Affichage des articles dont le libellé est Iran. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Iran. Afficher tous les articles

mercredi 15 juillet 2009

Fin de la grève de la faim à Kirklareli, mais...

Fin de la grève de la faim de Saafi Dbouba à son 44ème jour, avec Mansour Edin Keshmiri et Mahmood Shahi
Les autorités turques se sont engagées à améliorer les conditions de détention
Mais le plus important reste sans réponse : les conditions de libération des détenus du Gantanamo turc de Kirklareli
par le CCTE, Paris, 15/7/2009
Nous venons d'apprendre que les grévistes de la faim : Saafi Dbouba (44 jours de GF), Mansour Edin Keshmiri et Mahmood Shahi (15 jours de GF) ont cessé leur mouvement en ce mardi 14 juillet 2009 après la visite que leur a rendue Mr. Mehmet Behzat Cambazoglu, Chef de Sûreté du district de Kirklareli, qui a reconnu que les conditions de détention au Centre de Kirklareli n'étaient pas aux normes et il a agi immédiatement en permettant aux détenus (au nombre d'environ 25) de pouvoir sortir de leurs chambres de 9h du matin à 9h du soir. Il leur a promis de changer le personnel dont les détenus se sont plaints. Il a promis d'améliorer les conditions d'hygiène et de nourriture.
C'est donc une avancée substantielle que les grévistes ont fini par arracher, et qui a motivé leur décision de mettre fin à leur mouvement de grève de la faim.
Néanmoins, un autre chapitre non moins important de leurs revendications reste encore sans solution : Mr Mehmet Behzat Cambazoglu a refusé de leur donner des engagements au sujet de leur sortie du Centre où la plupart sont détenus depuis plus d'un an et sans motif déclaré.
C'est donc une avancée toute relative qu'on vient d'enregistrer, mais qui nous motive pour redoubler nos efforts pour qu'une solution soit trouvée aux détenus du Gantanamo turc de Kirklareli.
Nous en appelons à la mobilisation d'Amnesty International, de HRW, de l'OMCT, de l'ACAT afin de soulever au niveau politique européen et onusien le problème des Gantanamo européens non seulement en Turquie mais aussi en Italie, en Espagne, en France et dans bien d'autres pays européens qui se revendiquent encore de l'Etat de droit : il est urgent de démanteler les Gantanamo et les pratiques d'un autre âge.
mondher.sfar@club-internet.fr

lundi 13 juillet 2009

Grève de la faim dans un guantánamo turc

Quarantième jour de grève de la faim de Saafi Dbouba, Tunisien,
détenu en Turquie au centre de Kirklareli
Deux Iraniens se sont joints à cette grève de la faim depuis dix jours : Mansour Edin Keshmiri (52 ans) et Mahmood Shahi (greffé du rein)
par CCTE, Paris, 11/7/2009
Nous alertons l'opinion internationale sur le sort de nombreux détenus dans le Gantanamo de Kirklareli en Turquie, détenus sans raison, jugés et innocentés par la justice turque, mais sous la menace d'expulsion dans leurs pays. Certains d'entre eux sont sous la protection de l'UNHCR, mais rien n'est fait pour les arracher de leur détention dans des conditions inhumaines et dégradantes.
Le Tunisien Saafi Dbouba est aujourd'hui à son quarantième jour de grève de la faim pour protester contre les conditions de sa détention et se bat pour sortir de cette prison.
M Dbouba, 42 ans, a été membre d'Ennahda depuis 1986. Il a fui son pays en 1992, pour s'installer en Turquie depuis 1996, sans papiers. En juin 2007, il fut arrêté avec de nombreux turcs tous accusés d'appartenance à al Quaida. En janvier 2008, ils sont tous relâchés sauf M. Dbouba, à cause de sa nationalité tunisienne, et menacé d'expulsion. Le CCTE a porté plainte auprès de la Cour Européenne, qui a immédiatement joint au Gouvernement turc de geler toute mesure d'expulsion en Tunisie. Mais cette situation qui dure depuis un an et demi risque de perdurer à l'infini, car peu de pays sont prêts à accueillir ce réfugié du fait des accusations gravissimes dont il est victime.
En réaction à cette situation insupportable et aux conditions inhumaines du Centre de Kirklareli, M. Dbouba a entamé depuis le début de juillet une grève de la faim illimitée.
Cette situation est la même pour de nombreux détenus de Kirklareli qui attendent dans des conditions inhumaines une libération improbable.
C'est le cas notamment de deux Iraniens : Mansour Keshmiri et Mahmood Shahi. Leur cas est encore plus cruel que celui de M Dbouba : ils ont obtenu l'accord de deux pays d'accueil, mais les autorités turques refusent de les relâcher prétextant notamment du fait qu'ils ont déposé une plainte auprès de la Cour européenne : en somme ils sont punis d'avoir porté plainte contre la Turquie. Ils sont en grève de la faim depuis dix jours.
Nous appelons les autorités onusiennes notamment l'UNHCR, et européennes à intervenir pour mettre fin au calvaire des détenus du Gantanamo turc de Kirklareli et de leur trouver un pays d'accueil.
Nous demandons que les autorités turques mettent fin immédiatement aux conditions inhumaines en hygiène, en nourriture et en mesures vexatoires contre les détenus illégaux de Kirklareli.
Nous demandons aux ONG de par le monde d'apporter leur soutien aux grévistes de la faim et de dénoncer les détentions arbitraires dans les Gantanamo turcs.
Merci d'appeler au téléphone cellulaire M Saafi Dbouba au +90 53 99 70 79 44.
Envoyer un mail de soutien à M. Mansour Keshmiri :
mansour_keshmr@yahoo.co.uk
Téléphoner pour soutenir un autre détenu de Kirklareli, Tunisien membre d'Ennahda Malek Shiraheely : +90 53 87 91 40 74.
Source: mondher.sfar@club-internet.fr

