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jeudi 10 juillet 2008

«Nous n'avions aucun droit, pas même celui de faire la grève de la faim!»

GUANTANAMO. Sami Mohieldin El Haj, journaliste à Al-Jazira, a passé six ans et demi dans les geôles américaines sur l'île de Cuba. Libéré début mai, il est venu à Genève témoigner de son calvaire devant les Nations unies.

Par Caroline Stevan, Le Temps, 27 juin 2008


Sami Mohieldin El Haj, 39 ans: Les geôliers américains «nous empêchaient de dormir, laissaient la lumière tout le temps allumée, nous mettaient dans des cellules glacées. (...) Ils piétinaient le saint Coran, nous dénudaient ou encore nous humiliaient sexuellement». (photo: Keystone)




Costume-cravate impeccable par 30 degrés, lunettes cerclées d'or, canne à pommeau. Sami Mohieldin El Haj a l'air d'un gentilhomme. Il y a deux mois encore, il figurait pourtant parmi «les pires des pires», les détenus de Guantanamo en pyjama orange. Le Soudanais a été arrêté fin 2001 alors qu'il effectuait un reportage à la frontière afghano-pakistanaise pour la chaîne de télévision qatariote Al-Jazira.

Détenu durant six ans et demi sans aucun motif d'inculpation, le journaliste est de passage à Genève afin de plaider sa cause auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme. Une procédure y est en cours, grâce à la fondation Alkarama, pour faire reconnaître le caractère arbitraire de son emprisonnement, prémices à une action pénale.

Le Temps: Parlez-nous des circonstances de votre arrestation en 2001; était-ce lié à votre travail de journaliste?

Sami Mohieldin El Haj: J'ai quitté Doha – où je travaillais pour Al-Jazira depuis deux années – en octobre 2001 afin de couvrir la guerre américano-afghane et la chute des talibans. J'ai été arrêté le 15 décembre 2001 à la frontière pakistanaise, alors que tous mes papiers étaient en règle. Les interrogateurs eux-mêmes m'ont dit que ça devait être une erreur, que je serais libéré très vite. En réalité, j'ai été arrêté et emprisonné aussi longtemps parce que je travaillais pour Al-Jazira et que les Américains n'apprécient pas la façon dont cette chaîne couvre les événements.

– N'avez-vous pas rencontré, dans le cadre de votre enquête, des talibans ou des membres d'Al-Qaida?

– Si, j'ai interviewé Abu Hafs, considéré comme le numéro trois d'Al-Qaida, mais je suis sûr que ma capture n'a aucun rapport. J'ai rencontré en Afghanistan des gens de toutes opinions, c'est mon travail. Et si j'avais pu parler à Ben Laden, je l'aurais fait! Durant ces six ans et demi de prison, j'ai été interrogé plus de 200 fois: 95% des questions tournaient autour d'Al-Jazira. On m'a même proposé de travailler comme espion pour les services secrets américains au sein de ma télévision.

– Vous avez été transféré à Guantanamo en juin 2002. Quelles ont été vos conditions de détention?

– Nous étions isolés, maltraités et sans aucun droit, pas même celui de faire la grève de la faim! J'en ai fait plusieurs – la dernière a duré de janvier 2007 à mai 2008, date de ma libération – mais on m'enfilait des tuyaux dans le nez pour me forcer à ingurgiter des quantités énormes de nourriture qui provoquaient vomissements et diarrhées. Et pendant ce traitement, j'étais attaché sur une chaise, dans l'impossibilité de bouger. Sinon, ils nous empêchaient de dormir, laissaient la lumière tout le temps allumée, nous mettaient dans des cellules glacées, nous enveloppaient de drapeaux américains et israéliens, piétinaient le saint Coran, nous dénudaient ou encore nous humiliaient sexuellement.

– Vous marchez avec une canne. Est-ce dû à un mauvais traitement?

– On m'a fait sauter dans l'avion durant un transfert à la prison de Bagram. Je me suis déchiré les ligaments du genou. Les punitions – comme se tenir accroupi des heures durant – ont fait ensuite que je n'ai jamais pu guérir.

– Qu'est-ce qui vous a permis de tenir durant ces six années et demie?

– Les journalistes doivent comprendre qu'ils ont une mission. Quand je suis parti en octobre 2001 pour couvrir cette guerre, j'ai laissé mon fils d'un an et ma femme en sachant que je pouvais recevoir une balle. J'étais conscient du danger. Ensuite, en détention, je me suis dit que j'étais là comme témoin, que je devais me souvenir de tout pour ensuite pouvoir le raconter.

– Avez-vous eu des contacts avec votre famille, avec un avocat durant la détention?

– J'ai eu accès à un avocat à la mi-2005, un Britannique qui se bat énormément pour les prisonniers de Guantanamo. Quant à ma famille, j'ai eu quelques contacts grâce au CICR (Comité international de la Croix-Rouge), mais les lettres arrivaient de façon irrégulière, souvent avec six mois de retard, parfois deux ans.

