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mardi 25 mars 2008

La Cour suprême canadienne entendra les avocats d'Omar Khadr

Les avocats d'Omar Khadr, un jeune Canadien qui doit être jugé à Guantanamo pour terrorisme, vont demander mercredi à la Cour suprême du Canada l'accès à des documents détenus par Ottawa, et contesteront la légalité internationale des procédures américaines.

La plus haute instance judiciaire canadienne entendra les avocats d'Omar Khadr et des organisations de défense des droits de l'Homme lors d'une audience mercredi, après avoir rejeté la semaine dernière une motion du ministère canadien de la Justice.Les autorités canadiennes contestaient la requête des avocats d'Omar Khadr estimant qu'un tribunal canadien n'avait pas l'autorité pour évaluer des décisions d'une cour américaine.
Le Canadien Omar Khadr avait 15 ans lorsqu'il a été arrêté par l'armée américaine en Afghanistan en juillet 2002. Il est accusé d'avoir fabriqué des explosifs et d'avoir tué un soldat lors de son arrestation. Son procès devant un tribunal militaire américain, qui devait s'ouvrir en mai, a été repoussé à l'été.Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 21 ans, est détenu depuis cinq ans sur la base navale américaine de Guantanamo (Cuba) où il est le seul ressortissant d'un pays occidental à ne pas avoir été libéré.Dans des documents publics remis en cour, l'Association des libertés civiles de Colombie-Britannique (BCCLA) estime que le Canada doit divulguer tous les éléments du dossier qui pourraient contribuer à assurer la défense du jeune homme à Guantanamo.
Certains éléments demeurent censurés pour des raisons de sécurité nationale selon les autorités.Le service canadien du renseignement de sécurité (CSIS) a interrogé Omar Khadr à Guantanamo et a échangé des éléments d'informations sur ce dernier avec les autorités américaines.«Nous voulons savoir ce qui s'est passé à cette période et ce qui a été communiqué au Canada pour justifier sa détention à Guantanamo», a déclaré à l'AFP, Nathan Whitling, un avocat canadien d'Omar Khadr.
Dans une déclaration sous serment rendue publique par l'armée, Khadr a dit avoir espéré de l'aide des Canadiens venus le voir. «Je leur ai montré mes blessures et leur ai dit que ce que j'avais déclaré aux Américains n'était pas vrai (...) que j'avais dit aux Américains ce qu'ils voulaient me faire dire car autrement ils m'auraient torturé», a expliqué le jeune homme, ajoutant que ses interlocuteurs canadiens lui avaient dit qu'ils ne pouvaient rien faire pour lui.
Le gouvernement canadien n'a pas demandé aux Etats-Unis son rapatriement en dépit des demandes répétées de l'opposition, d'organisations de défense des droits de l'Homme et de personnalités, dont l'ancien ministre de la Justice français Robert Badinter.
En vertu de la Convention internationale des droits de l'enfant, Omar Khadr doit être considéré comme «une victime» et non pas «un combattant» des forces qui l'ont recruté, la convention fixant à 18 ans l'âge minimum du recrutement militaire, font valoir ses défenseurs.
La famille d'Omar Khadr a défrayé la chronique au cours des dernières années pour ses liens présumés avec al-Qaïda. Son père Ahmed Said Khadr a été tué en 2003 lors de combats avec les forces pakistanaises et est accusé par la justice américaine d'avoir encouragé son fils à rejoindre l'organisation d'Oussama ben Laden.Au terme de l'audience de mercredi, la Cour suprême du Canada devrait mettre son jugement en délibéré. Les avocats d'Omar Khadr s'attendent toutefois à une décision avant l'ouverture de son procès à Guantanamo.Mais l'intéressé n'attend pas grand chose de cette procédure. «Nous tentons d'insuffler un peu d'espoir chez lui. Mais il en a très peu, voire pas du tout», a déclaré Me Whitling.
Source : AFP, 24 mars 2008

mercredi 25 avril 2007

Omar Khadr, détenu canadien à Guantánamo , inculpé pour meurtre

Omar Khadr, le seul détenu canadien de Guantánamo , arrêté en Afghanistan à l'âge de 15 ans, a été officiellement inculpé mardi de meurtre et de soutien au terrorisme et devrait comparaître cet été devant un tribunal militaire d'exception.
Une audience devra être organisée d'ici à 30 jours pour signifier à l'accusé les charges qui pèsent contre lui et lui demander s'il plaide coupable ou non. Le procès est prévu d'ici à quatre mois, a expliqué le Pentagone.
Agé aujourd'hui de 20 ans, Omar Khadr comparaîtra pour meurtre, tentative de meurtre, complot, soutien au terrorisme et espionnage. L'accusation a précisé qu'elle ne demanderait pas la peine de mort.
Le jeune homme est le deuxième détenu traduit devant un tribunal d'exception selon la loi promulguée à l'automne et fortement contestée, notamment à l'étranger. Le premier jugé, l'Australien David Hicks, a écopé de 9 mois de prison après avoir plaidé coupable de soutien à une entreprise terroriste.
Né au Canada, Omar Khadr est le fils d'un ingénieur d'origine égyptienne, Ahmed Said Khadr, considéré par les autorités américaines comme l'un des financiers d'Al-Qaïda et tué en octobre 2003 par un assaut pakistanais contre des combattants de l'organisation terroriste.
Encore enfant, Omar a suivi son père au Pakistan puis en Afghanistan. En 2002, peu après l'invasion américaine, alors qu'Omar avait 15 ans, son père l'avait confié à un groupe de militants près de Khost.Selon l'acte d'accusation, qui ne fait aucune mention de son âge, Omar Khadr a alors suivi une formation intensive auprès d'un combattant d'Al-Qaïda, qui lui a notamment appris le maniement des armes et des explosifs.
A partir de juin 2002, l'adolescent a espionné les convois américains afin de placer des engins explosifs sur leur passage, poursuit l'accusation. Et le 27 juillet, quand les troupes américaines ont attaqué le bastion terroriste où il se trouvait, il a riposté en lançant une grenade.
L'explosion a mortellement blessé le sergent Christopher Speer, précise l'accusation. L'opération, au cours de laquelle un bombardement aérien a presque rasé le village, a fait de nombreux morts parmi les habitants, selon les avocats d'Omar Khadr, qui a lui-même été blessé et perdu un oeil.
Les défenseurs des droits de l'homme se sont élevés contre la détention du jeune homme, qui était mineur au moment des faits mais a été traité comme un adulte, subissant notamment les mêmes techniques d'interrogation et d'isolement.
Il ne bénéficie cependant pas du même soutien au Canada que David Hicks en Australie. Sa mère et sa soeur sont retournées y vivre, mais son frère Abdullah y est détenu sur des accusations de liens avec le terrorisme.
Début avril, les avocats de M. Khadr et ceux du Yéménite Salim Ahmed Hamdan, qui devrait être le prochain inculpé, ont imploré la Cour suprême américaine d'examiner leur affaire pour déterminer avant leur procès s'ils sont ou non protégés par la Constitution, notamment en matière de droits de la défense.
Les avocats contestent notamment le fait que les tribunaux d'exception autorisent l'accusation à recourir à des témoignages indirects ou obtenus sous la contrainte.Le centre de détention de Guantánamo compte actuellement environ 385 détenus: 60 à 80 d'entre eux doivent être traduits devant un tribunal spécial, et 85 renvoyés dans leur pays. Rien n'a été défini pour les plus de 200 autres que le gouvernement ne prévoit pour l'instant ni d'inculper ni de libérer.
Source : AFP, 24 avril 2007