstan]
par Jim MANNION , AFP, 14/03/08
WASHINGTON - Le Pentagone a annoncé vendredi la capture par la CIA et le récent transfert à Guantanamo d'un Afghan présumé proche d'Oussama ben Laden, qui aurait aidé le chef du réseau Al-Qaïda, caché dans les montagnes de l'Est de l'Afghanistan en 2001, à échapper aux Américains.
Mohammed Rahim a été fait prisonnier par la CIA, à une date non précisée, puis a été transféré cette semaine sur la base américaine de Guantanamo (Cuba), a indiqué le porte-parole du département d'Etat Bryan Whitman.
Les Etats-Unis gardent prisonniers à Guantanamo des personnes soupçonnées de terrorisme et Mohammed Rahim est le 16e haut responsable d'Al-Qaïda à y être détenu.
Pour le Pentagone, cet Afghan était un des proches de ben Laden, auxquel il fait le plus confiance. C'était "un spécialiste de l'intendance", a fait valoir M. Whitman.Le directeur de la CIA Michael Hayden a indiqué, dans une note adressée au personnel de l'agence, que Mohammed Rahim était "bien connu dans les milieux antiterroristes comme étant un assistant personnel et un traducteur de ben Laden et d'autres responsables d'Al-Qaïda".
"En 2001, alors que l'Afghanistan n'était plus un refuge aussi sûr pour les terroristes, Rahim a aidé à mettre en place la cachette de Tora Bora. Quand Al-Qaïda a dû fuir cet endroit, il a aussi fait partie de l'opération", a poursuivi le chef de la CIA.
Ben Laden avait alors réussi à s'échapper de son repaire des montagnes de l'est du pays, proches du Pakistan, en déjouant un déploiement de forces afghanes et américaines.
Selon le Pentagone, Mohammed Rahim, originaire de la province de Nangahar dans l'est de l'Afganistan, a été éduqué dans une école coranique au Pakistan et a combattu les forces soviétiques en Afghanistan dans les années 1980.Il aurait commencé à travailler pour Al-Qaïda au milieu des années 90, d'abord en fournissant une assistance technique et ensuite en servant de lien entre les leaders du réseau.
Avant 2002, Mohammed Rahim aurait fourni des produits chimiques pour un projet d'attaque visant les forces américaines en Afghanistan, selon le Pentagone, qui n'a pas donné plus de précision."Il transmettait des messages pour ben Laden au début de 2002. Il rencontrait le responsable financier (d'Al-Qaïda) en 2004", a affirmé M. Whitman."Au moment de sa capture, il fournissait de l'aide à des milices agissant contre la coalition et à des groupes alliés à Al-Qaïda", a ajouté le porte-parole du Pentagone.
Mohammed Rahim est le deuxième détenu à avoir été transféré à l'armée par la CIA depuis septembre 2006, lorsque le président George W. Bush a confirmé l'existence de prisons secrètes de la CIA hors des Etats-Unis, tout en assurant que l'ensemble des prisonniers "importants" détenus dans ce cadre, dont le cerveau présumé du 11-Septembre Khalid Cheikh Mohammed, avaient été transférés à Guantanamo.
Mais le transfert à Guantanamo en avril 2007 de Abd al-Hadi al-Iraqi, qui serait à l'origine d'un complot contre le président pakistanais Pervez Musharraf, avait signalé la reprise du programme secret de la CIA.
Al-Iraqi avait été capturé fin 2006, selon un responsable du renseignement qui avait confié, sous couvert de l'anonymat, que "le programme de détention (demeurait) un outil disponible pour combattre le terrorisme".Le programme de détention et d'interrogation de la CIA a fait l'objet de polémiques en raison des soupçons d'utilisation de la torture pour faire parler les prisonniers.Al-Iraqi était le dernier haut responsable d'Al-Qaïda à avoir été transféré à Guantanamo, mais le porte-parole du Pentagone n'a pas voulu dire s'il avait fourni des informations ayant contribué à l'arrestation de Mohammed Rahim.
Source : http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=10071&L=fr