– Comment expliquez-vous votre libération?

– Il y a eu une immense mobilisation d'ONG et de journalistes, une procédure en cours devant l'ONU. Cela a dû mettre la pression sur les Etats-Unis.

– Comment vivez-vous aujourd'hui?

– J'ai repris le travail à Al-Jazira. Nous avons créé un département droits humains que je dirige. Je vais aussi travailler sur un livre ou un documentaire consacré à ce que j'ai subi. Je ne pourrai oublier Guantanamo que le jour où il sera fermé. Il reste 269 personnes enfermées là-bas. Certaines sont devenues folles.

dimanche 11 mai 2008

Sami Al Haj de retour au Soudan

Sami Al Haj, le caméraman d'Al Jazeera, été rapatrié avec deux autres détenus soudanais à Khartoum le 2 mai. Voici le compte-rendu d'Al Jazeera sur sa libération :
Sami al-Hajj, le caméraman d'Al Jazeera, critique avec virulence le traitement infligé aux détenus de la prison militaire de Guantanamo Bay, prison dans laquelle il a été emprisonné pendant près de 6 ans et demi.
Sami al-Hajj raconte que « les rats sont traités avec plus d'humanité » que les prisonniers dont « la dignité humaine est violée ». Sami Al-Hajj, arrivé au Soudan tôt vendredi 2 mai, est sorti du jet des Forces de l'Air américain sur un brancard et a été envoyé immédiatement à l'hôpital.
Son frère, Asim al-Hajj, dit qu'il ne reconnaissait pas le caméraman qui avait l'air d'avoir 80 ans. Mais dit Sami, « J'ai eu de la chance car Dieu a permis que je sois libéré ». Ses préoccupations se sont bientôt revenues vers les 275 prisonniers laissés derrière lui dans la prison militaire de Guantanamo.
Dignité violée
« Je suis très heureux d'être au Soudan mais je suis très triste à cause de la situation de nos frères restés à Guantanamo. Les conditions y sont très très mauvaises et elles empirent chaque jour » raconte-t-il de son lit d'hôpital. « Notre condition humaine, notre dignité humaine ont été violées et l'administration américaine a perdu toutes les valeurs humaines, toutes les valeurs morales, toutes les valeurs religieuses ».
« Les rats sont mieux traités que nous à Guantanamo. Il ya des gens de plus de 50 pays qui sont totalement privés de leurs droits et privilèges. Ils ne leur donnent même pas les droits qu'ils donnent aux animaux » dit-il. Al-Hajj s'est plaint que durant plus de sept ans, les prisonniers n'ont même pas été amenés devant un tribunal civil afin de défendre leur cause. Un homme libre L'ambassade des Etats-Unis à Khartoum a délivré une brève déclaration confirmant qu'un « transfert de prisonnier » au Soudan avait eu lieu et ajoutant que la coopération du Soudan avait été appréciée.
Un haut responsable de la défense américaine à Washington parlant sous condition d'anonymat a dit à Reuters qu'al-Hajj « n'était pas libéré mais simplement transféré au gouvernement soudanais ».
Mais le ministre de la justice du Soudan a dit à Al Jazeera qu'al-Hajj était un homme libre et qu'il ne serait ni arrêté ni mis en accusation.
Deux autres détenus soudanais de Guantanamo, Amir Yacoub al-Amir et Walid Ali, ont été libérés en même temps que Sami al-Hajj. Ils racontent qu'ils ont eu les yeux bandés, qu'ils étaient menottés et enchaînés à leurs fauteuils pendant leur vol de retour.
L'organisation Reprieve qui représente certains prisonniers de Guantanamo, rappore que le prisonnier marocain Said Boujaadia avait également été libéré et qu'il a pris le même vol que les trois soudanais. Sami al-Hajj était le seul journaliste appartenant à une grande organisation d'information internationale détenu à Guantanamo et beaucoup de personnes qui le soutenaient voyaient dans sa détention une forme de punition par rapport aux contenus des émissions diffusées.
Capturé en 2001