vendredi 9 mars 2007

Aveux fracassants de Condoleezza Rice : » Nous nous savons profondément imparfaits »

Les Etats-Unis ont reconnu pour la première fois des imperfections en matière de respect des droits de l'Homme, notamment dans leur réponse aux attentats du 11 septembre 2001. Cet aveu émane d'un rapport annuel sur le sujet publié par le département d'Etat.
"Nous ne publions pas ces rapports parce que nous nous considérons comme parfaits, mais parce que nous nous savons profondément imparfaits", a souligné la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, en présentant ce rapport. "Notre système démocratique doit rendre des comptes, mais il n'est pas infaillible", a ajouté la chef de la diplomatie américaine. Elle n'a pas précisé les imperfections des Etats-Unis mais son adjoint chargé des droits de l'Homme, Barry Lowenkron, a donné des précisions lors de la conférence de presse.
Il a clairement fait allusion aux critiques que l'administration Bush s'est attirée dans sa "guerre contre le terrorisme", notamment sur le centre de détention militaire de Guantánamo , à Cuba. "Nous reconnaissons publier ce rapport à un moment où notre propre bilan et les mesures que nous avons prises pour répondre aux attentats terroristes contre nous, sont mis en doute", a déclaré M. Lowenkron.
Les Etats-Unis ont été largement critiqués, notamment par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, pour le traitement des prisonniers du camp de Guantánamo , où sont détenus sans procès plusieurs centaines de suspects de terrorisme arrêtés depuis la guerre en Afghanistan à la fin de 2001.
Leur pratique des "renditions", les enlèvements de militants islamistes soupçonnés de terrorisme et renvoyés dans des pays tiers où ils risquent la torture, ainsi que l'existence supposée de prisons secrètes de la CIA dans des pays amis pour abriter, voire torturer, des prisonniers soupçonnés de terrorisme, ont également été dénoncées.
Le rapport annuel sur les droits de l'Homme du département d'Etat énumère une "liste noire" de huit pays dans lesquels le pouvoir est resté en 2006 "concentré entre les mains de dirigeants n'ayant aucun compte à rendre": la Corée du Nord, la Birmanie, l'Iran, le Zimbabwe, Cuba, la Chine, le Bélarus et l'Erythrée.

