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lundi 27 août 2007

Vers la légalisation de la torture au Canada ?

Par François Tremblay, 27 août 2007

La conduite du gouvernement canadien dans diverses affaires laisse voir un recours systématique à la torture, pratique qu’Ottawa continue de nier en public mais que ses avocats défendent de plus en plus effrontément devant les tribunaux.
L’un des cas les plus flagrants est celui de Maher Arar, qui a fait l’objet d’une commission d’enquête publique. Arar, un citoyen canadien d’origine syrienne, a été arrêté en 2002 aux Etats-Unis sur la base de fausses informations envoyées par les services de renseignement canadiens au FBI et à la CIA. Détenu par les autorités américaines, Arar a ensuite été déporté en Syrie où il a été détenu et torturé. Les responsables canadiens ont laissé Arar aux mains de ses bourreaux syriens durant près d’un an, leur envoyant même des questions et échangeant des informations avec eux.
Le cas de Adil Charkaoui est un autre exemple. Charkaoui est sous le coup d’un certificat de sécurité, décret ministériel qui permet d’emprisonner indéfiniment un non-citoyen (visiteur, réfugié ou immigrant reçu) soupçonné d’être une menace potentielle à la « sécurité nationale » sans qu’aucune preuve n’ait besoin d’être fournie. Le gouvernement disait avoir appris d’une source fiable que Charkaoui s’était entraîné dans un camp d’Al Qaïda en Afghanistan, mais refusait de divulguer la source en question. Celle-ci a finalement été identifiée comme étant Ahmed Ressam, arrêté aux frontières américaines en 1999 alors qu'il transportait dans sa voiture 58 kilos d'explosifs dans le but allégué de les faire exploser à l’aéroport de Los Angeles. En avril dernier, Ressam a déclaré que sa « confession » incriminant Charkaoui était fausse et avait été faite durant sa détention, dans un climat de pressions extrêmes, afin d’obtenir la clémence des autorités américaines.

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Lire aussi Canada : nouvelles révélations dans l’affaire Arar [23 août 2007]

jeudi 26 avril 2007

La Cour suprême du Canada autorise la procédure secrète et la détention arbitraire