Il a été capturé par des officiers de renseignement pakistanais alors qu'il voyageait près de la frontière afghane en décembre 2001. Malgré le fait qu'il détenait un visa légal pour travailler pour la chaîne en arabe d'Al Jazeera en Afghanistan, il a été remis à l'armée américaine en janvier 2002 et envoyé à Guantanamo Bay. Al-Hajj qui est soudanais a été détenu en tant que « combattant ennemi » et ce, sans jamais avoir été mis en accusation ni été passé en jugement. Al-Hajj n'a jamais été poursuivi à Guantanamo ce qui fait que les Etats-Unis n'ont pas rendu publique toutes les allégations contre lui.
Audition qui a déterminé qu'il était bien un combattant ennemi, des officiels américains ont prétendu que dans les années 90, al-Hajj avait été cadre supérieur d'une compagnie de boissons basée au Qatar qui apportait un soutien aux combattants musulmans en Bosnie et en Tchétchénie.
Les Etats-Unis prétendaient aussi qu'il était allé au moins huit fois en Azerbaïdjan pour apporter de l'argent de la part de ses employés à la Fondation Islamique al-Haramain, une organisation aujourd'hui disparue qui selon les Etats-Unis finançaient des groupes armés.
Les Etats-Unis ont également prétendu qu'il avait rencontré Mamdouh Mahmud Salim, un prétendu lieutenant supérieur d'Osama Ben Laden qui avait été arrêté en Allemagne en 1998 puis extradé aux Etats-Unis. Les avocats de Sami al-Hajj ont toujours nié ces allégations.
Un élément de racisme
Sami al-Hajj était en grève de la faim depuis le 7 janvier 2007. David Remes, un avocat pour 17 prisonniers de Guantanamo Bay, a raconté à Al Jazeera que le traitement appliqué à Sami al-Hajj « était plus terrible que pour la plupart des autres et qu'il y avait un élément de racisme dans la façon avec laquelle il avait été traité. Il dit qu'il avait été en contact avec l'avocat d'al-Hajj et qu'il semblait que le caméraman a été « détérioré psychologiquement ». « Les Européens n'auraient jamais été traités de la sorte » dit Remes.
Environ 275 prisonniers sont encore à Guantanamo et l'avocat dit que les prisonniers européens étaient tous retournés dans leurs pays, laissant derrière eux des détenus d'autres nationalités comme les Yéménites qui constituent un tiers de la population des prisonniers. Remes raconte qu'al-Hajj avait été libéré parce que l'administration Bush « veut vider autant d'hommes que possible hors de Guantanamo aussi rapidement que possible...étant donné que Guantanamo est devenu un tel symbole international de honte ». « Quand la Cour Suprême a dit que les hommes pouvaient avoir des avocats, la pression sur les Etats-Unis a augmenté et la condamnation a isolé l'administration américaine. Guantanamo a été un désastre pour les relations publiques » dit-il. « Malheureusement, les Américains sont sensibles aux violations des droits mais n'ont aucune sympathie pour les hommes détenus à Guantanamo étant donné que l'administration Bush a réussi à les dépeindre comme étant les pires des pires personnes malfaisantes ».
« J'ai rencontré beaucoup de prisonniers et ai été amené à reconnaitre leurs souffrances...nous les reconnaissons en tant qu'êtres humains, pas les pires des pires et nous avons rencontré leurs familles. J'ai été à Guantanamo et la dimension humaine de Guantanamo est une histoire qui reste encore à être racontée » dit Remes.
Inquiétudes et sollicitude d'Al Jazeera
Al Jazeera a fait campagne pour la libération de Sami al-Hajj et ce, depuis sa capture il y a près de six ans et demi. Wadah Khanfar, le directeur-général de la chaîne qui était à Khartoum pour souhaiter la bienvenue à Sami, a dit : « nous sommes fou de joie ». Mais il a critiqué l'armée américaine qui fait pression sur al-Hajj afin qu'il espionne ses employés. « La façon avec laquelle les Américains ont traité Sami al-Hajj nous préoccupe ainsi que la façon avec laquelle ils pourraient aussi traiter tous les autres » dit-il. « Sami continuera avec Al Jazeera, il continuera comme un professionnel qui a fait de formidables boulots durant son travail à Al Jazeera. Nous félicitons sa famille et tous ceux qui connaissaient et aimaient Sami et qui ont travaillé pour ce grand moment ».
Source : http://english.aljazeera.net/English, 2 mai 2008
Traduction de l'anglais : Ana Cléja

