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samedi 16 mai 2009

Bonne nouvelle, mauvaises nouvelles

La bonne nouvelle d'abord.
Lakhdar Boumediene, 42 ans, Mustafa Aït Idir, 38 ans, Mohamed Nechla, 40 ans, Hadji Boudella, 43 ans, Saber Lahmar, 39 ans, et Belkacem Bensayah, 46 ans : ils étaient six Algériens, naturalisés bosniaques, pour services rendus à la cause bosniaque pendant la guerre d'indépendance de cette ancienne république yougoslave. Ils avaient été remis par traîtrise par le gouvernement de Sarajevo à la CIA en 2001. En novembre 2008, un juge fédéral US avait ordonné la libération de cinq d'entre eux. L'un d'eux, Lakhdar Boumediene, vient d'être libéré et d'arriver en France vendredi soir 15 mai, où il est accueilli, ansi que sa femme et ses deux enfants, venus d'Algérie. La nouvelle avait été annoncée par Sarkozy lors du sommet de l'OTAN à Strasbourg, en avril dernier. Lakhdar a mené une grève de la faim depuis décembre 2006 et avait été nourri de force depuis. Il a perdu 20 kg.

Les mauvaises nouvelles ensuite.
Barack Obama a pris deux décisions :

1 - Il vient de demander à son administration de s'opposer à la décision de justice de faire publier 44 photos détenues par le Pentagone sur des sévices exercés sur des détenus en Irak et en Afghanistan. Cette décision faisait suite à une plainte déposée en 2004 par l'ACLU (l'Union des libertés civiles américaine). Le boss du Pentagone et ses généraux avaient dit leur opposition à cette décision. Obama s'est donc exécuté.
2 - Il vient d'annoncer que les tribunaux militaires d'exception (d'une légalité plus que douteuse) mis en place à guantánamo sous Bush II seraient maintenus, ajoutant que les "droits de la défense" seraient améliorés.

C'est ce qu'on appelle "le changement dans la continuité"...

samedi 22 novembre 2008

Un juge US ordonne la libération de cinq Algériens détenus à Guantanamo

Pour la deuxième fois depuis la décision de la Cour suprême fin juin rétablissant l'habeas corpus pour les prisonniers de Guantanamo, un juge civil a ordonné, jeudi 20 novembre, la libération de captifs détenus par les forces américaines sur la base navale de l'île de Cuba.
Le juge fédéral Richard Leon était saisi du cas de six Algériens, Lakhdar Boumediene, 42 ans, Mustafa Aït Idir, 38 ans, Mohamed Nechla, 40 ans, Hadji Boudella, 43 ans, Saber Lahmar, 39 ans, et Belkacem Bensayah, 46 ans. Ils avaient été arrêtés en Bosnie en 2001 et transférés à Guantanamo début 2002. Le magistrat a ordonné la libération des cinq premiers. Il a estimé que le gouvernement n'avait pas réussi à prouver la qualification d'"ennemis combattants" qu'il leur appliquait. Concernant Belkacem Bensayah, il a en revanche estimé qu'il était "probable" qu'il ait prévu de se rendre en Afghanistan pour y prendre les armes contre les forces américaines, apportant un "soutien direct" à Al-Qaida.
Le juge a rendu sa décision à l'issue d'un procès qui a duré sept jours, dont six à huis clos. Le verdict a été rendu en public au tribunal de Washington. Les détenus algériens ont pu l'entendre en direct depuis Guantanamo. C'est la première fois qu'un juge se prononce sur la validité de la qualification d'ennemi combattant. Le 7 octobre, un autre juge, Ricardo Urbina, avait déjà ordonné la mise en liberté de 17 Ouïgours, mais ceux-ci n'étaient plus considérés comme des ennemis combattants par le Pentagone. Les 17 Ouïgours sont toujours en détention, le gouvernement ayant fait appel. Il est vraisemblable que le sort des Algériens ne changera pas davantage. Les juges sont en droit d'ordonner la libération des prisonniers, mais il revient à l'armée d'organiser leur libération. A moins de deux mois de la fin de son mandat, le président George Bush n'a pas l'intention de prendre la responsabilité de libérer des hommes que l'armée juge susceptible de retourner au combat et de tuer des soldats américains.
Quelque 150 dossiers sont encore sur les bureaux de la quinzaine de juges de la cour fédérale de Washington autorisés à examiner les plaintes des détenus de Guantanamo par la dernière décision de la Cour suprême. Celle-ci a étendu les garanties constitutionnelles américaines à la base de Guantanamo, contredisant l'opinion de l'administration Bush, pour qui il s'agit d'une zone de flou juridique.
Corine Lesnes, Le Monde, 22/11/2008