Par François Tremblay
World socialist web site, 26 avril 2007

La Cour suprême du Canada a rendu le 23 février dernier une décision unanime qui reconnaît à l’État le droit de violer, au nom de la sécurité publique, des principes démocratiques fondamentaux inscrits dans la Charte canadienne des droits et libertés. Bien que la Cour ait invalidé l’une des dispositions les plus controversées qu’elle était appelée à réviser, le procès secret, l’ensemble de son jugement vise à recouvrir d’un semblant de légalité l’assaut tous azimuts de l’élite dirigeante sur les libertés civiles.
Le plus haut tribunal du pays avait à statuer sur la légalité du certificat de sécurité, décret ministériel permettant d’emprisonner indéfiniment un non-citoyen (visiteur, réfugié ou immigrant reçu) soupçonné par les agences de renseignement d’être une menace potentielle à la « sécurité nationale », et ce, sans que la moindre preuve soit fournie pour étayer un tel soupçon.
En 2005, la Cour fédérale avait conclu que ces certificats étaient constitutionnels, signifiant du même coup qu'au nom de la sécurité nationale et de la bienséance diplomatique (c’est-à-dire le maintien de relations cordiales avec des pays pratiquant la torture), des pans entiers de la preuve pouvaient être soustraits à l'examen public.
Cette décision a fait l’objet d’un appel par Adil Charkaoui, Hassan Almrei et Mohamed Harkat, qui ont demandé à la Cour suprême d’invalider les certificats de sécurité parce qu’ils violent les articles de la Charte qui garantissent à chacun le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne; la protection contre la détention arbitraire; le droit de faire contrôler promptement la légalité de sa détention; et le droit à la protection contre tout traitement cruel et inusité.
C’est sur la base de tels certificats que Charkaoui, Almrei et Harkat ont été arrêtés et détenus en 2003, 2002 et 2001 respectivement. Ils étaient soupçonnés par le ministère de la sécurité publique d’être impliqués dans des activités terroristes. Mahmoud Jaballah et Mohammad Mahjoub ont été arrêtés de la même manière durant la même période.
Charkaoui a été libéré en 2005 et Harkat en 2006. Les deux sont soumis à de sévères restrictions, notamment l’obligation de porter en tout temps un bracelet GPS et l’interdiction de sortir de leur maison sans autorisation. Jaballah et Mahjoub ont été libérés en 2007, après sept ans d’emprisonnement, sous les mêmes conditions de détention à domicile. Almrei demeure le seul à être encore détenu au centre de Millhaven, à Kingston en Ontario. Toutes ces personnes font encore face à la déportation vers leur pays d’origine où, de l’aveu même d’Ottawa, ils risquent la torture et la mort.
Origine du certificat de sécurité
Bien que le certificat de sécurité existe dans la loi sur l’immigration depuis une trentaine d’années, la Loi antiterroriste, adoptée par le gouvernement libéral au lendemain des attentats terroristes de septembre 2001, y a apporté un changement fondamental : le ministère n’a plus à se présenter devant le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) pour fournir les raisons pour lesquelles il juge qu’un non-citoyen représente une menace à la sécurité publique et doit être placé en détention.
Avant l’adoption de la Loi antiterroriste en décembre 2001, le CSARS étudiait le dossier soumis et faisait parvenir « un résumé des informations dont il dispose » à la personne visée. Le CSARS faisait ensuite parvenir ses recommandations au ministre et une copie de ce rapport était également envoyée à la personne visée. Celle-ci pouvait alors contester la décision devant un tribunal, accompagnée de son avocat, et le tribunal devait trancher les questions concernant l’admissibilité et la divulgation de la preuve.
L’abolition de cette procédure a donné au ministre le pouvoir d’enlever et de jeter en prison la personne désignée sur le certificat de sécurité sans porter d’accusation et sans lui montrer la preuve.
La loi actuelle prévoit qu’un juge de la Cour fédérale doit décider du caractère raisonnable du certificat. Cet examen, aux conséquences potentiellement dramatiques pour la personne désignée, se fait en l’absence de la personne détenue et de son avocat, et ce n’est plus le juge qui détermine ce qui sera divulgué, mais l’accusateur.
La loi ne prévoit aucune possibilité d’appel de la décision du juge, ni aucune possibilité de contrôle judiciaire. Une fois le certificat jugé raisonnable, la loi prévoit que la mesure de renvoi s’applique immédiatement, sans égard au risque de torture. (La Cour suprême avait statué en 2002 que la déportation, malgré un risque élevé de torture ou de mort, est permise dans les cas dits exceptionnels.)