vendredi 9 mai 2008

Sami Al Haj commence à parler

par Nicolas Bourcier et Mouna Naïm (à Beyrouth), Le Monde, 8 Mai 2008

Le cameraman soudanais de la chaîne qatarie Al-Jazira, Sami Al-Haj, libéré la semaine dernière après six années d'incarcération sur la base américaine de Guantanamo, a dénoncé, lundi 5 mai, dans une de ses premières déclarations publiques depuis son arrivée à Khartoum, des conditions de détention particulièrement difficiles. L'homme, visiblement affaibli, s'est exprimé en direct à la télévision soudanaise à l'occasion d'une fête officielle et populaire organisée en son honneur.
Sami Al-Haj a déclaré avoir subi 130 séances d'interrogatoire, dont 95 consacrées à son travail et à la chaîne qatarie Al-Jazira. Certains geôliers lui auraient demandé de trahir son employeur et de devenir un espion. Mais, dit-il, "j'ai compté sur Dieu" dans la résistance aux pressions.
Le journaliste a poursuivi en indiquant avoir été soumis à la torture physique et morale. Il a affirmé avoir vu de ses propres yeux comment des soldats ont déchiré le Coran, l'ont souillé, l'ont foulé aux pieds avant de s'asseoir dessus. Il a souligné les avoir observés lorsqu'ils frappaient des prisonniers en des points sensibles du corps.
Vendredi, quelques heures après son arrivée dans la capitale soudanaise, Sami Al-Haj avait affirmé depuis sa chambre d'hôpital que les prisonniers de Guantanamo "étaient privés de prière et qu'il y avait des insultes délibérées contre le livre saint". Il précisait que "la situation était très mauvaise et qu'elle empirait chaque jour un peu plus".
AUCUNE INCULPATION
Arrêté en décembre 2001 à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan par les forces de sécurité pakistanaises, Sami Al-Haj avait été livré un mois plus tard à l'armée américaine, avant d'être transféré sur la base de Guantanamo le 13 juin 2002. D'après Reprieve, une association de défense des droits de l'homme britannique qui représente une trentaine de détenus de Guantanamo, les autorités militaires américaines l'ont accusé d'avoir réalisé une interview d'Oussama Ben Laden. Dans un communiqué, l'organisation a indiqué que cette charge était sans fondement.
Aucune inculpation n'a été prononcée contre Sami Al-Haj à Guantanamo. Lors d'une audition qui devait le qualifier d'"ennemi combattant", des responsables américains ont prétendu qu'il avait travaillé, dans les années 1990, dans une entreprise alimentaire basée au Qatar qui soutenait des combattants musulmans en Bosnie et en Tchétchénie. Ils l'ont également accusé d'avoir rencontré Mamdouh Mahmud Salim, un proche lieutenant de Ben Laden arrêté en Allemagne en 1998 et extradé aux Etats-Unis.
Interrogé par l'Agence France-Presse, le frère du cameraman s'est dit préoccupé par son état de santé. "Nous ne pouvons pas croire que c'est la même personne. Il a la trentaine et il en paraît quatre-vingt-dix", a souligné Issam Al-Haj. Selon Clive Stafford Smith, un des avocats de Sami Al-Haj et responsable de Reprieve, son client, qui avait entamé une grève de la faim le 7 janvier 2007 pour protester contre sa détention, a perdu 18 kilos, souffre de graves problèmes intestinaux et est sujet à des crises de paranoïa.
A Washington, un porte-parole du Pentagone, le commandant Jeffrey Gordon, avait justifié vendredi l'incarcération du cameraman en indiquant que "la décision de le détenir était étayée par des renseignements aussi bien classifiés que publics".
"Le transfert est une démonstration de la volonté des Etats-Unis de ne pas retenir des détenus plus longtemps que nécessaire", a ajouté le Pentagone dans un communiqué, qui précise que 65 autres détenus de Guantanamo sont "éligibles" pour un transfert ou une libération.
Depuis 2002, plus de 500 détenus de Guantanamo ont été transférés vers leur pays d'origine. Quelque 275 y sont toujours incarcérés.

mercredi 13 juin 2007

Le caméraman soudanais Sami Al Haj entame sa sixième année de détention à Guantánamo

