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mercredi 24 octobre 2012

Le procès d’un ex-détenun algérien de Guantanamo 20 novembre prochain

par APS,  mardi 23 octobre 2012

ALGER - Le procès d’un ex-détenu de Guantanamo, Sofiane Hadarbache, accusé d’"appartenance à un groupe terroriste activant à l’étranger et faux et usage de faux", aura lieu le 20 novembre prochain, selon le rôle de la troisième session criminelle de 2012.
Le 4 novembre 2010, la même instance avait prononcé l’"acquittement" en faveur de Sofiane Hadarbache dans cette même affaire. Ce jugement avait fait l’objet d’un pourvoi en cassation par le ministère public, accepté par la Cour Suprême.
Selon l’arrêt de renvoi, les faits remontent à 1999, année ou l’accusé avait quitté l’Algérie à destination de la France à la recherche d’un emploi.
En 2000, il s’est rendu en grande Bretagne, puis a Peshawar au Pakistan avant de se rendre en Afghanistan.
L’accusé a reconnu —selon la même source—avoir été entraîné a l’utilisation d’armes de type kalachnikov par un dénommé Mohamed El Djazairi, affirmant que la question de constitution d’un groupe armé ou de mener combat contre quiconque ne lui avait jamais été évoquée.
Il a, en outre, nié tout lien avec des groupes terroristes aussi bien a l’intérieur ou a l’extérieur du pays, soulignant que l’entraînement militaire qu’il avait effectué n’avait duré que quelques heures et s’était limité au maniement des armes.
Il faut préciser qu’en raison d’une blessure que l’accusé avait reçue à la tête provoquée par des éclats d’une bombe suite à un raid américain en Afghanistan, ce dernier souffre depuis lors de troubles mentaux graves qui nécessitent son internement dans un établissement spécialisé.
" Depuis le retour de mon fils de cette prison, il souffre d’accès de violence constituant une menace pour toute sa famille car son comportement est toujours imprévisible et violent", a déclaré à l’APS le père de Sofiane Hadarbache.
" L’esprit de mon fils se trouve toujours à Guantanamo comme si ses tortures continuent dans le temps, il ne dort plus, il reste enfermé dans sa chambre en laissant les lumières toujours allumées nuit et jour, il est devenu une charge pour sa famille", affirme le père de Sofiane avec tristesse.
Interné temporairement et à plusieurs reprises dans un hôpital psychiatrique, d’ailleurs sans espoir de guérison, selon ses médecins, Sofiane Hadarbache refuse toujours d’y demeurer, "il a ainsi menace son propre père de le tuer au cas ou il serait interné de force", selon son père toujours.

jeudi 21 août 2008

Troisième demande d'asile de Guantanamo

par Valérie de Graffenried, Le Temps, Jeudi 21 août 2008

DETENUS. Le Conseil fédéral a évoqué le dossier délicat mercredi. Amnesty suit l'affaire de près.
Et de trois! Après celle, fin juin, du Libyen Abdul Ra'ouf al-Qassim, deux autres détenus de Guantanamo ont déposé une demande d'asile en Suisse. Un Algérien, en juillet, et un Ouïgour, vendredi dernier, via une lettre. Comme Abdul Ra'ouf al-Qassim, ils ont fini par être innocentés par les Américains après des années passées à Guantanamo. Comme le Libyen, ils ne pourront quitter leur enfer que si un pays les accepte. Mais renvoyés chez eux, ils seront persécutés, avertit Amnesty International.

Leur salut passera-t-il par la Suisse? Pas sûr: à ce jour, seule l'Albanie a accepté des ex-détenus de Guantanamo. Et, en 2004, la Suisse avait refusé une demande américaine d'accueillir un contingent d'Ouïgours. L'Office fédéral des migrations déclare que les demandes seront traitées «comme n'importe quelle demande déposée à l'étranger». Le dossier a pourtant été évoqué mercredi en séance du Conseil fédéral, confirme son porte-parole Oswald Sigg.

Les trois demandes ont été déposées via le «Center for Constitutional Rights» de New York. Après l'échec des Américains à trouver des pays d'accueil pour les personnes «libérables», l'ONG a approché différents acteurs pour remettre la situation de ces détenus sur le devant de la scène. Et leur demander d'intervenir auprès de gouvernements. «Ils nous ont approchés en 2007, ainsi que des avocats», explique Denise Graf, de la section suisse d'Amnesty. «Ils ont réparti les dossiers en fonction des pays où des ONG étaient prêtes à appuyer leurs démarches. Et ces trois dossiers ont été attribués à la Suisse.» L'avocat des requérants a déjà reçu une lettre de l'ODM soulignant sa volonté de refuser la première demande, notamment à cause du manque de lien du Libyen avec la Suisse, précise Denise Graf. Elle ajoute: «En cas de décision négative, nous soutiendrons un recours au Tribunal administratif fédéral.»

mercredi 16 juillet 2008

Extradés vers l’Algérie, deux détenus de Guantanamo y seront jugés

Le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger a entendu les deux Algériens extradés récemment du camp de Guantanamo, à Cuba, et il a ordonné à la fin de l’audience de les placer sous contrôle judiciaire. Des sources judiciaires bien informées ont assuré la comparution de Houari Abderrahmane et Mustapha Hamlil sans les nommer, hier, devant le parquet du tribunal de Sidi M’Hamed, deux semaines après leur extradition de la prison de Guantanamo en direction de l’Algérie. Ils ont été déférés devant le juge d’instruction qui a ordonné de les placer sous contrôle judiciaire, en attendant le complément d’enquête.
Selon les premières informations recueillies lors de l’investigation, les deux concernés ont quitté l’Algérie illégalement depuis des années, et ils sont parvenus à se déplacer à travers plusieurs Etats africains et asiatiques, à l’aide de faux passeports. Ils se sont installés ensuite au Pakistan (l’un d’eux est marié à une Pakistanaise) avant qu’ils ne soient arrêtés par les forces américaines dans la ville de Kandahar en Afghanistan, puis extradés vers le camp de Guantanamo, où ils ont passé environ six années pour des charges retenues contre eux.
Source : www.algerie-dz.com, d’après El Khabar, 16 juillet 2008

mercredi 26 mars 2008

Algérie : «Aucun accord d’extradition avec les USA»

Le ministre algérien de la Communication et porte-parole du gouvernement, M. Boukerzaza, a démenti catégoriquement la déclaration de l’ambassadeur américain concernant la libération de certains détenus algériens du Guantanamo. «Aucun détenu n’a été libéré», dira le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.
Lors de la conférence de presse hebdomadaire tenue hier au CIP, Boukerzaza a fait savoir que pour le moment, il n’existe aucun accord d’extradition entre l’Algérie et les Etats-Unis. De ce fait, le porte-parole du gouvernement a exclu toute extradition de ces détenus tant qu’il n’y a pas d’accord au préalable entre les deux pays.
Nouara N.-K., http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.phpida=62053&idc=4&date_insert=20080326
26 mars 2008

samedi 8 mars 2008

PRISONNIERS ALGÉRIENS À GUANTANAMO : Ksentini réclame leur libération

Il a été demandé aux autorités américaines de juger ou de libérer les prisonniers.
Présent à Constantine, jeudi dernier, pour la désignation de Mme Fatiha Baghdadi à la tête de la commission régionale des droits de l’homme, M. Farouk Ksentini a, dans une intervention prononcée en la circonstance, dénoncé les conditions presque inhumaines dans lesquelles se trouvent les 17 prisonniers algériens de Guantanamo. Une question tout légèrement évoquée par le ministre de la Justice et garde des Sceaux, lors de sa visite à Constantine, mardi dernier.A propos de ce dossier, le conférencier a ajouté qu’il a été demandé aux autorités américaines de juger ou de libérer les prisonniers. Il assure, cependant, que le traitement de ce dossier a connu un développement à la suite de la visite d’une délégation algérienne effectuée à Guantanamo, qui a confirmé la présence de 17 Algériens dans cette prison, arrêtés semble-t-il dans le cadre de la lutte antiterroriste. (…°
Source :
http://lexpressiondz.com/article/2/2008-03-08/50576.html, 8 Mars 2008

jeudi 6 septembre 2007

Ne renvoyez pas les détenus de Guantánamo dans leurs pays s’ils risquent d’y être torturés et maltraités

Par Human Rights Watch, Washington DC, 5 septembre 2007

Les « assurances diplomatiques » se révèlent une fois encore insuffisantes


Les autorités tunisiennes ont infligé des mauvais traitements à deux ex-détenus de Guantánamo renvoyés dans leur pays en juin alors que la Tunisie avait promis au gouvernement américain qu’elle les traiterait humainement, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.
Le gouvernement tunisien détient actuellement les deux hommes, Abdallah Ben Amor El Hajji et Lotfi Lagha ; ces derniers ont confié aux personnes qui leur rendent visite que leur situation est à ce point pénible qu’ils préféreraient se trouver à Guantánamo, a indiqué Human Rights Watch. « Fermer Guantánamo constitue pour les États-Unis une de leurs meilleures chances de rétablir leur autorité morale et de faire la preuve de leur bonne volonté au niveau international », a expliqué Jennifer Daskal, avocate spécialisée dans le contre-terrorisme à Human Rights Watch. « Washington ne devrait pas galvauder cette chance en rapatriant de force des détenus vers des pays présentant des antécédents connus de recours à la torture et aux mauvais traitements. »

Le rapport de 41 pages, intitulé « Ill-fated Homecomings: A Tunisian Case Study of Guantánamo Repatriations » (« Des retours aux tristes conséquences : Une étude de cas sur des rapatriements de Tunisiens détenus à Guantánamo »), décrit l’expérience des deux Tunisiens renvoyés dans leur pays il y a 11 semaines, et exhorte le gouvernement américain à mettre en place une procédure qui informera à l’avance les détenus de leur transfert et leur permettra de s’y opposer devant un tribunal fédéral s’ils craignent d’être torturés ou maltraités à leur retour dans leur pays d’origine. Dix détenus tunisiens se trouvent encore à Guantánamo, dont huit au moins ont été condamnés par défaut en Tunisie pour des délits.

