Par François Tremblay, 27 août 2007 La conduite du gouvernement canadien dans diverses affaires laisse voir un recours systématique à la torture, pratique qu’Ottawa continue de nier en public mais que ses avocats défendent de plus en plus effrontément devant les tribunaux. L’un des cas les plus flagrants est celui de Maher Arar, qui a fait l’objet d’une commission d’enquête publique. Arar, un citoyen canadien d’origine syrienne, a été arrêté en 2002 aux Etats-Unis sur la base de fausses informations envoyées par les services de renseignement canadiens au FBI et à la CIA. Détenu par les autorités américaines, Arar a ensuite été déporté en Syrie où il a été détenu et torturé. Les responsables canadiens ont laissé Arar aux mains de ses bourreaux syriens durant près d’un an, leur envoyant même des questions et échangeant des informations avec eux. Le cas de Adil Charkaoui est un autre exemple. Charkaoui est sous le coup d’un certificat de sécurité, décret ministériel qui permet d’emprisonner indéfiniment un non-citoyen (visiteur, réfugié ou immigrant reçu) soupçonné d’être une menace potentielle à la « sécurité nationale » sans qu’aucune preuve n’ait besoin d’être fournie. Le gouvernement disait avoir appris d’une source fiable que Charkaoui s’était entraîné dans un camp d’Al Qaïda en Afghanistan, mais refusait de divulguer la source en question. Celle-ci a finalement été identifiée comme étant Ahmed Ressam, arrêté aux frontières américaines en 1999 alors qu'il transportait dans sa voiture 58 kilos d'explosifs dans le but allégué de les faire exploser à l’aéroport de Los Angeles. En avril dernier, Ressam a déclaré que sa « confession » incriminant Charkaoui était fausse et avait été faite durant sa détention, dans un climat de pressions extrêmes, afin d’obtenir la clémence des autorités américaines. Lire la suite Lire aussi Canada : nouvelles révélations dans l’affaire Arar [23 août 2007] |
lundi 27 août 2007
Vers la légalisation de la torture au Canada ?
Bye bye, Alberto !
Le ministre de la justice américain, Alberto Gonzales, a officiellement annoncé sa démission, lundi 27 août, lors d'une conférence de presse, après que l'information, relayée par le New York Times, a été confirmée par la Maison Blanche. "J'ai rencontré le président Bush hier [dimanche] et je l'ai informé de ma décision de mettre fin à ma fonction de secrétaire à la justice des Etats-Unis à partir du 17 septembre 2007", a déclaré M. Gonzales. "Je rappelle à nos concitoyens que nous vivons dans le plus extraordinaire des pays et que j'ai vécu le rêve américain", a-t-il poursuivi. Selon CNN, il pourrait être remplacé par l'actuel secrétaire à la sécurité intérieure, Michael Chertoff. Selon un haut responsable de l'administration, M. Gonzales a pris lui-même l'initiative de démissionner et n'a subi aucune pression extérieure. Selon cette même source, le ministre de la justice a expliqué à M. Bush que sa démission, prise au cours des vacances parlementaires cet été, se faisait "dans le meilleur intérêt de son ministère". MIS EN CAUSE DANS UN PROGRAMME D'ÉCOUTES SECRÈTES Les appels à la démission de M. Gonzales, mis en cause dans deux affaires, s'étaient multipliés ces derniers mois. En juin, les républicains avaient empêché de justesse le Sénat américain de voter une motion de défiance contre lui. Le ministre a été accusé d'avoir limogé neuf procureurs fédéraux en décembre 2006 pour des motifs politiques. Après que certains de ces magistrats se sont plaints au Congrès de voir leurs compétences mises en cause, les véritables motivations de ces limogeages ont été découvertes. Dans l'un des cas les plus flagrants, la procureure de San Diego, Carol Lam, était justement en train d'instruire une affaire de corruption dans laquelle elle avait déjà mis en prison un représentant lié au lobbyiste Jack Abramoff. Lors de ses auditions, M. Gonzales a affirmé ne se souvenir de rien alors que son calendrier a montré sa participation à des réunions à ce sujet. Par ailleurs, M. Gonzales a été accusé de parjure par des sénateurs démocrates lors de son récent témoignage au Congrès sur le programme d'écoutes extrajudiciaires créé après les attentats du 11-Septembre, jugé illégal par certains parlementaires. Il occupait alors le poste de conseiller juridique de la Maison Blanche. Il a été mis en cause pour avoir tenté de convaincre le soir du 10 mars 2004 le ministre de la justice de l'époque, John Ashcroft, alors hospitalisé et sous sédatifs, de signer la réautorisation du programme d'écoutes électroniques secrètes qui arrivait à échéance. George Bush, qui soutenait depuis des mois son ministre, ne s'en est pas départi. Il a dit avoir accepté à contrecœur sa démission. "Il est triste de vivre à une époque où quelqu'un de talentueux et d'honorable comme Alberto Gonzales se voit empêché d'accomplir un travail important parce qu'on traîne son nom dans la boue pour des raisons politiques", a-t-il lancé. Source : Le Monde, avec AFP et AP, 27 août 2007 |
dimanche 26 août 2007
Le gouvernement canadien face à Omar Khadr
Par Jennifer Ditchburn , Presse Canadienne, 26 août 2007
Peter MacKay, par Ben Heine Des documents obtenus par la Presse Canadienne indiquent que le ministre des Affaires étrangères auraient refusé de répondre clairement si on lui avait demandé si le Canada accepterait le rapatriement d'Omar Khadr, ce Canadien détenu dans la prison américaine de Guantánamo . Les notes, obtenues en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, ont été rédigées pour aider l'ancien ministre Peter MacKay et ses porte-parole à répondre aux questions sur Khadr. Elles couvrent la période allant de novembre 2006 à avril 2007.Une des 34 questions potentielles évoquées par les documents est: «Est-ce que le Canada accepterait le rapatriement d'Omar Khadr?» La réponse suggérée était: «Cette question est prématurée et basée sur des suppositions.»Les notes, préparées par des fonctionnaires du ministère, donnent aussi une description détaillée des critiques essuyées par le gouvernement sur sa gestion du dossier.Des politiciens, des groupes de défense des droits humains et les avocats de Khadr ont demandé à Ottawa de dénoncer le traitement réservé au détenu, qui avait 15 ans quand il a été arrêté en Afghanistan.En mars, le ministère a décrit comment l'Australie et son premier ministre John Howard avaient fait d'intenses pressions sur les États-Unis pour le transfert de David Hicks, lui aussi emprisonné à Guantánamo . Eventuellement, Hicks a plaidé coupable à des accusations de soutien matériel au terrorisme et a été rapatrié en Australie.Le ministère a souligné qu'avec le départ de Hicks, Omar Khadr demeurait le seul citoyen d'un pays occidental à Guantánamo .Des pays comme le Danemark, la France, l'Allemagne et l'Espagne ont aussi obtenu la libération de leurs citoyens. Le Royaume-Uni a même obtenu la libération de résidents permanents qui n'étaient pas citoyens du pays.Armés de ses informations, s'ils étaient questionné sur les actions d'Ottawa, M. MacKay et ses portes-parole devaient répondre que le «gouvernement du Canada a cherché et reçu l'assurance que M. Khadr était traité humainement», mais qu'il «faisait face à des accusations graves».Khadr est accusé de meurtre et d'avoir aidé l'ennemi pour avoir supposément lancé une grenade qui a tué un soldat américain.Les notes du ministère suggéraient que le recours au système judiciaire américain était une bonne voie à suivre.En juin, un juge militaire a rejeté les accusations contre Khadr, soutenant qu'il n'avait pas le pouvoir juridique de le juger. M. MacKay avait continué de s'en remettre au processus judiciaire, disant qu'il ne ferait rien tant que l'appel de la décision par le Pentagone n'était pas résolu. Source : Presse canadienne Omar Khadr dans le flou juridique L'enfant-soldat canadien Omar Khadr, arrêté lors d'un affrontement armé contre les forces américaines en Afghanistan, en 2002, ne semble pas au bout de ses peines. Après avoir été enfermé pendant cinq ans dans la tristement célèbre prison de Guantánamo , à Cuba, et ce, sans qu'aucune accusation soit portée contre lui, Omar Khadr s'est vu formellement inculper au printemps dernier de meurtre, tentative de meurtre, complot, espionnage et soutien au terrorisme par le gouvernement américain. Ces accusations sont toutefois tombées deux mois plus tard, alors qu'un juge militaire rejetait celles-ci en invoquant le fait qu'au moment de son arrestation, il n'a été déclaré que « combattant ennemi » et non pas « combattant ennemi illégal ». La détermination de l'illégalité ou non des combattants ennemis détenus par les États-Unis a été imposée par la Cour suprême américaine, l'an dernier, qui estimait que si l'on peut détenir indéfiniment un « combattant ennemi illégal », un tribunal militaire n'est cependant pas compétent pour juger un « combattant ennemi ». Vendredi, le sort du Canadien Omar Khadr, abandonné à son sort par le gouvernement Harper qui refuse, contrairement aux autres pays occidentaux, de demander son transfert dans une prison canadienne, sera donc débattu devant une énième cour militaire. Si le gouvernement américain perd son appel, il pourra toujours en appeler devant une cour civile ou tout simplement demander à un autre juge militaire de Guantánamo de réexaminer le cas d'Omar Khadr pour le déclarer « combattant ennemi illégal ». Omar Khadr, qui n'était âgé que de 15 ans au moment de son arrestation et de son transfert à Guantánamo , est le seul Occidental encore détenu dans la controversée prison. En juin dernier, Amnistie internationale et une centaine de personnalités publiques canadiennes ont appelé le gouvernement conservateur à mettre fin à son indolence quant au respect des droits de l'homme et à réclamer le rapatriement d'Omar Khadr, maintenant âgé de 20 ans. Source : Radio Canada, 24 août 2007 |
Canada : l'avocat de Mohamed Harkat veut rencontrer un détenu à Guantánamo
L'avocat d'un homme accusé de terrorisme qui vit au Canada demande à pouvoir rencontrer Abou Zoubaydah, un membre d'al-Qaida détenu à la prison américaine de Guantánamo , afin d'apprendre ce qu'il sait au sujet de son client. Paul Copeland, qui représente Mohamed Harkat, a écrit aux autorités, tant à Ottawa qu'à Washington, en leur disant qu'il doit interroger Zoubaydah pour pouvoir préparer une défense adéquate de Mohamed Harkat, cet homme d'origine algérienne que les services secrets canadiens accusent de liens avec des terroristes. Jusqu'à présent, les autorités américaines se sont bornées à lui dire que sa demande est à l'étude et que la décision pourrait prendre "un certain temps". Aucune réponse n'est venue du gouvernement canadien. Selon le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Harkat a été identifié par Zoubaydah comme étant le responsable d'une maison secrète pour militants islamistes à Peshawar, au Pakistan. Le SCRS soutient aussi qu'il détient des preuves additionnelles - sousmises à huis clos à un juge de la Cour fédérale mais jamais rendues publiques - reliant Harkat et Zoubaydah. "Je ne connais pas d'autre façon de réfuter cela que de parler à Abou Zoubaydah", a dit M. Copeland en entrevue à la Presse Canadienne. Zoubaydah, considéré comme un des principaux lieutenants d'Oussama ben Laden, a été capturé au Pakistan en 2002. Selon de nombreux rapports, la CIA aurait utilisé la coercition psychologique, voire la torture, pour en tirer des informations. M. Copeland s'est dit peu optimiste d'obtenir la permission de parler à Zoubaydah, mais décidé à poursuivre ses démarches en ce sens. Cependant, selon lui, si Ottawa et Washington lui refusent cette autorisation, cela soulèvera la question de savoir si son client a droit à une défense pleine et entière quant aux allégations qui pèsent contre lui. Mohamed Harkat, un ex-livreur de pizzas d'Ottawa, est accusé par le SCRS d'être un agent d'al-Qaida. Il a nié l'allégation, mais un juge de la Cour fédérale a confirmé un certificat de sécurité en 2005 qui prévoit son expulsion du Canada. Source : http://www.tqs.ca/infos/2007/08/N082669AU.php |
mercredi 22 août 2007
Bergamo, 24 août : rencontre publique sur Abou Elkassim Brittel
Torre Boldone (Bergamo), Festa di Liberazione, venerdì 24 agosto, spazio dibattiti, ore 18,45.
Incontro-conferenza stampa con Enea Guarinoni (giornalista Radio Popolare), Maurizio Mazzucchetti (Prc-Bergamo), Khadija Anna Pighizzini, moglie di Elkassim, ed Ezio Locatelli (parlamentare Prc).
* Mostra informativa per tutta la durata della festa (17-26 agosto). Info e documenti: qui
Giovanni Bianchini
Extraordinary renditions
Abou Elkassim Britel un cittadino della città in cui vivo, Bergamo, ha subito una extraordinary rendition (con "extraordinary renditions" si designano i veri e propri rapimenti attuati dai servizi segreti statunitensi in nome della lotta al terrorismo e con la collaborazione illegale delle polizie di vari Paesi).
Non potevo rimanere in silenzio.
Mi è stato proposto di partecipare alla collettiva "Punto di fuga" (Bergamo Marzo - Aprile 2007) ed allora ho proposto il progetto "Extraordinary rendition" che è stato accolto. Ho passato delle notti a scaricare da internet immagini e testi sul tema per informarmi e capire. Intanto in città in parallelo a me altre realtà si sono mosse su questi fatti e ci sono stati scambi di materiali.
Questa installazione vuole essere una testimonianza su ciò che è accaduto, una maniera per diffondere ulteriormente informazione e soprattutto un segno di solidarietà per la moglie di Kassim, Khadija, che insieme all'avvocato Francesca Longhi stà lottando per riportare alla libertà suo marito una persona ingiustamente rapita, carcerata e torturata.