Procédure secrète
La décision unanime des neufs juges de la Cour suprême a été rédigée par la juge en chef, Beverley McLachlin. Elle introduit son raisonnement en procurant un fondement constitutionnel à l’assaut que mène l’élite dirigeante canadienne sur les droits démocratiques sous le prétexte d’une « guerre au terrorisme ». Selon la juge en chef, « l’une des responsabilités les plus fondamentales d’un gouvernement est d’assurer la sécurité de ses citoyens ».
McLachlin reconnaît que l’absence totale de divulgation de la preuve aux détenus et la procédure secrète violent le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité qui est inscrit dans la Charte et que cette violation ne peut se justifier. Mais elle ajoute du même souffle que les impératifs de sécurité rendent impossible la divulgation de la preuve. Pour solutionner cet épineux dilemme, elle suggère l’adoption du modèle britannique, dans lequel des avocats spéciaux « ayant l’habilitation de sécurité voulue » agissent au nom des détenus lors des audiences secrètes.
La Cour est forcée de reconnaître que la tenue d’audiences secrètes viole le principe démocratique de base selon lequel un accusé risquant la prison doit savoir de quel crime il est accusé. Elle fait le commentaire suivant : « [Le] juge n’est pas en mesure de compenser l’absence d’examen éclairé, de contestation et de contre‑preuve par une personne qui serait au fait de la cause. Or, pareil examen est précisément ce que requiert le principe selon lequel une personne dont la liberté est en jeu doit savoir ce qu’on lui reproche. En l’espèce, ce principe n’a pas été simplement restreint, il a été vidé de sa substance. Comment peut‑on réfuter des allégations dont on ignore tout? »
Ayant conclu que la procédure était illégale, la juge en chef se penche sur la solution à adopter pour la rendre conforme en mentionnant tout d’abord, qu’il « se peut que la nécessité de protéger la société exclue cette possibilité (de divulgation). Des renseignements peuvent avoir été fournis par des pays ou des informateurs à la condition qu’ils ne soient pas divulgués. Il peut aussi arriver que des renseignements soient sensibles au point de ne pouvoir être communiqués sans que la sécurité publique soit compromise. C’est là une réalité de la société moderne. »
En d’autres termes, le respect des droits fondamentaux est incompatible avec la lutte au terrorisme et la défense de la « sécurité nationale ». La Cour suggère alors de recourir aux avocats spéciaux et cite à titre d’exemple l’expérience britannique où des avocats possédant « l’habilitation de sécurité voulu » et qui reçoivent leurs instructions de la Cour agissent dans des procès secrets pour « tester » la preuve du ministère. Ce type d’avocat est contesté en Grande-Bretagne, entre autres par les avocats spéciaux eux-mêmes, qui considèrent que leur rôle devient celui d’auxiliaire de l’État. En effet, ils n’ont aucun des pouvoirs nécessaires pour présenter une preuve qui puisse valablement contredire celle présentée par le gouvernement.
Un rapport publié au Royaume-Uni en avril 2005 par le Comité sur les affaires constitutionnelles de la Chambre des communes a étudié le fonctionnement des avocats spéciaux et a relevé les faiblesses de ce type de représentation en ce qui a trait aux droits des accusés. Ce rapport a été cité dans le jugement de la Cour suprême, y compris l’extrait suivant : « Le Comité a énuméré trois désavantages importants avec lesquels les représentants spéciaux doivent composer : 1) après avoir pris connaissance des renseignements secrets, ils ne peuvent plus, sous réserve de rares exceptions, recevoir d’instructions de l’appelant ou de son avocat; 2) pour les aider à assurer une défense pleine et entière en secret, ils ne disposent pas d’une équipe de juristes comme c’est le cas habituellement; 3) ils ne sont pas habilités à assigner des témoins. »
Ces « désavantages », que la Cour suprême rejette, vont directement au cœur de ce que le tribunal dénonçait dans ses motifs pour déclarer illégale la procédure des procès secrets. Elle disait : « Par conséquent, le juge n’est pas en mesure de compenser l’absence d’examen éclairé, de contestation et de contre‑preuve par une personne qui serait au fait de la cause. » L’impossibilité d’assigner des témoins, par exemple, et de pouvoir présenter une preuve indépendante de celle du ministre pour la contrer, enlève la principale arme de l’avocat à la Cour.
Traitement cruel