Le 13 juin 2007, le caméraman soudanais d’Al Jazira, Sami Al Haj, aura passé cinq ans de détention, sans charges ni procès, sur la base militaire américaine de Guantanamo (Cuba). Reporters sans frontières, qui a rencontré la famille du journaliste au Soudan, le 19 mars dernier (cf. communiqué du 28 mars 2007 incluant une vidéo de l’entretien), rappelle que cette détention est inconstitutionnelle et contraire au droit international. L’organisation plaide une nouvelle fois pour la fermeture du camp de Guantanamo, qui représente l’un des plus grands scandales juridiques et humanitaires de ces dernières années.
“Comment le gouvernement des États-Unis ose-t-il faire la leçon à d’autres pays sur les droits de l’homme quand lui-même ne les respecte pas et bafoue ses propres principes constitutionnels ? Par deux fois, la Cour suprême a déclaré inconstitutionnelle la détention des présumés ‘ennemis combattants’ à Guantanamo. Le 7 juin dernier, le Comité judiciaire du Sénat s’est prononcé en faveur d’une ‘restauration’ de l’Habeas Corpus, applicable à ces prisonniers et impliquant leur comparution devant des juridictions civiles et non pas militaires. Enfin, le 11 juin, une cour d’appel fédérale, statuant sur le cas d’un individu détenu en Caroline du Sud, a rappelé que le Président n’avait pas le pouvoir d’ordonner à l’armée de l’arrêter et de le détenir indéfiniment. Les textes et la jurisprudence imposent la libération de Sami Al Haj”, a déclaré Reporters sans frontières.
Assistant caméraman de la chaîne qatarie Al Jazira, père d’un petit garçon, Sami Al Haj a été arrêté à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan par les forces de sécurité pakistanaises en décembre 2001. Accusé sans la moindre preuve d’être à la solde d’Al Qaïda alors qu’il effectuait son travail, le journaliste a été livré le 7 juin 2002 à l’armée américaine, qui l’a transféré le 13 juin suivant à Guantanamo. Il n’a jamais fait l’objet de la moindre inculpation depuis.
Mauvais traitements, sévices et privation de contact avec sa famille ont été le lot quotidien de Sami Al Haj pendant cinq ans. Selon les dernières nouvelles rapportées par son avocat, Clive Stafford Smith - lui-même menacé à une époque par les autorités du camp -, le journaliste a tenté de faire valoir ses droits et entamé une grève de la faim en janvier dernier (cf. communiqué du 6 mars 2007). En représailles, ses geôliers l’ont nourri de force.
La Cour suprême, saisie par les avocats des 380 prisonniers du camp, a déjà établi à deux reprises le caractère inconstitutionnel de leur détention, ainsi que celui des tribunaux militaires chargés de les juger. Un projet de loi garantissant l’application des droits constitutionnels aux présumés “ennemis combattants” de Guantanamo, avalisé le 7 juin 2007 par le Comité judiciaire du Sénat, doit à présent être débattu et voté au Congrès. Malgré ces avancées, le gouvernement fédéral continue de prétendre que les lois des États-Unis ne concernent pas des personnes emprisonnées hors du sol américain, dont la base de Guantanamo fait partie.
Il y a plus de 16 ans, Reporters sans frontières mettait en place le " parrainage " et appelait les médias internationaux à soutenir un journaliste emprisonné. Plus de 200 rédactions dans le monde soutiennent ainsi un confrère en demandant régulièrement sa libération aux autorités concernées et en médiatisant sa situation pour que son cas ne tombe pas dans l’oubli.
Sami Al Haj est ainsi soutenu par des médias espagnols, La Sexta, IPS-Comunica, La Voz del Occidente, Colexio de Xornalistas de Galicia, et canadiens, Corriere Canadese, Atlas media, Magazine de Saint-Lambert, Mouton Noir, CIBL, Radio Canada Sudbury.
Source : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=22515

vendredi 30 mars 2007

RSF rencontre la famille de Sami Al Haj à Khartoum

Cuba semble être devenu par les hasards de l'histoire une terre de non droit. Le gouvernement cubain emprisonne opposants et journalistes après un simulacre de procès. Le gouvernement américain utilise la base de Guantanamo (louée à Cuba depuis 1903 avec un bail qui ne peut être résilié sans l'accord des deux parties) pour en faire un zone américaine de non droit, où sont détenus des prisonniers sans jugement.
Le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, a rencontré, le 19 mars 2007 à Khartoum, capitale du Soudan, le frère, la soeur et la cousine de Sami Al-Haj, assistant cameraman de la chaîne privée qatarie Al-Jazira.
Arrêté par les forces armées pakistanaises à la frontière afghane en décembre 2001, il est détenu depuis le 13 juin 2002 par l'armée américaine à la base de Guantanamo (Cuba). Ses proches ont discuté pendant une trentaine de minutes avec une délégation de Reporters sans frontières au siège du Khartoum Center for Human rights and Environmental development (KCHRE), une organisation locale de défense des droits de l'homme.
Robert Ménard a fait part de la solidarité de l'organisation avec la famille du journaliste incarcéré. Il a par ailleurs assuré ses proches que Reporters sans frontières continuerait à mener une campagne active pour obtenir sa remise en liberté. Il leur a enfin demandé s'ils avaient des nouvelles, et s'est engagé à relayer l'appel qu'ils souhaitaient lancer pour réclamer sa libération.
Les trois membres de sa famille, après avoir remercié les organisations nationales et internationales de défense de la liberté de la presse pour leur mobilisation, ont notamment fait part de leur inquiétude concernant l'état de santé de Sami Al-Haj, après que le journaliste a entamé une grève de la faim, le 7 janvier 2007. Il a désormais du mal à se tenir debout. Les contacts du journaliste avec ses proches sont toujours extrêmement rares et les nouvelles de Guantanamo sont "très inquiétantes", selon son frère. Au total, la famille du journaliste n'a reçu que six lettres par l'intermédiaire de la Croix-Rouge, l'une d'elles leur étant parvenue près de deux ans après sa rédaction.
Ses proches ont lancé un appel à l'ONU, et notamment au Conseil des droits de l'homme, pour permettre à Sami Al-Haj de recouvrer la liberté. La soeur du journaliste a indiqué que l'émir du Qatar leur avait promis d'intervenir en sa faveur. Elle a également appelé les autorités américaines à reconnaître que "Sami Al-Haj est innocent, qu'il était présent en Afghanistan en sa qualité de journaliste". Elle a indiqué que sa famille dépendait financièrement de lui et que son fils unique "le réclamait beaucoup". Son frère, pour sa part, a déclaré, à l'intention des autorités américaines : "Si vous n'avez rien de sérieux à reprocher à mon frère, pourquoi maintenir le poids écrasant du secret sur son cas ?"
Source : RSF, 29 mars 2007

dimanche 28 janvier 2007

Deux télévisions soudanaises suspendent leurs programmes pendant 3 minutes en solidarité avec Sami Al Haj