Le 18 juin, les autorités américaines ont transféré par avion, de Guantánamo à Tunis, al-Hajji, 51 ans et père de huit enfants, et Lagha, 38 ans et originaire d’un village reculé du sud de la Tunisie, et les ont remis aux forces de sécurité tunisiennes. Les États-Unis avaient retenu les deux hommes à Guantánamo pendant environ cinq ans, sans jamais les inculper d’aucun crime.
Au cours de la dernière semaine de juillet, deux chercheurs de Human Rights Watch se sont rendus en Tunisie afin d’enquêter sur le sort de ces deux hommes. Bien que les autorités aient rejeté la demande introduite par Human Rights Watch de rencontrer les détenus, les chercheurs se sont entretenus avec leur avocat et des proches qui leur ont rendu visite. Al-Hajji a déclaré à son avocat qu’à son arrivée en Tunisie, il avait passé les deux premiers jours au Ministère de l’Intérieur, où des responsables de la sécurité tunisienne l’avaient frappé, menacé de violer son épouse et ses filles, secoué pour le réveiller chaque fois qu’il s’assoupissait, et contraint de signer un document qu’il n’arrivait pas à lire car il avait besoin de nouvelles lunettes. Après la signature de la déclaration, les autorités tunisiennes ont déféré al-Hajji devant le tribunal militaire qui l’avait condamné par défaut en 1995 pour participation à une organisation terroriste étrangère en territoire étranger. Il a passé les six semaines suivantes en isolement cellulaire, dans une pièce qu’il appelait sa « tombe ». Début août, il a été transféré dans une cellule avec des prisonniers de droit commun, où il attend maintenant la révision de son procès prévue le 26 septembre. Al-Hajji a indiqué à son avocat qu’à Guantánamo, les Américains ne lui avaient jamais parlé de sa condamnation par défaut et que s’il avait été au courant, il se serait opposé à son renvoi dans son pays.
Lagha, qui n’a jamais été représenté par un avocat à Guantánamo, n’a vu aucun avocat en Tunisie avant le 9 août, soit plus de sept semaines après son retour dans ce pays. A l’instar d’al-Hajji, les autorités tunisiennes l’ont d’abord emmené au Ministère de l’Intérieur. Lagha a déclaré plus tard à son avocat que la police avait menacé de le torturer mais qu’elle ne lui avait pas infligé de sévices corporels. Un juge a ensuite interrogé Lagha sans qu’un avocat soit présent, et a recommandé son inculpation. Lagha a été envoyé en détention préventive, où il a été placé en isolement cellulaire pendant plus de six semaines. Le 7 août, les autorités l’ont transféré dans une cellule avec des prisonniers de droit commun.
« Dans ses rapports sur les droits humains, le Département d’État américain souligne on ne peut plus clairement la persistance de la torture et des procès inéquitables en Tunisie », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice à la Division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. « Le gouvernement américain pense-t-il réellement que les ‘assurances diplomatiques’ vont faire le poids face à ces pratiques bien enracinées ? » Les États-Unis font valoir qu’ils peuvent négocier l’élimination du risque de torture en obtenant de la part du pays de renvoi ce qui est connu sous l’appellation d’ « assurances diplomatiques », ou promesses de traitement humain.
Robert F. Godec, l’ambassadeur américain en Tunisie, a déclaré à Human Rights Watch que les assurances émanant de la Tunisie étaient « précises et dignes de foi, et que nous garantissons un suivi de ces assurances ». Mais l’Ambassadeur Godec n’a pas voulu ou pu dire ce que la Tunisie avait promis en particulier dans le cas d’al-Hajji et de Lagha, si elle avait honoré ses promesses, ou ce que les États-Unis faisaient pour assurer ledit suivi. « L’expérience des Tunisiens renvoyés chez eux est une nouvelle démonstration que les États-Unis ne peuvent se fier aux ‘assurances diplomatiques’ pour faire abstraction d’une crainte légitime de torture ou de mauvais traitements », a expliqué Daskal.

Contexte
Les États-Unis disent aujourd’hui que 150 des 355 détenus de Guantánamo remplissent les conditions pour être libérés ou transférés. Human Rights Watch recommande vivement au gouvernement américain de notifier à l’avance aux détenus de Guantánamo tout prochain transfert et de leur fournir une occasion de s’opposer à ce transfert, et notamment de contester la fiabilité de toute « assurance diplomatique », devant un tribunal fédéral. Cette notification devrait inclure les informations utiles et nécessaires pour opérer un choix en toute connaissance de cause, notamment les procès-verbaux de toute condamnation antérieure par défaut. Même si Human Rights Watch pense que la vaste majorité des détenus ne souhaiteront pas contester leur transfert vers leur pays, une telle procédure instaurera une protection nécessaire pour ceux qui, autrement, risqueraient d’être soumis à la torture et autres mauvais traitements en cas de renvoi dans leur pays.
Sur les 355 personnes encore détenues par les États-Unis à Guantánamo, une cinquantaine sont originaires de pays tels que l’Algérie, la Chine, la Libye, la Tunisie et l’Ouzbékistan – pays qui présentent tous des antécédents connus de recours à la torture – et elles ont confié à leurs avocats qu’elles craignaient à ce point d’être torturées ou maltraitées qu’elles ne voulaient pas rentrer dans leurs pays. Neuf autres qui ne sont pas représentées ou n’ont jamais rencontré leur avocat proviennent également de pays « à risque » et peuvent aussi raisonnablement nourrir des inquiétudes au sujet de leur rapatriement, tout comme d’autres détenus confrontés à des circonstances personnelles. La Convention contre la torture, dont les Etats-Unis sont un État partie, interdit d’extrader une personne vers un autre État où « il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture ».
Dans certains cas, l’administration américaine a reconnu la légitimité des préoccupations émises par les détenus, par exemple les Ouighours chinois, et elle cherche activement à les extrader vers des pays tiers. Mais il faut reconnaître que trouver un pays désireux d’accueillir ces détenus n’est pas facile ; trouver un pays ad hoc l’est encore moins. Il en ressort que le gouvernement américain semble se tourner de plus en plus vers le recours aux « assurances diplomatiques » du pays d’origine des détenus afin d’atténuer le risque d’exactions. Les recherches effectuées par Human Rights Watch sur lesdites assurances mettent clairement en évidence le fait que celles-ci ne constituent pas une protection efficace contre la torture et les mauvais traitements.
Selon un rapport publié en mars 2007 par Human Rights Watch et intitulé
The Stamp of Guantánamo, des ex-détenus de Guantánamo renvoyés en 2004 dans leur pays d’origine, la Russie, ont subi des actes de torture et autres mauvais traitements alors que Moscou avait promis à Washington qu’ils seraient traités humainement. En dehors de la Tunisie, les États-Unis négocieraient également des assurances de ce type avec l’Algérie, qui compte encore 26 de ses ressortissants parmi les détenus de Guantánamo, et la Libye, qui en compte neuf. Ces deux pays ont des antécédents connus de recours à la torture. Pour en savoir davantage sur le travail de Human Rights Watch au sujet des « assurances diplomatiques », veuillez consulter : http://www.hrw.org/doc/?t=da
Source :
http://hrw.org/french/docs/2007/09/05/tunisi16795.htm

samedi 11 août 2007

La Cour suprême US rejette le recours d’Ahmed Belbacha contre son rapatriement forcé en Algérie

La Cour suprême US a refusé vendredi d'intervenir pour interdire au gouvernement de rapatrier Ahmed Belbacha, un détenu algérien de Guantanamo qui redoute d'être torturé dans son pays.
Arrêté au Pakistan et détenu sur la base navale américaine à Cuba depuis février 2002, Ahmed Belbacha est aujourd'hui désigné comme un "ancien combattant ennemi", un statut qui autorise son renvoi en Algérie.
Craignant des "tortures presque certaines" dans son pays, qu'il a fui dans les années 1990 pour échapper à la fois à l'armée et aux Groupes islamiques armés (GIA), il a saisi la justice américaine pour rester à Guantanamo le temps qu'un autre pays accepte de l'accueillir.
Vendredi, la plus haute juridiction du pays a rejeté son recours, sans explication, tout comme elle avait fait en mai pour un détenu libyen, Abdul Ra’ouf al-Qassim, qui se trouve encore à Guantanamo.
Le gouvernement américain assure qu'il ne renvoie aucun détenu avant d'avoir reçu l'assurance qu'il serait bien traité, mais des avocats et des associations ont régulièrement dénoncé cette position comme hypocrite.
Dans un document déposé jeudi devant la Cour suprême, les avocats de M. Belbacha avaient appuyé leur requête en rappelant les conditions de vie infernales de leur client.
Source : AFP, 11 août 2007

jeudi 2 août 2007

Tayeb Belaïz : “Les détenus de Guantanamo seront jugés en Algérie”