L'installazione adesso viene riproposta in una versione con più elementi alla Festa di Rifondazione di Torre Boldone
L'installazione è stata realizzata assemblando materiali di riciclo e ricoprendoli con nastro da pacchi.
2 charges contre Steven Jordan abandonnées
Grève de la faim : conspiration du silence
mardi 21 août 2007
Guantánamo-Budapest
Liberté pour Kassim! Kassim libero ! Free Kassim! حرروا أبو القاسم ¡Libertad para Kassim! Freiheit für Kassim ! ابوالقاسم را آزاد Λευτεριά στον Κασίμ!

Liberté pour Kassim!
En mai 2002, le citoyen italien Abou Elkassim Britel, menotté, encagoulé, dénudé, vêtu en tout et pour tout d’une couche-culotte, enchaîné, a été transféré par la CIA du Pakistan au Maroc, où il a été torturé par des agents des services de renseignement marocains et où il se trouve aujourd’hui emprisonné. En mai 2003, libéré sans accusations, après une longue et dure détention au secret, alors qu’il s’apprêtait à rentrer en Italie, il a été de nouveau enlevé et a disparu, avec la complicité des services secrets italiens. Il a subi quatre nouveaux mois de détention au secret et de nouvelles tortures, puis il a été jugé sans aucune garantie. D’abord condamné à 15 ans de prison, il a vu sa peine réduite en appel à 9 ans.
Aujourd’hui, il est détenu à la prison d’ Aïn Bourja à Casablanca, dont il devrait sortir en 2012. Kassim est innocent des accusations de terrorisme, comme l’a conclu la justice italienne qui a abandonné toute poursuite contre lui. Le Parlement européen a demandé au gouvernement italien de prendre des mesures concrètes pour obtenir sa libération immédiate. L’État italien se tait et l’injustice à l’égard d’ Abou Elkassim Britel continue.
Un mouvement en faveur de la libération d’Elkassim – pour laquelle il est demandé au gouvernement italien de s’engager de manière forte et claire – est en train de se développer en Italie et dans le monde.Rejoignez-nous !
Pour savoir ce que vous pouvez faire, contactez-nous à cette adresse : info@giustiziaperkassim.net
Pour en savoir plus : http://www.giustiziaperkassim.net
Kassim libero !
Nel maggio del 2002, il cittadino italiano Abou Elkassim Britel, ammanettato, incappucciato, messo a nudo, vestito di un pannolino, concatenato fu trasferito dalla CIA dal Pakistan in Marocco dove è stato torturato da agenti di intelligenza marocchini e dove ora è in carcere.
Nel maggio 2003, liberato senza accuse, dopo una lunga e dura detenzione in segreto, al momento di rientrare in Italia, fu di nuovo rapito e fatto sparire, complici i servizi italiani. Subì altri 4 mesi di detenzione segreta e nuove torture, poi fu processato senza alcuna garanzia. Prima condannato a quindici anni di carcere, la sua pena fù ridotta a 9 anni. Oggi è rinchiuso nel carcere di Ain Bourja a Casablanca, dal quale dovrebbe uscire nel 2012.Kassim è inocente delle accuse di terrorismo come risulta dall'archiviazione dell'indagine italiana. Il Parlamento europeo ha sollecitato il governo italiano a prendere misure concrete per ottenerne il suo immediato rilascio. Lo stato italiano tace e l'ingiustizia nei confronti di Abou Elkassim Britel continua.
Un movimento in favore della scarcerazione di Elkassim – per la quale si chiede al governo italiano di impegnarsi in modo chiaro e forte – si sta sviluppando in Italia e nel mondo.Raggiungeteci !
Per sapere cosa potete fare, contattateci a questo indirizzo : info@giustiziaperkassim.net
Per saperne di più : http:// www.giustiziaperkassim.net
Free Kassim!
In May 2002, the Italian citizen Abou Elkassim Britel, handcuffed, hooded and denuded, dressed only in a sanitary diaper, was chained and then transferred by the CIA from Pakistan to Morocco, where he had been tortured by Moroccan Intelligence Agents, and where he is currently incarcerated. In May 2003, freed without having been accused, after a long and terrible secret detention, at the moment of reentry to Italy, he was once again kidnapped and had disappeared; this time the Italian Secret Services were accomplice. He underwent another four months of secret detention and was again tortured, then he was put on trial without any kind of guarantee. First he was condemned to fifteen years in jail, then the sentence was reduced to nine years. Today he is incarcerated in the Ain Bourja prison of Casablanca, where he will be freed in 2012.
Kassim is innocent of the accusations made against him, those of terrorism, as is clear from the archiving of the Italian investigation. The European Parliament has solicited the Italian government to take concrete measures in order to obtain his immediate release. The Italian State is silent and therefore, the injustice against Abou Elkassim Britel continues. A movement in favour of the release of Elkassim - which asks the Italian government to commit itself in a clear and strong way - is developing in Italy and in the world. Be part of it!
To learn what you can do, please contact us at this address: info@giustiziaperkassim.net
For more information, see http://www.giustiziaperkassim.net
! حرروا أبو القاسم
في أيار/مايو 2002، القي القبض على المواطن الإيطالي، أبو القاسم بريتال، قيدت يداه، قنع وعري باستثناء حفاض صحي، وربط بالسلاسل الحديدية ونقلته ال سي. آي. أي. من الباكستان إلى المغرب، حيث عزبه عملاء المخابرات المغربية، وهو لا يزال يقبع في سجونهم.
وفي أيار 2003 بعد توقيف طويل وسري، أطلق سراحه ولم يكن قد صدر بحقه أي حكم. ولكن بينما كان يدخل إلى إيطاليا، أختطف واختفت آثاره؛ وفي هذه المرة اشترك في الجريمة عملاء المخابرات الإيطالية. وهذه المرة قضى اربعة أشهر اخرى في الحجز والتعزيب، وبعدها حوكم بدون أي نوع من الضمان. وفي أول الأمر حكم عليه بالسجن لمدة خمسة عشرة عاماً بالسجن، خففت إلى تسعة أعوام. والآن يقضي عقوبته في سجن عين بورجة في الدار البيضاء، والمفروض أن يطلق سراحه في عام 2012.
قاسم بريء من التهم التي قدمت ضده، كما هو واضح في أرشيف التحقيقات الإيطالية. وقد طالب البرلما الأوروبي الحكومة الإيطالية باتخاذ اجراءات جازمة لاطلاق سراحه فوراً. ولكن الحكومة الإيطاية ثابرت على صمتها، لذا فإن الجور اللاحق بأبو القاسم بريتال لا يزال مستمر على حاله.
وتقوم الآن حركة تعمل على اطلاق سراح ابو القاسم – التي تطالب الحكومة الإيطالية بالأخذ على نفسها بشكل واضح وجازم – وهذه الحركة في طور التوسع في إيطاليا والعالم بشكل قوي . كن واحداً منها!
وكي تعرف ما عليك القيام به، الرجاء الاتصال على العنوان التالي
info@giustiziaperkassim.net
وللحصول على معلومات اضافية الرجاء النقر على الموقع الإلكتوني التالي
http://www.giustiziaperkassim.net
¡Libertad para Kassim!
En mayo de 2002 el ciudadano italiano Elkassim Britel, esposado, encapuchado, desnudo, cubierto con un taparrabos y encadenado, fue trasladado por la CIA de Pakistán a Marruecos, donde fue torturado por la policía secreta marroquí y ahora está preso.
En mayo de 2003, liberado sin cargos tras una larga y dura detención clandestina, en el momento de regresar a Italia fue secuestrado nuevamente y desapareció, con la complicidad de los servicios secretos italianos. Pasó otros 4 meses en una cárcel clandestina, donde fue torturado, y le llevaron a juicio sin garantía alguna. La condena inicial fue de 15 años de cárcel, luego rebajada a 9 años. Hoy está preso en la cárcel de Ain Bourja de Casablanca, de donde debería salir en 2012. Kassim es inocente de las acusaciones de terrorismo, como se desprende del archivo del procedimiento italiano. El parlamento europeo ha instado al gobierno italiano a que tome medidas concretas encaminadas a su puesta inmediata en libertad. El estado italiano calla y la injusticia con Abou Elkassim Britel continúa.
En Italia y el resto del mundo ha surgido un movimiento a favor de la excarcelación de Elkassim, que exige un compromiso claro y firme del gobierno italiano. ¡Únete a nosotros!
Puedes escribirnos a esta dirección: info@giustiziaperkassim.net
Para saber más: http:// www.giustiziaperkassim.net
Freiheit für Kassim !
Im Mai 2002 wurde der italienische Staatsbürger Abu El Kassim Britel, in Handschellen gefesselt, mit einem Sack über dem Kopf und nur mit einer Sanitätswindel bekleidet, von der CIA von Pakistan nach Marokko verbracht, wo er von Agenten des marokkanischen Geheimdienstes gefoltert wurde, und wo er sich gegenwärtig in Haft befindet.Im Mai 2003 wurde er nach einer langen Gefangenschaft voller Schrecken freigelassen, ohne daß Anklage gegen ihn erhoben worden wäre. Bei seiner Wiedereinreise nach Italien wurde er erneut entführt und verschwand; dieses Mal war der italienische Geheimdienst beteiligt. Er wurde weitere vier Monate heimlich gefangen gehalten und dann ohne jede Garantie vor Gericht gestellt. Zunächst wurde er zu 15 Jahren Gefängnis verurteilt, dann wurde das Urteil auf neun Jahre verringert. Heute sitzt er im Gefängnis Ain Bourja in Casablanca und soll erst im Jahr 2012 freigelassen werden.Kassim ist im Hinblick auf die Anschuldigungen wegen Terrorismus unschuldig, wie aus den Akten der italienischen Untersuchung klar ersichtlich ist. Das Europäische Parlament hat die italienische Regierung ersucht, konkrete Schritte zu unternehmen, um seine unverzügliche Freilassung zu erreichen. Der italienische Staat hüllt sich in Schweigen, weshalb das an Abu El Kassim Britel verübte Unrecht weiter andauert.Die Bewegung für die Freilassung von El Kassim, die die italienische Regierung auffordert, diese klar und deutlich zu unterstützen, wächst - in Italien und in der Welt. Beteiligen sie sich!
Um zu erfahren, was Sie tun können, nehmen Sie mit uns Kontakt auf. Adresse: info@giustiziaperkassim.net Mehr Info auf : http:// www.giustiziaperkassim.net
ابوالقاسم را آزاد كنيد
در ماه مه سال 2002 به يك شهروند ايتاليا بنام ابوالقاسم بريتل دستبند زدند، كيسه اي بر سرو گردنش افكندند و در حاليكه فقط يك پوشك بپايش كرده بودند، مأمورين سازمان سيا وي را از پاكستان به مراكش انتقال دادند و بدنبال آن مأمورين پليس مخفي مراكش او را تحت شكنجه قرار دادند و اكنون نيز در همانجا زنداني است.
در ماه مه سال 2003 وي پس از تحمل اسارتي پرمشقت آزاد گشت، بدون آنكه از او شكايتي شده باشد، اما بهنگام بازگشت به ايتاليا دوباره ربوده و ناپديد گشت. اينبار پليس مخفي ايتاليا دست در كار داشت. وي را چهار ماه ديگر نيز در اسارت نگاه داشته و سپس بدون كوچكترين ضمانت حقوقي محاكمه نمودند. وي بدواً به 15 سال حبس محكوم شد و سپس مدت زنداني او را به 9 سال تقليل دادند. در حال حاضر نيز او در زندان برجه در كازابلانكا به سر ميبرد و قرار است سال 2012 آزاد گردد.
ابوالقاسم در زمينه اتهاماتي كه در رابطه با تروريسم بدو بسته اند، چنانكه از پرونده بازجوئي اش بر مي آيد، بي گناه است. پارلمان اروپا از دولت ايتاليا خواسته است، اقدامات مشخصي را كه به آزادي وي بيانجامد صورت دهد. مقامات حكومتي ايتاليا در باره ظلمي كه در حق ابوالقاسم بريتل اعمال گشته و همچنان نيز ادامه دارد سكوت اختيار نموده اند.
جنبش خواهان آزادي ابوالقاسم كه دولت ايتاليا را به اقدام مؤثر در اين زمينه دعوت نموده است، رو به گسترش مي باشد، هم در ايتاليا و هم در ساير نقاط گيتي. شما نيز بدين كار اقدام نمائيد.
بخاطر اطلاع يافتن از اينكه شما چكار مي توانيد بكنيد، با ما تماس بگيريد
info@giustiziaperkassim.net
اطلاعات بيشتر
http:// www.giustiziaperkassim.net
Liberdade para Kassim!
Em Maio de 2002, o cidadão italiano Abou Elkassim Britel, algemado, com a cabeça tapada, despido, vestindo apenas uma fralda sanitária, foi acorrentado e depois transferido pela CIA do Paquistão para Marrocos, onde foi torturado pelos agentes dos Serviços de Inteligência Marroquinos e onde está presentemente preso.
Em Maio de 2003, após um largo e terrível período de detenção, foi libertado sem ter sido acusado. Quando voltou a Itália Kassim foi novamente raptado e desapareceu, desta vez os Serviços Secretos Italianos foram cúmplices. Ele esteve detido em lugar desconhecido durante quatro meses e foi novamente torturado, depois foi a julgamento sem qualquer tipo de garantia. Primeiro foi condenado a uma pena de prisão de quinze anos, depois a sua pena foi reduzida para nove anos. Hoje ele está detido na prisão de Ain Bourja em Casablanca, de onde será libertado em 2012.