Le plus haut tribunal conclut également que la détention indéfinie et sans accusations des appelants, dans l’attente d’être expulsés vers un pays qui pratique la torture, n’est pas déraisonnable. Il est seulement prêt à reconnaître que, dans certaines circonstances, cette détention puisse constituer un traitement cruel et inusité.
Les cinq personnes ont été détenues dans des conditions atroces d’isolement et de froid, sans accès à leurs avocats, à leur famille, à des soins médicaux requis ou à des divertissements normalement offerts à tous les détenus canadiens. Plusieurs grèves de la faim ont été menées, simplement pour avoir accès à la télévision (voir: Grève de la faim des détenus du « Guantánamo canadien »).
Une prison spéciale a été construite au centre de détention de haute surveillance à Millhaven à Kingston pour les recevoir, surnommé le Guantánamo du nord, en référence à l’infâme prison américaine de Guantánamo Bay à Cuba, cet autre trou noir dans lequel pourrissent des soi-disant terroristes qualifiés de « combattant illégaux ».
Les conditions de détention à Millhaven sont telles que la Cour a dû faire les commentaires suivants suite à une demande de remise en liberté présentée par Mohammad Mahjoub, le plus ancien détenu, qui en était à son 83ème jour de grève de la faim, après avoir été détenu depuis 7 ans, coupé de sa famille et malade. Voici ce que mentionne la juge en chef: « Le requérant est maintenant un homme âgé et souffrant. Il est inquiet de son état de santé et préoccupé par le manque de contact avec sa famille, qui s'est limité à des appels téléphoniques et des visites occasionnelles ». Elle ajoute que « sa détention peut être raisonnablement décrite comme indéfinie ».
Indifférence de l’élite envers les principes démocratiques
La Cour donne un an au gouvernement pour modifier la loi et lui permet explicitement d’utiliser dans l’intervalle cette même procédure contre d’autres personnes ou contre les plaignants. La Cour ajoute que si dans un an, le gouvernement n’a rien fait, ce sera aux plaignants de s’adresser de nouveau à elle pour demander l’annulation des certificats de sécurité.
La réaction des médias officiels a été de présenter le jugement comme une victoire pour les droits de la personne et un coup porté contre les procès secrets, tout en reconnaissant avec soulagement que la Cour suprême n’entamait en rien la capacité de l’État de mener la « lutte au terrorisme ».
Le New York Times soulignait dans son édition du 25 février que le jugement était la preuve qu’au Canada, la lutte au terrorisme pouvait se faire dans le respect des droits individuels.
Yves Boisvert, le commentateur judiciaire au journal La Presse, le principal quotidien de l’élite francophone au Québec, indiquait dans l’édition du 26 février que le jugement « reconnaît le droit de l’État de prendre des mesures exceptionnelles pour la sécurité publique contre des étrangers jugés simplement suspects », et que la décision « n’entame nullement notre capacité de lutter contre le terrorisme, et avec lequel même le gouvernement conservateur pourra très bien vivre. »
Le Globe and Mail, le quotidien de l’élite financière canadienne, a accueilli la solution « pragmatique » de la Cour pour résoudre le dilemme moral dans cet « âge de la terreur ». Après avoir souligné que la Cour autorisait la détention indéfinie des non citoyens suspectés de terrorisme, le Globe poursuit en disant : « Bien que la Cour ait pris en défaut … les règles controversées de la procédure secrète, elles peuvent être facilement réparées ». L’éditorial poursuit en soulignant à juste titre que « l’impact à long terme de la décision devrait préserver la capacité du gouvernement de protéger les Canadiens des terroristes. »
Quant au gouvernement Harper, il a rapidement accepté les conclusions du jugement et annoncé qu’une nouvelle proposition de loi respectant les exigences de la Cour serait présentée. Cette nouvelle proposition fera sans doute partie d’une nouvelle panoplie de mesures législatives « antiterroristes », notamment pour contrecarrer le refus des trois autres partis au Parlement de reconduire deux dispositions controversées de la loi antiterroriste qui étaient arrivées à échéance en mars dernier.
Ce jugement unanime, rédigé par la juge en chef, marque un important virage à droite de la part de la Cour suprême. Il sera perçu comme un feu vert à l’assaut sur les droits démocratiques que mène l’élite dirigeante canadienne sous le prétexte de la « lutte au terrorisme ».
Source : http://www.wsws.org/francais/News/2007/avril07/260407_supreme.shtml