Les deux principales chaînes du Soudan vont interrompre dimanche leurs programmes durant trois minutes par solidarité avec le Soudanais Sami Al-Haj, caméraman de la chaîne al-Jazira détenu sur la base militaire américaine de Guantánamo , à Cuba, depuis juin 2002.
Sudan Television et Blue Nile Television suspendront leur transmission durant trois minutes dimanche à 22H00 locales "en défense des valeurs de liberté et de justice", ont indiqué les deux chaînes dans un communiqué commun.Elles ont appelé les organisations régionales et internationales à faire pression sur les Etats-Unis pour "libérer immédiatement Haj et les autres détenus soudanais à Guantánamo ".
L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a récemment réitéré sa demande de libération de Sami Al-Haj, capturé en décembre 2001 à la frontière afghane par l'armée pakistanaise et incarcéré depuis le 13 juin 2002 à Guantánamo ."Forcé d'avouer des connexions supposées entre la chaîne qatarie (Al-Jazira) et Al-Qaïda, il a été soumis à plus de 150 interrogatoires et régulièrement torturé", a affirmé RSF.
Source : AFP, 27 janvier 2007

vendredi 12 janvier 2007

Reporters sans frontières réclame à nouveau la libération de Sami Al Haj, cinq ans après l’arrivée des premiers détenus à Guantanamo

Le 11 janvier 2002, plusieurs centaines d’individus, capturés par l’armée américaine lors de l’opération “liberté immuable” en Afghanistan, étaient transférés sur la base militaire de Guantanamo (est de Cuba). Cette date a marqué l’ouverture d’un véritable goulag tropical qui aura reçu jusqu’à 770 prisonniers, dont le cameraman soudanais de la chaîne qatarie Al-Jazira Sami Al-Haj, toujours détenu sans charges depuis le 13 juin 2002.“L’invalidation par la Cour suprême, en juin 2006, des tribunaux militaires chargés de juger les “combattants ennemis” détenus à Guantanamo n’a malheureusement rien changé à la situation de ces derniers, détenus pour la plupart sans motif dans des conditions épouvantables. La libération d’une trentaine d’entre eux, au dernier trimestre 2006, n’enlève rien au scandale juridique et humanitaire dont s’est rendu responsable depuis quatre ans un pays pourtant démocratique. Nous espérons que la nouvelle majorité investie au Congrès le 4 janvier 2007 se saisira très rapidement du dossier et obligera le pouvoir exécutif à fermer le camp. Nous demandons, une fois encore, la libération de Sami Al-Haj”, a déclaré Reporters sans frontières.Capturé en décembre 2001 à la frontière afghane par l’armée pakistanaise puis remis aux soldats américains, le cameraman soudanais d’Al-Jazira, Sami Al-Haj, a rejoint la base navale le 13 juin 2002. Forcé d’avouer des connexions supposées entre la chaîne qatarie et Al-Qaïda, il a été soumis à plus de 150 interrogatoires et régulièrement torturé (exposition prolongée en plein soleil, supplice de la baignoire, privation de sommeil, etc.). Malade et privé de tout contact avec sa famille depuis son incarcération, le journaliste a évoqué pour la première fois sa volonté de se suicider lors d’une visite de son avocat, Clive Stafford-Smith, en avril 2006. Le cas de Sami Al-Haj, accusé sans preuve d’avoir réalisé une interview d’Oussama Ben Laden et de s’être livré à du trafic d’armes pour le compte de terroristes islamistes, est exemplaire du sort réservé à beaucoup de ses codétenus.Une directive de la Maison Blanche du 7 février 2002 a d’abord soustrait les détenus de Guantanamo aux Conventions de Genève sur les prisonniers de guerre, les plaçant ainsi hors de tout cadre juridique. Après une longue bataille juridique, la Cour suprême a déclaré inconstitutionnels les tribunaux militaires chargés de juger les “combattants ennemis” , le 29 juin 2006. Le 12 juillet suivant, la directive présidentielle du 7 février 2002 a été abrogée mais le 28 septembre, le Congrès a légalisé les tribunaux d’exception et introduit de nouvelles clauses empêchant les prisonniers de contester leur détention avant d’avoir été jugés et interdisant toute poursuite contre leurs geôliers. Le 17 octobre, une autre loi a autorisé le recours à la torture.La base navale de Guantanamo a reçu jusqu’à 770 prisonniers. Une trentaine ont été libérés au dernier trimestre 2006. Le camp compte actuellement 395 détenus. Selon l’Agence France-Presse (AFP), le gouvernement a prévu d’en juger entre 60 et 80. Clive Stafford-Smith n’a pas pu préciser à Reporters sans frontières si Sami Al-Haj faisait partie de ces derniers. L’avocat londonien a confié à l’organisation : “Le moral des prisonniers est au plus bas pour d’évidentes raisons : ils ont été détenus pendant cinq ans sans la moindre perspective de jugement équitable. Contrairement à ce que prétendent les militaires, les conditions sont pires qu’elles n’ont jamais été, pires que dans n’importe quel couloir de la mort que j’ai visité, et j’en ai vu beaucoup, depuis vingt ans que je défends des condamnés à mort aux Etats-Unis. La plupart des détenus de Guantanamo sont aujourd’hui maintenus à l’isolement, sans rien à faire de toute la journée.”Il y a plus de 16 ans, Reporters sans frontières mettait en place « le parrainage » et appelait les médias internationaux à soutenir un journaliste emprisonné. Plus de 200 rédactions dans le monde soutiennent ainsi un confrère en demandant régulièrement sa libération aux autorités concernées et en médiatisant sa situation pour que son cas ne tombe pas dans l’oubli.
Parrains Espagne : La Sexta, IPS-Comunica, La Voz del Occidente, Colexio de Xornalistas de Galicia
Canada : Corriere Canadese, Atlas media, Magazine de Saint-Lambert, Mouton Noir, CIBL, Radio Canada Sudbury.
Signez la pétition en faveur de Sami Al-Haj : http://www.rsf.org/article.php3 ?id_article=19076
Source : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=20345