Les 17 Algériens détenus à Guantanamo seront transférés en Algérie après vérification de leur identité, a affirmé hier le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Tayeb Belaïz, en marge de la cérémonie de remise des prix aux détenus ayant réussi aux épreuves du BEM et du baccalauréat à l'établissement pénitentiaire d'El-Harrach.
“Le groupe de travail, mis sur pied pour prendre en charge l'affaire des Algériens détenus à Guantanamo, s'est rendu sur place pour vérifier l'identité des détenus qui ont déclaré être algériens”, a-t-il ajouté. “Le groupe de travail a, en effet, confirmé l'identité de 17 Algériens dont le cas d'un détenu a été définitivement réglé”, a précisé le ministre affirmant que les 16 autres prisonniers algériens “seront transférés en Algérie et aucune institution ne s'y oppose”.
“Leur procès se déroulera en Algérie, conformément à la loi algérienne, dans le cas où ils sont reconnus coupables d'un quelconque crime sans condition ni contrainte de quelque partie que ce soit”, a-t-il souligné.
Il faut savoir que le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, avait indiqué, en juin dernier, que l'Algérie “n'exclut pas la libération prochaine des Algériens détenus à Guantanamo” avant d'annoncer, la semaine écoulée, que l'Algérie et les États-Unis “négocient les conditions de mise à disposition de ces détenus aux autorités de leur pays”.
“À ce jour, les choses sont considérées comme bien avancées, mais ne sont pas finalisées totalement”, avait-t-il relevé. De son côté, l'ambassadeur itinérant américain, M. Clint Williamson, avait indiqué, en avril lors d'une visite en Algérie, avoir discuté avec des responsables algériens, dont Farouk Ksentini, des prisonniers algériens détenus à la base américaine de Guantanamo tout en exprimant le souhait de son pays de voir cette base fermée. Par ailleurs, le ministre de la Justice a souligné la nécessité de prémunir les établissements pénitentiaires contre tout danger inhérent à l'ouverture des centres téléphoniques qui seront mis, à partir d’hier, à la disposition des détenus pour leur permettre de contacter leur famille.
Le ministre a reçu des explications des représentants de l'Office national de l'enseignement et de la formation à distance (Onefd) chargé du projet qui ont affirmé “l'efficacité du système et le risque zéro de cette méthode”. Les techniciens ont précisé que ce système permet l'enregistrement automatique des appels dès la formation des numéros qui ne peuvent en aucun être effacés ou changés.
Le système permet également grâce à un double écouteur, selon les techniciens, de suivre toute la communication et de l'interrompre si nécessaire. Ils ont affirmé la possibilité de réécouter les communications si cela s'avère nécessaire, même après plusieurs années. Le directeur général de l'administration générale des prisons, M. Mokhtar Felioune, a déclaré que les appareils téléphoniques ont été installés depuis un mois environ dans la prison de Serkadji et depuis environ deux semaines dans la prison d'El-Harrach, en tant qu'établissements-pilote et seront opérationnels à partir de ce dimanche. Cette opération sera généralisée aux autres établissements pénitentiaires, en octobre prochain.
Source : Liberté-Algérie, 30 juillet 2007

Ahmed Belbacha préfère rester à Guantánamo plutôt que de se retrouver en Algérie

Ahmed Belbacha, 38 ans, est l’un des 17 détenus algériens de Guantánamo qui sont sur le point d’être remis aux autorités algériennes. Il refuse d’être rapatrié et son avocat a fait appel de la décision de l’extrader vers l’Algérie, où il risque, pense-t-il, d’être torturé. Belbacha était comptable à la SONATRACH et footballeur. Il a fui l’Algérie en 1999 et a demandé l’asile en Grande-Bretagne où sa requête a été rejetée mais où il a été autorisé à rester jusqu’à ce que la procédure d’examen de sa requête d’asile prenne fin. En 2001, il se rend en Afghanistan pour y étudier l’Islam et se retrouve entre les mains de la CIA après avoir été kidnappé aux environs de Peshawar au Pakistan, à la fin de l’année 2001. En février 2007, le Pentagone a jugé qu’il ne représentait aucun danger et qu’il pouvait donc être rapatrié dans son pays. Mais Belbacha, tant qu’à faire, préfère rester à Guantánamo plutôt que de se retrouver entre les pattes du DRS.

mardi 24 juillet 2007

Tractations USA-Algérie :"ça avance"

Depuis plusieurs mois, Alger et les Etats-Unis d’Amérique «négocient» pour remettre les détenus algériens de Guantanamo aux autorités algériennes, a indiqué le ministère des Affaire étrangères, M. Medelci, le 23 juillet, à l’émission Questions politiques de la Radio algérienne internationale, dont il était l’invité.Des négociations qui, pour M. Medelci, « avancent mais qui ne sont pas encore finalisées», et ce, en précisant que «nous ne désespérons pas» quant à leur aboutissement par la remise des détenus algériens de Guantanamo aux autorités d’Alger. Ceci à la vue de la remise de détenus de différentes nationalités à leurs autorités respectives, a tenu à relever M. Medelci.

lundi 9 juillet 2007

La conseillère de Bush pour l’antiterrorisme à Alger

Frances Townsend, conseillère du président américain George W. Bush pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste, Frances Townsend, est depuis hier (8 juillet 2007) à Alger. “Je suis en Algérie en tant qu’envoyée spéciale du président Bush pour discuter avec les responsables algériens de la lutte antiterroriste”, a-t-elle déclaré à la presse à son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene.
Mme Frances Townsend a indiqué que l’Algérie dispose d’“une expérience importante” dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et exprimé le souhait des États-Unis d’“apprendre et de partager cette expérience, pour lutter contre les ennemis de la paix et de la sécurité” dans le monde. Pour de nombreux observateurs, la visite de Mme Townsend, la deuxième en un an en Algérie, traduit la volonté des États-Unis de renforcer leur coopération avec l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme. Lors d’une visite à Alger, le 12 février 2006, l’ancien secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, avait indiqué que les États-Unis souhaitaient accroître leur coopération militaire et antiterroriste avec l’Algérie. M. Rumsfeld avait été précédé à Alger par le chef de la police fédérale américaine (FBI), Robert S. Mueller qui s’était alors “félicité” du niveau de coopération entre l’Algérie et les États-Unis dans la lutte contre le terrorisme. Un séminaire sur la lutte contre le terrorisme au Maghreb et au Sahel s’était tenu peu de temps après la visite de M. Rumsfeld à Alger avec la participation du Centre d’études stratégiques sur l’Afrique (Cesa) du Pentagone. En juin 2006, la conseillère de Bush avait effectué une visite similaire à Alger au cours de laquelle elle a été reçue par le président Abdelaziz Bouteflika. Pour le moment, aucune indication n’a été fournie de source officielle sur le programme de cette visite, mais il est fort probable que les entretiens soient largement consacrés à l’affaire des Algériens emprisonnés sur la base américaine de Guantánamo (Cuba). Le chef de la diplomatie algérienne Mourad Medelci avait affirmé, le 18 juin dernier à Alger, que l’Algérie n’excluait pas la libération prochaine des Algériens détenus à Guantánamo.
“Nous n’excluons pas que des premiers résultats se traduisent par la libération de certains parmi les Algériens qui sont détenus à Guantánamo”, avait déclaré M. Medelci, en marge d’une rencontre internationale sur la mise en œuvre de la convention pour l’interdiction des armes chimiques en Afrique.
Lors d’une visite à Alger, en avril dernier, l’ambassadeur itinérant américain, Clint Williamson, a indiqué avoir discuté avec les responsables algériens de la situation des prisonniers algériens détenus à la base américaine de Guantánamo, émettant le vœu de son pays “de voir cette base fermée”. Actuellement, 25 Algériens sont encore détenus à Guantánamo. Le 21 juin, le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), Me Farouk Ksentini, avait indiqué que les informations faisant état de “la libération éventuelle” de 7 des 25 détenus algériens “n’étaient pas confirmées”. “Ces détenus auraient exigé de se rendre en Albanie”, avait-t-il dit, estimant que “ces détenus qui n’ont pas été jugés depuis 4 ans sont libres de revenir en Algérie ou de partir ailleurs”. Plusieurs détenus arrêtés en Bosnie sont mariés à des ressortissantes albanaises. Ce qui explique, selon lui, le désir de quelques détenus de se rendre dans ce pays.
Selon l’ambassadeur américain à Alger, M. Robert S. Ford, les États-Unis conditionnent leur rapatriement à la garantie qu’ils ne subiront pas de “mauvais traitements” en Algérie et qu’ils ne retourneront pas à l’action terroriste. L’Algérie estime que ces deux conditions constituent une immixtion dans ses affaires intérieures. Outre le dossier des prisonniers de Guantánamo, l’envoyée spéciale du président Bush pourrait tenter de remettre sur le tapis le projet de l’Africa Command (Africom), sur lequel l’Algérie s’est montrée très réservée jusqu’à présent, en affirmant qu’elle refusait d’être intégrée dans le champ d’action de ce commandement régional, voulu par les Américains pour renforcer la lutte contre le terrorisme au Maghreb et dans les pays du Sahel.
En juin, à l’issue de la visite à Alger du sous-secrétaire d’État américain à la Défense Rayan Henry, l’Algérie s’était démarquée de la stratégie américaine de lutte contre le terrorisme en Afrique, axée sur l’installation de ce commandement sur le continent, en disant privilégier les mécanismes de “sécurité collective” de l’Union Africaine (UA). Une chose est sûre, la coopération bilatérale algéro-américaine dans la lutte contre le terrorisme reste forte. Récemment, M. Robert Ford avait indiqué, dans un entretien à un confrère, que les États-Unis participaient à la formation d’officiers algériens dans ce domaine et qu’ils étaient prêts à fournir des équipements à l’Algérie aux “conditions légales américaines”.
Source : Rafik Benkaci,
Liberté, Alger, 9 juillet 2007

L’Africom remplit-il les ventres ?