Lire l’introduction du rapport en français
Source : ats , 6 mars 2007

lundi 4 décembre 2006

L’odyssée du citoyen italien Abou Elkassim Britel, victime d’un « transfert extraordinaire » par la CIA, détenu au Maroc

Par statewatch.org, novembre 2006
Depuis plusieurs mois, une commission du Parlement européen présidée par Claudio Fava enquête sur les « transferts extraordinaires » (« extraordinary renditions ») opérées par la CIA à travers toute l’Europe, en dehors de tout cadre légal, de suspects de terrorisme. Un des cas les plus incroyables est celui du citoyen italien d’origine marocaine Abou Elkassim Britel, condamné sans preuves à 9 ans de prison au Maroc. Son épouse et son avocate contnuent à se battre pour obtenir que l’Italie intervienne en faveur de sa libération. Voici l’histoire de Abou Elkassim Britel, telle qu’elle est rapportée par le site britannique statewatch.org, sur la base des documents de la commission d’enquête.
(TLAXCALA)

Francesca Maria Longhi, l’avocate de la défense représentant le Marocain Abou Elkassim Britel, qui a obtenu la citoyenneté italienne en 1999, a fait parvenir des documents à la commission d’octobre du Parlement européen qui enquête sur les « transferts extraordinaires » opérés par la CIA, pour ajouter de nouveaux éléments à ceux fournis lors de sa comparution devant la commission du 14 septembre 2006. Elle a raconté à l’audience l’enlèvement et les interrogatoires subis par Britel au Pakistan, sa déportation au Maroc où il a été torturé, relâché, de nouveau arrêté alors qu’il se rendait en Espagne et où il a été condamné à une peine de neuf ans de prison fondée sur des déclarations obtenues sous la torture et sur des rapports provenant d’Italie selon lesquels il serait impliqué dans des activités terroristes. Malgré une surveillance de deux ans et une longue enquête judiciaire sur ses activités, dont une perquisition et des interceptions téléphoniques, Britel n’avait pas été poursuivi en Italie. Longhi remarque qu’une fois que l’affaire avait été classée, l’accès aux pièces de l’enquête lui avait été accordé, confirmant « avec une clarté absolue les informations qu’[elle] avait données, fondé sur un prcessus déductif lors de [son] témoignage le 14 septembre ». Elle insiste sur le fait que les informations prouvent que « l’autorité judiciaire aussi bien que le ministère de l’Intérieur étaient en coopération constante avec les services secrets étrangers et étaient en permanence au courant de chaque mouvement entrepris par la personne que je représente et de toute action illégale menée à son encontre, plus précisément, depuis sa première arrestation au Pakistan. »

Les documents incluent :

-la requête de classement sans suite émanant du procureur (en du 28 juillet 2006) en raison :
« d’un manque absolu de preuves d’accusation, pouvant être utilisés pendant le procès qui rendraient possible l’affirmation selon laquelle les personnes faisant l’objet d’une enquête ont fait partie d’une organisation terroriste islamiste dont l’objectif était de mener des actions violentes à des fins terroristes ou de subversion de l’ordre démocratique. »
- l’ordre du juge d’ instruction préliminaire décrétant la fin des procédures judiciaires (doc. 9745/06, daté du 29 septembre 2006), parce que :
« les vérifications qui ont été entreprises, les interceptions téléphoniques et les vérifications effectuées sur les comptes bancaires n’ont apporté aucun appui aux allégations ».
Il a également été remarqué que l’enquête était justifiée par des preuves de contact établis avec des suspects trouvés dans des enregistrements téléphoniques, des preuves de fanatisme religieux dans des documents trouvés lorsque la maison de Britel et de sa femme italienne Anna Pighizzini (cette dernière a également fait l’objet d’une enquête) a été perquisitionnée et lorsque des conversations téléphoniques ont été interceptées, tout comme les preuves qui ne pourraient pas être utilisées devant un tribunal, à savoir une note réservée sur sa présence dans un camp d’entraînement paramilitaire en Afghanistan où il aurait souffert de malaria et un rapport selon lequel ses coordonnées ont été trouvées par un journaliste dans un appartement de Kaboul qui a été fréquenté par des membres d’ Al Qaïda. Ils sont décrits comme n’étant « absolument pas » suffisants « pour soutenir l’accusation de sa participation dans l’organisation terroriste Al Qaïda . »
- Un troisième document, datant du 22 mai 2003, une note réservée de l’unité d’opérations spéciales de la police DIGOS, envoyée par le bureau du magistrat du parquet de Bergame pour transmettre les informations « réservées » selon lesquelles Britel a été arrêté aux douanes en traversant la frontière de Melilla « parce qu’il a été identifié dans le passé comme un individu ayant participé au camp d’entraînement paramilitaire en Afghanistan dirigé alors par Al Qaïda. ». La note souligne également « qu’en dépit d’une absence d’éléments revendiquant la participation de Britel dans les fameuses attaques de Casablanca, il est actuellement interrogé. »
Le document est décrit par Longhi comme « éclairant » en référence aux informations qu’elle a envoyées à la commission du 12 juillet 2006 sur l’illégalité de l’arrestation de Britel à la frontière de Melilla et sur les fausses informations apparaissant dans la presse italienne sur cette affaire. En remarquant qu’il existe un grand nombre d’informations nécessitant des explications, elle « espère qu’en ayant clarifié davantage et de manière incontestable ces circonstances sérieuses , l’État italien adoptera enfin une position pour permettre la libération immédiate de l’un de ses citoyens, [qui avait été] reconnu coupable par l’État marocain en vertu des confessions qu’on lui a arrachées par la torture et fondées sur des actions supposées criminelles qui sont survenues de l’interaction entre les services secrets italiens et américains, et celles de pays arabes modérés pour mettre leurs forces de police en condition d’intervenir et certaines opérations préventives ont été remplies de succès. » [souligné dans l’original], selon une déclaration faite par Gianfranco Fini, le vice-Premier ministre du gouvernement Berlusconi, qui a été rapportée dans le journal Corriere della Sera du 21 novembre 2001.