jeudi 26 juillet 2007

73% : un chiffre qui révèle la pensée magique du Pentagone

Le Pentagone a défendu une nouvelle fois jeudi 26 juillet le centre de détention controversé de Guantanamo, mettant en avant un rapport interne concluant que la plupart des prisonniers représentent bien une menace.
L'étude réalisée par le Centre sur le terrorisme de l'académie militaire de West Point et commandée par le Pentagone a examiné des documents présentés par l'armée américaine lors des auditions de 516 prisonniers devant des commissions militaires en 2004 et 2005.
A la lecture de ces documents, elle affirme que 73% des détenus étaient une "menace démontrée" et que le reste était des "menaces potentielles" ou des "menaces associées". Seuls six détenus ne posaient pas de menace.
Un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, a estimé que le processus destiné à examiner le cas de chaque prisonnier était efficace.
L'étude était surtout conçue comme une réponse à une autre étude publiée en 2006 par la faculté de droit de l'Université Seton Hall.
Le rapport de Seton Hall avait conclu que seulement 8% des détenus étaient décrits par l'armée américaine comme des combattants d'Al-Qaïda et que 55% n'avaient pas commis d'actes hostiles contre les Etats-Unis.
L'étude du Pentagone considère comme une "menace démontrée" un détenu qui a combattu, ou s'est entraîné dans un camp d'Al-Qaïda ou des talibans, ou bien a appris à manier des armes lourdes.
Une "menace potentielle" est un détenu qui a eu un rôle de soutien dans un groupe extrémiste, a reçu une formation dans le maniement d'armes légères ou était lié à Al-Qaïda ou d'autres groupes extrémistes.
Une "menace associée" est un détenu qui avait un "lien" avec un membre d'Al-Qaïda ou d'un autre groupe extrémiste, a séjourné dans une maison suspecte, a voyagé dans plus de trois pays ou a transporté de grandes quantités de monnaies étrangères.
Il reste actuellement environ 360 détenus à Guantanamo. Les autres ont été transférés dans leur pays d'origine ou libérés.
Le Centre pour les droits constitutionnels (CCR), qui représente les prisonniers de Guantanamo, a vivement réagi à la publication du rapport du Pentagone, le qualifiant de "campagne de communication bien orchestrée".
Pour le directeur du CCR, Vince Warren, les détenus de Guantanamo sont en fait "des hommes désespérés croyant de moins en moins pouvoir connaître un jour la justice, des hommes qui ont été livrés aux Américains contre d'énormes récompenses parce qu'ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment, ou des hommes qui fuyaient le conflit, ou des hommes qui étaient des cuisiniers, des gardiens de chèvres et autres acteur mineurs".
Plus de cinq ans après l'ouverture de Guantanamo, seuls dix détenus ont été inculpés sur les 786 qui séjournent ou ont séjourné dans le camp, a rappelé M. Warren.
Source : AFP, 26 juillet 2007

dimanche 8 juillet 2007

Appel du rejet des accusations pesant contre Omar Khadr

Les procureurs militaires ont fait appel du rejet des accusations de terrorisme portées contre Omar Khadr, le seul Canadien emprisonné à Guantanamo, a indiqué vendredi le Pentagone.
Omar Khadr, qui avait 15 ans lorsqu'il a été capturé en 2002 en Afghanistan il y a cinq ans, était accusé d'avoir tué un soldat américain lors d'une attaque à la grenade. Les avocats du gouvernement ont «déposé un appel devant la cour militaire le 4 juillet», jour de la fête nationale américaine, a précisé le porte-parole du ministère de la Défense américain, Bryan Whitman. La cour statuera à une date indéterminée, a-t-il ajouté, précisant que avocats de l'accusation et de la défense allaient déposer une argumentation écrite. Début juin, un juge militaire américain avait rejeté les accusations contre le Canadien pour des raisons de procédure. Les autorités américaines avaient toutefois indiqué qu'il ne serait pas libéré pour autant. Le 14 juin, Amnesty International et une centaine de personnalités, dont plusieurs anciens ministres canadiens des Affaires étrangères avaient appelé Ottawa à réclamer qu'Omar Khadr soit rapatrié au Canada et qu'il y soit jugé.
Source : AFP, 6 juillet 2007

samedi 9 juin 2007

Un « malentendu sémantique »