Jeune Indépendant, 9 juillet 2007
Mme Frances Fragos Townsend, conseillère du président des Etats-Unis, George Bush, a apparemment plus de veine que le président français Nicolas Sarkozy, obligé de mettre une croix sur sa visite au Maroc qui devait suivre celle qu’il prévoit d’effectuer chez nous le 10 du mois courant.L’assistante de Bush, elle, n’a pas sauté l’étape marocaine, pour raison de calendrier ou de prudence sécuritaire. Elle s’est donc rendue au royaume et a discuté avant-hier, à Rabat, avec MM. Chakib Benmoussa et Fouad Ali El Himma, respectivement ministre de l’Intérieur et ministre délégué à l’Intérieur.
«Les entretiens entre les deux parties ont porté notamment sur la coopération sécuritaire et les moyens de lutter ensemble contre les menaces que représente le crime transnational pour la sécurité et la stabilité des deux pays», indique un communiqué officiel cité par la MAP.
Des termes qui seront probablement reproduits à la virgule près chez nous à la fin de la visite de Mme Townsend. «Je suis en Algérie en tant qu’envoyée spéciale du président Bush pour discuter avec les responsables algériens de la lutte antiterroriste», a-t-elle d’ailleurs déclaré à son arrivée chez nous. L’Africom ? Le sujet ne se trouve-t-il pas quelque peu décalé par rapport au projet d’Accra sur les Etats-Unis d’Afrique ?
Mme Hanoune quant à elle ne prend pas de gants pour, au nom du PT et assimilés, dire «oust» aux deux projets.
Si les avis sont partagés sur les EUA, le consensus pour rejeter l’Africom ne souffre, pour sa part, d’aucune faille, fut-elle aussi microscopique que nos sanafir. En Algérie, pays qui a payé le prix fort pour la récupération de sa souveraineté, on ne peut imaginer une présence militaire autre que celle de l’ANP sur le sol national.
Les gens emprisonnés à Guantánamo font les frais de cette hypersensibilité sur les questions liées à la souveraineté. Robert Ford, l’ambassadeur américain qui avait eu l’immense amabilité de nous avertir sur l’imminence d’un attentat à la Grande-Poste et d’un autre du côté de l’ENTV – révélation tout à fait bénéfique puisqu’elle avait au moins servi à rendre la circulation plus fluide dans ces parages habituellement encombrés —, a dû s’en rendre compte lorsqu’il ânonnait les conditions américaines pour la remise à l’Algérie des sept bonhommes que l’armée américaine détient.
Il s’agit en fait de deux conditions : 1) garanties pour que ces détenus ne subissent pas le traitement qui fut réservé au Coran à Guantánamo, 2) engagement pour qu’ils se tiennent loin de l’action terroriste. Donc, on entre par effraction et on dit au propriétaire de la maison ce qu’il doit faire chez lui. Rien que ça ! Comme si Guantánamo était le summum du raffinement atteint par l’humanité dans les droits de l’homme et que maintenir ce Taj Mahal en activité n’allait pas nuire à l’image de Washington mais à celle d’Alger.
Néanmoins, sur la question de la lutte antiterroriste, Alger a réaffirmé à plusieurs reprises qu’elle y contribuera pleinement, sans confondre entre le terrorisme et la lutte des peuples pour la récupération de leurs droits intrinsèques. La question de la sécurité figurera certainement en bonne place des discussions de Sarkozy, lors de sa visite chez nous, où, étrange coïncidence, la troupe artistique de l’armée turque l’a devancé. Sarkozy, qui occupa le département de l’Intérieur sous Chirac, doit certainement être comme nous tous conscient que la sécurité est une et qu’elle ne peut trouver son confort en Méditerranée si rien de sérieux n’est entrepris pour un minimum de prospérité sur la rive sud et plus bas. Car les populations de ces régions sont plus assoiffées de prospérité que d’Africom. La témérité des harraga en est l’illustration dramatique.

lundi 25 juin 2007

La production de ressentiment


En persécutant la communauté musulmane, le gouvernement britannique s'aliène ceux là même dont il a besoin pour éviter de nouvelles atrocités.
par Paul Donovan, 21 juin 2007
Traduit par Djazaïri

Les efforts incessants du gouvernement pour extrader vers leur pays un certain nombre d'Algériens suspectés de terrorisme sur la base de garanties diplomatiques devraient connaître un tournant majeur cette semaine lorsque l'affaire de Mustafa Taleb, connu du public comme Y, sera présentée devant la cour d'appel.
Craignant pour sa vie, Taleb avait fui l'Algérie dans les années 90 et avait obtenu le statut de réfugié politique au Royaume-Uni. Il avait ensuite travaillé dans une librairie. Dans l'après-11 septembre, l'opinion publique avait eu à le connaître comme une des personnes arrêtées et inculpées dans ce qui a été connu sous le nom de procès de la ricine dans lequel on n'avait pas trouvé de ricine. En avril 2005, Taleb avait été un des quatre Algériens acquittés de tous les chefs d'inculpation par le jury.
Après les attentats de Londres, Taleb et les trois autres figurèrent à nouveau parmi les personnes interpellées et qui firent l'objet d'arrêtés d'expulsion en tant que menace pour la sécurité nationale. Ils furent d'abord incarcérés avant d'être relâchés un peu plus tard sous le coup d'un arrêté d'expulsion, ce qui signifiait qu'ils faisaient l'objet d'un contrôle judiciaire strict.
En août dernier, le recours de Taleb devant la commission spéciale d'appel pour l'immigration (Special immigration appeals commission, SIAC) fut rejeté et on le renvoya en prison en attendant son expulsion vers l'Algérie. Précédemment, la SIAC avait statué que l'Algérie n'était pas un pays sûr. Cependant cette façon de voir a connu un changement quand la commission a décidé que Taleb pouvait rentrer en Algérie sur la base des garanties données à Tony Blair par le gouvernement algérien et selon lesquelles il n'y aurait "ni torture ni mauvais traitements."
Depuis la décision pour Taleb, quatre autres Algériens ont été renvoyés en Algérie, deux ayant été immédiatement arrêtés et inculpés. Ils attendent maintenant leur jugement. Un des hommes, désigné comme H, est détenu dans la prison de Serkadji à Alger. Il rapporte avoir entendu les cris de personnes torturées dans d'autres cellules et les cris de douleur d'une femme "écartelée" dans une cellule proche de la sienne avant de voir les gardiens qui transportaient la femme inconsciente passer devant sa cellule.
Plus largement, la question se pose de savoir si ce que le gouvernement a fait depuis le 11 septembre a été efficace dans la dissuasion du terrorisme ou a rendu la situation plus dangereuse.
Il ne semble guère faire de doute qu'il y a un petit groupe de ressortissants étrangers que, sur le conseil des services de sécurité, le gouvernement a ciblé particulièrement en revenant continuellement à la charge depuis décembre 2001. Algériens pour la plupart, dix de ces hommes avaient initialement été arrêtés sans inculpation au titre de la loi anti-terroriste (Anti-Terrorism Crime and Security Act, ATCSA) avant d'être placés sous contrôle judiciaire suite à l'arrêt de la Chambre des Lords selon lequel les pouvoirs de détention au titre de l'ATCSA étaient incompatibles avec la loi portant sur les droits de l'homme (Human Rights Act).
Après les attentats de Londres, les membres de ce groupe, en dépit du fait qu'ils disposaient des meilleurs alibis qui soient, étant sous contrôle judiciaire à l'époque, avaient été interpellés et mis en prison. Ils firent l'objet d'arrêtés d'expulsion au motif qu'ils représentaient des menaces pour la sécurité nationale.
Ce groupe d'individus "suspects" est effectivement devenu ce que l'avocat Gareth Pierce décrit comme des cobayes. ""L'expérimentation permanente est dangereuse et insidieuse à plusieurs titres. Il est devenu évident que quand un objectif a été atteint, les limites sont repoussées et un nouveau système se met en place," explique Pierce.
Amnesty International considère que les mesures adoptées par le gouvernement au nom de la guerre contre le terrorisme ont sapé les règles du droit au niveau national et nui à la réputation de la Grande-Bretagne à l'étranger. Selon John Watson, directeur pour l'Écosse d'Amnesty International, "les politiques anti-terroristes se sont moquées complètement du droit humain le plus élémentaire à la liberté et à un procès équitable,"
Malheureusement le temps passe et fort peu d'attention est accordée à la situation critique de ces hommes et d'autres qui sont arrêtés de manière routinière tandis que chaque jour qui passe nous aliène de nombreux membres de la communauté musulmane.
Alors que le débat porte sur la sécurité ou d'autres questions relatives à l'expulsion de personnes vers des pays qui pratiquent la torture ou sur l'efficacité du contrôle judiciaire, il n'y a aucun débat sur l'essentiel qu'est la disparition de la règle de droit que représentent les dispositions actuelles. La question longtemps oubliée est : pourquoi, si ces gens sont dangereux, ne sont-ils pas déférés devant un véritable tribunal pour répondre de chefs d'accusations?
Un système kafkaïen a été créé dans lequel des gens peuvent être détenus, apparemment indéfiniment, sur la base d'informations dont eux-mêmes ou leurs avocats n'ont pas eu connaissance et qu’ils n'ont pu remettre en cause. Des questions essentielles telles que la manière dont les informations ont été obtenues, si de l'argent a circulé etc. ne peuvent jamais être examinées dans le cadre d'une procédure publique.
Au lieu de remettre en cause cette situation, le gouvernement affiche parmi ses priorités la nécessité de plus de législations visant à restreindre encore plus les droits des citoyens sacrifiés sur l'autel des besoins en matière de sécurité.
Le problème à présent est que tout ce qui se passe en matière de persécution de la communauté musulmane aliène tout simplement les personnes mêmes dont le soutien est nécessaire pour éviter de nouvelles atrocités terroristes. Pierce fait le parallèle avec ce qui s'est passé en Irlande du nord quand les membres de la communauté suspectée ont complètement perdu confiance dans le recours au droit et ont donc été plus enclins à aller vers la confrontation violente.
L'avocat Clive Stafford Smith qui exerce aux USA a fait le parallèle entre ce qui s'est passé à Guantanamo Bay, où il représente un certain nombre de clients, et le régime de détention élaboré au Royaume-Uni. Il a déclaré :
"Les USA et le Royaume-Uni cherchent à répondre à une mauvaise question et apportent donc une mauvaise réponse. L'accent est mis sur la manière de neutraliser des individus qui pourraient à l'avenir commettre un crime. Les opérations de Guantanamo et de Belmarsh signifient que nous jetons par dessus bord les valeurs que nous sommes supposés défendre. Ce qui provoque la radicalisation de milliers de personnes... Appliquer les droit de l'homme est la meilleure manière d'affronter le terrorisme."La mise en oeuvre du présent système ne fait pas qu'imposer une injustice scandaleuse à un nombre croissant de personnes au Royaume-Uni mais elle fabrique le ressentiment à venir. Elle n'a aucun sens du point de vue humanitaire ou sécuritaire. Il faut revenir à un système judiciaire plus responsable, appliquant les droits de l'Homme et visant à traduire en justice ceux qui pourraient tenter de commettre des actes terroristes au Royaume-Uni.