Kassim é inocente de todas as acusações de terrorismo feitas contra ele, como é claro pela conclusão da investigação italiana. O Parlamento Europeu pediu ao Governo italiano que tome medidas concretas para que Kassim seja libertado imediatamente. O Estado Italiano mantém-se em silêncio e por isso a injustiça contra Abou Elkassim Britel continua.
Um movimento a favor da libertação de ElKassim que pede ao Governo italiano para se comprometer numa maneira clara e forte está a desenvolver-se em Itália e no mundo! Junte-se a este movimento!
Para saber o que pode fazer, por favor envie um e-mail para: info@giustiziaperkassim.net
Para mais informação visite: http://www.giustiziaperkassim.net
Λευτεριά στον Κασίμ!
Το Μάη του 2002 ο Ιταλός πολίτης Αμπού Ελκασίμ Μπριτέλ οδηγήθηκε από τη CIA δεμένος με χειροπέδες, το κεφάλι κρυμμένο από μια κουκούλα, γυμνός, φορώντας όλο και όλο ένα εσώρουχο, αλυσοδεμένος, από το Πακιστάν στο Μαρόκο, όπου και βασανίστηκε από πράκτορες της μαροκινής υπηρεσίας πληροφοριών και όπου βρίσκεται και σήμερα.
Το Μάη του 2003, ελεύθερος χωρίς κατηγορίες, μετά από μια μακρά και σκληρή μυστική κράτηση, καθώς ετοιμαζόταν να επιστρέψει στην Ιταλία απήχθη για άλλη μια φορά και εξαφανίστηκε με τη συνενοχή των μυστικών υπηρεσιών της Ιταλίας. Υπέφερε άλλους τέσσερις μήνες μυστικής κράτησης και νέα βασανιστήρια και έπειτα καταδικάστηκε χωρίς εγγύηση. Αρχικά καταδικασμένος σε 15 έτη φυλάκισης, είδε την ποινή του να μειώνεται δευτεροδικώς στα 9 έτη.
Σήμερα κρατείται στη φυλακή Αίν Μπουρζά στην Καζαμπλάνκα από όπου προβλέπεται να βγει το 2012. Ο Κασίμ είναι αθώος για την κατηγορία της τρομοκρατίας όπως αποφάσισε της ιταλική δικαιοσύνη, η οποία σταμάτησε κάθε δίωξη εναντίον του. Το Ευρωπαϊκό Κοινοβούλιο ζήτησε από την Ιταλική κυβέρνηση να λάβει συγκεκριμένα μέτρα για να επιτύχει την άμεση απελευθέρωσή του. Το Ιταλικό κράτος σιωπεί και η αδικία προς το πρόσωπο του Αμπού Ελκασίμ Μπριτέλ συνεχίζεται.
Ένα κίνημα υπέρ της απελευθέρωσης του Κασίμ –για την επίτευξη της οποίας απαιτείται η ισχυρή και ξεκάθαρη δέσμευση της Ιταλικής κυβέρνησης– πρόκειται να αναπτυχθεί στη Ιταλία και σε ολόκληρο τον κόσμο.
Ενωθείτε!
Για να μάθετε τι μπορείτε να κάνετε, επικοινωνήστε στην παρακάτω διεύθυνση: info@giustiziaperkassim.net
Για περισσότερες πληροφορίες, επισκέπτεστε : http://www.giustiziaperkassim.net
Libertate pentru Kassim!
În mai 2002, cetăţeanul italian Abu Elkassim Britel, cu cătuşe la mâini, cu cagulă pe cap, dezbrăcat, în chiloţi, cu lanţuri la picioare, a fost transferat de către CIA din Pakistan în Maroc, unde a fost torturat de agenţii serviciilor de informaţii marocane şi unde se găseşte astăzi întemniţat.
În mai 2003, eliberat fără să fi fost acuzat de ceva, după o lungă şi dură detenţie în secret, în vreme ce se pregătea să se întoarcă în Iralia, a fost din nou răpit şi a dispărut, cu complicitatea serviciilor secrete italiene. A suferit patru noi luni de detenţie în secret şi alte torturi, apoi a fost judecat fără nici o apărare. Condamnat la început la 15 ani de închisoare, şi-a văzut pedeapsa redusă la 9 ani în urma apelului.
Azi, este deţinut în închisoare Ain Burja din Casablanca, de unde ar trebui să iasă în 2012. Kassim este nevinovat de acuzaţiile de terorism, aşa cum a concluzionat justiţia italiană care a renunţat la orice acţiune împotriva lui. Parlamentul European a cerut guvernului italian să ia măsuri concrete pentru a obţine eliberarea lui imediată. Statul italian tace şi injustiţia în privinţa lui Abu Elkassim Britel continuă.
O mişcare în favoarea eliberării lui Elkassim – pentru care se cere guvernului italian să se angajeze în mod puternic şi clar – ia amploare în Italia şi în lume.
Veniţi alături de noi!
Pentru a şti ce puteţi face, contactaţi-ne la adresa: info@giustiziaperkassim.net
Informaţie http://www.giustiziaperkassim.net
5000 Soudanais réclament la libération de leurs 9 compatriotes détenus à Guantánamo
Des groupes de familles ont marché devant l’ambassade des Etats-Unis à Khartoum pour exprimer leur solidarité avec les familles des neuf détenus.
La manifestation fait suite à des informations ayant circulé dans la capitale soudanaise, selon lesquelles l’administration américaine envisageait la "libération prochaine" de l’un des Soudanais de Guantanamo.
Sur Al Jazeera, frère du détenu Sami al-Hajj, avait affirmé la semaine dernière, à Khartoum, que Washington pourrait faire bénéficier, Hajj d’une "mise en liberté sous condition s’il acceptait de ne pas quitter le Soudan".
Les membres des familles des détenus ont affirmé que la possibilité pour Hajj de recouvrer la liberté constituait "une bonne nouvelle", mais qu’au dela de ce dernier, ce sont tous les détenus soudanais, qui "doivent être libérés."
« Nous sommes ici pour réclamer la libération et le retour au pays de nos frères, de nos fils et de nos pères détenus à la prison de Guantanamo », a déclaré le frère de Hajj.
« Cette souffrance doit cesser, car cela fait maintenant plus de 6 ans que nous l’endurons sans que les détenus ne soient ni entendus devant une cour, ni accusés », a-t-il ajouté, marchant aux côtés des autres familles.
Les neuf Soudanais, soupçonnés d’activités terroristes, avaient été détenus par Washington au Pakistan et en Afghanistan, avant d’être transférés à la prison de Guantanamo, à Cuba, ont révélé les familles lors de la marche de protestation.
Un des protestataires a remis à une autorité de l’ambassade des Etats-Unis, Joel Maybury, une pétition comprenant 5. 000 signatures de citoyens soudanais, réclamant la relaxe pure et simple de leurs concitoyens.
Maybury a, quant à lui, affirmé que l’ambassade ferait part à Washington du message, s’abstenant toutefois, de tout commentaire quant aux chances de libération des autres prisonniers.
Source : Agence de Presse Africaine, 19-08-2007
Les psychologues US et la torture (suite)
Les psychologues pourront participer aux interrogatoires de Guantanamo
par Sudhin Thanawala , Associated Press, San Francisco, 20 août 2007
L'Association américaine de psychologie (APA), considérée comme la plus grande organisation professionnelle du pays, a décidé dimanche de ne pas interdire à ses membres de participer aux interrogatoires de détenus à Guantanamo et dans d'autres centres de détention militaires américains. Alors que certains réclamaient une interdiction sous peine d'expulsion, l'APA n'a pas voulu aller aussi loin, se contentant de réaffirmer son opposition à la torture.
Ce débat au sein de l'association a été rendu nécessaire par la présence avérée de psychologues à Guantanamo et dans la tristement célèbre prison irakienne d'Abou Ghraïb. À l'occasion de son congrès annuel à San Francisco, l'APA (148.000 membres), a étudié une motion interdisant à ses membres d'être impliqués de quelque façon que ce soit dans les interrogatoires menés dans de tels centres de détention. Ses promoteurs ont souligné qu'il fallait que l'APA suive l'exemple de l'Association médicale américaine et de l'Association américaine de psychiatrie, qui ont décidé que leurs membres ne pouvaient jouer aucun rôle dans les interrogatoires menés dans des prisons telles que Guantanamo. Mais d'autres, opposés à l'interdiction, ont fait valoir que la présence de psychologues pouvait aider à s'assurer que des abus ne soient pas commis lors des interrogatoires. Cette tendance l'a donc emporté, au grand dam de certains. «Si on en arrive à justifier la présence de psychologues par le simple fait que ça permet d'empêcher que des détenus ne soient tués, alors la seule chose à faire, sur le plan moral et éthique, c'est de s'en aller», a réagi Laurie Wagner, qui exerce à Dallas. L'APA s'est donc contentée d'adopter une résolution réaffirmant son opposition à la torture et interdisant à ses membres de se livrer ou d'être partie prenante à plus d'une dizaine de pratiques spécifiques, incluant la nudité forcée ou la privation de sommeil. «Nous avons profité de ce congrès pour montrer que l'APÀ attire l'attention sur des actes qui n'ont pas de raison d'être, qui ne sont pas éthiques et qu'aucun psychologue ne doit commettre», s'est justifiée la porte-parole de l'APA, Rhea Farberman. Le débat au sein de l'association fait suite à la publication des rapports qui impliquent des spécialistes de la santé mentale dans les scandales d'abus sur des détenus à Guantanamo et à Abou Ghraïb, près de Bagdad. Certains de ces psychiatres et psychologues sont notamment accusés d'avoir aidé les interrogateurs à augmenter le niveau de tension chez les prisonniers, en exploitant leurs peurs. Un rapport du ministère de la Défense récemment déclassifié confirme que depuis 2002, des psychiatres et psychologues ont aidé les interrogateurs militaires à développer de nouvelles techniques afin de soutirer des informations aux prisonniers.
Below is link to a Resolution, Substitute Motion 3, which was passed by an overwhelming majority of the members of the American Psychological Association’s Council of Representatives at their annual meeting on Sunday, August 19, 2007. This Resolution leaves fewer ethical loopholes than the previous year’s Resolution and has been welcomed by Physician’s for Human Rights as a significant step forward. Nonetheless, this Resolution leaves room for improvement. Although it unequivocally condemns over a dozen forms of torture, in line 97 you will see that these tortures are not to be used in a manner that represents significant pain or suffering, leaving open the question of what happens when they cause mild or moderate pain and suffering. Further these prohibitions are limited to interrogations, the conditions of detention and what happens outside of interrogations are not addressed. The conditions of detention, themselves have been called tantamount to torture by the International Committee of the Red Cross.Most disappointing to Psychologists for an Ethical APA is that the following amendment was not passed:
Here is a link to is the wording of the Resolution (Substitute Motion 3).
lundi 20 août 2007
À Abou Ghraib, les mauvais traitements étaient « codifiés », estime une experte
Source : http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=350038
Six Questions for Tara McKelvey on Detainee Abuse
Ken Silverstein, Washington Babylon, Harpers’S magazine, May 9, 2007
Tara McKelvey is the author of the new book Monstering: Inside America’s Policy of Secret Interrogations and Torture in the Terror War, which tells the story of the Abu Ghraib scandal and, more broadly, examines the pattern of detainee abuse in Iraq. McKelvey, a senior editor at The American Prospect and a research fellow at the NYU School of Law’s Center on Law and Security, lives in Washington, D.C. I recently asked her six questions about what she learned while researching her book.
1. The general story of the abuses at Abu Ghraib has by now been well covered. What has the media missed?
2. Who is ultimately responsible for the abuses?
“When [Lynndie England] told me she’d quit her job over the conditions at the plant, I was surprised. She had stood up to what she thought was wrong.”
3. What was Donald Rumsfeld’s role?
4. Have those guilty of detainee abuse been held accountable?
5. What do you think of former CIA director George Tenet’s recent comments in which he defended the use of tough tactics against detainees?
“This is not just a prison scandal. It’s a huge blow to America’s image and it’s something we’ll be dealing with for generations.”
6. You got an exclusive print interview with Lynndie England. What was your impression of her?
Any Means Necessary
By JONATHAN MAHLER, The New York Times, July 29, 2007
Ugly things happen during wartime. This is self-evident, but worth repeating in the context of any discussion of the Abu Ghraib scandal. There is a simple reason military commanders from Sun Tzu to George Washington to Colin Powell have recognized the need for placing limits on battlefield behavior: otherwise, all hell will break loose.
MONSTERING Inside America’s Policy of Secret Interrogations and Torture in the Terror War. By Tara McKelvey. 300 pp. Carroll & Graf Publishers. $25.95.
In “Monstering: Inside America’s Policy of Secret Interrogations and Torture in the Terror War,” Tara McKelvey sets out to describe, in fresh and unremitting detail, exactly what can, and did, happen in the absence of those limitations. McKelvey, a senior editor at The American Prospect, had her work cut out for her. The images of Abu Ghraib — Hooded Man, Leashed Man, the Naked Human Pyramid, to name a few of the most notorious — have long since been seared into the world’s consciousness. Since the scandal broke in the spring of 2004, the question of United States policy on torture has been widely debated, and Abu Ghraib itself has already been the subject of several books, including “Chain of Command,” by Seymour M. Hersh of The New Yorker, the first journalist to get his hands on the Taguba report, the military’s initial probe into American conduct at the prison. There have also been countless newsmagazine articles and at least two documentary films.
McKelvey worked hard to break new ground, interviewing, among many others, Samuel Provance, one of the scandal’s key whistle-blowers; the infamous Lynndie England (“the lady with a leash,” as Mick Jagger refers to her in the song “Dangerous Beauty”); and more than 20 Iraqis who say they were abused. The sweep of her reporting is impressive, and she would have been better off letting it speak for itself rather than hyping it with prose that feels out of place in a serious work of nonfiction: “Much has been reported on the criminal behavior of soldiers at Abu Ghraib. But until now few — if any — detailed, documented accounts of sexual relations among soldiers and between soldiers and female prisoners have appeared in the press.”
