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mardi 9 juin 2009

Ahmed Ghailani transféré de Guantánamo à New York

WASHINGTON - Ahmed Khalfan Ghailani, militant présumé d'Al Qaïda accusé d'implication dans les attentats de 1998 contre les ambassades US au Kenya et en Tanzanie, a été transféré mardi de la prison de Guantanamo à New York, où il comparaîtra devant un tribunal, annonce le département de la Justice.

Ghailani est le premier détenu de Guantanamo à être traduit devant la justice civile. Il sera présenté dans la journée à un tribunal fédéral de Manhattan, a précisé le ministère.
Cette comparution découle de la décision du président Barack Obama de fermer d'ici un an le centre de détention créé par l'administration Bush sur la base navale US située à la pointe est de Cuba.
Ghailani est arrivé à New York escorté par des "Marshals", un corps de police fédérale.
De nationalité tanzanienne, il fait partie d'un groupe de 14 "détenus de grande valeur" transférés à Guantanamo en septembre 2006 à partir de prisons secrètes de la CIA.
Le prévenu devra répondre de 286 chefs d'accusation, dont celui de conspiration avec Oussama ben Laden et d'autres membres d'Al Qaïda en vue de tuer des Usaméricains.
Il est également accusé du meurtre de chacun des 224 personnes tuées lors des attentats contre les ambassades des Etats-Unis à Nairobi et Dar es Salaam le 7 août 1998.
L'attentat de Tanzanie avait fait 11 morts, celui du Kenya 213 morts. On accuse notamment Ghailani d'avoir participé à l'achat et au chargement des réservoirs de produits chimiques et des caisses d'explosifs utilisés à Dar es Salaam.
Selon les minutes d'une audience en 2007 à Guantanamo, il avait reconnu avoir livré ces produits et présenté ses excuses, assurant ne pas avoir su qu'ils serviraient à un attentat.
L'éventuelle présence sur le sol US d'ex-détenus de Guantanamo a suscité des critiques du camp républicain, pour qui ils constitueraient une menace pour la sécurité nationale.
Dans un communiqué, le ministre de la Justice Eric Holder a souligné que son département avait une longue expérience de gestion de la détention et des procédures judiciaires en matière de terrorisme qu'il mettrait à profit pour obtenir la justice dans ce dossier.
Source : Reuters, 9/6/2009

jeudi 9 août 2007

Statut spécial pour les 14 « gros poissons »

Les 14 détenus considérés par les États-Unis comme les plus importants de la prison de Guantanamo Bay, transférés l'année dernière vers la base militaire à Cuba en provenance de prisons secrètes de la CIA, ont reçu le statut de «combattants ennemis», ce qui permet leur détention indéfinie et leur poursuite pour crimes de guerre.
Le département américain de la Défense a fait cette annonce jeudi, après l'examen ces six derniers mois des dossiers des 14 prisonniers, parmi lesquels figurent des personnes accusées d'avoir participé aux attentats du 11-Septembre, de l'USS Cole et des ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998. Les 14 détenus seront désormais jugés par les tribunaux militaires mis en place par l'administration du président George W. Bush. Mais ce système judiciaire a été remis en question par des jugements récents, dont la décision du juge Peter Brownsback de rejeter tout simplement le procès d'Omar Khadr, au motif que ce dernier avait le statut de «combattant ennemi» et non de «combattant ennemi étranger illégal», appellation exigée selon le juge par la loi sur les tribunaux militaires promulguée par M. Bush l'année dernière. Interrogé sur ce point précis, le porte-parole du département de la Défense Chito Peppler a souligné que la décision de qualifier les 14 détenus de «combattants ennemis» n'avait pas pris en compte leur qualité d'«illégal» ou non.
Source : AP, 9 août 2007