Paul Donovan à une manifestation pour les 13 de Belmarsh, février 2004


Original : http://commentisfree.guardian.co.uk/paul_donovan/2007/06/breeding_resentment.html
Paul Donovan est un journaliste membre de Peace & Justice East London. Il écrit des chroniques hebdomadaires pour l’Irish Post et les journaux du groupe Universe newspapers sur des questions de justice politique et sociale.

Traduit par Djazaïri pour Chronique de Guantánamo

mercredi 2 mai 2007

Farouk Ksentini à propos des sept Algériens extradés : «Guantanamo est un goulag tropical»

Sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale dont il était l’invité de la rédaction, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme, a confirmé le prochain rapatriement de 7 Algériens sur les 25 qui font partie des 558 détenus (NDLR Chronique de guantánamo : ils ne sont plus que 385, mais la presse algérienne n’est pas à jour dans ses fiches) qui se trouvent dans la base américaine de Guantanamo.
Me Ksentini a fortement insisté sur le fait qu’il s’agit d’un rapatriement et non pas d’une extradition, parce que les personnes concernées sont détenues arbitrairement par les Américains et qu’elles n’ont fait l’objet ni d’un mandat d’arrêt lancé par l’Algérie ni d’une demande d’extradition. Les 7 Algériens sont tout simplement renvoyés à leurs foyers, précise Me Ksentini qui estime que les Américains ont certainement choisi les cas les plus simples et que le reste va suivre. Il qualifie Guantanamo de goulag américain tropical, illégal et estime que sous la pression internationale et de l’opinion publique américaine qui s’est retournée contre l’Administration Bush dont la fin de mandat pointe à l’horizon, celle-ci est revenue à de meilleurs sentiments et prend des mesures d’urgence. C’est ainsi qu’elle a, notamment, envoyé un émissaire à Alger.
Pour Me Ksentini, Guantanamo est un camp de concentration où les conditions de détention sont effroyables comme l’ont montré certaines images qui ont fait le tour du monde. Des détenus se sont suicidés dans cette prison installée dans la base américaine de Guantanamo et, souligne, Me Ksentini, quand on sait que ces personnes sont des musulmans, on devine les conditions inhumaines dans lesquelles elles ont été placées. «C’est la force qui prime le droit», constate-t-il.’Administration Bush, rappelle Me Ksentini, a agi par des procédures illégales, de façon arbitraire contre des personnes, s’agissant des Algériens, qui avaient des convictions religieuses, «peut-être extrémistes», ajoute-t-il, mais «rien de plus», affirme-t-il.
Ils ont, rappelle-t-il, été enlevés de Bosnie et détenus illégalement, c’est une voie de fait contre eux et, souligne Me Ksentini, ils sont en droit d’obtenir des dédommagements conséquents suite à des démarches personnelles auprès des juridictions américaines.
La Commission nationale que préside Me Farouk Ksentini interviendra publiquement, haut et fort, dit-il, pour dénoncer les tortures qui auraient été infligées aux Algériens détenus à Guantanamo si elles sont dévoilées par les concernés.
Il fera remarquer que l’Algérie ne peut refuser le rapatriement de nationaux, mais que notre pays peut demander des renseignements sur ces personnes dans une démarche tout à fait naturelle, ajoute-t-il. «A ma connaissance, dit-il, aucune de ces personnes n’était recherchée en Algérie, mais il est tout à fait naturel que la police vérifie leur situation, et s’il n’y a rien, elles retourneront à leurs foyers». De toutes les façons, elles bénéficient des mesures de la Charte sur la réconciliation, sauf si elles entrent dans les dispositions d’exclusion prévues dans cette charte. Source : http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=50162&idc=4&refresh=1
NDLR Chronique de guantánamo : Les rodomontades de Me Ksentini, qui a couvert tous les crimes commis par le régime algérien depuis le massacre d'octobre 1988, font franchement rigoler. Pendant 5 ans, l'Alger s'est tu sur les 30 détenus algériens de guantánamo. On peut donc se demander ce qui a soudaint réveillé l'intérêt officiel algérien pour ces hommes. Quel deal a eu lieu ? Qu'a offert Alger à Washington en échange des détenus "rapatriés" ? Une base militaire dans le Sahara ? Une zone d'exploitation pétrolière ? Des nouveaux contrats pour Halliburton ?

mercredi 25 avril 2007

Les détenus algériens de Guantanamo devraient être livrés à l’Algérie

Selon la presse algérienne de ces derniers jours, l’ambassadeur itinérant US Clint Williamson, en visite à Alger, a remis au ministres Affaires étrangères Bedjaoui une lettre de Condoleezza Rice, dans laquelle celle-ci demande à l’Algérie de « reprendre » les détenus algériens de Guantánamo, qui sont actuellement au nombre de 31, dont 6 bénéficiant de la nationalité bosniaque et remis par la Bosnie aux USA.
On ignorait leur identité jusqu’en avril 2006, lorsque le Pentagone a publié la liste des 558 détenus ayant fait l’objet d’un examen de leur statut de « combattant ennemi étranger ». Voici les identités de détenus algériens fournies par le Pentagone :
Houari Abderrahmane, Saïd Hassan Mujamma Rabai, Hadj Arab Nabil, Al Qadir Mohamad, Belbacha Ahmed Ben Salah, Faghoul Abdulli, Ameziane Djamel Sid Ali, Farhi Saïd, Zoumiri Hassan, Sameur Abdennour, Barhoumi Sofiane, Labed Ahmed, Hamlili Mustapha Ahmed, Ammeur Mammar, Houari Sofiane Abar, Ben Hamlili Abdelhadi Al Jazairi, Lahmar Saber Mahfouz, Nechla Mohamed, Aït Idir Mustapha, Boumediène Lakhdar, El Hadj Boudella, Boucetta Fethi, Naji Abdelaziz et Mohamed Abdelkader.
Williamson a indiqué : «nous avons discuté de la situation des prisonniers algériens détenus à la base américaine de Guantanamo», soulignant que «notre désir commun est de voir cette base fermée». Il a laissé entendre qu’au moins «sept Algériens pourraient être extradés vers l’Algérie dans les tout prochains jours si les négociations, actuellement en cours, sont menées à terme».
Le fait que des accords d’extradition n’existent pas encore entre Alger et Washington a retardé les négociations à ce sujet.
Commentant ces informations, Bedjaoui a déclaré que même s’ils sont remis, leur cas n’est pas définitivement résolu. « L’Algérie procédera à la vérification des listes et les actes qu’ils ont commis. Un travail régulier des autorités algériennes dans le but de gérer au mieux ce dossier » a-t-il expliqué. « L’Algérie ne va tout de même pas les accueillir dans un château », a conclu Bedjaoui.
Source : L’Expression, aldjazair.com

mercredi 28 février 2007

Les 38 prisonniers fantômes de la CIA

Des prisonniers secrets de la CIA toujours portés disparus
Washington devrait révéler le sort des personnes que les Etats-Unis ont fait « disparaître »
par Human Rights Watch, 27 février 2007

"Le programme de la CIA – et les responsables civils qui l’ont conçu – acausé un tort immense à la réputation, aux principes moraux et à l’intégrité des Etats-Unis. Il est temps que le Président Bush renonce à ce programme et prenne des mesures visant à réparer les préjudices occasionnés "
Joanne Mariner, directrice de la division terrorisme et contre-terrorisme de Human Rights Watch