Le gouvernement américain va demander aux deux juges des tribunaux militaires d’exception de revoir leur décision de rejeter les poursuites contre deux détenus de Guantanamo, une démarche plus rapide mais aussi plus aléatoire qu’un appel. "Une demande de réexamen (des décisions) va revenir devant les deux juges qui se sont prononcés dans chacune des deux affaires", a déclaré vendredi un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman.
Lundi, les deux juges militaires avaient annulé les poursuites contre Omar Khadr, un Canadien de 20 ans, et Salim Hamdan, ancien chauffeur d’Oussama Ben Laden, au motif qu’il n’était pas établi que les deux hommes étaient des "combattants ennemis illégaux" (CEI). Hamdan et Khadr, comme la plupart des quelque 380 détenus de la base navale américaine à Cuba, ont reçu le statut de "combattants ennemis" (CE), ce qui justifie leur détention jusqu’à la fin théorique du conflit, mais pas leur comparution devant un tribunal militaire d’exception.
Pour le gouvernement, il ne s’agit que d’un malentendu sémantique qui devrait être rapidement dissipé.
La procédure administrative mise en place en 2004 pour établir le statut des détenus ne prévoit que deux dénominations : "CE" ou "ancien CE". Mais aux yeux du gouvernement, si un "CE" a des liens avec Al-Qaïda ou une autre organisation déjà déclarée illégale, il est automatiquement un "CEI", même si la procédure ne le signale pas formellement.
"Nous pensons qu’il n’y a aucune différence matérielle" entre les deux termes tels que définis dans la procédure administrative de révision du statut et dans la procédure judiciaire devant les tribunaux militaires d’exception, a expliqué M. Whitman.
Si les deux juges maintiennent leur position, le gouvernement aura encore la possibilité de faire appel devant une juridiction supérieure, prévue par la loi promulguée à l’automne dernier pour établir les tribunaux militaires d’exception mais pas encore mise en place concrètement.
Le Pentagone pourrait aussi modifier le règlement de la procédure administrative pour permettre d’établir formellement que les détenus qu’il souhaite traduire en justice sont bien des CEI.
Les décisions des deux juges lundi, totalement inattendue, a porté un nouveau coup à l’administration Bush, révélant notamment que des juges des tribunaux militaires d’exception, choisis par le Pentagone, n’étaient pas enclins à suivre aveuglément la position du gouvernement.
Elles ont également relancé les critiques contre l’ensemble de l’édifice juridique établi autour des détenus de la base navale américaine à Cuba. Jeudi, une commission du Sénat a adopté une proposition de loi visant à rendre aux prisonniers le droit de saisir un juge fédéral pour contester leur détention.
Cette disposition concerne surtout les 200 à 250 détenus que le gouvernement ne prévoit pour l’instant ni de libérer ni de traduire devant un tribunal d’exception. Mais elle permettrait aussi à Omar Khadr et Salim Hamdan de porter devant la justice civile le débat sur les règles contestées de ces tribunaux.
Si le gouvernement obtient gain de cause devant les deux juges, les poursuites seront rétablies et les procès des deux hommes, chargés de défricher le terrain avant ceux de détenus plus importants comme Khaled Cheik Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, pourraient avoir lieu dans quelques mois.
Source : AFP, 8 juin 2007

lundi 5 février 2007

Démission de Cully Stimson

Cully Stimson, adjoint au sous-secrétaire à la Défense chargé des détenus, "a présenté sa démission" et le secrétaire à la Défense, Robert Gates, l'a acceptée, a indiqué le porte-parole du Pentagone Bryan Whitman."Étant donné la polémique le concernant personnellement, il a décidé que cela allait gêner sa capacité à être efficace à son poste", a-t-il ajouté.
En janvier, sur une radio de Washington, la Federal News Radio, M. Stimson avait jugé "choquant" que certains des principaux cabinets d'avocats américains participaient à la défense des "terroristes" détenus à Guantánamo. Il avait cité une longue liste de cabinets."En toute honnêteté, je pense que quand les PDG (des grandes entreprises américaines) vont s'apercevoir que ces cabinets défendent ces mêmes terroristes qui les avaient frappés en 2001, ces PDG vont demander à ces cabinets de choisir entre défendre des terroristes ou défendre des entreprises respectables", avait-il ajouté.Il avait aussi suggéré que des avocats ne disaient pas la vérité en affirmant ne pas réclamer d'argent pour représenter leurs clients et qu'au contraire ils "recevaient de l'argent d'on ne sait qui". Après l'émoi suscité par ces propos, M. Stimson s'était excusé publiquement.
Source : http://fr.bluewin.ch/infos/index.php/international/i/20070203:brf001