samedi 7 avril 2007

Guantánamo décentralisé, externalisé en Éthiopie

Des agents de la CIA et du FBI traquant des militants d'Al Qaïda dans la Corne de l'Afrique retiennent des personnes soupçonnées de terrorisme et originaires de 19 pays dans des prisons secrètes en Éthiopie, révèle une enquête menée dans la région par l'Associated Press.
La semaine dernière, le Pentagone avait annoncé avoir transféré à Guantánamo un Kényan, Mohamed Abul Malik, arrêté alors qu’il tentait de fuir la Somalie après l’invasion éthiopienne.
D'après les organisations de défense des droits de l'Homme, des avocats et des diplomates occidentaux interrogés par l'AP, plusieurs centaines de prisonniers, dont des femmes et des enfants, ont été transférés secrètement et illégalement ces derniers mois du Kenya et de Somalie vers l'Éthiopie, où ils sont détenus sans inculpation, ni accès à des défenseurs ou à leurs familles.
Parmi les détenus figure au moins un citoyen américain, alors que d'autres sont originaires du Canada, de Suède et de France, selon les données rassemblées par une organisation musulmane kenyane des droits de l'Homme et un listing de vol obtenu par l'AP. Il y a aussi des détenus originaires d’Érythrée, de Tanzanie, d’Arabie saoudite, du Rwanda, de Tunisie et du Maroc. Le citoyen canadien Bashir Makhtal est parmi les détenus. Le gouvernement érythréen a demandé aux autorités kényanes la libération de trois ressortissants détenus.

Amir Meshal, de Tinton Falls, New Jersey, photographié par un officier consulaire US alors qu’il remplit une demande de passeport US le mercredi 4 avril au siège du QG des services de renseignement et de sécurité éthiopiens à Addis Abeba.

Amir Mohamed Meshal, 24 ans, un citoyen US, a reçu trois visites de représentants de l’ambassade US et a transmis un message à sa famille, lui demandant d’être “patiente”.La porte-parole du ministère suédois des Affaires étrangères Nina Ersman a dit que son ministère était parvenu à accéder à deux ressortissants suédois et à un résident permanent étranger en Suède, tous détenus en Éthiopie.
Certains détenus ont été interpellés par les troupes éthiopiennes qui ont renversé le gouvernement de l’Union des tribunaux islamiques à la fin de l'année dernière à Mogadiscio, en Somalie. D'autres ont été expulsés du Kenya, pays où de nombreux Somaliens se sont réfugiés pour fuir les violences dans leur pays natal.
L'Éthiopie, qui dément détenir secrètement des prisonniers, est un pays d'Afrique de l'Est où les droits de l'Homme sont fréquemment bafoués. Ces dernières années, le régime d'Addis Abeba a aussi été un proche allié des USA dans la lutte contre Al Qaïda, qui essaye de s'implanter parmi les musulmans de la Corne de l'Afrique.Des responsables américains, contactés par l'Associated Press, ont reconnu que des prisonniers avaient été interrogés en Éthiopie. Mais ils ont assuré que les agents américains respectaient la loi et que leur action était justifiée parce qu'ils enquêtaient sur des attaques passées et sur des menaces terroristes actuelles.Les prisonniers n'ont jamais été sous la garde des Américains, a affirmé un porte-parole du FBI, Richard Kolko, démentant que son agence soutiendrait ou participerait à des arrestations illégales. A l'en croire, les agents américains ont obtenu l'autorisation des gouvernements des pays de la Corne de l'Afrique d'interroger des prisonniers dans le cadre de la lutte antiterroriste.Selon des responsables occidentaux, parmi les personnes détenues figurent des suspects connus pour les liens étroits qu'ils entretiendraient avec Al Qaïda. Mais certains alliés USA ont fait part de leur consternation concernant les transferts dans ces prisons secrètes.
John Sifton, expert de Human Rights Watch en matière d'antiterrorisme, est allé jusqu'à dire que les USA s'étaient comportés en "meneurs" dans une affaire qu'il a qualifiée de "Guantánamo décentralisé, externalisé".
Un enquêteur d'une ONG internationale de défense des droits de homme a lui précisé que l'Éthiopie avait installé des prisons secrètes sur trois sites: à Addis Abeba, sur une base aérienne éthiopienne à 59km à l'est de la capitale, et dans le désert près de la frontière somalienne."C'était un cauchemar du début à la fin", a raconté Kamilya Mohammedi Tuweni, une femme de 42 ans, mère de trois enfants et titulaire d'un passeport des Émirats arabes unis, dans ses premiers commentaires après sa libération à Addis Abeba, le 24 mars. Elle dit avoir passé deux mois et demi en détention sans avoir été inculpée. Elle est la seule détenue libérée à s'être exprimée publiquement.
Elle dit avoir été arrêtée au cours d'un voyage d'affaires au Kenya, le 10 janvier, avoir été battue, puis envoyée en Somalie où elle aurait partagé une chambre avec 22 autres femmes et enfants. Elle affirme avoir été conduite en Éthiopie, où un agent américain l'aurait interrogée et exhortée à coopérer.
Helena Benaouda avec une photo de Safia enfant