Sami Al Haj
La fiche de RSF
Assistant cameraman de la chaîne qatarie Al-Jazira, il a été arrêté le 15 décembre 2001 en Afghanistan. Il a été transféré à la base militaire de Guantanamo le 12 juin 2002. Aucun procès n’a eu lieu. Les prisonniers de Guantanamo sont détenus en dehors de tout cadre légal et ne bénéficient pas des droits inscrits dans les Conventions de Genève sur les prisonniers de guerre.Sami Al-Haj est considéré comme un “ennemi combattant” par les autorités américaines au motif, jamais établi, qu’il aurait dirigé un site soutenant le terrorisme, qu’il se serait livré au trafic d’armes, qu’il serait entré illégalement en Afghanistan et qu’il aurait interviewé Oussama Ben Laden. Le Département d’Etat américain est persuadé de l’existence de connexions entre la chaîne Al-Jazira et Al-Qaïda.
Un temps émigré aux Emirats arabes unis où il travaillait dans une société d’import-export, Sami Al-Haj venait d’intégrer la chaîne Al-Jazira lorsque celle-ci l’a envoyé en Afghanistan couvrir les frappes américaines d’octobre 2001. Refoulée de Kandahar par les talibans, son équipe de tournage a été obligée de se replier au Pakistan voisin. Après avoir prolongé son visa, Sami Al-Haj est reparti en Afghanistan le 15 décembre 2001, date à laquelle les forces de sécurité pakistanaises l’ont arrêté. Selon Al-Jazira, le journaliste aurait été interpellé sur la base d’un mandat d’arrêt portant son nom, mais le numéro de passeport inscrit sur le mandat était faux. D’abord détenu à Chaman (Pakistan) pendant vingt-trois jours, Sami Al-Haj a été livré le 7 janvier 2002 aux militaires américains qui l’ont transféré le jour même sur la base de Bagram (Afghanistan). A Bagram, le journaliste a été accusé d’avoir enregistré des vidéos d’Oussama Ben Laden, ce qu’il a catégoriquement démenti, et a subi de mauvais traitements : privation de nourriture, coups, exposition à des températures hivernales.
Le 23 janvier 2002, les forces américaines l’ont envoyé à la prison de Kandahar où il est resté cinq mois, durant lesquels il a fait l’expérience de tortures physiques et psychologiques, avant son transfert vers Guantanamo. Selon le quotidien britannique The Guardian, Sami Al-Haj aurait reçu des autorités américaines, le 26 septembre 2005, la promesse d’une libération et l’octroi d’un passeport américain s’il consentait à espionner Al-Jazira pour le compte de Washington.
Durant son transfert à Guantanamo, Sami Al-Haj a voyagé enchaîné et la tête recouverte d’une cagoule. Les soldats qui l’escortaient le frappaient pour le réveiller dès qu’il s’endormait. Ces méthodes n’ont pas cessé depuis son incarcération. Enfermés dans des cages, forcés d’y rester assis, exposés en plein soleil, privés de sommeil, les prisonniers de Guantanamo ont tous confié avoir subi des tortures lors des interrogatoires auxquels ils sont soumis (sévices sexuels, passages à tabac, isolement dans une pièce où de la musique retentit à pleins décibels...).
Sami Al-Haj a été questionné sous la menace plus de 130 fois. Il souffre d’un cancer de la gorge pour lequel il ne reçoit aucun soin. Il est privé de tout contact avec sa famille. Très éprouvé psychologiquement, le journaliste a évoqué devant son avocat, le londonien Clive A. Stafford-Smith, venu lui rendre visite en avril 2006, sa volonté de se suicider. Le 29 juin 2006, la Cour suprême des Etats-Unis, saisie par l’avocat d’un autre prisonnier, a déclaré illégaux les tribunaux d’exception chargés de juger les prisonniers de Guantanamo. Cette décision n’implique malheureusement pas la fermeture du camp, où 450 prisonniers restent détenus.
Le 20 septembre 2002, Reporters sans frontières s’était adressée par courrier à John Ashcroft, alors secrétaire d’État à la Justice pour lui demander des explications sur l’arrestation de Sami Al-Haj et le mettre en garde contre les persécutions manifestes du Département d’Etat envers la chaîne Al-Jazira. Ce courrier est resté sans réponse. A plusieurs reprises et en lien avec son avocat, Reporters sans frontières a plaidé pour la libération de Sami Al Haj et la fermeture de Guantanamo.