dimanche 25 février 2007

La Cour suprême canadienne remet en cause les certificats de sécurité

La Cour suprême du Canada a conclu unanimement à l'inconstitutionnalité de certaines dispositions des certificats de sécurité. Appelée à se prononcer sur leur légalité, elle ne rejette toutefois pas la menace terroriste que pourrait représenter trois individus soupçonnés par le gouvernement canadien.
Cette décision fait le bonheur d'Adil Charkaoui, détenu pendant près de deux ans en vertu d'un certificat de sécurité et libéré en février 2005. « Je suis fier que tout le Québec m'ait soutenu », a-t-il dit, après avoir remercié son avocate et sa famille.
Selon lui, que les juges aient dit non au « Guantanamo du Nord » est une « grande victoire pour la justice au Canada », a-t-il conclu, la gorge nouée par l'émotion.
M. Charkaoui a dénoncé le fait que 97 % des 27 certificats de sécurité émis de 1991 à 2003 au Canada l'aient été à l'encontre de personnes d'origine arabo-musulmane.
Il a en outre enjoint au gouvernement de respecter l'opinion des magistrats et d'ouvrir un procès sur son propre cas. Même s'il a été libéré depuis deux ans, M. Charkaoui porte encore le « bracelet de la honte », qui permet aux autorités de savoir en tout temps où il se trouve. Répétant qu'il n'est pas un terroriste, il désire qu'on blanchisse sa réputation.
Son avocate, Me Johanne Doyon, a tenu à rappeler que ce jugement montre toute l'importance de l'indépendance de la branche judiciaire en démocratie. En ces temps où le premier ministre désire nommer des juges qui partagent son idéologie, elle voit dans la décision de vendredi la preuve qu'il faut des contrepoids au pouvoir législatif.
Le détenu a des droits
Le plus haut tribunal du pays a accordé un délai d'un an au gouvernement fédéral pour réécrire la loi qui permet la détention d'étrangers et de résidents permanents soupçonnés d'être dangereux pour la sécurité canadienne. À l'expiration de ce délai, les certificats pourront être contestés.
L'émission du certificat de sécurité permettait aussi d'interdire l'accès au territoire canadien à une personne jugée dangereuse pour la sécurité nationale sur des soupçons jugés raisonnables.
Les arguments des principaux intéressés
Le jugement était très attendu par les trois individus soupçonnés par le gouvernement canadien d'avoir eu des liens avec le réseau terroriste Al-Qaïda.
Les avocats d'Hassan Almrei, de Mohamed Harkat et d'Adil Charkaoui, respectivement originaires de Syrie, d'Algérie et du Maroc, arguaient que la procédure d'émission des certificats de sécurité contrevenait à la Charte canadienne des droits et aux obligations internationales du Canada.
Ils estimaient qu'Ottawa ne pouvait justifier légalement le fait que des éléments de preuve soient cachés aux suspects et que l'ensemble de la procédure se déroule en secret. Les avocats avançaient aussi que si l'on expulsait leurs clients vers leur pays d'origine, ceux-ci risquaient d'y être torturés ou exécutés.
Le gouvernement canadien
Ottawa faisait valoir, pour sa part, que le maintien de la sécurité nationale était indispensable à une société démocratique.
Les avocats du gouvernement canadien ont aussi expliqué aux magistrats de la Cour suprême que l'émission d'un certificat de sécurité demeurait exceptionnelle, et que la confidentialité qui l'entourait était nécessaire à la protection des sources des services secrets.
Le ministre canadien de la Sécurité publique, Stockwell Day, a aussi rappelé à plusieurs reprises que les individus visés par la procédure pouvaient retrouver en tout temps leur liberté s'ils acceptaient de quitter le Canada.
Source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2007/02/23/005-certificats-reax.shtml

mardi 20 février 2007

Canada : Québec Solidaire veut l'abolition des certificats de sécurité

par Ariane Lacoursière, La Presse, 18 février 2007
Pendant que les partis politiques se préparaient en vue des prochaines élections provinciales, la porte-parole de Québec Solidaire, Françoise David, a mis temporairement ses préparatifs de côté pour s'en prendre au gouvernement fédéral.
Tout comme une centaine de personnes [en fait, les manifestants étaient 500, NDLR Chronique de Guantánamo], Mme David a pris part, hier après-midi, à une manifestation réclamant l'abolition des certificats de sécurité au Canada.«Les certificats de sécurité permettent au gouvernement canadien de détenir pendant des années, sans procès, des gens que l'on accuse d'être terroristes, mais à qui on ne dévoile pas toute la preuve qui pèse contre eux. Cela est inacceptable», soutient la politicienne.
Sous le coup d'un certificat de sécurité depuis 2003, Adil Charkaoui était aussi présent à la manifestation qui s'est déroulée au square Berri à Montréal. Ce Montréalais d'origine marocaine, soupçonné d'entretenir des liens avec Al-Qaeda, a été emprisonné pendant 21 mois au Centre de surveillance de l'immigration de Kingston, surnommé le «Guantánamo du Nord». Relâché sous conditions en février 2005, il fêtait hier ses deux ans de remise en liberté.
«Trois hommes sont toujours détenus au Guantánamo du Nord. Harper doit fermer cette prison et donner un procès juste et équitable aux prisonniers», commente M. Charkaoui.Vendredi, Mohammad Mahjoub a appris qu'il allait être libéré après plus de six ans et demi de détention. Hassan Almrei et Mahmoud Jaballah croupissent toujours dans leur cellule.«Comment peut-on accepter qu'un homme soit enfermé des années sans avoir droit à un procès? dit Mme David. Je n'accepte pas qu'au Canada il y ait ce type de système de justice à deux vitesses. La justice doit être complètement impartiale et indépendante du pouvoir politique.»
En plus de Québec Solidaire, 70 organismes appuient les demandes de la Coalition Justice pour Adil Charkaoui, qui réclame entre autres la fermeture du Centre de détention de Kingston et l'abolition des certificats de sécurité.

mardi 6 février 2007

MONTRÉAL, 17 FÉVRIER 2007 : FERMEZ LE « GUANTANAMO DU NORD » !