Le gouvernement américain devrait révéler le sort de tous les prisonniers portés disparus alors qu’ils étaient aux mains de l’Agence centrale de renseignements (CIA), a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.
Le rapport de 50 pages, intitulé Ghost Prisoner: Two Years in Secret CIA Detention (Prisonnier fantôme : Deux ans de détention secrète aux mains de la CIA), contient la description détaillée d’une prison secrète de la CIA, émanant d’un ex-détenu palestinien libéré l’année dernière. Human Rights Watch a par ailleurs adressé une lettre publique au Président américain George W. Bush, réclamant des informations sur le sort et la localisation des détenus portés disparus. « Le Président Bush nous a dit que les 14 derniers prisonniers de la CIA avaient été envoyés à Guantanamo, mais il reste de nombreux autres prisonniers qui ont ‘disparu’ aux mains de la CIA et dont le sort demeure inconnu », a déclaré Joanne Mariner, directrice de la division terrorisme et contre-terrorisme de Human Rights Watch. « La question qui se pose est la suivante : qu’est-il advenu de ces personnes et où se trouvent-elles aujourd’hui ? »
Début septembre, 14 détenus ont été transférés des prisons secrètes de la CIA et remis aux mains de l’armée à Guantanamo Bay. A l’occasion d’un discours télévisé prononcé le 6 septembre, le Président Bush a annoncé que suite à ces 14 transferts, plus aucun prisonnier n’était détenu par la CIA. Un ex-détenu de la CIA, Marwan Jabour, a dévoilé à Human Rights Watch la présence d’un certain nombre d’autres personnes aussi détenues par la CIA mais dont on ignore encore la localisation actuelle.
Pas plus tard qu’en juillet 2006, Jabour aperçu l’un de ces hommes, un Algérien soupçonné de terrorisme du nom de Yassir al-Jazeeri, aux mains de la CIA. « L’administration Bush se doit de fournir des informations circonstanciées sur toutes les personnes ‘disparues’ dans les prisons de la CIA, notamment leur nom, le lieu où elles se trouvent, et le moment où a pris fin leur détention aux mains des Etats-Unis », a déclaré Mariner. La lettre que Human Rights Watch a adressée à Bush contient deux listes de détenus disparus (voir ci-dessous). La première nomme 16 personnes qui selon Human Rights Watch ont été détenues dans des prisons de la CIA et dont on ignore aujourd’hui le sort. La seconde nomme 22 personnes qui en toute probabilité de cause ont été détenues et se trouvent dans une situation similaire. Human Rights Watch a exprimé son inquiétude sur ce qui aurait pu arriver aux prisonniers disparus. L’une des possibilités est que les Etats-Unis en aient transféré certains vers des prisons à l’étranger où ils demeurent néanmoins sous le contrôle effectif de la CIA. Autre possibilité préoccupante: que ces prisonniers ne se trouveraient plus aux mains de la CIA et qu’ils auraient plutôt été transférés vers des lieux où ils risquent d’être torturés.
Il est fort à craindre que certains prisonniers disparus aient été renvoyés dans leur pays d’origine, dont l’Algérie, l’Egypte, la Libye et la Syrie, où la torture des terroristes présumés est monnaie courante. Le nouveau rapport fournit la description la plus complète à ce jour de la vie dans une prison secrète de la CIA, ainsi que de nouvelles informations sur 38 détenus potentiels. Le rapport explique que le traitement infligé à ces prisonniers par la CIA constitue une disparition forcée, pratique absolument interdite aux termes du droit international. Marwan Jabour a été arrêté par les autorités pakistanaises en mai 2004 au Pakistan et incarcéré pendant plus d’un mois à Islamabad, dans un lieu de détention clandestin administré par un personnel joint américain et pakistanais. Durant cette période, il a subi de graves sévices.
En juin, un avion l’a transféré vers une autre prison secrète qui, selon lui, se trouvait en Afghanistan et dont tous ou presque tous les membres du personnel étaient américains. A son arrivée, ses vêtements ont été confisqués et il été forcé de demeurer complètement nu pendant un mois et demi, même lorsqu’il était interrogé par des femmes et lorsqu’il était filmé. Il était solidement enchaîné au mur de sa petite cellule, de façon telle qu’il ne pouvait se lever, mis dans des positions douloureuses de stress rendant sa respiration difficile, et informé que s’il ne coopérait pas, il serait placé dans une « niche pour chien » étouffante.
Durant la période de plus de deux années passée dans cette prison secrète, Jabour était presque toujours seul, dans une cellule sans fenêtre, avec peu de contacts humains en dehors de ses geôliers. Alors qu’il ne cessait de s’inquiéter à propos de sa femme et de ses trois jeunes fillettes, il n’était pas été autorisé à leur envoyer une lettre pour les rassurer sur le fait qu’il était en vie. « C’était une tombe », a par la suite déclaré Jabour à Human Rights Watch. « J’avais l’impression que ma vie était terminée. »
L’épouse d’un autre ex-détenu de la CIA, dont on ignore toujours le sort, a révélé à Human Rights Watch qu’elle a dû mentir à ses quatre enfants au sujet de la « disparition » de son mari. Elle a expliqué qu’elle ne pouvait supporter l’idée de leur dire qu’elle ignorait où il se trouvait. « Ce que j’espère », a-t-elle confié, « c’est que s’ils découvrent que leur père a été arrêté, que je sois au moins en mesure de leur dire dans quel pays il est détenu et dans quelles conditions. » Toute disparition forcée entraîne une détention arbitraire, clandestine et sans possibilité de communication. Elle met sérieusement en péril le droit à la vie et à la protection contre la torture et autres mauvais traitements.
Comme le démontrent les cas susmentionnés, la disparition forcée inflige également de graves douleurs psychiques et souffrances à la famille de la personne « disparue ». Human Rights Watch a exprimé une profonde inquiétude au sujet du point de vue exprimé par le Président Bush, selon lequel la loi de 2006 relative aux commissions militaires (Military Commissions Act) autorise le gouvernement à relancer le programme des prisons secrètes de la CIA. Human Rights Watch a appelé l’administration Bush à rejeter le recours à la détention secrète et aux interrogatoires coercitifs comme stratégie pour combattre le terrorisme, et à annoncer l’abandon définitif du programme de détentions et d’interrogatoires de la CIA.
« Le programme de la CIA – et les responsables civils qui l’ont conçu – ont causé un tort immense à la réputation, aux principes moraux et à l’intégrité des Etats-Unis », a déploré Mariner. « Il est temps que le Président Bush renonce à ce programme et prenne des mesures visant à réparer les préjudices occasionnés ».
Aussi disponible en arabiya English Deutsch Português Español
Voici la liste des 38 disparus recensés par Human Rights Watch dont l'organisation a demandé des nouvelles dans sa lettre à Bush du 26 février
Les personnes suivantes – dont le nom, la nationalité, le lieu e la date d’arrestation sont indiqués Quand ils sont connus – ont selon nous informations été détenus un certain temps dans des prisons secrètes de la CIA :
1. Ibn al-Shaykh al-Libi (Libyen) (Pakistan, 11/01). Selon de sinformations non confirmées, il aurait été transféré en Libye début 2006.
2. Mohammed Omar Abdel-Rahman (aussi connu comme Asadallah) (Égyptien) (Quetta, Pakistan,2/03)
3. Yassir al-Jazeeri (Algérien) (Lahore, Pakistan, 3/03)
4. Suleiman Abdalla Salim (Kényan) (Mogadiscio, Somalie, 3/03)
5. Marwan al-Adeni (Yéménite) (autour de 5/03)
6. Ali Abd al Rahman al Faqasi al Ghamdi (aussi connu comme Abu Bakr al Azdi) (Saoudien) (Médina, Arabie saoudite, 6/03)
7. Hassan Ghul (Pakistanais) (Nord Irak, 1/04)
8. Ayoub al-Libi (Libyen) (Peshawar, Pakistan, 1/04)
9. Mohammed al Afghani (Afghan né en Arabie saoudite) (Peshawar, Pakistan, 5/04)
10. Abdul Basit (Saoudien ou Yéménite) (arrêté avant 6/04)
11. Adnan (arrêté avant 6/04)
12. Hudeifa (arrêté avant 6/04)
13. Mohammed Naeem Noor Khan (aussi connu comme Abu Talaha) (Pakistanais) (Lahore, Pakistan,7/04)
14. Muhammad Setmarian Naser (Syrien/Espagnol) (Quetta, Pakistan, 11/05)
15. Somalien inconnu (peut-être Shoeab as-Somali)
16 Somalien inconnu (peut-être Rethwan as-Somali)