The administration began by dismissing the misconduct at Abu Ghraib as the work of what President Bush called “a few American troops.” The bad-apple defense quickly crumbled, though, with the leak of government memorandums authorizing the use of “enhanced interrogation techniques.” These new methods were specifically sanctioned for members of the Taliban and Al Qaeda being held at Guantánamo Bay, who the administration determined were not entitled to Geneva Conventions protections. But it is not difficult to draw a line from Camp Delta to Abu Ghraib. In August 2003, Maj. Gen. Geoffrey Miller, the commander of the joint task force at Guantánamo, was dispatched to the Iraqi prison — formerly Saddam Hussein’s favorite torture chamber — to make it a more effective laboratory for producing intelligence that might help defeat the insurgency. In Iraq, the use of harsh interrogation techniques required the signature of a superior officer, though that was apparently not much of a deterrent. “I never saw a sheet that wasn’t signed,” McKelvey quotes one interrogator as saying.
The book is constructed not as a narrative of the scandal, but as a series of dispatches centered on her meetings with various firsthand participants, including a compelling, if ultimately unsatisfying, jailhouse interview with England. (“Why she committed the crimes is still not clear — even to her,” the author concedes.) McKelvey opts not to examine the motivations of her characters, though she does mine her notebook for every last morsel from her various reporting trips — the song playing on the radio in her rental car after she pulls into England’s hometown (“Dust in the Wind”), a quotation from an elderly woman who thinks she remembers England’s “pretty smile,” the fact that a human rights lawyer working on behalf of some of the detainees enjoys Arabic-style lamb chops. Sometimes these details enrich her story. Often they feel indiscriminate and irrelevant.
“Monstering” is a book of reportage. This is not to say that McKelvey makes an effort to conceal her own outrage at what went on at Abu Ghraib, but rather that she is less interested in exploring how this great moral and institutional failure came to pass — the toxic mix of fatally misguided policy and undisciplined soldiers and interrogators — than in depicting what, precisely, went on behind the prison’s cinder-block walls. In describing such scenes, she uses her rigorous reporting to fine effect, drawing on her interviews with detainees to reconstruct their haunting accounts in straightforward, lucid prose. McKelvey also manages to advance her well-covered story by illuminating the deranged culture that obtained among the soldiers posted to the prison, some of whom evidently battled the stress and boredom by “Robotripping” — chasing tablets of Vivarin with eight-ounce bottles of Robitussin for a cheap high.
As McKelvey points out, only a handful of soldiers have been punished for their behavior in Iraq, and there have still been no independent investigations of the Abu Ghraib scandal. This is, in other words, a story with a conspicuous lack of heroes. The most intriguing character in “Monstering” is the whistle-blower, Provance. A former Bible college student who has since left the military and is now apparently dabbling in Satanism, he nevertheless had a clearer understanding of the meaning of American values than many of the architects of American policy in the global war on terror. If the United States still has a chance of winning the battle for the hearts and minds of the Muslim world, then we have people like Provance to thank.
Jonathan Mahler, a contributing writer for The Times Magazine, is the author of “Ladies and Gentlemen, the Bronx Is Burning.” He is at work on a book about Hamdan v. Rumsfeld, a Supreme Court case involving presidential power and the war on terror.
Source : http://www.nytimes.com/2007/07/29/books/review/Mahler-t.html?ex=1343361600&en=56f9647b765a1ac6&ei=5088&partner=rssnyt&emc=rss
Documents accablants sur les prisons irakiennes/Images show pleading Iraq prisoners
Derrière le grillage de la prison de Roussafa, dans un des quartiers de la capitale, certains détenus à peine vêtus crient leur innocence. D'autres entonnent des chants nationalistes de l'époque de Saddam Hussein."Cela fait deux ans que je me trouve en prison et on ne m'a toujours pas présenté devant un avocat ni jugé dans un tribunal", a confié l'un d'entre eux.
"Nous ne demandons ni nourriture, ni eau. Juste la liberté", s'exclame un autre dans la vidéo capturée par Hachémi.Le vice-président a assuré les détenus que les autorités irakiennes travaillaient de concert afin d'améliorer la situation des détenus.
"Nous n'accepterons pas cette injustice. C'est une honte pour nous tous. Soyez patients. Vous serez tous entendus par la jsutice", a assuré l'homme politique sunnite.
L'armée américaine et les forces de sécurité irakiennes ont emprisonné des dizaines de milliers de personnes sans preuve de culpabilité depuis le début de l'intervention militaire en 2003, phénomène accéléré après la chute du régime de Saddam Hussein.
Voir la vidéo
Images show pleading Iraq prisoners
By Waleed Ibrahim and Peter Graff Sat Aug 18
Prison et éducation pour 800 mineurs irakiens détenus par l’armée US
Réveillés à 05h00, les jeunes délinquants, âgés de 10 à 17 ans, du camp Cropper, où tous les mineurs irakiens sont détenus, sont conduits tous les jours à l’école américaine. Invariablement, sept jours sur sept, huit heures par jour.
L’objectif ? Éduquer et améliorer le comportement de ces enfants et adolescents, illettrés, tombés dans la criminalité après n’avoir connu que la misère et les atrocités de la guerre. Ils ont souvent vu mourir sous leurs yeux père, mère, frères ou sœurs.
Selon les militaires américains, la majorité a été arrêtée pour avoir fabriqué et posé des engins artisanaux qui explosent sur les routes. D’autres pour transport d’armes, d’autres encore sont considérés comme des combattants présumés. Bien que ce soit illégal, certains sont détenus depuis plus d’un an.
Le général Douglas Stone, commandant américain chargé de la sécurité des prisons en Irak, affirme que tous ces mineurs représentaient une menace pour la sécurité du pays. Mais il est déterminé à leur donner une éducation avec un programme scolaire classique : arabe, anglais, maths, sciences, géographie, mais aussi droits civiques pour combattre leur ignorance, exploitée, selon lui, par les extrémistes. L’école, dix-huit classes et une bibliothèque, dispose de tout le matériel nécessaire, y compris des DVD et des livres, dont Harry Potter en arabe.
Courant pieds nus sur les terrains de sport bétonnés, pantalon relevé aux genoux, des élèves prisonniers frappent la balle, crient de joie pendant que les soldats veillent. La partie est finie ! Les soldats américains ordonnent aux jeunes de s’accroupir, mains sur la tête, et les amènent de force à leur prochaine leçon. À l’intérieur, des soldats américains prêts à réagir aux débordements, spray poivré à la main. Ils surveillent les adolescents alors que les professeurs, des civils irakiens, s’efforcent de leur instiller les bases du savoir.
« Où sont les montagnes en Irak ? » interroge la prof de géographie devant quelque 30 garçons enthousiastes. « Au nord de Bagdad. »
« Nombre d’entre eux n’avaient jamais été à l’école auparavant. Ils ne savent même pas écrire leur nom », explique une enseignante sous le couvert de l’anonymat.
« Certains ont fait de vilaines choses, mais la plupart ont été attrapés par hasard parce que leur pères, leurs oncles ou leurs frères ont été arrêtés », ajoute-t-elle. Sourire chaleureux sous son voile fleuri rouge et jaune, elle leur communique son savoir comme elle le ferait à ses propres enfants, leur inculquant des valeurs telles que la liberté et la démocratie.Ici, chiites et sunnites, l’écrasante majorité des détenus, travaillent côte à côte, déjeunent ensemble. Mais l’enseignante désespère de l’avenir de ces jeunes-là.
Leurs familles, heureuses de savoir leurs enfants dans un tel environnement (sic!), peuvent leur rendre visite, mais bien souvent y renoncent en raison de l’insécurité à Bagdad.Le nombre de détenus en Irak a bondi ces six derniers mois depuis le déploiement de 165 000 soldats pour réprimer les conflits interconfessionnels. Ils sont aujourd’hui 24 000 détenus, tous âges confondus, contre 16 000 avant les renforts. Depuis le début de l’année, seuls 2 251 d’entre eux ont été condamnés. En moyenne, une centaine de mineurs sont arrêtés chaque mois contre 25 l’an passé. Le 1er février, ils étaient 272 jeunes détenus, 787 cette semaine, selon le capitaine John Flemming.La visite a été organisée par l’armée américaine et les élèves n’étaient pas autorisés à parler à la presse.
dimanche 19 août 2007
Les psychologues US face à la torture
Le groupe de psychologues le plus important des Etats-Unis doit décider dimanche du rôle que ses membres peuvent jouer dans l'interrogation des suspects à Guantanamo et auprès d'autres centres de détention militaires américains.L'Association psychologique américaine (APA), qui se retrouve pour son rendez-vous annuel à San Francisco, doit choisir entre deux mesures concernant la participation de ses 148.000 membres aux interrogatoires militaires.
L'une des propositions, qui est soutenue par le comité de direction de l'APA, serait de réaffirmer l'opposition du groupe à la torture et d'interdire à ses membres de prendre part à plus d'une douzaine de pratiques spécifiques, incluant la nudité forcée ou les noyades simulées (waterboarding).
Un membre de l'APA qui violerait cette résolution sur la torture pourrait être exclu de l'organisation basée à Washington. Il pourrait ainsi perdre son diplôme étatique professionel lui permettant de pratiquer sa profession, a déclaré le porte-parole de l'association Rhea Farberman.
Une autre mesure consisterait à empêcher les membres de l'APA d'être impliqués de quelque façon que ce soit dans les interrogatoires faits auprès d'installations militaires où les étrangers sont détenus.
Le moratoire ne serait pas soutenu par des sanctions, mais il soutiendrait l'"autorité morale" d'APA, estime le psychologue Neil Altman, qui a écrit la résolution proposée.
Le vote de l'association suit la publication des rapports qui impliquent des spécialistes de la santé mentale dans les scandales d'abus de prisonniers à Guantanamo et dans la prison d'Abou Ghraib en Irak. Les pyschiatres et psychologues sont notamment accusés d'y aider les interrogateurs à augmenter le niveau de tension chez les prisonniers, en exploitant leurs peurs.
Un rapport du département Défense récemment déclassifié a affirmé que depuis 2002, les psychiatres et psychologues ont aidé les interrogateurs militaires à développer de nouvelles techniques afin de soustraire de l'information aux prisonniers.
L'interrogatoire militaire l'un des problèmes majeurs traités lors de la rencontre annuelle de cette année de l'APA, une association qui représente la plupart des psychologues américains.
Les défenseurs du moratoire soulignent qu'ils veulent que l'APA suive l"exemple des l'Association médicale américaine et de l'Association psychiatrique américaine, qui ont déclaré que leurs membres n'avaient pas de rôle légitime dans les interrogatoires auprès de centres de détention comme Guantanamo".
Ceux qui critiquent le moratoire disent cependant que la présence de psychologues aide à s'assurer que les interrogatoires ne soient pas abusifs.
Sur Internet:
Association psychologique américaine: http://www.apa.org/
Pyschologues pour une éthique APA: http://www.ethicalapa.com
Read the media round-up on the protests against APA here : http://www.ethicalapa.com/files/APA_media_round-up.doc
Source : AP, 18 août 2007
samedi 18 août 2007
17 ans de prison pour deux anciens détenus tadjiks de Guantánamo
Au Tadjikistan, la "justice", au moins ne traîne pas ! Rapatriés de Guantánamo en mars 2007, après y avoir passé six ans, Muqit Valikhonovitch Vohidov et Rukniddin Faiziddinovitch Sharopov ont été condamnés par la Cour suprême de Douchambé à 17 ans de travaux forcés. Leur crime ? Avoir franchi illégalement la frontière entre le Tadjikistan et l'Afghanistan au début de 2001 pour y rejoindre les combattants du Mouvement islamique d'Ouzbékistan, interdit au Tadjikistan comme dans les autres républiques d'Asie centrale de l'ex-URSS. Les deux hommes ont clamé leur innocence. En vain.SOURCE: RFErl.org
L'Empire et l'île indépendante
Du point de vue militaire, un porte-avions nucléaire emportant de rapides chasseurs-bombardiers et accompagné de son escorte, faisant fond sur la technologie de pointe et sur les satellites, est plusieurs fois plus puissant qu'une base et peut se rendre n'importe où dans le monde au gré de l'Empire. En fait, la Base navale de Guantánamo n'est là que pour humilier et pouvoir y faire les choses épouvantables que l'on sait.
S'il faut attendre la chute du système, soit, nous attendrons ! Les souffrances et les périls seront grands pour toute l'humanité, au moins autant que la crise actuelle de la bourse des valeurs, comme le pronostiquent toujours plus de gens. L'attente de Cuba, elle, se fera toujours en état d'alerte."
C'est par ces mots que se conclut une longue réflexion de Fidel Castro, publiée par la prese cubaine cette semaine et consacrée à l'histoire de l'amendement Platt et de la base de Guantánamo. Une véritable leçon d'histoire à l'usage des jeunes générations que ce texte, dont nous ne pouvons que vous recommander la lecture.