La famille de la détenue suédoise Safia Benaouda, 17 ans, a déclaré que celle-ci a été libérée par l’Éthiopie le 27 mars et est rentrée le Suède le 28. “Elle est épuisée, son visage est jaune et elle a perdu 10 kilos”, a déclaré sa mère Helena Benaouda, une convertie de 47 ans qui dirige le Conseil musulman suédois. Safia avait été arrêtée avec son fiancé au Kenya, où ils s’étaient enfuis après l’invasion éthiopienne de la Somalie. Ils s’étaient rendus en Somalie lors d’un séjour à Dubaï en décembre. Ils ont fait partie des 63 détenus transportés en avion de Nairobi à Mogadiscio le 27 janvier dernier. Puis ils ont été conduits en Éthiopie. Safia a dit qu’un représentant US est venu relever les empreintes digitales et prélever de la salive des détenus. Un bébé de 7 mois était détenu avec elle. Son fiancé est toujours emprisonné en Éthiopie.
Source : AP, 4-6 avril 2007

mardi 27 mars 2007

L'auteur présumé de l'attentat contre l'hôtel israélien "Paradise Mombasa"au Kenya déporté à Guantanamo

Un homme suspecté d'être lié à l'attentat contre un hôtel au Kenya en 2002 et à l'attaque au missile ratée contre un avion de ligne israélien a été arrêté en Afrique de l'Est et transféré à Guantanamo (Cuba), a déclaré lundi un porte-parole du Pentagone.
Cet homme s'appelle Abdul Malik et a admis avoir participé en 2002 à l'attaque contre le Paradise Hotel à Mombasa (Kenya), entraînant la mort de 13 personnes, et à la tentative d'abattre un avion de ligne israélien également à Mombasa, a dit ce porte-parole, Bryan Whitman. "Il a été capturé dans le cadre de la bataille contre Al-Qaïda. Il était impliqué dans les attaques terroristes en Afrique de l'Est", a dit M. Whitman.
"Étant donné la menace importante que représente ce suspect de terrorisme, il a été transféré à Guantanamo", a-t-il ajouté. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été informé de sa capture et aura accès au détenu, a-t-il ajouté. Le porte-parole du Pentagone a indiqué qu'Abdul Malik avait été capturé en Afrique de l'Est mais n'a pas été plus précis sur la date, le lieu et les circonstances de la capture.
"Le succès dans la guerre contre le terrorisme exige de travailler étroitement mais aussi en secret avec nombre de nos alliés dans la région", a-t-il dit. Abdul Malik a rejoint 14 prisonniers qui ont été transférés à Guantanamo en septembre après avoir été détenus au secret absolu par la CIA pendant des années.
Source : belga, 26 mars 2007