En outre , le personnes suivantes ont pu être détenues dans des prisons secrètes de la CIA :
1. Abd al-Hadi al-Iraqi (sans doute Irakien) (1/02)
2. Anas al-Liby (Libyen) (Khartoum, Sudan, 2/02)
3. Retha al-Tunisi (Tunisien) (Karachi, Pakistan, début ou mi-2002)
4. Sheikh Ahmed Salim (aussi connu comme Swedan) (Tanzanien) (Kharadar, Pakistan, 7/02)
5. Saif al Islam el Masry (Égyptien) (Gorges de Pankisi, Georgie, 9/02)
6. Amin al-Yafia (Yéménite) (Iran, 2002)
7. _ al-Rubaia (Irakien) (Iran, 2002)
8. Aafia Siddiqui (Pakistanais) (Karachi, Pakistan, 3/03)
9. Jawad al-Bashar (Égyptien) (Vindher, Balochistan, Pakistan, 5/03)
10. Safwan al-Hasham (aussi connu comme Haffan al-Hasham) (Saoudien) (Hyderabad, Pakistan,5/03)
11. Abu Naseem (Tunisien) (Peshawar, Pakistan, 6/03)
12. Walid bin Azmi (nationalité inconnue) (Karachi, Pakistan, 1/04)
13. Ibad Al Yaquti al Sheikh al Sufiyan (Saoudien) (Karachi, Pakistan, 1/04)
14. Amir Hussein Abdullah al-Misri (aussi connu comme Fazal Mohammad Abdullah al-Misri) (Égyptien) (Karachi, Pakistan, 1/04)
15. Khalid al-Zawahiri (Égyptien) (Sud Waziristan, Pakistan, 2/04)
16. Musaab Aruchi (aka al-Baluchi) (Pakistanais) (Karachi, Pakistan, 6/04)
17. Qari Saifullah Akhtar (Pakistanais) (arrêté dans les Émirats a.u. 8/04)
18. Mustafa Mohamed Fadhil (Kényan/ Égyptien) (Punjab oriental, Pakistan, 8/04)
19. Sharif al-Masri (Égyptien) (Pakistan frontière, 8/04)
20. Osama Nazir (Pakistanais) (Faisalabad, Pakistan, 11/04)
21. Osama bin Yousaf (Pakistanais) (Faisalabad, Pakistan, 8/05)
22. Speen Ghul (Africain) (Pakistan)

mardi 27 février 2007

Forfaiture

Promesses non tenues : livrés par Tony Blair, emprisonnés en Algérie
The Guardian, 26-27 févrer 2007




Deux Algériens déportés de Grande-Bretagne vont être jugés : l’Algérie n’a pas tenu ses promesses
Par Clare Dyer, The Guardian, 26 février 2007

Deux suspects algériens de terrorisme qui ont été déportés vers leur pays le mois dernier y ont été arrêtés, emprisonnés et inculpés pour activités terroristes, malgré les assurances données par des représentants algériens en Grande-Bretagne qu’ils ne seraient pas poursuivis.

L’un d’eux, connu comme « H. », avait retiré son appel contre la déportation après qu’un representant britannique avait déclaré à la Commission spéciale d’appel sur l’immigration (SIAC) : « Le gouvernement britannique n’a absolument aucune raison de penser que H. sera arrêté ou détenu d’une autre manière pour une période prolongée s’il est déporté vers l’Algérie. »
Mais ses défenseurs et Amnesty International disent maintenant qu’ils craignent qu’il n’ait à subir un procès inéquitable où seront utilisées des preuves obtenues par la torture.Cette péripétie jette des doutes sur l’argument du gouvernement que l’on peut faire confiance aux assurances données par l’Algérie et que des suspects peuvent être déportés en toute sécurité, même si leur pays a refusé de signer un mémorandum d’entente garantissant leurs droits humains.
La nouvelle de l’emprisonnement des deux Algériens survient alors que le prêcheur islamiste extrémiste Abou Qatada attend une décision de la SIAC demain sur son appel contre sa déportation vers la Jordanie.D’après ce que l’on a appris, les deux Algériens seront jugés pour « participation dans un réseau terroriste opérant à l’étranger ».
Le deuxième Algérien, Reda Dendani, a été impliqué par Mahmoud Meguerba, une source de renseignement dans le procès de la ricine, selon des informations reçues par Amnesty International. Meguerba, qui n’avait pas été entendu comme témoin car il n’était pas considéré comme fiable, aurait été torturé par le DRS, la police de sécurité militaire algérienne. « H. » et Dendani, auparavant connu comme « Q. », avaient été détenus pour une durée indéfinie sans procès en vertu de la législation antiterroriste puis soumis à une arrestation domiciliaire virtuelle sous des ordres de contrôle. En août 2005 ils ont été emprisonnés en application des lois sur l’immigration dans la perspective de leur déportation.
Leur avocat Gareth Pierce, a dit qu’ils ne pouvaient plus supporter la pression d’une détention indéfinie et qu’ils avaient retiré leurs appels après avoir reçu des assurances qu’ils ne seraient pas poursuivis en Algérie.Hier soir, Amnesty International a appelé la Grande-Bretagne à cesser de déporter des suspects de terrorisme vers l’Algérie.
Avant les attentats du métro de Londres en juillet 2005, le gouvernement avait accepté l’idée que le renvoi de suspects vers l’Algérie constituerait, vu l’état des droits humains dans ce pays, une violation de la Convention européenne des droits humains, qui bannit les traitements inhumains ou dégradants ou la torture. Mais en août 2005, le ministère de l’Intérieur a engagé les démarches pour déporter 15 Algériens considérés, sur la base de preuves émanant des services de renseignement et inutilisables devant des tribunaux britanniques, comme un danger pour la sécurité nationale.
La Grande-Bretagne a promis de négocier avec l’Algérie et les autres pays dont sont originaires des suspects des mémorandums d’entente garantissant qu’ils ne seraient ni torturés ni maltraités en cas de retour. Il y aurait aussi une surveillance indépendante, vu l’état lamentable des droits humains dans ces pays. Mais l’Algérie avait déclaré que cela porterait atteinte à sa souveraineté.
Le ministère de l’Intérieur a déclaré : « Nous sommes satisfaits de pouvoir déporter des suspects de terrorisme vers l’Algérie sans enfreindre les obligations intérieures et internationales du Royaume-Uni en matière de droits humains. »
Source : The Guardian

Asile politique, série Scènes de Belmarsh, de Lucy Edkins, acrylique sur papier, 2005

La drôle de formule inventée par Tony Blair pour garantir des déportations « correctes »
par Alan Travis, 27 février 2007

Abu Qatada, connu comme l’ambassadeur spirituel d’Al Qaïda en Europe, était l’un des dix suspects de terrorisme international détenus dans les prisons de haute sécurité de Full Sutton et Long Lartin en août 2005 en vue d’être déportés pour « raisons de sécurité nationale ».La plupart d’entre eux avaient déjà été détenus sans inculpation à la prison de Belmarsh pendant plus de deux ans en application de la désormais caduque loi d’urgence antiterroriste.Tony Blair a décidé de chercher à passer des accords stipulant « pas de tortures, pas de mauvais traitements » avec les pays d’origine des suspects pour pouvoir déporter les détenus de Belmarsh suite aux attentats du métro de Londres de juillet 2005. Depuis lors, 30 Algériens, Libyens et Jordaniens ont été détenus dans l’attente d’une déportation pour des raisons de sécurité nationale.
Des ministres successifs ont cherché à obtenir des mémorandums d’entente avec plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qui ont tous un bilan contestable en matière de droits humains. Des accords complets n’ont pu être obtenus qu’avec la Libye, le Liban et la Jordanie. Dans ce dernier cas, l’assurance que la peine capitale ne serait pas appliquée aux déportés de Grande-Bretagne n’a pu figurer dans l’accord mais seulement dans une lettre annexe.
Dans le cas de l’Algérie, seules des assurances diplomatiques ont éé données, mais elles ont été considérées comme valables légalement par la Commission spéciale d’appel pour l’immigration.À ce jour, seuls 7 des 30 ont été déportés : six en Algérie et un en France. Trois autres Algériens ont retiré leurs appels mais n’ont pas encore été expulsés. Les autres vingt continuent leurs démarches contre la déportation. M. Blair a récemment nommé Lord Triesman comme envoyé spécial chargé d’obtenir d’autres accords pour des « déportations sûres » avec des États du Moyen-Orient.Source :
The Guardian
Source : The Guardian
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.

dimanche 25 février 2007

La Cour suprême canadienne remet en cause les certificats de sécurité

La Cour suprême du Canada a conclu unanimement à l'inconstitutionnalité de certaines dispositions des certificats de sécurité. Appelée à se prononcer sur leur légalité, elle ne rejette toutefois pas la menace terroriste que pourrait représenter trois individus soupçonnés par le gouvernement canadien.
Cette décision fait le bonheur d'Adil Charkaoui, détenu pendant près de deux ans en vertu d'un certificat de sécurité et libéré en février 2005. « Je suis fier que tout le Québec m'ait soutenu », a-t-il dit, après avoir remercié son avocate et sa famille.
Selon lui, que les juges aient dit non au « Guantanamo du Nord » est une « grande victoire pour la justice au Canada », a-t-il conclu, la gorge nouée par l'émotion.
M. Charkaoui a dénoncé le fait que 97 % des 27 certificats de sécurité émis de 1991 à 2003 au Canada l'aient été à l'encontre de personnes d'origine arabo-musulmane.
Il a en outre enjoint au gouvernement de respecter l'opinion des magistrats et d'ouvrir un procès sur son propre cas. Même s'il a été libéré depuis deux ans, M. Charkaoui porte encore le « bracelet de la honte », qui permet aux autorités de savoir en tout temps où il se trouve. Répétant qu'il n'est pas un terroriste, il désire qu'on blanchisse sa réputation.
Son avocate, Me Johanne Doyon, a tenu à rappeler que ce jugement montre toute l'importance de l'indépendance de la branche judiciaire en démocratie. En ces temps où le premier ministre désire nommer des juges qui partagent son idéologie, elle voit dans la décision de vendredi la preuve qu'il faut des contrepoids au pouvoir législatif.
Le détenu a des droits
Le plus haut tribunal du pays a accordé un délai d'un an au gouvernement fédéral pour réécrire la loi qui permet la détention d'étrangers et de résidents permanents soupçonnés d'être dangereux pour la sécurité canadienne. À l'expiration de ce délai, les certificats pourront être contestés.
L'émission du certificat de sécurité permettait aussi d'interdire l'accès au territoire canadien à une personne jugée dangereuse pour la sécurité nationale sur des soupçons jugés raisonnables.
Les arguments des principaux intéressés
Le jugement était très attendu par les trois individus soupçonnés par le gouvernement canadien d'avoir eu des liens avec le réseau terroriste Al-Qaïda.
Les avocats d'Hassan Almrei, de Mohamed Harkat et d'Adil Charkaoui, respectivement originaires de Syrie, d'Algérie et du Maroc, arguaient que la procédure d'émission des certificats de sécurité contrevenait à la Charte canadienne des droits et aux obligations internationales du Canada.
Ils estimaient qu'Ottawa ne pouvait justifier légalement le fait que des éléments de preuve soient cachés aux suspects et que l'ensemble de la procédure se déroule en secret. Les avocats avançaient aussi que si l'on expulsait leurs clients vers leur pays d'origine, ceux-ci risquaient d'y être torturés ou exécutés.
Le gouvernement canadien
Ottawa faisait valoir, pour sa part, que le maintien de la sécurité nationale était indispensable à une société démocratique.
Les avocats du gouvernement canadien ont aussi expliqué aux magistrats de la Cour suprême que l'émission d'un certificat de sécurité demeurait exceptionnelle, et que la confidentialité qui l'entourait était nécessaire à la protection des sources des services secrets.
Le ministre canadien de la Sécurité publique, Stockwell Day, a aussi rappelé à plusieurs reprises que les individus visés par la procédure pouvaient retrouver en tout temps leur liberté s'ils acceptaient de quitter le Canada.
Source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2007/02/23/005-certificats-reax.shtml