À lire en français ici
Reflexiones del PRESIDENTE FIDEL CASTRO
El imperio y la Isla independiente
La historia de Cuba en los últimos 140 años es la de la lucha por preservar la identidad e independencia nacionales, y la historia de la evolución del imperio de Estados Unidos, su constante pretensión de apropiarse de Cuba y los horrendos métodos que hoy utiliza para mantener el dominio del mundo. Destacados historiadores cubanos han tratado con profundidad estos temas en distintas épocas y en diversos y excelentes libros que merecen estar al alcance de nuestros compatriotas. Estas reflexiones van dirigidas especialmente a las nuevas generaciones con el objetivo de que conozcan hechos muy importantes y decisivos en el destino de nuestra patria.
vendredi 17 août 2007
Jose Padilla, symbole des excès de la lutte antiterroriste, a été reconnu coupable
L'ACCUSATION D'ATTENTAT "SALE" ABANDONNÉE
Ancien membre d'un gang hispanique de Chicago, Jose Padilla, âgé de 36 ans, s'est converti à l'islam en prison. Suivant sa famille en Floride, il y a rencontré ses deux coaccusés, qui l'ont aidé à partir étudier en Egypte, où il s'est marié et a eu deux enfants, avant de gagner l'Afghanistan. Il a été arrêté à son retour aux Etats-Unis en mai 2002. Le gouvernement a alors affirmé qu'il prévoyait des attentats meurtriers aux Etats-Unis, notamment avec une bombe radiologique, des accusations qui ont entraîné son incarcération, sur ordre direct du président Bush, dans une prison militaire à l'isolement absolu, sans bruit ni lumière du jour et souvent privé de sommeil.
La bataille a fait rage pendant des années devant les tribunaux pour déterminer si le président avait le droit d'ordonner ainsi la détention illimitée et sans inculpation d'un citoyen américain. Le gouvernement a cédé en novembre 2005 : il a confié le prisonnier à la justice fédérale, abandonné toute mention d'une bombe radiologique, et ne lui reprochait plus qu'un engagement criminel auprès d'Al-Qaida.
Au procès, l'accusation s'est appuyée essentiellement sur un document présenté comme un formulaire d'inscription rempli par M. Padilla pour rejoindre un camp d'entraînement de la nébuleuse terroriste en Afghanistan. Ses avocats, qui contestaient l'authenticité du document, ont fait valoir que l'accusation cherchait d'abord à exploiter la peur du terrorisme pour obtenir une condamnation politique susceptible de justifier le traitement infligé à leur client. A l'énoncé du verdict, il n'a pas cillé. Il connaîtra sa peine le 5 décembre. Lui et ses deux coaccusés risquent la réclusion criminelle à perpétuité.
Source : Le Monde, avec AFP, AP et Reuters, 17 août 2007
mercredi 15 août 2007
Le gouvernement canadien hésite à accueillir des détenus ouïghours de Guantánamo
Le gouvernement canadien hésite à accueillir des détenus ouïghours de Guantánamo
Le gouvernement canadien hésite à accéder à la demande de Washington d'accueillir des détenus de la prison militaire de Guantánamo .
Selon des documents obtenus par la Presse Canadienne en vertu de la Loi d'accès à l'information, l'administration Bush a demandé au Canada d'accepter des détenus de la minorité ouïgoure, en Chine, qui ne représentaient pas une menace à la sécurité nationale.
Les Américains ne voulaient pas accepter les détenus sur leur territoire, mais ne pouvaient les renvoyer en Chine, par crainte qu'ils soient persécutés.
Le Canada, ainsi que d'autres pays, hésitent à accepter des réfugiés sous prétexte qu'ils causent un problème de relations publiques aux Etats-Unis. Par conséquent, 17 des hommes sont toujours détenus et vivent en confinement 22 heures par jour.
Selon une note préparée en mai dernier au ministère canadien des Affaires étrangères, les autorités canadiennes ont indiqué à la délégation américaine que les détenus en question seraient vraisemblablement inadmissibles en vertu des lois canadiennes.
Les représentants américains se sont pourtant rendus à Ottawa à trois reprises pour tenter de convaincre le gouvernement, en vain. En mai 2006, les Etats-Unis avaient réussi à convaincre l'Albanie d'accueillir cinq détenus.
Une semaine après leur transfert, les Américains revenaient à la charge et rencontraient des fonctionnaires canadiens de plusieurs ministère et du bureau du premier ministre.
Une question de principe serait en jeu, car en vertu de l'Entente sur les tiers pays sûrs, les réfugiés ne peuvent demander asile au Canada à partir des Etats-Unis, sauf en cas d'exception.
Des notes préparées en février dernier pour l'ancien ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, laissent entendre que la position du gouvernement sur de futurs transferts restait incertaine.
Les relations du Canada avec la Chine seraient également tenues en ligne de compte, puisque Pékin aurait apparemment fait pression sur des pays pour qu'ils refusent les Ouïgours, selon des articles américains.
Source : Presse canadienne, 15 août 2007
mardi 14 août 2007
Les sites noirs
Au moins nous ne sommes pas aussi mauvais que les islamofacsistes, n'est-ce pas ?Affiche d'Austin Cline
Marianne Pearl fut déconcertée. En 2003, elle avait reçu un appel de Condoleezza Rice, qui était alors conseillère à la sécurité nationale du président Bush, lui donnant la même information. Mais la révélation de Rice avait été secrète. L’annonce de Gonzales ressemblait à un coup de pub. Pearl lui demanda s’il avait des preuves que la déclaration de Mohammed était crédible; Gonzales prétendit avoir des preuves corroborantes mais qu’il ne les divulguerait pas. “Il ne suffit pas que des responsables m’appellent pour me dire qu’ils y croient”, dit Pearl. “Il faut des preuves.” (Gonzales n’a pas répondu à mes demandes de commentaire).
Les circonstances entourant la confession de Mohammed, que les fonctionnaires désignent par ses initiales - KSM -, avaient de quoi rendre perplexe. Il n’avait pas d’avocat. Après sa capture au Pakistan en mars 2003, la Central Intelligence Agency l’avait détenu dans des lieux secrets pendant plus de deux ans; l’automne dernier, il a été transféré à Guantánamo Bay, à Cuba. Aucun témoin n’était indiqué pour sa confession initiale et il n’y avait aucune information solide sur la forme d’interrogatoire qui avait pu l’amener à faire des aveux, bien que des articles eussent été publiés, dans le New York Times et ailleurs, suggérant que des agents de la CIA l’avaient torturé. Lors d’une audience à Guantánamo, Mohammed déclara que son témoignage était donné librement, mais il indiquait aussi qu’il avait été victime d’abus de la part de la CIA (le Pentagone a classé “top secret” une déclaration écrite de lui détaillant les mauvais traitements allégués). Et bien que Mohammed ait déclaré que des photos confirmaient sa culpabilité, les autorités U.S. n’en ont trouvé aucune. Au lieu de cela, elles avaient une copie de la vidéo qui avait été diffusée sur Internet, montrant les bras du tueur mais ne permettant pas de l’identifier.
Pour accroître la confusion, un Pakistanais nommé Ahmed Omar Saeed Sheikh avait déjà été jugé coupable pour l’enlèvement et le meurtre, en 2002. Ce terroriste éduqué en Grande-Bretagne, organisateur de kidnappings, avait été condamné à mort au Pakistan pour ce crime. Mais le gouvernement pakistanais, guère réputé pour sa clémence, avait reporté son exécution. De fait, les audiences sur cette affaire avaient été reportées un nombre remarquable de fois — au moins trente — sans doute à cause de ses liens avec le service de renseignement pakistanais, qui ont pu servir à le faire libérer après qu’il avait été emprisonné en Inde pour activités terroristes. Les aveux de Mohammed allaient encore retarder son exécution, puisque, selon la loi,pakistanaise, toute novelle preuve peut donner lieu à un appel.
Un nombre surprenant de gens proches de l’affaire ont des doutes sur les aveux de Mohammed. Une amie de longue date des Pearl, l’ancienne reporter du Journal Asra Nomani, dit : “La publication des aveux de est tombée à point en plein scandale des procureurs US, alors que tout le monde réclamait à cor et à cri la démission de Gonzales. Ça avait tout l’air d’une stratégie calculée pour changer de sujet. Pourquoi maintenant ? Ils avaient ces aveux depuis des années”. Marianne et Daniel Pearl habitaient chez Nomani à Karachi à l’époque de l’assassinat de Daniel, et Nomani avait suivi l’affaire méticuleusement; à l’automne prochain, elle donnera un cours sur ce thème à l’Université de Georgetown. Elle dit : “Je ne pense pas que ces aveux résolvent l’affaire. On ne peut pas établir la justice sur la base des aveux d’une seule personne, surtout dans des circonstances aussi inhabituelles. Pour moi, ça n’est pas convaincant”. Et elle ajoute : “J’ai appelé tous les enquêteurs. Ils n’étaient pas seulement sceptiques, ils n’y croyaient pas du tout.”
L’agent spécial Randall Bennett, chef de la sécurité au consulat US de Karachi au moment du meurtre de Pearl — et dont le rôle dans la conduite de l’enquête est décrit dans le film de Michael Winterbottom A Mighty Heart (Un coeur indomptable) — dit qu’il a interrogé tous les complices impliqués qui sont aujourd’hui détenus au Pakistan, et qu’aucun d’eux n’a indiqué que Mohammed aurait joué un rôle quelconque dans cette affaire. “Le nom de KSM n’est jamais apparu”, dit-il. Robert Baer, un ancien officier de la CIA , dit : “Mes anciens collègues disent être sûrs à 100% que ce n’est pas KSM qui a tué Pearl.” Un fonctionnaire du gouvernement impliqué dans l’affaire dit : “On peut craindre que KSM serve à en couvrir d’autres, et que ces gens-là vont être remis en liberté.” Et Judea Pearl, le père de Daniel, dit : “Il y a quelque chose de louche là-dedans. Il y a plein de questions sans réponses. KSM peut dire qu’il a tué Jésus — il n’avait rien à perdre.”
Marianne Pearl, qui dot bien s’en remettre à l’administration Bush pour que justice soit faite dans l’affaire de son mari, est prudente quand elle parle de l’enquête. “On a besoin d’une procédure qui mette à jour la vérité”, dit-elle. “Une agence de renseignement n’est pas censée être au-dessus de la loi.”
Les interrogatoires de Mohammed faisaient partie d’un programme secret de la C.I.A, lancé après le 11 Septembre, dans lequel des suspects de terrorisme comme Mohammed ont été détenus dans des “ sites noirs”—des prisons secrètes hors des USA— et soumis à un traitement dur hors du commun. Le programme a été effectivement suspendu à l’automne dernier, quand le président Bush a annoncé qu’il vidait les prisons de la CIA et qu’il faisait transférer les détenus à Guantánamo. Cet acte faisait suite à une décision de la Cour suprême dans l’affaire Hamdan contre Rumsfeld, selon laquelle tous les détenus – y compris ceux détenus par la CIA – devaient être traités en accord avec les Conventions de Genève. Ces traités, adoptés en 1949, interdisent les traitements cruels et dégradants et la torture. Fin juillet, la Maison blanche a édicté un décret promettant que la CIA allait rectifier ses méthodes afin de satisfaire aux critères de Genève. En même temps, le décret de Bush déclarait expressément qu’il ne désavouait pas le recours à des “techniques d’interrogatoire améliorées” susceptibles d’être considérées comme illégales si elles étaient utilisées par des fonctionnaires à l’intérieur des USA. Le décret implique que l’agence peut une fois de plus détenir de suspects de terrorisme pour une durée indéfinie et sans inculpation, dans des sites noirs, sans avoir à notifier leur détention ni à leurs familles ni aux autorités locales et sans avoir à leur permettre l’accès à un défenseur.
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samedi 11 août 2007
La famille d’ Omar Deghayes dénonce la torture et les sévices subis à Guantánamo
Omar Deghayes, un Libyen de 37 ans, est l'un des cinq prisonniers au camp de Guantánamo, tous résidents au Royaume-Uni avant leur incarcération, dont Londres a demandé officiellement la libération à Washington mardi. Deghayes, arrivé en 1980 à Brighton en Angleterre, a été arrêté au Pakistan fin 2001- début 2002 avant d'être transféré à Bagram en Afghanistan puis à la prison de Guantánamo, résume le journal.
Sa famille a rendu public un dossier détaillant les sévices sexuels et violences répétés dont il a été victime et qu'il a détaillés à un avocat qui lui avait rendu visite à Guantánamo, écrit le Guardian. Selon le quotidien britannique, Omar Deghayes dit avoir reçu des décharges électriques dans la prison de Kaboul, été privé de nourriture pendant 45 jours lors de son transfert de Bagram vers Guantánamo où il aurait été battu à plusieurs reprises depuis. Près de 800 prisonniers, capturés dans le cadre de la guerre américaine contre le terrorisme, la plupart en Afghanistan et au Pakistan sont passés par le camp de Guantánamo depuis son ouverture dans les mois ayant suivi les attentats du 11-Septembre.
Source : AFP, 11 août 2007
La Cour suprême US rejette le recours d’Ahmed Belbacha contre son rapatriement forcé en Algérie
Arrêté au Pakistan et détenu sur la base navale américaine à Cuba depuis février 2002, Ahmed Belbacha est aujourd'hui désigné comme un "ancien combattant ennemi", un statut qui autorise son renvoi en Algérie.
Craignant des "tortures presque certaines" dans son pays, qu'il a fui dans les années 1990 pour échapper à la fois à l'armée et aux Groupes islamiques armés (GIA), il a saisi la justice américaine pour rester à Guantanamo le temps qu'un autre pays accepte de l'accueillir.
Vendredi, la plus haute juridiction du pays a rejeté son recours, sans explication, tout comme elle avait fait en mai pour un détenu libyen, Abdul Ra’ouf al-Qassim, qui se trouve encore à Guantanamo.
Le gouvernement américain assure qu'il ne renvoie aucun détenu avant d'avoir reçu l'assurance qu'il serait bien traité, mais des avocats et des associations ont régulièrement dénoncé cette position comme hypocrite.
Dans un document déposé jeudi devant la Cour suprême, les avocats de M. Belbacha avaient appuyé leur requête en rappelant les conditions de vie infernales de leur client.