Des charges formulées contre David Hicks, Salim Hamdan et Omar Khadr par le procureur militaire de guantánamo

Un procureur militaire américain a formulé des charges contre trois prisonniers du camp de Guantánamo (Cuba), première étape de la mise en place d'un nouveau système pour juger les "combattants ennemis" détenus dans la base américaine.
"Le procureur en chef du Bureau des commissions militaires a formulé des charges contre David Hicks, d'Australie, Salim Hamdane, du Yémen, et Omar Khadr, du Canada, détenus à Guantánamo", a déclaré Bryan Whitman, porte-parole du Pentagone. L'an dernier, l'administration Bush a mis en place un système de commissions militaires afin de juger les étrangers soupçonnés de terrorisme en détention à Guantánamo.
Après le dépôt d'un recours par Hamdane, la Cour suprême avait rejeté en juin la procédure qui avait cours précédemment, estimant qu'elle violait le droit international.
Le nouveau système veut que les charges formulées par le procureur, le colonel d'aviation Moe Davis, soient examinées par d'autres responsables avant que les trois détenus ne soient formellement inculpés.
Cinq ans après l'ouverture du camp de Guantánamo, où l'armée américaine détient des combattants soupçonnés d'être proches d'Al Qaïda et des taliban, aucun des 395 prisonniers qui s'y trouvent n'a encore été jugé.
Hicks, arrêté en Afghanistan fin 2001, a été accusé d'avoir combattu avec des membres d'Al Qaïda et d'avoir surveillé pour le compte du réseau islamiste les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne.Le procureur a accusé Hicks, 31 ans, de soutien matériel à des activités terroristes et de tentative de meurtre en violation des droits et usages de guerre, a fait savoir le Pentagone.
"ACCUSATIONS TRÈS GRAVES" - PM AUSTRALIEN
L'avocat de Hicks, le major Michael Mori, du corps des "marines", a critiqué ces chefs d'inculpation, soulignant que le procureur lui-même avait dit n'avoir pas de preuve que l'Australien ait tiré sur qui que ce soit en Afghanistan.
"L'accusation de soutien matériel ne fait pas partie du droit de la guerre et n'est inscrite dans aucun manuel militaire américain ou australien comme un crime au regard du droit de la guerre", ajoute Mori dans un communiqué.
Le Premier ministre australien John Howard avait exigé que des charges soient formulées à l'encontre de Hicks avant la fin février. "Je suis heureux que ces charges aient été formulées et que le délai fixé ait été respecté", a déclaré Howard aux journalistes à Sydney, samedi soir."Ce sont des accusations très graves, ce qui justifie qu'on s'en préoccupe le plus rapidement possible."
Le père de Hicks, Terry Hicks, a déclaré à l'agence australienne AAP: "Je serais plus soulagé si David se trouvait dans un processus juste et équitable, et non quasiment le même qu'avant, qui a été déclaré illégal."Hamdane a été accusé d'avoir servi de chauffeur à Oussama ben Laden et d'avoir transporté des armes pour Al Qaïda. Les chefs d'inculpation le visant sont ceux de complot et de soutien matériel à des activités terroristes.
Khadr a été accusé de l'assassinat d'un soldat américain au moyen d'une grenade et d'en avoir blessé un autre lors d'une fusillade dans un centre présumé d'Al Qaïda en Afghanistan. Il avait 15 ans au moment de sa capture, à l'issue des affrontements.
Le procureur a formulé à son encontre des charges de meurtre, en violation du droit de la guerre, de tentative de meurtre en violation du droit de la guerre, d'espionnage, de complot et de soutien matériel à des activités terroristes, selon le Pentagone.
Source : Reuters, 3 février 2007