mardi 6 février 2007

Les déboires des Marocains bosniaques

Par Brahim Mokhliss, LE REPORTER (Maroc), N° 400, 1er février 2007

Des combattants islamistes, dont des Marocains qui se trouvaient en Bosnie et à quion avait octroyé la nationalité bosniaque, risquent d’être déchus de leur nationalité et renvoyés vers leur pays d’origine.
Amnesty International, le Comité Helsinki des droits de l'homme de Bosnie-Herzégovine et le Comité international des droits de l'Homme ont exprimé leur inquiétude concernant les activités de la Commission d'État de Bosnie-Herzégovine pour la révision des décisions sur la naturalisation des citoyens étrangers (dont des Marocains) qui a commencé son travail en mars 2006. Car ses décisions pourraient entraîner le transfert de personnes vers des pays où elles risqueraient de graves violations de leurs droits humains.
En effet, au cours de la guerre yougoslave, plus de 5000 musulmans, parmi eux des Marocains, s’étaient rendus entre 1991 et 1995 dans ce pays pour soutenir les musulmans. Environ 1500 parmi ces volontaires musulmans venus du monde entier sont ensuite restés en Bosnie et ont acquis la citoyenneté bosniaque. Soit en reconnaissance de leurs bons et loyaux services dans la défense de la Bosnie agressée soit suite à un mariage avec une bosniaque.
Or, nous apprend le président du «Collectif Guantanamo- France» Fausto Giudice, journaliste indépendant, écrivain et éditeur (collectif créé pour défendre les détenus de Guantanamo) voici que, depuis quelques mois, le gouvernement bosniaque a constitué une commission chargée de réexaminer le dossier de ces anciens combattants et de leur retirer leur nationalité. Selon lui : « 330 hommes ont déjà été frappés par cette mesure, 500 autres sont en attente de passer devant la commission. Une fois privés de leur nationalité bosniaque, les intéressés disposent de deux mois pour trouver un pays d’accueil. Et la plupart d’entre eux n’en trouvent évidemment pas.
Quel pays, cinq ans après le 11 septembre, serait-il disposé à accueillir des combattants de la liberté désormais étiquetés « terroristes jihadistes» ? », se demande-t-il. «Oui, il y a des Marocains parmi les anciens combattants musulmans concernés par les retraits de citoyenneté bosniaque », nous a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Mais au stade actuel de notre enquête -difficile, car les gens ont peur - nous ne pouvons vous en dire plus ». La seule information qu’il a pu nous apprendre à ce sujet c’est que « l'un d'eux, Saïd Othmani, a été expulsé de Bosnie vers le Maroc en mars ou avril 2006 et il se trouve actuellement au Maroc, où il serait en liberté… ».
Ces nouvelles actions entreprises par le gouvernement bosniaque s’expliquent par sa volonté d’intégration à l’Europe. L’expulsion des combattants musulmans est une des conditions posées à la Bosnie par l’Union européenne et par l’OTAN pour son adhésion à ces deux structures.
Les anciens combattants de liberté bosniaque qui ont essayé de quitter la Bosnie ont été arrêtés
en France, Italie… Ces ex-combattants musulmans, dont un certain nombre de
Maghrébins, qui sont presque tous âgés de 40 ans et plus, n’ont évidemment rien à voir avec
le terrorisme, précise Fausto Giudice : « ils s’étaient tous refait une vie civile et familiale pacifique.
Ce n’est pas l’avis de Bruxelles, Berlin, Londres, Rome et Paris ni bien sûr de Washington. Il serait temps que les défenseurs des droits de l’homme et du citoyen et les parlementaireseuropéens s’alarment de ce scandale. Sinon, des centaines d’hommes se retrouveront à terme dans des prisons marocaines, tunisiennes, algériennes…»

samedi 3 février 2007

Déclaration de « K.», détenu algérien déporté du Royaume-Uni vers l’Algérie

Aujourd’hui, je quitte le Royaume-Uni pour retourner dans mon pays, l’Algérie. D’après le ministère de l’Intérieur, je le fais volontairement. Dans ce processus, je voudrais donner au peuple britannique un petit aperçu de ce m’a été fait ainsi qu’à d’autres étrangers par le gouvernement qu’il a élu, en accord insidieux avec sa politique étrangère et ses affaires de sécurité nationale, avec pour seul résultat la création de plus d’ennemis et al destruction des futures relations du Royaume-Uni avec les nations et les individus.
En ce qui me concerne, je n’avais jamais prévu de vivre au Royaume-Uni et je n’avais non plus aucun problème avec son peuple ou ses dirigeants. J’ai été déporté de force d’un pays étranger vers le Royaume-Uni et son infâme prison de Belmarsh. Cela sans aucune inculpation ni perspective de remise en liberté. J’étais soumis à la loi nazie appelée Loi sur leterrorisme 2001.
J’ai demandé à être renvoyé en Algérie. La réponse a été surprenante : il n’était pas possible de me déporter vers un pays qui ne respecte pas les droits humains et je pourrais être torturé ! Était-il plus humain de me détenir sans inculpation et pour toujours ? J’ai souffert pendant trois ans de cette loi et elle a été finalement abrogée par la Chambre des Lords qui a déclaré ma détention illégale.
Beaucoup de déclarations et de commentaires humiliants ont été faits par des organisations et des personnes haut placées pour décrire cette loi nazie. Je n’ai été libéré que pour être soumis à une autre loi aberrante, appelée ordres de contrôle. Une sorte d’assignation à résidence avec de fortes restrictions de muvemen, de communication, d’association…, mais cela n’a pas duré puisqu’après le 7 juillet (2005, date des attentats dans le métro de Londres, NdT) il était encore plus facile pour le gouvernement de me remettre en prison comme si j’étais responsable de tout cela. Cette fois-ci on voulait me déporter vers l’Algérie en recommandant aux dirigeants algériens de me « surveiller ». Maintenant, voilà que le Royaume-Uni exporte ses violations des droits humains vers l’Algérie.
Aujourd’hui, cela fait cinq ans que j’ai été injustement détenu au Royaume-Uni sans inculpation. Cela équivaut à une condamnation à dix ans de prison. Je retourne en Algérie non sans amertume à l’égard de ce gouvernement et de ses pratiques.Je suis aussi triste qu’un tel abus contre la justice et les droits fondamentaux n’ait pas dérangé l peuple britannique à l’exception des rares personnes qui m’ont manifesté leur sympathie et leur soutien. Et que je n’oublierai jamais dans mes prières. En particulier Madame Gareth Pierce, qui fait de grandes choses pour ce pays, ainsi que la courageuse Écossaise Lady Ann et Madame Yvonne Ridley.
Le détenu K., 24 janvier 2007
Original : http://www.cageprisoners.com/articles.php?id=18586
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1993&lg=fr

lundi 29 janvier 2007

Deux Algériens livrés par la Grande-Bretagne au DRS algérien

Selon Amnesty International, deux Algériens expulsés de Grande-Bretagne vers l’Algérie le 20 janvier sont entre les mains du Département de renseignement et de sécurité, l’ex-Sécurité militaire algérienne, et il y a de bonnes raisons de croire qu’ils sont soumis à la torture. Les deux hommes sont connus seulement sous les initiales de « Q » et « K ». Ils avaient été arrêtés en 2001 et détenus au secret, sans inculpation jusqu’à leur assignation à résidence en 2004. Deux autres Algériens avaient été remis à l’Algérie en juin dernier. D’autres attendent leur tour. Aux accusations d’Amnesty international, le gouvernement britannique a répondu benoîtement qu’il avait reçu des assurances que les hommes ne seraient pas torturés. C’est ce qui s’appelle en bon français se foutre de la gueule du monde. Décidément, à Londres comme à Alger, on nous prend pour des idiots.