Source : AFP, 11 août 2007
vendredi 10 août 2007
Lotfi Lagha a été amputé de 8 doigts à Bagram avant d’être envoyé à Guantánamo
Les autorités américaines n'ont fait aucun commentaire dans l'immédiat. Me Ben Amor a accordé un entretien à l'Associated Press après avoir rencontré jeudi son client pour la première fois la veille à la prison de Mornaguia, à 30km de Tunis, où il est incarcéré depuis son retour en Tunisie fin juin dernier.
Selon le récit fait par Me Ben Amor, Lotfi Lagha avait immigré clandestinement en 1998 en Italie où il est devenu musulman pratiquant. C'est au début de 2001 qu'il est parti pour l'Afghanistan, a indiqué l'avocat sans en préciser les motivations.
Au plus fort de l'offensive américaine, il s'était réfugié à Tora-Bora, en Afghanistan, pendant un mois, avant de fuir le pays. Il a été arrêté début 2002 à la frontière pakistanao-afghane dans un état très précaire. "J'avais les mains et les pieds gelés par le froid glacial", a-t-il relaté à son avocat.
Après une hospitalisation pendant trois mois et demi, les services de sécurité pakistanais l'ont remis à l'armée américaine qui l'a transféré à la base de Bagram, en Afghanistan.
Pendant le mois qu'il y resté, les militaires américains lui avaient dit que son état nécessitait qu'on lui coupe les doigts des deux mains affectés. Il a déclaré s'y être farouchement opposé, d'autant que les médecins pakistanais lui avaient assuré qu'il pouvait être soigné par un traitement ordinaire.
C'est alors que médecins américains de la base de Bagram l'ont drogué le soir pour qu'il se trouve le lendemain avec quatre doigts de chaque main sectionnés, excepté les pouces, affirme-t-il.
"A mon réveil et malgré mon état, les militaires n'ont pas arrêté de m'asséner des coups partout sur le corps avec des matraques et leurs brodequins", ajoute-t-il. Il a également dénoncé les mauvais traitements qu'il dit avoir subi dans la base militaire de Kandahar.
Pendant les cinq ans qu'il devait passer ensuite dans la base de Guantánamo, Lotfi Lagha a dit avoir été victime, avec d'autres détenus, de "tortures et autres pratiques humiliantes".
Lotfi Lagha qui affirme avoir été rapatrié malgré lui, fait l'objet de poursuites pénales sous l'accusation d'appartenance à association de malfaiteurs. Il encourt une peine de six ans de prison, selon le code pénal tunisien. Il a été interrogé pendant trois jours au ministère de l'intérieur sans faire l'objet de maltraitements, selon son avocat qui prévoit que son procès aura lieu vers novembre prochain.
Source : AP, 10 août 2007
Deubelyou prend les gens pour des cons
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com, 10 août 2007
jeudi 9 août 2007
Omar Khadr : le Canada invité à suivre l'exemple de Londres
Le ministère des Affaires étrangères n'a pas rappelé La Presse à ce sujet hier.
Gordon Brown demande la libération des cinq résidents britanniques
Gordon Brown prouve une fois de plus qu'il ne sera pas le caniche de George Bush. (sic)
Son ministre des Affaires étrangères, David Miliband, a demandé mardi la libération de cinq résidents britanniques de Guantánamo à Condoleezza Rice. Une démarche que Tony Blair avait toujours balayée d'un revers de main.
Sous son règne, Downing Street avait seulement tenté de rapatrier neuf citoyens britanniques de la prison américaine. Et ce, malgré les pressions des familles des cinq résidents. Ils auraient tous reçu de mauvais traitements, selon leurs avocats.«Le gouvernement applaudit les pas faits par le gouvernement américain pour réduire le nombre de détenus à Guantánamo, et pour aboutir à la fermeture du centre de détention», a déclaré le ministère des Affaires étrangères britannique. Il a par contre précisé que les procédures pourraient prendre plusieurs mois.
Le cas de Jamil El Banna, d'origine jordanienne, avait été fortement médiatisé depuis deux ans. Il a été arrêté en 2002 avec son meilleur ami en Gambie lors d'un voyage d'affaires. L'agence de sécurité MI5 lui avait demandé peu avant de l'aider à espionner Abou Qatada, soupçonné d'être lié à Al-Qaeda. Le père de famille aurait refusé.La députée de la circonscription de la famille d'El Banna célébrait leur victoire à Londres hier. «C'est un soulagement énorme pour toute la famille, a dit Sarah Teather. La fille cadette de Jamil pourra enfin rencontrer son père pour la première fois.»
Geste symbolique
Sous Blair, Guantánamo n'était qu'une «anomalie». Les temps ont changé depuis son départ en juin.Plusieurs analystes interprètent cette volte-face comme une nouvelle preuve que Gordon Brown veut se distancier de George Bush. À leur rencontre à Camp David la semaine dernière, le premier ministre britannique avait pris soin de louanger la politique américaine de lutte contre le terrorisme sans mentionner le président lui-même.
«C'est un geste très symbolique, dit l'expert en sécurité internationale, Bob Ayers. Il envoie un message très clair. Les relations entre les États-Unis et la Grande-Bretagne seront différentes maintenant qu'il est aux commandes.»Gordon Brown est déjà en campagne électorale, selon l'analyste de l'institut Chatham House. «La rumeur veut qu'il déclenche des élections au printemps prochain, dit-il à La Presse. D'ici là, il prendra des décisions populaires auprès des électeurs, comme celles-ci.»La presse britannique a applaudi le premier ministre tout en rappelant la responsabilité morale de la Grande-Bretagne face à ces détenus.
Fermera? Fermera pas?
Selon le Financial Times, cette décision fait l'affaire de l'administration Bush. Elle cherche par tous les moyens à réduire le nombre de prisonniers à Guantánamo.Le centre de détention ne ferait plus l'unanimité dans l'entourage de Bush. Robert Gates, le secrétaire de la Défense, et Condoleezza Rice seraient favorables à sa fermeture. Le vice-président Dick Cheney et le procureur général Alberto Gonzalez s'y opposeraient.
Une chose est certaine pour Bob Ayers: Guantánamo ne disparaîtra pas demain. «Les pays d'origine des détenus, comme la Libye ou la Jordanie, ne veulent pas d'eux, explique-t-il. Les pays tiers, encore moins. Les États-Unis seront pris avec eux pour un bon moment.»
Les cinq détenus sont le Saoudien Chaker Aamer, le Jordanien Djamil el Banna, l'Algérien Abdennour Sameur, le Libyen Omar Deghayes et l'Ethiopien Binyam Mohamed.L'un des cinq est déjà libérable, mais il ne sera pas renvoyé dans son pays d'origine… de crainte qu'il n'y soit maltraité, a déclaré jeudi une responsable du Pentagone. Sans rire.
Statut spécial pour les 14 « gros poissons »
Le département américain de la Défense a fait cette annonce jeudi, après l'examen ces six derniers mois des dossiers des 14 prisonniers, parmi lesquels figurent des personnes accusées d'avoir participé aux attentats du 11-Septembre, de l'USS Cole et des ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998. Les 14 détenus seront désormais jugés par les tribunaux militaires mis en place par l'administration du président George W. Bush. Mais ce système judiciaire a été remis en question par des jugements récents, dont la décision du juge Peter Brownsback de rejeter tout simplement le procès d'Omar Khadr, au motif que ce dernier avait le statut de «combattant ennemi» et non de «combattant ennemi étranger illégal», appellation exigée selon le juge par la loi sur les tribunaux militaires promulguée par M. Bush l'année dernière. Interrogé sur ce point précis, le porte-parole du département de la Défense Chito Peppler a souligné que la décision de qualifier les 14 détenus de «combattants ennemis» n'avait pas pris en compte leur qualité d'«illégal» ou non.
Source : AP, 9 août 2007
mardi 7 août 2007
Plongée au cœur des prisons secrètes de la CIA
Que s'est-il passé dans les prisons secrètes de la CIA où ont été enfermés nombre de suspects de terrorisme après les attentats du 11 septembre ? Dans son édition datée du 13 août, le magazine américain New Yorker propose une plongée dans ces sites secrets où, malgré les dénégations officielles, la torture semble avoir été pratiquée à grande échelle et de façon systématique. La journaliste, Jane Mayer, appuie son enquête sur un rapport confidentiel du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a eu accès aux témoignages de quinze suspects désormais détenus à Guantánamo. Le rapport du CICR est confidentiel, l'organisation estimant la discrétion nécessaire à la poursuite de son travail.
Ses conclusions sont sans appel. Les responsables américains impliqués dans le programme de la CIA ont commis des "crimes sérieux", en violation de la convention de Genève et de la législation américaine, selon l'auteure de l'article. Au point que de nombreux agents de la CIA commenceraient à s'inquiéter et chercheraient à couvrir leurs arrières sur le plan judiciaire.
INTERROGATEURS FORMÉS SUR LE TAS AUX TECHNIQUES DU KGB
La genèse du programme des prisons secrètes remonte, selon la journaliste, au 17 septembre 2001, date à laquelle le président Bush a autorisé la formation d'unités paramilitaires chargées de capturer ou de tuer des cibles désignées comme terroristes dans le monde entier. A cette époque, la CIA manquait d'agents aguerris dans le domaine des interrogatoires. Des officiers ont alors épluché les archives de l'agence jusqu'à retrouver trace du plan Phoenix, utilisé par l'armée américaine au Vietnam entre 1970 et 1971, et devenu une source d'inspiration pour l'agence. Les responsables du renseignement se sont aussi tournés vers leurs alliés plus expérimentés dans la lutte antiterroriste, demandant particulièrement des conseils à l'Egypte, à la Jordanie et à l'Arabie saoudite, des pays régulièrement pointés du doigt par le département d'Etat pour leurs manquements en matière de droits de l'homme.
Quand les premiers suspects ont été capturés, la CIA n'était pas prête, et ses chefs ont alors fait appel à des "sous-traitants" extérieurs, aux méthodes décrites par le monde du renseignement comme "proches du film Orange mécanique [de Stanley Kubrick]", rapporte Jane Mayer. Ces hommes, des anciens psychologues militaires, n'avaient jamais pratiqué la torture mais avaient enseigné aux soldats comment y résister. Sous le commandement américain, ils ont pratiqué simulation de noyade, privation de sommeil, isolement, exposition à des températures extrêmes, exposition à des bruits assourdissants, humiliations sexuelles et religieuses.
Le Pakistanais Abou Zoubaydah, arrêté en mars 2002, fut soumis, rapporte Jane Mayer, à des simulations de noyade et confiné dans une cage – "la niche" – si petite qu'il ne pouvait pas se lever. Ces experts diplômés employaient un schéma de torture calqué sur les méthodes du KGB. L'objectif final du processus était de donner aux détenus la certitude que rien ni personne ne pourrait plus les sauver. Un objectif atteint, notamment, en retirant au suspect sa capacité à envisager le futur – quand sera son prochain repas, quand il pourra aller aux toilettes – et en le privant au maximum de toute perception sensorielle – en le confinant, par exemple, dans une pièce sans odeur, sans lumière, sans son. "Le KGB utilisait ces méthodes contre des individus qui s'étaient retournés contre l'Etat et obtenir d'eux des aveux inventés. Le KGB ne cherchait pas du renseignement", s'insurge dans le New Yorker Steve Kleinman, un colonel de réserve opposé au programme secret de la CIA.
"RETIRER TOUTE DIGNITÉ AU DÉTENU"
Au fil des mois, les méthodes se sont affinées, explique Jane Mayer. Chaque étape pour casser un homme était prévue, codifiée. A tel point qu'avant chaque nouvelle torture, "vous savez ce que va dire chaque détenu, parce que vous l'avez déjà entendu", confie un expert extérieur à la CIA, qui avait connaissance du protocole employé. Ce qui fait dire à la journaliste qu'aucune comparaison n'est possible entre le programme de la CIA et les abus – sanctionnés – de Guantánamo ou Abou Ghraïb, commis par des agents mal entraînés ou déséquilibrés. Chaque transfert, chaque interrogatoire a fait l'objet de plusieurs autorisations et rapports détaillés remontant au plus haut niveau de responsabilité.
Les tortures pratiquées par les agents de la CIA auraient poussé un détenu yéménite à tenter de se suicider trois fois. Pendant des semaines, voire des mois, dans sa cellule étaient diffusés des bruits assourdissants, de la musique ou des ricanements tirés de films d'horreur. Ces pressions psychologiques, de l'avis de tous les détenus interrogés, étaient plus difficiles à supporter que les abus physiques.
Autre cas cité par la journaliste, celui de Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme l'architecte des attentats du 11 septembre. Après son arrestation, en mars 2003, Mohammed est transféré dans une prison secrète sur le sol polonais. Il subit alors maintes humilitations. Gardé nu pendant sept jours, il aurait ensuite été interrogé par un nombre inhabituel d'agents femmes, avant d'être suspendu par les bras au plafond de sa cellule, ses orteils touchant à peine le sol.
KHALID CHEIKH MOHAMMED TRANSFÉRÉ EN POLOGNE
Le témoignage de Khalid Cheikh Mohammed permet aussi d'apporter un éclairage sur un autre point. Lors de sa détention, il affirme avoir vu une bouteille d'eau minérale portant des inscriptions en polonais, ce qui viendrait corroborer les accusations du Conseil de l'Europe, qui estime que Varsovie a accueilli sur son territoire des lieux de détention gérés par la CIA.
Pour quels résultats a été mis en place ce dispositif complexe, secret, qui a suscité nombre de débats au sein de l'administration américaine ? Le général Michael Hayden, directeur de la CIA, a affirmé à plusieurs reprises que le programme des prisons secrètes était "irremplaçable". Quant au président Bush, il estime que le travail réalisé par la CIA a permis de "sauver des vies", en "empêchant de nouvelles attaques".