ARRÊTEZ LA DÉTENTION INDÉFINIE ET ARBITRAIRE !
ARRÊTEZ LA DÉPORTATION VERS LA TORTURE !

RASSEMBLEMENT Samedi 17 février 2007
à 13h Square Berri (parc Émilie-Gamelin, métro Berri) à Montréal
Un événement organisé par la Coalition Justice pour Adil Charkaoui et appuyé, entre autres, par le Collectif Échec à la guerre
Deuxième anniversaire de la «libération» d'Adil Charkaoui

Le 18 février prochain, cela fera deux ans qu'Adil Charkaoui a été libéré après 21 mois de détention à Montréal, sans accusations ni procès pour finalement se retrouver avec des conditions tout aussi arbitraires qui limitent sérieusement sa liberté et celle de toute sa famille. Il demeure également sous la menace constante d'une déportation vers la torture, un lourd tribut que lui et sa famille doivent payer, jour après jour.
Pendant ce temps au Canada, dans la prison de « Guantanamo du Nord », située au pénitencier de Millhaven en Ontario, trois autres victimes des certificats de sécurité sont détenues, dont une depuis près de sept ans, en vertu de preuves secrètes, sans accusations, tous sous la menace constante d'une déportation vers la torture : Mohammad Mahjoub, Mahmoud Jaballah et Hassan Almrei.
Les six cellules de cette prison de plusieurs millions de dollars, ouverte en avril 2006, ont été construites spécifiquement pour détenir des non-citoyens, sans accusations ni procès, sur la base d'information secrète. Guantanamo Nord a ainsi créé un précédent au Canada, signe de l'intention du gouvernement de maintenir sa politique injuste des «certificats de sécurité», allant à l'encontre de l'objection de dizaines de milliers de Canadiens et de Québécois et des recommandations d'importantes organisations de défense des droits humains et de trois comités de l'ONU.
Sans compter que la Cour Suprême n'a pas encore rendu sa décision quant à la constitutionnalité des certificats de sécurité et que ces derniers font toujours l'objet d'un examen parlementaire.
Un autre homme, Mohamed Harkat, détenu pendant trois ans et demi, est actuellement en «liberté» avec des restrictions parmi les plus sévères jamais imposées dans un cas de libération conditionnelle au Canada. Tout comme les autres hommes, il n'a jamais été accusé, n'a pas eu droit à un procès juste et équitable et vit également sous la menace d'une déportation vers la torture.
Le 17 février, joignez-vous à nous dans les rues de Montréal pour exiger que le gouvernement canadien:
1. Ferme immédiatement son «Centre de surveillance de l'immigration de Kingston» (Guantanamo du Nord);
2. Relâche immédiatement les cinq détenus des certificats de sécurité (Mahmoud Jaballah, Mohammad Mahjoub, Hassan Almrei, Mohamed Harkat et Adil Charkaoui) ou leur donne droit à un procès juste et équitable;
3. Arrête toutes les procédures de déportation contre les cinq victimes des «procès secrets»;
4. Abolisse les certificats de sécurité; et
5. Mette fin aux déportations vers la torture.


Appuyé par :
Table de Concertation Réfugiés et Immigrants (TCRI)QPIRG ConcordiaCanadian Alliance for Concerned Jewish CanadiansÉchec à la guerreNPD-Section QuébecLigue des droits et libertésInternational Civil Liberties Monitoring Group (ICLMG)Canadian Union of Postal Workers (CUPW)Centre des femmes d'ici et d'ailleursFédération des femmes du QuébecNEFACBlock the Empire MontréalNo one is illegal MontrealParole arabeMuslim Council of MontrealSolidarity across BordersCoalition Against the Deportation of Palestinian RefugeesCanadian Arab FederationEl-Hidaya AssociationPresence musulmane MontréalAssocation des Jeunes Libanais MusulmanArtistes pour la paixCampaign to Stop Secret Trials in CanadaToronto Action for Social ChangeCanadian Peace AllianceCouncil of CanadiansJustice for Mohamed Harkat CommitteeCanadian Council for RefugeesCAIR CANCentre justice et foiBill Siksay, NDP critic on immigrationAndrew Telegdi, MP-LiberalMonia Mazigh (épouse de Maher Arar)CKUT 90.3 FM Radio

Organisé par Coalition Justice pour Adil Charkaoui www.adilinfo.org tél. : 514.859.9023 justiceforadil@riseup.net