Source

Doc. A 2006 11668 – Documents envoyés par Francesca Longhi à la commission enquêtant sur les transferts extraordinaires, Bergame, 28/10/2006 ; Corriere della Sera, 21/11/2006.


Arrière-fond : le transfert extraordinaire de Britel

Avant de fournir des preuves en septembre, Francesca Maria Longhi a envoyé un grand nombre de documents à la commission du Parlement européen en apportant des détails sur le transfert extraordinaire et ses circonstances.
Ils comprennent une chronologie des évènements apportés par la femme de Britel, fondée sur le propre compte-rendu que lui en a fait Britel lorsqu’elle l’a vu en mars 2003, et sur ses efforts déchirants pour obtenir les informations ci-dessous :

Britel a pris l’avion pour l’Iran de Rome le 17 juin 2001 et a rencontré des difficultés à la suite des attaques terroristes du 11 septembre 2001, de la militarisation de la région et de la guerre qui a suivi en Afghanistan. Il a été arrêté le 10 mars 2002 lors d’un contrôle d’identité à Lahore (Pakistan) et emmené au commissariat « Garden Town » où son passeport était considéré (à tort) comme faux, il a été ainsi torturé, attaché et enchaîné. Dix jours plus tard, il a été emmené au Département d’enquête criminelle (Crime Investigation Department) à Lahore pour cinq jours d’interrogatoires accompagnés de mauvais traitements, de violences et de privation de sommeil. Ramené à la police et ensuite au Service secret pakistanais, il a été de nouveau torturé lors de deux interrogatoires début avril, au cours d’un desquels, il a admis deux éléments qu’il était obligé de déclarer sous la pression.

Il a été transféré le 5 mai à Islamabad pour être interrogé par le FBI dans une villa à quatre reprises. Les Américains lui ont promis de l’argent en échange d’informations concernant Oussama Ben Laden et l’ont autorisé à rencontrer l’ambassadeur marocain, alors que l’accès aux autorités diplomatiques italiennes, ce qu’il demandait constamment, lui étaient refusées depuis son arrestation.

Le 24 mai, on lui a bandé les yeux, on l’a menotté et emmené dans un avion privé usaméricain vers Rabat (Maroc). Une fois là-bas, il a été conduit dans un centre de détention non-officiel à Temara, où la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) garde des prisonniers dans des conditions illégales, où ceux-ci ne peuvent pas avoir de contacts avec des avocats, ni avec leur famille, et où des abus comme l’usage régulier de la torture et de l’isolement ont été rapportés par des organisations de défense des droits humains.