Mais l'exemple de Khalid Cheikh Mohammed, qui a subi plusieurs des tortures prévues par la CIA et connu les prisons de l'agence sur les sols afghan, polonais et cubain (à Guantánamo), est troublant. En tout, Mohammed a endossé la responsabilité de trente et un complots terroristes, un chiffre que les experts jugent "improbable", même pour un terroriste de haut rang. Parmi les crimes dont il s'est attribué la paternité, outre les attentats du 11 septembre, des projets d'attentats contre Bill Clinton, Jimmy Carter ou le pape Jean Paul II. Mais aussi l'assassinat du journaliste américain Daniel Pearl en 2002 au Pakistan. La version des faits donnée par Khalid Cheikh Mohammed est réfutée par les proches de Pearl. Son père, Judea, résume l'opinion de la famille : "Mohammed peut bien affirmer qu'il a tué Jésus, il n'a rien à perdre." La torture, au final, ne semble pas conduire à la vérité.
Selon Jane Mayer, le programme des "black sites" de la CIA a bien été abandonné à l'automne 2006, après les annonces en ce sens de George Bush et le transfert des derniers détenus des prisons secrètes vers Guantánamo. Mais la Maison Blanche se refuse toujours à désavouer les "interrogatoires améliorés", pourtant illégaux sur le sol des Etats-Unis. Ce qui signifie, selon la journaliste, que les agences de renseignement américaines peuvent continuer à détenir indéfiniment des suspects sur des sites secrets, sans aucune base juridique.
Tunisie: Abdallah Ben Amor sera rejugé 12 ans après sa condamnation par contumace
Cette entrevue à l'Associated Press, la première qu'elle accorde à la presse, s'est déroulée samedi dans les bureaux de l'avocat de son époux, Me Samir ben Amor, Mme Bousaïdi ayant tenu à éviter de rencontrer le correspondant de l'AP à son domicile.
Agé de 51 ans, Abdallah ben Amor avait été condamné par contumace en 1995 à dix ans de prison dans l'affaire dite du «Front islamique de Tunisie», auquel il nie avoir appartenu. Il doit être rejugé par le tribunal militaire de Tunis le 26 septembre.
Son parcours commence au Pakistan, où il s'était installé en 1988 avec son épouse, ses enfants ainsi que son beau-fils Hédi Hammami, époux de sa fille aînée. Pendant 14 ans, il y a fait commerce de textiles et a travaillé dans le cadre d'organisations de secours islamiques, selon son épouse.
Mais en 2002, Abdallah ben Amor a été arrêté par les services de sécurité pakistanais, en compagnie de son beau-fils. Ils ont été transférés vers la base militaire de Bagram, en Afghanistan, puis vers Guantánamo.
Le jour de sa remise aux autorités tunisiennes, l'ex-pensionnaire de Guantánamo a été conduit au ministère de l'Intérieur où il a été interrogé par les services de sécurité. «Ils voulaient savoir à quelles organisations il appartenait et lui faire signer un document contenant des aveux dans ce sens, qu'il a du reste refusé de signer», rapporte Mme Bousaïdi.
Les autorités tunisiennes nient que le détenu ait subi des mauvais traitements ou fait l'objet de menaces.
Source : AP, 7 août 2007
vendredi 3 août 2007
BOUM !
Francis est un homme sérieux et pondéré que son imperméable, sa mallette et son collier de barbe désignent aux passants comme un professeur de chimie à l’Athénée de sa petite ville.
Francis est un homme doux. Mais un jour, lors d’une manifestation parfaitement paisible contre le réchauffement climatique, face à l’ambassade des Etats-Unis, il avait vu se déployer d’énormes moyens policiers, totalement hors de propos, des auto - pompes, des boucliers anti-émeutes, et ça lui avait donné des envies de cogner, à lui, homme doux, père de famille cultivé, démocrate.Il sait, s’il en parlait à son collègue Jean-Claude, que celui - ci lui reprocherait de tomber en enfance, dans cette logique puérile du « si on dresse un interdit face à moi, je le saute », et il sait que son collègue a raison.Tan pis. Si la société l’infantilise, si la société s’enfonce dans la parano sécuritaire, si elle s’acharne à brandir sa force plutôt qu’à lui parler en adulte, elle en paiera les conséquences.Dans une rue normale, Francis se comporte paisiblement. Mais s’il aperçoit une caméra de surveillance, il ira lui montrer ses fesses et lui balancer un caillou.
Le flicage ne résout pas la violence, il l’augmente, partout. Les contrôles biométriques, le fichage par l’ADN, les cartes d’identité à puce, les barbouzes de tous bords, les « Patriot Act » et les dingueries de cinglés, ça lui fout une colère noire.Et si lui, l’homme doux, sent grimper en son ventre des tendances explosives quand on l’entoure de tous ces trucs, que penser d’un petit gars, d’une banlieue de Marseille, de Gaza ou d’Islamabad, qui n’a plus d’autres horizons que les cars des CRS, les arrestations arbitraires, et les Guantanamo de série C ?
Source : Le Soir, Bruxelles, 9 Novembre 2006
L’auteur est un écrivain belge de langue française
jeudi 2 août 2007
Voyage au bout de l'enfer
Quand les États-Unis mènent leur guerre aveugle contre le terrorisme, la liberté de la presse et les droits de l'Homme trinquent. Rappel des faits : en octobre 2001, la chaîne Al Jazeera envoie son cameraman, Sami Al Haj , avec une équipe de journalistes en Afghanistan pour couvrir la guerre de Bush. Après un transit obligatoire au Pakistan, l'équipe obtient enfin un visa d'entrée, mais elle juge utile de prolonger son séjour à Quetta, en raison de la violence du conflit. Sami Al Haj paie aujourd'hui le prix fort de cette précaution qui, pourtant, relève du sens commun. Mais on peut se demander si, dans cette affaire, le bon sens est vraiment la chose au monde la mieux partagée. Quand les forces nordistes, avec l'appui des Américains, l'emportent, l'équipe de journalistes tente de retourner à Kandahar. Elle a, au préalable, prorogé son visa d'entrée. C'est donc au moment de passer la frontière, à la mi-décembre 2001, que les forces armées pakistanaises sur ordre des américains arrêtent Sami Al Haj . Le cauchemar commence. Dénudé, dépouillé de ses effets personnels, la tête couverte, les pieds et les mains enchaînés, le journaliste est jeté dans un avion, en direction de la prison américaine de Bagram en Afghanistan. Ensuite, il sera transféré vers la base de Guantanamo, zone de non-droit toujours active, où il reste à ce jour incarcéré, sans le moindre chef d'inculpation.
Son avocat, Clive Stafford Smith, a déclaré il y a un an que son client avait enduré des tortures et des abus sexuels. Contraint de suivre un traitement pour un cancer de la gorge, les autorités américaines refusent de lui administrer. En revanche, un comité d'experts, nommé le Behavorial Science Consultation Team, emploie toute son intelligence à détruire un homme affaibli, de surcroît innocent. Sami Al Haj rapporte ces châtiments corporels : outre les privations de sommeil et les tortures psychologiques, les détenus subissent des sévices sexuels et des humiliations qui les obligent à uriner ou déféquer sur eux-mêmes. Aspergés de sang menstruel, soumis à des températures extrêmes, ces hommes doivent assister, voire participer, à la profanation de leur livre sacré. Mais Sami-Al-Hajj, qui a non seulement l'outrecuidance d'être musulman, s'avère également être un Noir. Son temps de récréation est, par conséquent, inférieur à celui des détenus blancs.
Selon Stafford-Smith, cette incarcération, dénuée de tout fondement légal et rationnel, répond à une volonté politique : « les Américains ont voulu, sous la menace, faire de lui un informateur censé confirmer des liens de toutes pièces fabriqués entre la chaîne de télévision arabe Al-Jazeera et le groupe Al-Qaïda. » Alternant la carotte (promesse d'accession à la nationalité américaine) et le bâton (menace pesant sur son épouse et sur leur jeune fils), ceux qui interrogent le journaliste se sont heurtés à un refus. « A titre strictement personnel, je ressens de l'admiration pour le courage dont fait preuve Sami Al Haj » observe son avocat. « Il est tout à fait innocent. Aussi terroriste que mon grand-père. La seule raison qui explique un tel traitement, c'est son appartenance à la chaîne d'information Al-Jazeera. »
Vivement critiquée par l'Arabie Saoudite, comme par les États-Unis, celle-ci semble oeuvrer, de quelque façon, en faveur du rapprochement des riches par delà les divergences culturelles. Mais c'est une vertu que nul hélas ne lui reconnaît. On l'accuse de rendre publics les messages des ennemis de la liberté. Mais si la télévision occidentale elle-même répondait à cette injonction extrême, elle serait privée d'information et tout à fait silencieuse. Les dépêches regorgent de crimes inesthétiques ou immoraux dont il faut toutefois rendre compte. La guerre contre le terrorisme seule explique cette volonté de museler une certaine presse, en persécutant des journalistes qui ne font que leur travail. Stafford Smith déplore que les associations et les médias occidentaux soient si peu sensibles à la souffrance de Sami Al Haj qui découle du mépris pour les droits de l'Homme et pour la liberté de l'information. Pourtant, il est à noter qu'une pétition circule sur internet, à l'initiative d'Amnesty International (Groupe 54 d'Ottignies-Louvain-La-Neuve). Ce ne sera sans doute pas assez pour que s'achève ce long périple au bout de l'enfer de la cellule 345 qui est aussi, pour tout citoyen soucieux du respect des droits de l'Homme, un voyage au bout de la honte.
Source : najzoug@yahoo.fr
Tayeb Belaïz : “Les détenus de Guantanamo seront jugés en Algérie”
“Le groupe de travail, mis sur pied pour prendre en charge l'affaire des Algériens détenus à Guantanamo, s'est rendu sur place pour vérifier l'identité des détenus qui ont déclaré être algériens”, a-t-il ajouté. “Le groupe de travail a, en effet, confirmé l'identité de 17 Algériens dont le cas d'un détenu a été définitivement réglé”, a précisé le ministre affirmant que les 16 autres prisonniers algériens “seront transférés en Algérie et aucune institution ne s'y oppose”.
“Leur procès se déroulera en Algérie, conformément à la loi algérienne, dans le cas où ils sont reconnus coupables d'un quelconque crime sans condition ni contrainte de quelque partie que ce soit”, a-t-il souligné.
Le ministre a reçu des explications des représentants de l'Office national de l'enseignement et de la formation à distance (Onefd) chargé du projet qui ont affirmé “l'efficacité du système et le risque zéro de cette méthode”. Les techniciens ont précisé que ce système permet l'enregistrement automatique des appels dès la formation des numéros qui ne peuvent en aucun être effacés ou changés.
Le système permet également grâce à un double écouteur, selon les techniciens, de suivre toute la communication et de l'interrompre si nécessaire. Ils ont affirmé la possibilité de réécouter les communications si cela s'avère nécessaire, même après plusieurs années. Le directeur général de l'administration générale des prisons, M. Mokhtar Felioune, a déclaré que les appareils téléphoniques ont été installés depuis un mois environ dans la prison de Serkadji et depuis environ deux semaines dans la prison d'El-Harrach, en tant qu'établissements-pilote et seront opérationnels à partir de ce dimanche. Cette opération sera généralisée aux autres établissements pénitentiaires, en octobre prochain.
Mamdouh Habib accuse
par Marie-Morgane Le Moël, Le Monde, 28 juillet 2007
En octobre 2001, cet Australien d'origine égyptienne a été arrêté au Pakistan. Transféré en Egypte, puis à Guantanamo, il y est resté trois ans, pour ses liens supposés avec Al-Qaida. Début 2005, il est libéré sans qu'une inculpation ait été prononcée. De retour à Sydney, où vit sa famille, ce sans-emploi de 51 ans tente d'obtenir des indemnités pour ses années de détention et les tortures qu'il dit avoir subies. Au coeur de la procédure : sa certitude d'avoir été enlevé avec l'accord de l'Australie, qu'il accuse de complicité d'arrestation arbitraire et de torture.
Mamdouh Habib affirme avoir eu affaire depuis longtemps aux services de renseignement australiens. Au début des années 1990, ce père de quatre enfants rend visite à des membres de sa famille aux Etats-Unis. Il y est vu en compagnie d'extrémistes islamistes, qui seront plus tard inculpés dans l'attentat contre le World Trade Center (1993). L'Australian Security Intelligence Organisation (ASIO) commence alors à s'intéresser à lui. "Des agents m'ont demandé de leur fournir des renseignements sur ma communauté. J'ai refusé", raconte Mamdouh Habib.
En juillet 2001, dépressif et poussé, dit-il, par le "harcèlement de l'ASIO", il part au Pakistan. "Uniquement pour étudier les possibilités de s'y établir", affirme-t-il. C'est alors qu'il est arrêté, à bord d'un bus en direction de Karachi.
M. Habib dit avoir été détenu, dans un premier temps, à l'ambassade australienne à Islamabad, où il aurait rencontré un diplomate australien, Alistair Adams. L'affirmation revêt une grande importance pour la suite du procès.
TRANSFERT VERS L'EGYPTE
"Le gouvernement a déclaré jusqu'ici que M. Habib était détenu par les Pakistanais ou les Américains et qu'il n'avait rien à voir avec cela. Mais lorsqu'on se trouve à l'ambassade australienne, on est sur le territoire australien", commente son avocat, Peter Erman. Il ajoute : "Ils auraient pu tout simplement décider de le renvoyer en Australie." Une accusation rejetée par le gouvernement. "Le Commonwealth nie que M. Habib ait été détenu ou interrogé à l'ambassade à Islamabad. Il juge inapproprié de commenter davantage la question alors qu'elle est examinée à la Cour fédérale", répond, laconique, un porte-parole du ministère des affaires étrangères.