dimanche 25 mars 2007

Les aveux d’ Ahmed Khalfan Ghailani

Un Tanzanien détenu à Guantanamo a admis avoir acheté les explosifs utilisés en 1998 dans l'attentat contre l'ambassade américaine de Dar es-Salaam mais a assuré qu'il ne savait pas à quoi ils étaient destinés, selon un compte-rendu écrit publié par le Pentagone vendredi.
Ahmed Khalfan Ghailani s'est excusé d'avoir aidé ceux qui ont commis l'attentat, qui a tué 12 personnes et blessé 85 autres, lors d'une audience devant une commission militaire à Guantanamo destinée à établir s'il est bien un "combattant ennemi".
"Je n'avais pas connaissance de ce qu'ils faisaient mais je les ai aidés", a-t-il dit. "Aussi, je me suis excusé auprès des Etats-Unis pour ce que j'ai fait", a-t-il ajouté.
"Je suis désolé pour ce qui s'est passé pour ces familles qui ont perdu leurs amis et leurs êtres chers", a déclaré M. Ghailani aux trois officiers de la commission militaire.
Il a expliqué qu'après l'attentat il s'était rendu en Afghanistan où il avait reçu une formation en explosifs dans un camp d'Al-Qaïda.
Il a été capturé le 25 juillet 2004 au Pakistan, où il vivait au domicile d'un parent de Khaled Cheikh Mohammed, le "cerveau" du 11-Septembre.
M. Ghailani est l'un des quatorze suspects transférés à Guantanamo en septembre après avoir été détenus au secret par la CIA pendant des années. Neuf d'entre eux sont passés devant une commission militaire qui examine leur statut de "combattant ennemi".
Les audiences se déroulent à huis clos et le Pentagone a pour l'instant publié des compte-rendus censurés de cinq de ces audiences.
Un résumé des éléments à charge présentés lors de l'audience de M. Ghailani l'accuse d'avoir acheté les explosifs et le camion utilisé dans l'attentat du 7 août 1998 contre l'ambassade américaine à Dar es-Salaam.
Il est accusé également de s'être trouvé dans la voiture utilisée en éclaireur dans l'attentat et qu'un appel vers le Kenya a été fait de son téléphone portable une heure avant un attentat quasi-simultané contre l'ambassade américaine à Nairobi.
M. Ghailani s'est décrit lui-même comme quelqu'un qui faisait les courses pour d'autres au sein d'un groupe avec qui il vivait mais qu'il était maintenu dans l'ignorance sur ce que les autres complotaient.
Il a dit qu'il était présent quand un homme identifié comme étant Cheikh Ahmed Salim Swedan avait acheté le véhicule ayant servi à l'attentat mais qu'il ne l'avait pas acheté et qu'on lui avait dit qu'il devait servir en Somalie.
Il a affirmé qu'un homme appelé Fahad Mohammed l'avait envoyé acheter du TNT en lui disant que c'était du savon pour laver des chevaux.
"Toutefois, l'homme qui me l'a donné m'a dit qu'il s'agissait de TNT", a-t-il déclaré. "Quand je suis revenu vers Fahad, j'ai demandé à quoi était destiné le TNT et pourquoi il ne m'avait rien dit".
"Fahad a répondu que c'était pour des mines de diamants en Somalie et aussi pour un camp d'entraînement", a-t-il ajouté, selon le compte-rendu.
Il a admis avoir acheté un téléphone portable mais a affirmé qu'il était destiné à un Egyptien appelé Mustaffa qui l'a partagé avec lui.
M. Ghailani a demandé que Khalfan Khamis Mohammed*, qui est emprisonné aux Etats-Unis, soit appelé à témoigner. Mais le chef du tribunal a déclaré qu'il avait rejeté cette demande.
Source : AFP, 23 mars 2007

* Khalfan Khamis Mohamed est un Tanzanien né en 1974 condamné pour sa participation aux attentats de Dar Es Salaam et Nairobi. Arrêté en Afrique du Sud en 1999 et extradé aux USA. En 2000, il a blessé un gardien lors d’une tentative d’évasion de la prison fédérale où il attendait son procès. Il a commencé à purger en 2001 une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Le procureur avait requis la peine de mort...

jeudi 22 mars 2007

Après ceux de Khalid Cheikh Mohamed, les aveux de Walid Ben Attash


Walid Ben Attash, un Yéménite arrêté à Karachi au Pakistan le 30 avril 2003 et ausstitôt livré sans aucune procédure légale aux services US, a reconnu avoir organisé l'attaque contre le destroyer américain USS Cole en 2000 au Yémen. Il soutient également avoir participé aux attentats, en 1998, contre les ambassades américaines en Afrique de l'Est. C’est ce qu’a affirmé lundi 19 mars 2007 le Pentagone.
«J'ai planifié l'opération un an et demi à l'avance», a dit Wallid Ben Attash, via l'officier militaire désigné pour le représenter, lors d'une audience le 12 mars à Guantánamo devant une commission militaire chargée de déterminer son statut de «combattant ennemi», d'après un compte-rendu publié lundi par le ministère américain de la Défense.

Walid Ben Attash, alias Khallad, aurait acheté des explosifs et recruté les deux hommes qui ont fait exploser un canot contre le flanc du navire, dans le port d'Aden (sud du Yémen). Dix-sept marins américains avaient été tués et 38 blessés dans l'explosion. Six islamistes jugés au Yémen, dont un seul avait vu sa peine de mort confirmée en appel, ont été condamnés en 2005 pour leur implication dans l'attentat.
Wallid Ben Attash, dit également avoir servi d'intermédiaire au Pakistan entre le chef d'Al Qaïda, Oussama ben Laden, et le groupe à Nairobi qui a organisé les attentats en 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, faisant au total plus de 200 morts.
Source : http://www.20minutes.fr/article/146633/20070319-Monde-Confessions-en-serie-pour-les-membres-d-Al-Qaida.php