lundi 8 janvier 2007

Fermez Guantanamo maintenant

Par humanadijon, 8 janvier 2007
humanadijon est un blog qui se présente comme
Journal d'une militante pour les droits humains voulant partager son expérience, vécue, coup de coeur, coup de gueule

Hier, j'ai participé à la manifestation d'Amnesty International pour demander la fermeture de Guantanamo, cette prison ignoble et indigne d'un pays disant porté le modèle de la démocratie dans le monde. Pourtant, c'est par cette prison que les Etats-Unis fragilisent la démocratie dans le monde. Comment dans les dictatures, les militants des défenseurs des droits humains peuvent convaincre leur concitoyens des bienfaits de la démocratie si ceux qui sont censé présenter le modèle bafoue les droits.
Aujourd'hui, la prison de Guantanamo comme hier d'Abou Ghraïb est utilisé par les extrémistes pour pousser la haine contre l'occident. Ces prisons sont censées lutter contre le terrorisme. Mais elles nourrissent le terrorrisme. Elles affaiblissent les démocrates et les défenseurs des droits humains. Enfin, tolérer la régression des drois humains au nom de la lutte contre le terrorisme, c'est donner victoire aux intégristes. C'est par le respect des droits humains et par la démocratie que l'on vaincra le terrorisme.
Après le 11 septembre, j'osais espérer enfin que la communauté internationale allait enfin se préoccuper des démocraties dans le monde . Mais pas du tout. Au contraire, il suffisait qu'on traite ses ennemis de terroristes pour avoir la paix: les oppposants démocrates, les journalistes trop indépendants, les tchétchènes, les palestiniens, les ouïghours...
Et l'Union Européenne qui tente d'oublier la Convention de Genève garantissant les droits de demandeurs d'asile. Selon deux anciens détenus français rencontrés lors de la manifestation, sur 420 prisonniers, il n'y aurait que 30 qui seraient réellement de El Qaïda.
Parmi les autres prisonniers, on compte un cameraman soudanais de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira Sami Al-Haj, arrêté par les forces de sécurité pakistanaises à la frontière afghane en décembre 2001 et livré à l’armée américaine en janvier 2002. Le journaliste est soupçonné d’être un “ennemi combattant” au prétexte qu’il serait entré illégalement sur le territoire afghan en octobre 2001 au moment des frappes américaines, qu’il aurait dirigé un site Internet soutenant le terrorisme, qu’il se serait livré à du trafic d’armes et qu’il aurait interviewé Oussama Ben Laden.
Aucune enquête ni aucun témoignage ne sont venus corroborer ces accusations.
Souffrant d’un cancer de la gorge, privé de soins et de contacts avec sa famille, Sami Al-Haj a déclaré à son avocat britannique Clive A. Stafford Smith avoir subi 130 interrogatoires depuis le début de son incarcération. Ces interrogatoires, destinés à lui faire avouer des liens entre Al-Jazira et Al-Qaïda, ont été ponctués de sévices et de menaces à l’encontre de sa famille.
Il y a aussi 4 mineurs: Mohammed al-Gharani, ressortissant tchadien arrêté au Pakistan alors qu’il avait 15 ans, Omar Khadr, Canadien, capturé en Afghanistan à l’âge de 15 ans, Hassan bin Attash, Yéménite, arrêté au Pakistan à l’âge de 17 ans ,Yousef al Sheri arrêté à l’âge de 16 ans en Afghanistan le 30 novembre 2001, a été transporté sur la base navale de Guantánamo le 16 janvier 2002.
Comme les autres détenus mineurs (à l’exception de 3), il n’a jamais bénéficié des protections particulières pourtant prévues par le droit et les normes internationaux interdisant les pratiques suivantes : détention avec les adultes, aucune assistance juridique ou toute autre assistance appropriée, mauvais traitements, détention en isolement… Qu'ils soient coupables ou non, les détenus ont des droits inaliénables: avoir un avocat, avoir des contacts avec leur famille, le respect de leur intégrité physique.
Alors, fermez Guantanamo Maintenant.