Mamdouh Habib est ensuite transféré en Egypte, son pays d'origine, où il dit avoir été torturé. Or, durant les six mois de détention de M. Habib en Egypte, Canberra soutient avoir ignoré où se trouvait son ressortissant.
Pourtant, l'ancien détenu raconte avoir été interrogé sur ses contacts en Australie, et s'être vu présenter des objets lui appartenant, venant de son foyer à Sydney. "Comment les Egyptiens pouvaient-ils avoir accès à cela, si les Australiens n'avaient pas coopéré ?", interroge-t-il. Sa femme, Maha, a reçu, début 2002, une lettre du ministère des affaires étrangères l'informant que son mari allait bien. "Le gouvernement aurait su comment il allait sans savoir où il était ?", réagit-elle. A l'appui du témoignage de M. Habib, la chaîne de télévision ABC a produit, en juin, des documents incriminant le gouvernement.
Un câble du ministère des affaires étrangères, daté du 19 novembre 2001, quelques semaines après l'arrestation de M. Habib, stipule ainsi qu'il a été transféré dans son pays d'origine. D'autres documents évoquent la présence d'agents de l'ASIO en Egypte. "L'ASIO sait que l'Egypte pratique la torture, elle ne pouvait ignorer que M. Habib serait torturé", accuse Peter Erman. Depuis son retour, traumatisé, Mamdouh Habib est suivi par un psychologue. Libre de se présenter aux élections locales, comme il l'a fait, sans succès, dans la banlieue d'Auburn, en mars, il ne peut plus quitter le pays, son passeport ayant été annulé. Le gouvernement a répété, début juillet, qu'il représentait toujours "un risque pour la sécurité" du pays.
Après un an et demi de procédure, les audiences préliminaires à la Cour fédérale ont commencé, mais la date du procès est sans cesse repoussée. "C'est inacceptable : le gouvernement repousse les délais. On n'a encore accès à aucun document", déplore Peter Erman. A ce rythme, l'audience pourrait se tenir dans seulement deux ans. Mamdouh Habib et son avocat réclament "2 millions de dollars australiens (près de 1,25 million d'euros) par année d'emprisonnement". "Au vu de ce que M. Habib a subi, ce ne serait pas trop", commente M. Erman.
La psychose de Joe
L'étrange aveu de Bisher Al Rawi
Dans un entretien à la chaîne britannique Channel 4 diffusé lundi soir, Bisher Al-Rawi, 39 ans, né en Irak et ressortissant résidant au Royaume-Uni, soutient avoir travaillé pour le MI5, livrant notamment des informations sur Abou Qatada, un islamiste palestinien présenté comme le chef spirituel d'Al-Qaïda en Europe. Ses indications auraient aidé à retrouver ce dernier en octobre 2002, alors qu'il se cachait depuis près de dix mois. En novembre 2002, il a été arrêté par la CIA, avec son ami et associé, Jamil El-Banna, à l’aéroport de Banjul, en Gambie. Maintenus au secret pendant deux mois, ils auraient ensuite été placés dans une "prison noire" en Afghanistan. Privés de nourriture, torturés, questionnés sur leurs liens avec Al-Qaeda. En mars 2003, ils ont été transférés à Guantanamo. "Je m'étais porté volontaire pour le MI5. Ce qu'ils m'ont fait en retour est vraiment cruel" a déploré Bisher Al-Rawi, qui estime avoir été trahi et abandonné par le MI5. Il a finalement été relâché le 1er avril dernier, après autorisation britannique de son retour auprès de sa famille, à New Malden, dans le sud-est de l'Angleterre. Jamil El-Banna, ressortissant jordanien, lui, est toujours emprisonné.
Ahmed Belbacha préfère rester à Guantánamo plutôt que de se retrouver en Algérie
Ahmed Belbacha, 38 ans, est l’un des 17 détenus algériens de Guantánamo qui sont sur le point d’être remis aux autorités algériennes. Il refuse d’être rapatrié et son avocat a fait appel de la décision de l’extrader vers l’Algérie, où il risque, pense-t-il, d’être torturé. Belbacha était comptable à la SONATRACH et footballeur. Il a fui l’Algérie en 1999 et a demandé l’asile en Grande-Bretagne où sa requête a été rejetée mais où il a été autorisé à rester jusqu’à ce que la procédure d’examen de sa requête d’asile prenne fin. En 2001, il se rend en Afghanistan pour y étudier l’Islam et se retrouve entre les mains de la CIA après avoir été kidnappé aux environs de Peshawar au Pakistan, à la fin de l’année 2001. En février 2007, le Pentagone a jugé qu’il ne représentait aucun danger et qu’il pouvait donc être rapatrié dans son pays. Mais Belbacha, tant qu’à faire, préfère rester à Guantánamo plutôt que de se retrouver entre les pattes du DRS. Un Guantánamo pour migrants dans une base militaire en Sardaigne
Traduit par Fausto Giudice
La Sardaigne est lontemps restée en dehors des flux migratoires provenant du Sud de la planète. La route des côtes nord-africaines vers l’île est plus longue et risquée que celle qui conduit à Lampedusa ou en Sicile. En outre, la Sardaigne offre bien peu d’opportunités de travail et pour ceux qui n’ont pas de papiers en règle, il peut être difficile de quitter l’île pour rejoindre le continent.
Depuis l’hiver dernier, la situation acommencé à changer et un flux de jeunes migrants provenant surtout d’Algérie (mais aussi du Maroc) a commencé à atteindre les côtes sardes à bord de petites embarcations (de 6 mètres environ) pourvues de moteurs hors-bord. Il est extrêmement risqué d’affronter la mer dans ces condtions si bien, que contre à peine 450 immigrants arrêtés en Sardaigne entre janvier et juin de cette année (Giornale di Sardegna 19 et 23/6/07, les garde-côtes algériens annoncent avoir repêché entre novembre 2006 et mars 2007 pas moins de 210 morts, noyés dans le bras de mer qui sépare la Sardaigne de l’Algérie (Giornale di Sardegna, 7/4/07).
Il s’agit d’un nombre restreint de migrants, mais les autorités et la presse ont saisi la balle au bond pour monter une campagne de manipulation, hurlant à “l’urgence débarquements”, à “l’exode probable”, aux possibles “infiltrations de terroristes” et autres absurdités du même genre.
Le fait est que, depuis le début de cette année, nous faisons face à une véritable urgence-racisme de la part des institutions : ici aussi se succèdent les campagnes de presse contre les “clandestins”, les “nomades”, les “Roumains” etc. , qui préparent ponctuellement des rafles et des chasses à l’homme contre des étrangers, des expulsions, des destructions de logements et des agressions racistes contre les résidents étrangers pauvres.
Toute cette politique répressive émane du gouvernement central : le 11 juin, le vice-ministre de l’Intérieur Minniti est venu à Cagliari pour signer un de ces fameux “pactes pour la sécurité”, qui ont été présentés dans la moitié des villes italiennes, à commencer par Milan. Celui qui a été signé à Cagliari prévoit (Unione Sarda del 12/6/2007) la création d’une "Task-Force s’occupant des débarquements d’immigrés clandestins”, la lutte contre l’occupation abusive de zones et de bâtiments abandonnés et le renforcement des opérations d’expulsion de squatteurs.
Il n’y a là rien de nouveau sous le soleil, la production d’alertes, d’états d’urgence, de peurs est aujourd’hui le principal instrument de maintien au pouvoir. La guerre contre les pauvres de toute nationalité est aujourd’hui plus que jamais la base constante d’organisation des poltiques des adminstrations publiques.
C’est pourquoi l’appel lancé fin mai par un groupes d’anarchistes sardes s’adressait à tous ceux e toutes celles qui veulent d’une manière ou d’une autre s’opposer :
- à la construction d’un lager (camp) destiné aux immigrés dans le sud de la Sardaigne;
- au racisme des institutions et aux campagnes de presse alarmistes visant à semer la peur;-
aux politiques de guerre aux pauvres et de féroce répression sociale conduites par les administrations publiques.
L’appel tombait on ne peut mieux. De fait, alors qu’à Cagliari on préparait le “pacte de sécurité”, le Préfet de police (Giornale di Sardegna, 13/5/07) réclamait la création d’un “centre d’accueil” (un CPA, qui heureusement n’existe pas encore en Sardaigne), et des émissaires de la préfecture (Unione Sarda, 23/5/2007) faisaient la tournée des communes de la côte concernées par les débarquements, en quête d’une école, d’une maison de retraite, d’un gymnase à réquistionner pour réaliser, dans le plus pur style chilien, le lager en question.
C’est alors (Unione Sarda, 25/5/2007) qu’ Emilio Casula, sous-secrétaire sarde à la Défense et fier défenseur des servitudes militaires, propose de réaliser le camp de prisonniers pour immigrés à l’intérieur de la base militaire de Capo Teulada.
L’idée de réaliser un petit Guantanamo sarde paraît si infame qu’elle a de quoi provoquer de l’incrédulité, ne serait-ce que parce que la création d’un lager à l’interieur d’une base militaire est un fait absolument inédit en Italie et, je crois, en Europe (si on exclut les prisons secrètes de la CIA en Pologne et en Roumanie). Mais pensez-vous...
Au terme du énième “sommet” à la préfecture de Cagliari, le 5 juin, est annoncée la décision de réaliser le premier CPA sarde à l’intérieur même de la base de Capo Teulada (Giornale di Sardegan, 6/6/07). La réalisation est, d’après les annonces, imminente, pour cet été.
La réaction du mouvement antiraciste sarde naissant a été immédiate : une manifestation animée a eu lieu le 15 juin devant la préfecture de Cagliari, accompagnée d’actions de contre-information (distributions de tracts et projections de films).Une centaine de personnes ont affronté les hommes en uniforme, branidissant des banderoles, bloquant la circulation et scandant des slogans contre les bases militaires, les lager et les CPT-CPA. Outre les sanarchistes, ont pzrtcipé des muilitants de groupes antimilitaristes, indépendantistes, antifascistes et antiracistes sardes, ainsi que le COBAS (syndicat autonome de base) et des militants du PRC (Parti de la refondation communiste) à titre individuel.
L’hypothétique réalisation d’un lager pour immigrés à l’interieur d’un camp militaire est d’’une gravité inouïe, non seulement par ce qu’elle rappelle de tristes événements historiques (1) et récents (2) mais aussi parce qu’elle propose un nouveau “modèle de développement “ obscène, consistant à faire coexister dans un seul et même lieu tourisme, lager et activités militaires.
Ces jours-ci, d’ailleurs, alors q’elle se prépare à accueillir le camp pour immigrés, la base de Teulada se vante d’avoir restitué, pour usage touristique estival, certaines des plages utilisées durant les autres saisons pour les bombardements et les simulations guerrières. Évidemment, les plages n’ont pas été nettoyées et donc les fonds sont couverts de bombes non explosées et la baignade a été inetrdite dans certains cas.
Ces premières actions contre la rélisation d’un CPA semblent avoir eu un certaine efficacité : durant les denrières semaines de juin, les journaux de l’île ont en fait adopté une attitude plus prudente, passant de titres sur une “réalisation immédiate” à “il n’y a pas de ceritudes sur la date d’ouverture” (Giornale di Sardegna del 23/6/07). Nous ignorons s’il s’agit d’une simple tactique ou s’i ya eu vraiment un report de la date d’ouverture, mais il n’y a pas d’illusions à se faire.
De fait, les rafles et les chasses à l’homme visant les migrants ne se sont pas interrompus et les immigrés arrêtés par la police sont déportés vers les CPT (Centres de rétention temporaire) du continent (à Crotone en Calabre et Bari dans les Pouilles), après avoir été détenus brièvement dans des hôtels locaux.Les anarchistes sardes ont été les premiers et les plus déterminés à affronter cette situation nouvelle, qui pose à tous les antiracistes sardes des problèmes jamais affrontés auparavant.
Dans l’immédiat, il est urgent de développer une action de contre-information vers la population des zones côtières concernées par les débarquements mais il est tout aussi urgent et nécessaire d’élargir notre réseau de relations et de contacts hors de l’île. L’infamie d’un lager à l’intérieur d’une base militaire est de fait trop grave pour n’être affrontée qu’au nivau local. Pour qu’une opposition soit efficace, il nous faudra faire appel à l’expérience de ceux qui affrontent le problème depuis plusieurs années. Pour infos et contacts, écrire à istrangi@libero.it Notes (1) Qu’n se rappelle par exemple que le coup d’État préparé par le général De Lorenzo, le "Piano Solo", prévoyait que les principaux responsables de l’opppostion politique seraient déportés en Sardaigne et enfermés dans un camp de concentration à l’intérieur de la base militaire de Capo Marrargiu.
(2) À Capo Teulada se trouve un polygone de tir pour l’artllerie navale, l’aviation et les blindés, uutilisé par toutes les armées de l’OTAN pour s’entraîner. De nombreux militaires ont dénoncé le fait qu’ils étaient tombés malades à cause de l’utilisation de projectiles à l’uranium appauvri, et baucoup d’entre eux sont morts. De 2003 à 2005, les pêcheurs de la zone ont mené une lutte acharnée contre la base, occupant à plusieurs reprises le polygone de tir et empêchant les exercices. Au cours des occupations du polygone, les militaires ont tiré “par erreur” des projectiles qui sont tombés à quelques centaines de mètres des barques des pêcheurs et des travailleurs qui installaient les parasols sur les plages avoisinantes.
La Sardaigne, une grande base militaire