Le 11 février 2003, il a été emmené à Kénitra dans sa famille et a été relâché après une série de questions et d’interrogatoires approfondis sur ses activités, aucune charge n’a été retenue contre lui. Néanmoins, son passeport ne lui a pas été rendu. Le 26 février, Anna Pighizzini s’est rendue au Maroc pour enfin voir son mari et l’a trouvé en mauvaise condition physique. Un responsable de la DST le garde sous son contrôle par des coups de téléphone et des visites régulières, en lui mettant la pression pour qu’il collabore avec eux sur son retour en Italie et pour qu’il rentre en Italie illégalement, en utilisant de faux papiers. Après son retour en Italie a la mi-mars (il est resté plus longtemps au Maroc), Britel a expliqué par téléphone qu’il était sous pression pour obtenir de faux papiers mais qu’il ne voulait rien faire d’illégal. Le 4 avril, Britel lui a affirmé que l’ambassade italienne était d’accord pour lui remettre un passeport afin qu’il retourne en Italie. Sa femme est retournée au Maroc, et il lui a expliqué qu’il était peu probable qu’il soit autorisé à partir en Italie en avion puisqu’il n’avait pas de visa. L’ambassade italienne lui a expliqué qu’il était impossible de l’accompagner à l’aéroport et il envisageait de partir de la frontière marocco-espagnole Nador/Melilla. Il a reçu un passeport le 12 mai et dans l’après midi, il a emprunté un bus en partance pour Nador. Le 15 mai, il a appelé pour déclarer que la police espagnole et marocaine ne le laisseraient pas passer, et il a ensuite affirmé qu’il avait trouvé quelqu’un qui l’aiderait à traverser la frontière.

Ce fut leur dernier contact et le lendemain les attaques terroristes de Casablanca ont eu lieu. Le 17 mai, la télévision espagnole a rapporté qu’un italo-marocain traversant la frontière de Melilla avait été arrêté. Le 19 mai, un journal marocain a publié son nom et sa date de naissance en prétendant qu’il avait été arrêté avant les attaques comme une personne qui aurait pu être en contact avec Al Qaïda. La femme de Britel s’est rendue au consulat italien de Rabat qui n’avait reçu aucune information et elle a engagé un avocat qui l’a également informée qu’il était impossible pour l’instant d’obtenir plus d’information. Elle s’est ensuite rendue au ministère de la Justice marocain pour enquêter sur le lieu où se trouvait son mari et on lui a affirmé le 29 mai que « [son] mari n’était pas en état d’arrestation », une déclaration à laquelle elle a réagi en affirmant qu’il était illégalement arrêté sans que personne ne le sache. Elle a été encouragée à porter plainte, ce qu’elle a fait, et on lui a répondu qu’une enquête serait menée. Après son retour en Italie le 6 juin 2006, elle a adressé une lettre au ministère de la Justice marocain et par la suite à plusieurs autres ministères marocains. Son avocate, Melle Longhi, a adressé une lettre demandant des informations au procureur général marocain.
Une correspondance approfondie entre Longhi et les tribunaux italiens dans laquelle l’avocate demande que les enquêtes judiciaires sur les activités de son client cessent (1 er avril 2004), souligne que :
- Du 25 mai 2002 au 11 février 2003, et de nouveau du 16 mai 2003 au 10 septembre 2003, Britel a été emmené illégalement à Temara, un centre accusé par les ONG y compris par Amnesty International et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) d’être un lieu où les interrogatoires, la détention secrète et la torture sont pratiqués.
- Le 3 octobre 2003, une peine de 15 ans de prison a été prononcée contre Britel à Rabat pour des crimes terroristes avant d’être réduite à neuf ans en appel le 7 janvier 2004.
- Considérant que le procès était sommaire et qu’il enfreignait à plusieurs reprises les normes positives et de procédure de la loi marocaine, y compris le rejet par le tribunal des textes qui appuyaient la cause du prévenu et l’utilisation de confessions obtenues sous la torture et les mauvais traitements.
- Considérant le fait que Britel faisait l’objet d’une enquête en Italie et que les rapports des journaux avaient été des éléments importants en faveur des charges retenues contre lui au Maroc, bien que l’enquête ait échoué à retenir des charges contre lui, et que les rapports des journaux étaient parfois inexacts.

Original : http://www.statewatch.org/news/2006/nov/01italy-abu-omar-britel.htm
Traduit de l’anglais par Florence Razimbaud et révisé par Fausto Giudice, membres de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
URL de cet article :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1689&lg=fr